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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Articles avec #clowns catégorie

Hadrien Trigance, le Clown Adrien

Publié le 15 Décembre 2016 par cirk75 dans Clowns

Depuis de nombreuses années le clown autrement dit le blanc a déserté la plupart des pistes des cirques françaises. Seuls Alberto Caroli (voir blog21/11/2015) et encore depuis deux ans il a quitté le sac pour le smoking et ,Yann Rossi des Rossyann (voir blog24/04/2013) peuvent revendiquer cette fonction. Aussi  l’apparition chez Arlette Gruss lors de la production 2016 d’un nouveau et somptueux blanc a attiré l'attention sur Hadrien Trigance alias le clown Adrien.

A 16 ans après avoir approché la musique (violon, trompette, accordéon...). et le théâtre, Hadrien Traigance  entame à l’Ecole des Mimes de Paris une formation en art de la pantomime. Une rencontre avec Pierre Etaix, (voir blog16/10/2016) dont il devient de 2010 à 2012 le partenaire dans le spectacle "Miousik Papillon"  lui donne l'envie de faire renaître ce personnage emblématique et traditionnel de la piste. Notons aussi un passage à Avignon où il présente une création personnelle "L’Homme sans mémoire".

L’année suivante Gilbert Gruss l’engage pour la tournée "Symphonik" (voir blog12/11/2013)où il est un Pierrot lunaire complice des augustes Tom et Pépé ou de Mehdi Rieban le curieux M. Loyal de la tournée 2013. Puis il revient sur cette piste pour la tournée 2016 (voir blog11/12/2016) où sa présence ne passe pas inaperçue. Entre temps lors des tournées 2014-2015 il est pensionnaire au Cirque suisse Helvetia avec l’auguste Julius comme partenaire,

Son site  http://www.clownadrien.com  nous apprend qu'il passera les fêtes d'année 2016 en Allemagne en duo au Circus Probst, puis il présentera lors de la saison 2017 du Cirque National de République Tchèque Berousek des entrées en solo.

Parallèlement Hadrien Trigancl enseigne à Paris l'art du mime à l'École de théâtre l'Éponyme.un établissement qui dispense un enseignement artistique et professionnel et qui prépare aux concours des conservatoire.

Adrien le clown, un artiste en devenir car il est rare que Gilbert Gruss se trompe en repérant une jeune étoile de la piste...                  

#adrienleclown

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Scott & Muriel ont posé leurs valises au Cirque d’Hiver

Publié le 25 Novembre 2016 par cirk75 dans magicien, Clowns

Avec le spectacle "Surprise" les Bouglione empochent la mise avec un brelan d'as composé de Totti (voir blog30/12/2013), des Cassely (voir blog27/12/2014) et des étonnants Scott & Muriel.

Lui, Scott Nelson un peu nigaud et ultra maladroit réussit ses tours de magie sans le faire exprès. Elle, Muriel Brugman son assistante est complètement déjantée, a sa jupe qui remonte et se jette sur les hommes du public.

Avec Scott & Muriel, doublement primé en 2008 lors du 32ème Festival International du cirque de Monte-Carlo, l’imprévu et la dérision sont toujours de mises. Lui, un magicien pour lequel rien ne se passe comme prévu, elle, une comique extraordinaire qui joue son assistante. Vous l'aurez compris ils sont à la fois clowns et illusionnistes et rien que pour leur dégaine, ça vaut le détour, car avec ces deux-là  on voit une comédie bouffonne exceptionnelle combinant magie bluffante, grandes illusions enveloppées d’humour et saupoudrées d’originalité!

Dernier point ce couple aussi à l'aise sur  piste que sur scène, est aussi le premier duo comique à avoir remporté en 2000 à Lisbonne le titre de champion du monde de magie.

Une référence non!

#scottetmuriel

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La Ford en folie de Gilles Margaritis, à Medrano

Publié le 22 Novembre 2016 par cirk75 dans Clowns

Parmi les sketchs célèbres qui ont dépassé le cadre strict de la piste aux étoiles, nous avons déjà évoqué celui du "Miroir Brisé" (voir blog08/04/2015). "La Ford en folie" en est un autre exemple où apparaissent à côté de Gilles Margaritis (voir blog15/10/2015) selon les années Albert Rémy, Jean Richard (voir blog22/11/2010) voire Pierre Tchernia (09/10/2016).  Revenons aujourd’hui sur ce célèbre classique de la comédie clownesque, qui un jour malheureusement eut une fin tragique. 

C’est avec la complicité du comédien Albert Rémy que Gilles Margaritis présente pour la première fois à Medrano un certain 10 mai 1940 "La Ford en Folie". Numéro qui sera repris sur la piste montmartroise en 1943 et 1952 et dont l’idée originale n’est pas due l’imagination débridée de Gilles Margaritis mais à Pimpo un clown anglais. Signalons aussi que le créateur de La Piste Aux Etoiles (voir blog15/12/2014) n’est pas non plus le premier à avoir importer en France cette entrée clownesque, le mérite en revient aux Léonard (voir blog19/09/2013).

La voiture utilisée par Magaritis est une vieille Ford T des années 25, surnommée à l’époque " l‘araignée", car très haute sur pattes. Ce véhicule est modifié par un garagiste d’Aubervilliers nommé Savary, père d’un copain des Beaux-Arts d’Albert Rémy, de telle façon que la voiture puisse rouler sans que personne ne soit assis sur le siège avant. Ainsi elle s’arrête d’elle-même quand on tire un coup de pistolet dans la calandre. Pour obtenir un tel résultat, une série de relais électrique et de minuteries minutieusement installés en a fait un robot obéissant. Pour cela deux membranes ultra sensibles sont fixées dans les phares. Et sous l’effet des ondes sonores, elles vibrent, et provoquent un contact électrique, l’une déclenche le démarreur, l’autre coupe le contact. Quelques temps plus tard une nouvelle amélioration permet à la voiture de démarrer aussi au seul son d’un coup de revolver. Enfin on a aussi modifié le rayon de braquage, pour bloquer la direction suivant un cercle plus petit afin de tenir compte du diamètre de la piste. Et devant une telle mécanique l’effet est garanti et les spectateurs bluffés.

Le thème de l'entrée comique qui dure environ un quart d’heure est simple, un vendeur, le comparse de Margaritis informe qu’il a une Ford T facile à conduire à vendre. Elle est si simple à conduire que n’importe quel imbécile peut y arriver en deux coups de pédale ! L’acheteur, en l’espèce Gilles Margaritis sentant la bonne occasion demande à faire un essai, mais il n’est pas encore monté que la voiture se met en marche. Cri d’effroi de la part des artistes la voiture s’arrête. Puis elle ne veut plus redémarrer. Le vendeur propose alors d’appeler un garagiste… le moteur se met immédiatement à ronronner ; puis stoppe tout net. On tourne alors la manivelle, le klaxon se met à beugler. Une petite tape sur le capot, une portière voltige. On ferme une porte une autre s’ouvre. On tape sur le capot une portières saute de ses charnières. On court la fermer c’est l’arrière qui s’entrebâille. On grimpe enfin dans la voiture en se chamaillant, les deux compères se disputent le volant, qui leur reste dans les mains. Il ne reste plus qu’à descendre du véhicule, mais comme pour se venger la voiture décide alors de courser les deux comparses. Cette Ford T paraît bien indomptable, un vrai cauchemar, celui que tout automobiliste redoute, voir sa voiture lui échapper et devenir démoniaque.

Par malheur une fois la voiture s’est vengée et la fin fut tragique. Margaritis le relate dans ses mémoires, portant comme titre celui de sa célèbre émission, mais laissons-lui la plume. " Une fois c’est la Ford qui s’est vengée. Tragiquement : elle a tué le clown qui se préparait à s’en servir. C’était bien des années après la guerre. Les carrières de Rémy et la mienne nous avaient séparées. Mais il nous arrivait de louer à d’autre ce sketch …. Un jeune comique danois, qui nous avait vus dans notre numéro à Copenhague était venu à Paris l’étudier….Un matin (le dernier matin il devait embarquer au Havre avec la voiture la nuit suivante…), le petit clown danois poursuivait Abert Remy ; tous deux couraient autour de la Ford qui tournait toute seule en rond. C’était au Danois de passer devant le capot. Il a glissé. Rémy a entendu un bruit mat. Il a tourné la tête son partenaire avait disparu. Il a tout de suite compris. Il s’est rué sur la voiture et l’a arrêtée aussitôt…Le Danois gisait sous l’essieu avant. Il est mort le lendemain." Margaritis parachève en mentionnant ; "Je n’ai pas redonné "La Ford en Folie" pendant longtemps. Quant Zavatta a voulu la passer à la Piste Aux Etoiles en 1963, j’ai vécu un quart d’heure mal à l’aise. Je crois que j’avais peur tout simplement.

Ce sketch de la voiture en folie devenu aujourd’hui un classique comique a été joué par de nombreux artistes ayant nom Franco Medini (voir blog13/10/2006), Rhum (voir blog23/03/2011), voire aussi les Bario (voir blog26/01/2011) ou Francky Babusio dans une variante le taxi en folie ; où là ce n’est plus une voiture qui est à vendre mais des passagers à transporter mais le véhicule est toujours aussi indocile.

#lafordenfoliemargaritis

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Dan Rice (1823-1900), un clown américain

Publié le 17 Novembre 2016 par cirk75 dans Clowns

Daniel McLaren,  alias Dan Rice est un clown américain aux multiples facettes: dresseur d’animaux, auteur, homme fort, compositeur, commentateur  politique, acteur, réalisateur, producteur, danseur... Il est si populaire qu’il envisage un moment de se présenter aux suffrages de ses concitoyens afin de devenir en 1848 Président des Etats Unis. Toutefois il y renonce et soutient activement la campagne de Zacharie Taylor qui deviendra le 12ème Président des Etats-Unis pendant 16 mois car il meurt prématurément du choléra-morbus, un terme du XIXème siècle désignant des troubles digestifs allant de la diarrhée à la dysenterie mais sans rapports avec le choléra.

Né à New-York en 1823, orphelin, il débute à 15 ans en tant que jockey. A 17 ans est engagé par un petit cirque avec qui il sillonne le Kentucky et l'Ohio. Il présente des spectacles de marionnettes mais présente des dons pour la danse qu’elle soit au sol ou sur un fil. Très vite il conçoit aussi des scénettes avec comme partenaire un cochon qu’il nomme Lord Byron. On le retrouve aussi en hercule forain ou en danseur noir, bref il est éclectique. 

En 1844 le "North American Circus Spalding & Rogers" ayant remarqué son don pour faire rire l’engage. Le public se presse pour voir cet acrobate amuseur et polémiste au verbe haut qui n’a pas son pareil pour égratigner la classe politique au détour d’une chanson ou d’un trait d’humour bien envoyé. D’autant plus qu’il se crée une silhouette bien à lui et facilement reconnaissable. Habillé d’un justaucorps et de hauts de chausse rayés avec manches bouffantes, portés sur un collant à rayures noires, coiffé d’un chapeau haute forme et chaussé de bottines. Tel apparaît sur piste la silhouette à la barbichette noire corbeau de Dan Rice.

Ses apparitions attirent des foules considérables et qui dit notoriété dit aisance financière, on parle même qu’au fait de sa gloire il gagne plus de cent mille dollars par an, autrement dit plus que le Président des USA. C’est aussi le moment où il fait connaissance du poète Walt Whitman ou du romancier Mark Twain. Ce dernier lui rend un bel hommage dans "Les Aventures de Huckleberry Finn" à travers la description d'un cirque.

Mais en 1876 une grave crise économique s’abat sur le pays et le plus célèbre clown d’Amérique compte parmi les victimes du krach financier. Et lorsqu’il obtient un engagement il rompt sans préavis et exaspère tout le monde. Il faut dire que depuis quelques temps il a un gout immodéré pour le gin, ce qui n’arrange pas son caractère.

Enfin à cette époque le cirque aux Etats-Unis change en adoptant les 3 pistes. Aussi le clown parleur, qu’est Dan Rice ne fait plus recette, son jeu est totalement inaudible. Ayant perdu toute sa fortune et n’ayant plus de contrat il s’installe dans le New-Jersey à Long Branch où il vit replié sur lui-même et, s’éteint en 1900 à soixante-dix-sept ans, et est enterré dans le cimetière Old First Methodist Church à West Long Branch.

Au mois d’aout chaque année à Girard en Pennsylvanie on célèbre un "Dan Rice Day" devant le monument aux mort qu’il avait fait érigé en souvenir des 617 000 morts fait par la guerre de sécession. Et oui la foule se recueille devant ce monument avant de se rendre dans les deux musée consacrés à cette guerre civile. Dan Rice reste aujourd’hui dans la mémoire populaire une sorte de clown patriotique…

Une biographie signée David Carlyon parue en 2001 raconte la vie de cet artiste un peu à part dans l’histoire du cirque américain…

#danrice

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Oleg Popov un clown mythique, (1930-2016)

Publié le 6 Novembre 2016 par cirk75 dans Clowns

Suite à un arrêt cardiaque lors de sa tournée en Russie, mercredi 2 novembre, Oleg Konstantinovich Popov dit Popov, est décédé à l’âge de 86 ans. Et cette mort attriste non seulement les circophiles mais aussi il faut bien le dire tous les nostalgiques d'une certaine époque celle du cirque de Moscou (voir blog08/03/2011).

Cette ex-gloire du cirque soviétique était née en 1930 à Moscou dans une famille totalement étrangère à la piste, son père était un modeste horloger. Aussi dès 12 ans Popov apprend le métier de  typographe pour travailler au journal soviétique "La Pravda". Mais à 14 ans il change de voie et entre à l'école du cirque de Moscou où il va apprendre à jongler et à marcher sur un fil. De 1951 à 1953, il va suivre aussi une formation au Cirque du boulevard Tsvetnoï, aujourd’hui le célèbre cirque Nikouline (voir blog10/03/2011) auprès du clown Karandash (voir blog13/04/2014).

A 24 ans, funambule au cirque Saratov, il remplace au pied levé le clown vedette malade, en utilisant tout ce qui lui tombe sous la main: pommes de terre, fourchettes, couteaux. Sa prestation de jonglerie burlesque enchante le public, Popov a trouvé sa voie il fera rire le monde entier. 

Au cours de la très longue carrière internationale, avec son personnage aux cheveux jaunes vêtu d’un large pantalon rayé et d’une casquette à damier, il avait notamment séduit le public français. Et c’est ainsi qu’il se produisit à Paris en 1956 et en 1960 avec le cirque de Moscou où il tient tout seul la piste en montrant ses talents de mime, d’acrobate, de funambule, de jongleur et bien entendu de comique.

Il reviendra aussi en France en 1992 et 1994 avec le Cirque de Moscou d’Oleg Popov, un cirque chapiteau hollandais qu’il dirigera pendant quelques années.

Premier Clown soviétique à se produire en Occident, il reçoit en 1969, le titre d'Artiste du peuple de l'U.R.S.S. Reconnu par ses pairs, en 1981, lors du VIII° Festival international du cirque de Monte-Carlo un Clown d'or lui est attribué.

Parallèlement on peut retrouver Popov dans quatre films : "L’arène des Audacieux" (1953), "Moscou Circus" (1957), "Vingt-Mille-Lieues sur la Terre" (1959), et "L’Oiseau bleu" (1976). Ce film soviéto-américain réalisé par George Cukor permet à Popov de jouer le rôle du clown, aux côtés de stars comme Elisabeth Taylor, Jane Fonda ou Ava Gardner.

Il publie aussi en 1967 un livre de mémoires, qui a été largement traduit dans de nombreuses langues, où il  raconte ses débuts de jeune artiste en U.R.S.S. ainsi que ses premières tournées en occident.

Remarié en 1981 à Gabriela, une artiste allemande, Popov a eu en 1953 lors d'un premier mariage avec Alexandra une violoniste, une fille Olga.

Avec la disparition de Popov c’est un peu de l’âme et de la mémoire de la piste et une certaine qui partent avec lui.

#popov

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Pierre Etaix (1928-2016) Clown ou Auguste ?

Publié le 16 Octobre 2016 par cirk75 dans Clowns

Clown, cinéaste, dessinateur, gagman, magicien, affichiste et que sais-je encore, tant la palette du talent de Pierre Étaix est large et variée. Graphiste de formation mais initié à l’art du vitrail, Pierre Étaix a construit sa carrière autour de la dérision et du rire. Enfant non issu du monde du spectacle, né à Roanne en 1928, il s’établit à Paris et vit d'illustrations tout en se produisant dans des cabarets et music-halls, ainsi que sur la piste avec le clown Nino. En 1954 sa rencontre avec Jacques Tati (voir blog08/04/2011) lui permet de travailler comme dessinateur et gagman à la préparation du film "Mon oncle", dont il réalise l'affiche, tout en étant assistant réalisateur sur le tournage. Il participe aussi en 1960 au spectacle que Jacques Tati a donné à l'Olympia: "Jour de fête".

Comme Tati, Étaix s'inscrit dans la lignée des grands maîtres comiques du cinéma muet tels, Buster Keaton (voir blog14/12/2010), Harold Lloyd, Harry Langdon, Max Linder (voir blog07/02/2015), Charlie Chaplin (voir blog03/07/2012) voire Laurel et Hardy qu'il admire sans limite et auxquels il a souvent rendu graphiquement de nombreux hommages.

Son apprentissage avec Tati le conduit assez naturellement à la réalisation de ses premiers courts métrages que sont "Rupture" et "Heureux anniversaire" (oscar du meilleur court métrage 1963) qu’il cosigne avec Jean-Claude Carrière. Il réalise ensuite son premier film "Le Soupirant", puis vient "Yoyo" (voir blog20/01/2011) où il rend un vibrant hommage au monde du cirque qui le fascine depuis toujours. Puis ensuite il tourne deux autres longs métrages "Tant qu'on a la santé" et "Le Grand Amour" toujours coécrit avec Jean-Claude Carrière. Mais durant l’été 1969 il réalise "Pays de cocagne", film pour lequel il est vivement malmené par la critique et le public qui ne lui pardonnent pas son triste constat de l'épanouissement de la société de consommation et qui le met un peu en retrait du monde cinématographique.

Pierre Etaix a toujours été fasciné par le spectacle en général et le cirque en particulier, et c'est naturellement vers les clowns et les comiques que va sa préférence née parait-il, de la vue d’un clown paradant sur la piste du cirque Pinder. Depuis, Etaix a su être un admirable clown blanc sur la piste de ce même cirque lors de la tournée 71 avec sa femme Annie Fratellini (voir blog29/03/2015), mais c’est surtout un prodigieux auguste lorsqu’il endosse l’habit de Yoyo, la vedette de son film éponyme où là, sa personnalité s’exprime totalement.

Devant la raréfaction des artistes de cirque français, Pierre Étaix et Annie Fratellini prennent la décision de fonder en 1972 l’École nationale de cirque (voir blog30/06/2014) qui ouvre à Paris dans une Maison pour les Jeunes au 20 Avenue Marc-Sangnier, où il se produit essentiellement en clown blanc avec Annie Fratellini en femme clown.

Acteur dans une trentaine de film (voir blog03/01/2012) et auteur de pièces de théâtre et sketchs de cabaret dont "Miousik Papillon", où il apparaît sous les traits de son personnage fétiche et légendaire Yoyo. En novembre 2012 Pierre Etaix ressuscite une dernière fois Yoyo pour se produire sur la piste au cirque Joseph Bouglione.

Pierre Etaix admirateur inconditionnel du cirque et des clowns est décédé vendredi 14 octobre à 87 ans.

Artiste universel, sur lequel les aléas de la vie avec ses épreuves et ses injustices, semblent avoir glissé, sans écorner sa capacité d'émerveillement, apanage des plus grands. 

Et pour le plaisir voici une vidéo où Yoyo (Pierre Etaix) vient perturber une musicienne (Annie Fratellini) jouant d'un instrument mythique au cirque le concertina.

Un bonheur!

Page centrale du programme Pinder 1771 dédicacée par Annie Fratellini et Pierre Etaix

Page centrale du programme Pinder 1771 dédicacée par Annie Fratellini et Pierre Etaix

#pierreetaixanniefratellini

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Les Cousins Fratellini

Publié le 5 Octobre 2016 par cirk75 dans Clowns

Les Cousins Fratellini

Comme chez les Dalton, il y a les frères (Luigi, Paul, François et Albert) et les cousins (Louis, Gustave et Maximilien) dont les 2 derniers étaient les fils de Luigi et le premier son gendre (voir blog25/03/2015). En plus du célèbre trio formé par les 3 frères (voir blog18/05/2015), la famille Fratellini peut revendiquer 3 autres trios.

Les Cradocks ou Fratellini Juniors (voir blog25/05/2015) formés par les fils de François restent à ce jour les plus connus et célèbres, mais deux autres troupes issues de la descendance de Luigi ont également foulé les pistes.

Les Cousins Fratellini

Le premier trio fut formé par Gustave, Maximilien et leur beau-frère Louis Colombo puis, par leur neveu Gino. Il obtint une belle popularité surtout hors de France et plus particulièrement en Allemagne. Rappelons aussi que ces cousins sont aussi à l’origine d’une célèbre contrecarre (voir blog13/05/2013) avec la création dans les années 30 d’un certain cirque G. Fratellini. En effet devant l’immense notoriété de Paul, François et Albert, Gustave et ses partenaires essayèrent bien maladroitement d’en profiter en voyageant sous l’enseigne Cirque G.Fratellini. Or si la tournée a commencé sous cette appellation elle s’est achevée en cirque Périé, car à la demande des frères Fratellini le Tribunal de Montauban demanda aux cousins de faire cesser cette publicité mensongère.

Les Cousins Fratellini

Le second trio eut comme pivot Victor Fratellini (1901-1978) un des enfants de Paul. Et après avoir présenté sous le nom de Lopez un amusant numéro de trapèze à petite distance parodiant Charlot ou un numéro de cascadeur sous celui de Ryders, Victor fut un auguste fort apprécié ayant comme partenaires notamment son neveu Rico ou Jean Moreno… Pour la petite histoire Victor eut deux enfants Paul et une dénommée Annie Fratellini (voir blog29/03/2015), mais ceci est une autre histoire...

#triofratellini

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Dimitri, l’élégance faite rire (1935-2016)

Publié le 18 Septembre 2016 par cirk75 dans Clowns

Dimitri, l’élégance faite rire (1935-2016)

Cet été comme chaque année a eu son lot de bonnes et mauvaises nouvelles parmi celles-ci notons le décès du clown mime helvète Dimitri. Revenons aujourd’hui sur le parcours de cet artiste qui doit maintenant faire rire et sourire les anges.

De son vrai nom, Dimitri Jakob Müller est né en 1935 à Ascona en Suisse, en face du théâtre de marionnettes qui accueillera plus tard sa première production. Très jeune dès 7 ans il décide de devenir clown. Il entreprend un apprentissage de potier et parallèlement prend des cours d’art dramatique, de musique, de ballet et d’acrobatie. À Paris il fréquente l’école de mime chez Etienne Decroux et devient membre de la troupe du mime Marcel Marceau. On le retrouve à Medrano (voir blog03/06/2013) donnant la réplique Maïss (voir blog03/06/2013) ou à Pastis. Puis tous les 3 entreprennent dans le nord de la France une tournée dans un cirque itinérant. Mais l’entreprise tourne court car le directeur s’enfui avec la caisse.

Dimitri rentre en Suisse où il se produit dans des théâtres et autres scènes helvètes. Après son mariage avec Gunda, il se vient à Paris et présente son spectacle au Théâtre du Vieux Colombier, au Théâtre de la Ville, au Carré Sylvia Montfort, à la Gaité Montparnasse, au Palais des Glaces ainsi qu’au Théâtre des 3 Baudets, où il est tour à tour auguste, danseur de corde, mime, jongleur et musicien…

Dimitri, l’élégance faite rire (1935-2016)

Puis il foule la piste du cirque Knie (voir blog05/03/2011) ou du Big Apple Circus de New York où ses partenaires sont une vache, un éléphant, un cochon ventru ou un âne. Puis poursuit ses tournées en solo dans le monde entier où il rencontre un franc succès. Rentré en Suisse au Festin, il anime avec son épouse un théâtre ainsi qu’une école de théâtre. Peintre (voir blog23/04/2016), metteur en scène il touche à tout avec bonheur.

En 1984 un livre d’entretiens et de méditations signé Patrick Ferla richement illustré de photos paru en Editions Favre en 1984 relate cette période faste.

Dimitri, l’élégance faite rire (1935-2016)

En 2006 réalise un de ses rêves, en créant et en présentant un spectacle burlesque: « La Famigli Dimitri » avec ses filles Masha (voir blog16/09/2011), Nina (voir blog18/09/2011), son fils David (voir blog15/09/2011), et son gendre Kaï Leclerc (voir blog17/09/2011).

Dimitri rêvait confiait-il de vivre, de rire et de faire rire jusqu’à 81 ans, parce qu’il trouvait que ce chiffre était poétique et magique. "8 et 1 font 9, était pour lui un chiffre symbolique. Car il était né le 18.9, son père en 1899 et sa mère en 1909. Et plus disait-il il y a trois i dans Dimitri, "i" la neuvième lettre de l’alphabet.

Cela n’a pas été le cas Dimitri, le célèbre clown mime qui enchantait la Suisse et le monde entier depuis des décennies, est décédé dans la soirée du mardi 19 juillet 2016 deux mois avant son 81e anniversaire. Une mort quasiment sur les planches, puisqu’il avait joué l’avant-veille, dans sa ville natale d’Ascona, la première de son nouveau spectacle, "Sogni di un’altra vita – Rêves d’une autre vie".

Dimitri une vie entière consacrée au rire élégant. C’était selon lui une manière de conjurer le tragique de l’existence. Au point qu’il avait fait sienne la phrase de l’écrivain mystique Carlos Castaneda: "Vivre chaque jour comme si c’était son dernier jour." Le 1er mai 2010, Dimitri était tombé sur le dos, pendant un spectacle, se fracturant deux vertèbres. Il eut très peur de rester paralysé. Il était là, par terre, et les gens riaient toujours en croyant que c’était un gag. Il dû à la longue se résoudre à appeler un médecin. Trois sont montés sur scène se demandant si c’était du lard ou du cochon. Après coup, Dimitri s’est dit que s’il était mort ce soir-là, il n’aurait pas laissé un bon souvenir au public!

Modeste et humain c’était Dimitri !

#dimitri

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Grégory Rousseau dit Bellini, le magicien catastrophe

Publié le 24 Avril 2016 par cirk75 dans Clowns

Grégory Rousseau dit Bellini, le magicien catastrophe

Son site (http://www.gregorybellini.com/) le dépeint ainsi : "Grégory Bellini est né en France en…1977. Quand il avait 5 ans, il voulait être clown ou magicien mais ne savait pas quoi choisir…. Aujourd’hui, il n’a toujours pas choisi, alors il fait les deux. C’est en 2000 qu’il créa ce personnage burlesque du magicien de la fin du XIXème siècle qui ne vient pas à bout de ses peines et dont les tours tournent systématiquement à la catastrophe. La superbe allure de l’individu est battue en brèche à tout moment et rapidement il ne maîtrise plus rien ! Les catastrophes s’enchaînent mais rien ne démoralise cet optimiste décalé… Il fait partie de ces gens qui vont jusqu’au bout de leurs idées. Et des idées, il n’en manque pas".

Ce que ne dit pas cette biographie, c’est que notre Douaisien, il est né non loin de Douai, est plongé dans le monde du spectacle depuis sa plus tendre enfance. Son père avait en effet constitué un trio de clowns : "Les Bellini" et se produisait régulièrement dans des galas régionaux. Grâce à Hugues Hotier (voir blog09/11/2011) qu’il connaissait depuis toujours il participe par deux fois en 2004 et 2009 au Cirque Educatif. Mais bien avant en 2001 il remplace Oscar le contre pitre de Toto Chabri (voir blog22/05/2015) pour former avec ce dernier et pendant 7 années un duo haut en couleur et virevoltant. Depuis il s’est composé ce personnage de magicien catastrophe et s’est produit sur les plus prestigieuses pistes ; cirque d’hiver de Paris, Circus Roncalli ou Krone. Depuis quelques années il est devenu un artiste régulièrement invité dans les spectacles du cirque Arlette Gruss où sa gouaille et sa mauvaise foi font merveille, avec cette année la complicité d’André (voir blog 11/11/2015), avec qui il fait une sacré paire helvèto-ch'ti où la mélancolie n’est pas de mise.

Grégory Rousseau dit Bellini, le magicien catastrophe

Enfin en plus du don de faire rire, Bellini est un excellent musicien et un bricoleur de génie ce qui lui permet de concevoir lui-même bon nombre de matériels utilisés pour ses tours de magie. Excentrique et déjanté au style british ou dandy, costume de tweed ou smoking, chapeau, petite moustache, chaussures bicolores, Grégory Bellini à la faconde de bonimenteur est un comique qui sait faire rire et plait à tous les publics car on ne se lasse pas de ses amusantes trouvailles.

#Bellinigregory

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Le clown et l’auguste

Publié le 17 Février 2016 par cirk75 dans Clowns

Le clown et l’auguste

Si les origines de ces incontournables figures de la piste sont à la fois incertaines et multiples: bouffons de l’Antiquité, fous du Moyen Âge ou personnages issu de la Commedia dell’arte, tout le monde s’accorde pour reconnaitre une origine anglaise au mot clown. Terme qui viendrait de l’altération du mot anglais "clod", ayant donné paysan et par extension rustre, ou balourd. Déjà chez Astley, (voir blog07/06/2015) on qualifiait de paysan, de grotesque celui qui voulait monter à cheval en tant qu’écuyer comique. Et dès 1770 le fondateur du cirque moderne engage des bouffons, des excentriques pour meubler les temps morts entre les numéros d’un spectacle essentiellement équestre. Le rôle du clown à cette époque tient celui d’un palefrenier maladroit.

Le clown et l’auguste

En 1785, Astley fait venir en France Billy Saunders, clown anglais, écuyer burlesque et dresseur de chiens. Dans une publication française datant de 1816, on parle d’un "claune" en décrivant une scène bouffonne à cheval réalisée par un des frères Franconi. Mais rapidement le personnage du clown fut dissocié du cheval et vers 1830 s’imposa aux dépens d’autres types de comiques comme Paillasse ou Polichinelle.

Parmi les premiers clowns renommés on note Jo Grimaldi (voir blog31/05/2012), William Wallet, sorte de bouffon shakespearien ou l’américain Dan Rice. En France au XVIII° siècle les théâtres bénéficient d’un privilège, celui de l’exclusivité des spectacles parlés. Aussi à cette époque sur les pistes sévissent tout une lignée de clowns sauteurs et forcement muet, tel Jean-Baptiste Auriol (voir blog30/04/2012) surnommé l’homme oiseau alliant agilité et drôlerie. Avec la fin de ce privilège vers 1860, la mode du clown sauteur s’estompe et apparaissent les duos parleurs composés par deux figures bien différentes, le clown blanc et l’auguste. Le premier visage maquillé de blanc, tête surmontée d’un cône est vêtu d’un sac : costume pailleté et brodé, ce qui lui donne une allure majestueuse et autoritaire. Le second a l’apparence diamétralement opposée, vêtu d’une veste et d’un pantalon étriqué, d’un chapeau déformé et de chaussures trop grandes.

L’origine de l’auguste est aussi incertaine et source de maintes sagas. Certains penchent pour le prénom d’un garçon de piste particulièrement stupide, d’autres inclinent pour Tom Belling, un artiste qui avait trop bu et qui ne parvenait pas à tenir correctement son numéro. Mais peu importe l’origine, l’auguste incarne toujours la gaucherie, les pitreries, les gaffes voire l’extravagance et fait souffler sur la piste un vent de folie, de désordre et de libertés enfantines au grand regret du clown incarnant l’ordre, et l’autorité.

Le clown et l’auguste

Rappelons que l'un des premiers tandems clownesques, le plus célèbre sans doute, fut celui formé par Foottit et Chocolat (voir blog 12/02/2012) qui lancèrent la mode des entrées dialoguées. Parmi les grands noms du rire qui ont interprété et renouvelé au siècle dernier l’art clownesque, figurent Little Walter, Grock (voir blog15/05/2015), Charlie Rivel (voir blog30/06/2012), les frères Fratellini (voir blog 18/05/2015), Rhum (voir blog23/03/2011), Alex (voir blog 20/12/2011) et bien entendu Achille Zavatta (voir blog17/05/2015).

Mais l'appauvrissement du répertoire a entraîné depuis la dernière guerre la décadence du genre. L'âge d'or de l'auguste systématiquement niais et du clown enluminé cher aux albums d'enfants est désormais d’un autre temps et révolu. On remarque même depuis une trentaine d’années que l’auguste s’est passé du clown en demandant à M. Loyal ou au régisseur de piste d’être son nouveau complice ou partenaire. Et même certains groupes tels Les Bario (voir blog26/01/2011) ont été jusqu’à remplacer le clown blanc par une femme meneuse de revue.

Le clown et l’auguste

De nos jours le clown blanc a tendance même à être absent ou fort rare et, le terme clown désigne désormais et indifféremment toute forme de comique, sans pour autant faire référence au duo historique que furent le clown et l’auguste. Ne disait-on pas que Raymond Devos ou Coluche étaient des clowns ? Oui de nos jours les clowns et les augustes sont des espèces en voie de disparition, ils sont de plus en plus remplacés par des comiques ou des excentriques tel un David Larible (voir blog30/09/2015) ou un Mathieu (voir blog22/11/2015), cherchant dans le public, le partenaire occasionnel pour leur entrée.

Le clown et l’auguste

Aujourd'hui, l’auguste est devenu une icône que l'on retrouve partout, même dans les publicités McDo, et bien souvent avec les traits et le maquillage d'un auguste américain Lou Jacobs (voir blog 06/10/2013) qui avait copié le maquillage excessif d'un célèbre auguste français, un certain Albert Fratellini (voir blog27/10/2014).

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