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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Articles avec #dompteurs catégorie

Martin Lacey Jr, profession éducateur

Publié le 28 Mai 2017 par cirk75 dans Dompteurs

Né le 8 juin 1977  à  Sunderland, en Angleterre, Martin Lacey, Jr. dès son berceau est entouré de nombreux félins, il faut dire qu’il vient au monde dans une famille de dompteurs. Son père Martin Sr. et sa mère Susan, Clown d’Argent(2005) sont des belluaires  réputés, et son frère ainé Alexander clown d’Argent (2003), est aussi un dompteur reconnu

Enfant de la balle, le jeune Martin grandit entre  caravanes de cirque, piste et école itinérante. Puis de 11  à 17 ans il va étudier dans le Lincolnshire à la "Cordeaux Academy  School", où il s’initie notamment à la boxe et au rugby. Puis ses humanités achevées, il revient travailler au cirque  au service marketing.

Mais plus fasciné par les fauves que pour la communication commerciale il rejoint son frère Alexander qui présente depuis qu’il a 17 ans un groupe mixte de lions et de tigres. Et en 1997, Martin Lacey Jr. présente son premier groupe de lions.

Pour les germanophiles Martin Lacey Jr au milieu de ses fauves

Il est venu plusieurs fois en France. En 2011 Il est au Bourget pour le spectacle Bouglione dédié aux C.E. avec son lion blanc King Tonga. Il est également à l’honneur lors de deux Festivals international de Cirque. En 1999 à Massy, Il remporte avec son groupe de lionnes, le 1er Chapiteau de Cristal puis en 2004 il obtient à Grenoble l’Etoile d’or.

En 2000 il reçoit  un Clown d’Argent et en 2010 consécration suprême il obtient lors de la 34ème édition du Festival monégasque le tant convoité Clown d’Or. Notons que pour la 30ème édition, les deux frères Lacey étaient conviés et pour la 40ème Martin Lacey  Jr. était associé cette fois à deux autres Clowns d’Or, Massimiliano Nones et Nicolaï Pavlenko (voir blog08/02/2017) pour un numéro commun.

le groupe de lionnes et lion présenté en 2010, avec l'inévitable speakerine italienne

Marié à Jana Mandana Lacey-Krone, écuyère réputée et filleule de Christel Sembach-Krone, il est depuis 2000 la vedette incontestée du Cirque Krone, établissement reconnu comme  le plus grand cirque en Europe.

Martin Lacey Jr.  ne considère pas son travail avec ses lions comme une profession, mais comme un mode de vie afin de montrer que l’éducation des animaux est un art.

Martin lacey Jr. plus qu’un belluaire  un amoureux des animaux et des félins.

#martinlaceyJr.

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Nikolaï Pavlenko, le Karajan aux 40 Princes originaire du Bengale, de Sumatra ou de Sibérie

Publié le 8 Février 2017 par cirk75 dans Dompteurs

Lors de la 40ème édition du Festival International du Cirque de Monte Carlo, les organisateurs avaient convié 3 célèbres dresseurs clowns d’Or, Massimiliano Nones en 1987, Martin Lacey Jr en 2010 et Nikolaï Pavlenko en 1990. Ce dernier est, pour beaucoup considéré comme un des plus grands, si ce n’est le plus grand  dompteur de tigres des temps modernes. Ses dix-huit tigres issus de son groupe de 40 félins restent encore aujourd’hui en mémoire. Son travail avec ses félins est exceptionnel et un modèle tant pour la qualité technique que pour la présentation artistique de ses artistes à quatre pattes. Tel un chef d’orchestre, Nikolaï Pavlenko, demande à ses tigres de se mettre à danser au son de la musique de l'espagnol Manuel de Falla, composant alors un véritable ballet avec des danseurs non issus de l’opéra mais de la Jungle.

Pourtant rien au départ n’avait préparé ce natif d’Ukraine né à Severodonetsk en 1943 à devenir dresseur de tigres. Et pour y arriver Nikolaï Pavlenko a dû faire bien des métiers. Dans un premier temps il est gardien d’une ménagerie itinérante et, c’est au contact des animaux sauvages qu’il découvre à 17 ans son appétit pour les félins. Il commence à travailler avec des jaguars, des loups, des chiens, des ours bruns et polaires, des lamas, des chameaux, des éléphants.  Après des études où il apprend entre autres la psychologie animale, il obtient un diplôme de technicien de zoo, qui lui permet de devenir guide- conférencier.

Passionné par les artistes à 4 pattes, Nikolaï Pavlenko devient en 1972 l’élève du légendaire Alexandre Federov avec qui il apprend l’art du dressage demandant de cultiver notamment la patience. Et cette qualité Nikolaï Pavlenko la possède à bonnes doses. Il faut le voir inlassablement demander et sans brutalité un mouvement,  un saut, une position à un tigre pour lui faire comprendre ce qu’il doit faire, afin d’obtenir la situation attendue. Face aux associations de protection des animaux qui l’ont accusé de dégriffer ses bêtes pour les rendre inoffensifs, il avait l’habitude de montrer ses cicatrices sur les bras et sur le torse en répondant que si son métier est à risque, il ne faut pas avoir peur. Mais suivant le conseil de la grande dompteuse russe Irina Bougrinova (voir blog04/12/2014) qui un jour lui avait dit : "avec ta gueule que tu feras venir du public", en cas de danger il savait se protéger le visage.

Délaissant les tenues macho et les fouets, vêtu d’un strict habit noir, tel un chef d’orchestre, Nikolaï Pavlenko mène ses tigres avec une simple baguette, qui leur demande d’exécuter leur partition avec élégance et raffinement.  Il maîtrise totalement ses bêtes, il peut s’amuser avec elles, les disperser, les chasser mais immédiatement à son signal, après avoir fait deux tours sur lui-même il lève les bras et instantanément les tigres bondissent sur leur tabouret, valsent ou passent à travers un cerceau… Bien souvent, pour donner un frisson , il termine son numéro sur une note dramatique. Après un simple appel de sa baguette un tigre s’avance vers lui de façon inquiétante. Arrivé à ses pieds comme subjugué l’animal se dresse sur ses pattes en signe de respect pour son dompteur. Un rare moment…

Retiré aujourd’hui des cages, Nikolaï Pavlenko, reste le parfait exemple de dresseur moderne.

 

# nikolaïpavlenko

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Marta la Corse, (1897-1944), la première idole de Jean Richard

Publié le 11 Octobre 2016 par cirk75 dans Dompteurs

Marta la Corse, (1897-1944), la première idole de Jean Richard

Parmi les dompteuses dont on conserve le nom en mémoire, Martha la Corse celle qui lui donna envie d’être dompteur à Jean Richard (voir blog22/11/2010), était selon ce natif de Niort une belle femme très grande avec des yeux qui n’envoutaient pas que les fauves. Son coup de fouet magique selon Adrian (voir blog26/06/2012) était apprécié des connaisseurs et elle fut une des premières à mettre ses fauves en valeur.

Née en 1897 d’une mère picarde, elle prie pour pseudonyme Marta la Corse sans savoir bien pourquoi, à moins que ce soit pour corser son prénom, Albertine dans la réalité. Elle se marie avec Marcel Chaffreix, le célèbre dompteur Marcel avec qui elle se produit dans une ménagerie ambulante portant leurs 2 noms.

Marta la Corse, (1897-1944), la première idole de Jean Richard

Martha la Corse, exerce aussi son art dans les plus grands cirques français et cette audacieuse et pittoresque dompteuse se produit à plusieurs reprises, sur les pistes de Medrano (voir blog07/04/2011), du Cirque de Paris (voir blog20/11/2013), du Cirque d’Hiver (voir blog25/02/2011) ou sur celle du Cirque des frères Roche (voir blog01/04/2016).

Marta la Corse, (1897-1944), la première idole de Jean Richard

Dans les années 30 elle avait l’habitude de travailler avec un groupe comprenant des lions et de lionnes ainsi qu’un petit chien et un babouin et revêtue de costumes caractéristique des arts de la piste de cette époque.

Marta la Corse, (1897-1944), la première idole de Jean Richard

Dernier point il ne faut pas confondre Marta la Corse et Marfa la Corse une autre dompteuse de son nom de jeune fille Thérèse Rouffain (ou Rouffaud), originaire de Sauzé-Vaussais qui fit les beaux soirs chez Rancy (voir blog22/09/2011) au du Radio Circus (voir blog16/01/2015) ou chez Amar (voir blog05/04/2011).

#martalacorse

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Vitaliy Smolyanets, un dompteur hors du commun

Publié le 20 Septembre 2016 par cirk75 dans Dompteurs

Vitaliy Smolyanets, un dompteur hors du commun

On vient dernièrement de se passionner en France pour les jeux paralympiques réunissant tous les 4 ans des athlètes handicapés de tous pays. Ce qui est peut-être moins connu c’est qu’il existe un dompteur handicapé, Vitaliy Smolyanets qui vient lors du IV° Festival Mondial de l’Art du Cirque de Moscou (voir blog08/09/2016) de se voir décerner, le Grand Prix et l’IDOL d'Or Festival 2016. Aussi revenons sur l’histoire peu banale de cet artiste Ukrainien, né en 1973 à Khartsyzsk, dans la région de Donetsk.

Après avoir terminé ses études, Vitaliy Smolyanets est incorporé dans l'armée navale soviétique. Puis une fois son service militaire achevé il devient chauffeur routier. Deux ans plus tard en 1997, un ami d'enfance directeur de cirque, lui offre un poste dans l’équipe des chauffeurs, et au fil du temps Vitaly se met à gouter l'atmosphère du cirque et se passionne pour les félins. Il devient garçon de cage, puis assistant et enfin en 2005 il présente ses fauves sur une piste. En 2013, lors du Festival international de cirque à Izhevsk, (04/07/2016) il remporte l’Ours d’Or et devient un des dompteurs les plus recherchés par les directeurs de cirques russes.

Vitaliy Smolyanets, un dompteur hors du commun

Le 9 Février, 2015, lors d'un engagement au cirque d’Etat de Tver il est victime d’un grave accident de circulation. Témoin d'un accident de la route et souhaitant venir au secours aux deux passagers de la voiture accidentée, Vitaliy Smolyanets est renversé par un camion qui lui broie ses deux jambes. Très gravement blessé, il doit être amputé des deux jambes. Après une période d’abattement et de déprime, il pense que sa carrière artistique au côté des félins est terminée, mais avec l’aide d’amis, parmi lesquels les frères Askold et Edgard Zapashny, il reprend gout à la vie. Et avec beaucoup de force de caractère et d’abnégation il arrive à présenter son numéro assis dans un fauteuil roulant. En 2015 il remporte lors Festival du Cirque Maîtres à Sotchi, le prix du meilleur dompteur ce qui lui permet d’acheter de nouvelles prothèses de jambes. Et c’est ainsi que depuis le 19 Décembre, dernier, équipé de jambes artificielles et s'appuyant sur deux cannes, il présente un groupe de 5 lionnes et 2 tigresses, sous les acclamations est-il besoin de le préciser du public.

Vitaliy Smolyanets marié à l’écuyère Inna Asayeva est vraiment un cas à part dans le monde de la piste et gageons que cette nouvelle récompense va lui ouvrir la porte des cirques mondiaux.

#Vitaliysmolyanets

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Nouma Hawa, une gloire circassienne de la Belle Epoque

Publié le 1 Décembre 2015 par cirk75 dans Dompteurs

Nouma Hawa, une gloire circassienne de la Belle Epoque

De tous temps les dompteuses ont fasciné et charmé le public. En 1854 on peut pour la première fois admirer sur une piste parisienne une dompteuse marseillaise Pauline Borelli. Deux ans plus tard Louis Dejean (voir blog20/03/2015) le directeur du cirque d'hiver récidive, et présente une autre belluaire. Le fait que le dressage des fauves soit exécuté par une femme renforce non seulement son attractivité en mettant l’accent sur le contraste entre délicatesse et férocité mais ajoute aussi une touche d’élégance. Et si de nos jours les dompteuses se font plus rares, il n’en est pas de même fin XIX°, début du XX° siècle. Et comme ces dames constituent souvent l’attraction principale des ménageries foraines il n’est pas rare que la fille ou la femme du directeur de la dite ménagerie présentent les numéros de dressage félin. Rappelons qu’à la fin du XIX° les fauves, sont peu répandus dans les cirques, on les trouve principalement dans les ménageries itinérantes.

Ces vedettes populaires et adulées qui font accourir les spectateurs ont pour nom : Mlle Aurora, Sarah Caryth, la Comtesse de X*** (Mlle de Vésins) Mme Dorcy, Mme Gaillard, Claire Heliot, Jana, Olga Jeannet, Anna Massserini, Louise Morelli, Anna et Jeanne Pezon, Catherine Redenbach, Miss Senide ou Ida Vannna… Mais la plus célèbre la plus réputée se nomme Nouma Hawa une brune originaire de Constantine et elle obtient un succès sans précédent lorsqu’elle se produit un certain 29 janvier 1882, sur la piste du Cirque d’Hiver .

Nouma Hawa, une gloire circassienne de la Belle Epoque
Nouma Hawa, une gloire circassienne de la Belle Epoque

Au sujet de cette déesse de la piste reportons nous à la description qu’en donne Jacques Garnier dans le livre "Forains d’hier. "Nouma Hawa était auréolée d’un charme énigmatique et troublant qu’elle savait rendre presque magique. Elle était fort jolie, grande, brune, la jambe admirablement prise dans un maillot de soie rosé ruisselant de paillettes d’or et d’argent. Sa taille fine, bien cambrée et sa gorge sculpturale sont gainées dans une cuirasse de satin blanc. Ses yeux fascinateurs exercent un pouvoir sur les animaux de toute espèce, et peut être même sur les hommes." On dit même à cette époque que roi des animaux est sous le charme par la douceur et le timbre de sa voix.

Nouma Hawa dont le nom en romani signifie "Rosée du Soir" fut mariée 2 fois. En première noce au dompteur Pernet, propriétaire d’une ménagerie itinérante portant son nom et comprenant 70 fauves et 1 éléphant. Ce dernier décède à Rome en mars 1883 suite à un empoissonnement sanguin dû à une morsure à la cuisse causée par un de ses lions. Après avoir repris la ménagerie de son défunt mari, la dresseuse se remarie avec M. Soulet le directeur du Parc de la Tête d’Or à Lyon.

Au cours de sa riche carrière Nouma Hawa est plusieurs fois accrochée ; aux "Folies Bergères" en 1883 par sa lionne, en 1886 à Verviers par une autre lionne en voulant la séparer de ses lionceaux, enfin en 1888 à Bruxelles par un ours blanc qui lui déchire un sein. Après des aventures mouvementées en Italie et en Suisse, en 1915 elle vend sa ménagerie et se retire en Suisse sur les bords du lac Léman où elle décédera 11 ans plus tard.

Dans la mémoire de ses adulateurs elle laisse le souvenir d’une femme d’une grande beauté alliée à une témérité hors du commun. Bien longtemps après sa mort d’abondantes cartes postales ont entretenu la légende de Nouma Hawa, la première dompteuse du monde.

Nouma Hawa, une gloire circassienne de la Belle Epoque
Nouma Hawa, une gloire circassienne de la Belle Epoque
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Les sœurs Houcke

Publié le 16 Octobre 2015 par cirk75 dans Dompteurs

Les sœurs Houcke

Sarah et Karim Houcke, filles du célèbre dresseur Sacha Houcke Jr. et de la danseuse Judith Benson, sont issues d’une fort longue dynastie circassienne qui remonte au début du XIX° siècle et dont le fondateur a pour nom : Jean Léonard Houcke. La tradition familiale veut que les numéros présentés soient essentiellement équestres, jusqu’au jour où Gilbert Houcke, un des fils de Jean Houcke (voir blog11/10/2015) le grand-oncle de Karin et Sarah Houcke, a bouleversé ce bel ordre en devenant un belluaire réputé, une référence encore de nos jours dans le monde du dressage des tigres (voir blog13/12/2011). Dès leur naissance Karin, née en 1983 et Sarah née en 1977 grandissent dans le milieu du cirque et entourés d'animaux et bien entendu à la longue bon sang ne saurait mentir.

Les sœurs Houcke

C’est ainsi que dès 18 ans Sarah l’aîné présente des chameaux, des otaries, des éléphants et des exotiques tout en devenant responsable de la ménagerie au cirque Fliegenpilz. Ensuite elle va présenter, tradition paternelle oblige, des numéros équestres chez Ringling Bros and Barnum & Bailey, chez Roncalli, ou au cirque Educatif… et, à 22 ans elle va réaliser sa passion présenter comme son grand-oncle Gilbert des tigres, et pas n’importe où, dans la cage du cirque Ringling Bros and Barnum & Bailey. Quelques années plus tard elle viendra en France et on la verra en 2008 chez Arlette Gruss et en 2007 elle présentera les tigres de Hans Suppmeier au Cirque d’hiver de Paris.

Aujourd’hui Sarah, responsable du zoo du Cirque Medrano, est une des attractions vedettes de cet établissement. Cette jeune femme au charme indéniable impressionne par son calme et son autorité, elle n'a qu'un mot à dire, un geste à esquisser, pour faire bondir ou s'asseoir ses tigres au magnifique pelage rayé. Les Américains ne l’ont-ils pas surnommée The Tiger Whisperer, celle qui chuchote à l’oreille des tigres ?

Les sœurs Houcke

Heureusement pour leur père Sacha Jr. qui en aurait fait certainement une déprime car son truc à lui ce sont les chevaux, Karin la sœur cadette a préféré les équidés. Et à 17 ans comme sa sœur ainée chez Ringling Bros and Barnum & Bailey elle présente les zèbres et les chevaux. Et après avoir exercé pendant 12 ans son métier aux Etats Unis, depuis quelques années Karine est venu rejoindre sa famille française et sa sœur chez Medrano où elle propose la cavalerie et les exotiques ainsi que les animaux de la ferme. Si Sarah est plus connu, sa cadette, belle jeune femme blonde aussi, elle montre que quand on s’appelle Houcke le dressage est une seconde nature.

Quant aux 2 sœurs elles montrent au quotidien qu’elles savent allier prouesse et respect, complicité et amour des animaux.

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Pierre Thomas (1939-2002), l’homme qui murmurait à l’oreille des animaux

Publié le 28 Septembre 2015 par cirk75 dans Dompteurs

Pierre Thomas (1939-2002), l’homme qui murmurait à l’oreille des animaux

Né juste avant la dernière guerre, Pierre Thomas découvre le cirque en 1946, lorsque les caravanes du cirque Pinder font halte à Auray, sa ville natale. Et à partir de ce moment, sa passion pour les animaux ne le quittera plus. Ce fils de serrurier commence par le bas de l'échelle en montant après bien des difficultés un numéro de dressage. Et comme il est aussi ferronnier d’art il conçoit lui-même sa cage, ses tabourets, ses réquisits et son tunnel. Puis après de longues négociations, ses finances étaient bien maigres il réussit enfin à se procurer trois jeunes lions, deux ours bruns de Syrie, un ours à lunettes, deux chèvres et deux moutons, Pour mettre au point son numéro il passe un accord avec le directeur du Zoo de Ludré dans le Morbihan et là, patiemment devant les visiteurs du parc animalier, il fait se côtoyer tous ces animaux, dans une sorte de "Paix dans la Jungle", chère à son idole Alfred Court (voir blog01/10/2013). Un prix obtenu auprès de la "Fondation de la Vocation" lui ouvrira les portes des cirques. Sa première vraie représentation a lieu le 25 novembre 1964 au cirque d’hiver de Paris, lors du Gala de la Piste. C’est un succès, et la presse salue la naissance d’un nouveau dompteur de charme délaissant le fouet pour s’amuser avec ses animaux. Remarqué par Dany Renz (voir blog17/06/2012) il est engagé pour être de la tournée 65 du Cirque Sabine Rancy.

Pierre Thomas (1939-2002), l’homme qui murmurait à l’oreille des animaux

Mais cette vie en caravane ne le satisfait pas totalement et 1968, il crée avec une trentaine d'animaux un zoo à Guidel. Parallèlement il faut bien vivre, il donne des présentations un peu partout dans la région afin de faire découvrir la faune exotique aux écoliers bretons. Puis après une déconvenue, il a créé un cirque nommé Impérial qui ne tourne que deux mois, il conçoit un parc zoologique à Guidel. En 1973, ce zoo se déplace vers le lieu-dit Keruisseau, sur les rives du Scave, à Pont-Scorff, lieu actuel de ce établissement réputé. Mais en 1987, dans la nuit du 15 au 16 octobre, un ouragan ravage la Bretagne et le parc zoologique est détruit à plus de 80%. Une douzaine d’animaux s’échappe de leurs enclos, tous seront récupérés sains et saufs dans les 24 heures, exceptée une panthère des neiges qui restera 12 jours dans la nature mais qui fut finalement retrouvée dans une ferme à 2 km du parc. Suite à cette catastrophe l'avenir du Zoo semble sérieusement compromis, mais dans un bel élan de solidarité et de générosité de la part des habitants de la région Lorientaise et alentours, le parc zoologique si cher à Pierre Thomas retrouve son rang.

Pierre Thomas (1939-2002), l’homme qui murmurait à l’oreille des animaux

Ce dernier prend alors un peu de recul et s’adonne à son autre passion la peinture. Mais en 2002 à 64 ans Pierre Thomas s’éteint discrètement comme il a vécu. Et reste à ce jour dans la mémoire de ceux qui l’ont connu comme un homme entreprenant mais pas homme d’entreprise, qui connut des périodes rudes, des échecs. Artistes à multifacettes, écrivain, peintre Pierre Thomas était tolérance, amour, simplicité et fidèle en amitié.

Un être rare…

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René Strickler, de la banque à la cage aux fauves

Publié le 27 Septembre 2015 par cirk75 dans Dompteurs

René Strickler, de la banque à la cage aux fauves

Ce dompteur suisse, né en 1949, n’est pas né dans le monde de la piste et au départ il se destinait à une tout autre profession : travailler dans un établissement bancaire. C’est ce qu’il fait dans un premier temps une fois son diplôme de commerce en poche. Mais le cirque est pour lui une passion et il rêve depuis toujours d’être dompteur. Un jour en 1973 le propriétaire du zoo de Romanshorn, connaissant son penchant, vient le trouver et lui propose plusieurs fauves à dresser. Notre jeune belluaire accepte bien volontiers même s’il n’a qu’une connaissance très théorique voire sommaire du dressage des félins, une forte proximité avec les dompteurs du cirque Knie car depuis quelques temps il travaille au service presse et communication de ce cirque helvète. Et c’est ainsi que quelques temps après il débute sur la piste du cirque Nock avec les animaux qu’il vient de dresser. Puis il foulera la piste des plus importants cirques européen (Althof, Knie, Pinder-Jean richard, Roncalli…), où son numéro tout en douceurs, où il fait régner la paix au milieu d’un imposant groupe mixte de fauves comprenant lions, tigres, ours, pumas, panthères noires ou tachetées… fait de lui un des maîtres du dressage moderne. En 1976 il participe au Festival International du Cirque de Monte-Carlo où il est récompensé par le Prix de la Ville de Monaco.

René Strickler, de la banque à la cage aux fauves

Plus de Vingt ans plus tard en 1999 il retourne à Monte-Carlo où il présente un numéro unique de 9 pumas canadiens où avec une infinie patience il a dressé ces petits félins très espiègles et vifs de caractère. En parallèle au monde du cirque René Strickler a créé à Subingen en Suisse un Parc à félins, lieu où il continue à s’adonner à sa passion les fauves, en attendant la création d'un autre parc à Dompierre dans la Broye fribourgeoise sur 42 000m².

René Strickler, de la banque à la cage aux fauves

#cirque

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Roger Spessardy un dompteur né, sous le signe du lion

Publié le 23 Juin 2015 par cirk75 dans Dompteurs

Roger Spessardy un dompteur né, sous le signe du lion

Né le 23 Juillet 1903 Roger Spessardy est le second fils de Kark Spiessardy et d’Adélaïde Morelli et frère de Charles Spiessert le futur directeur-propriétaire du cirque Pinder (voir blog25/04/2013). D’origine hongroise les Spessardy sont une vieille famille montreuse d’ours puis propriétaire d'une ménagerie ambulante. Mais suite au climat délétère qui règne après la première guerre mondiale, les Spessardy décident de changer leur nom en Spessiert.

Roger Spessardy un dompteur né, sous le signe du lion

Enfant le jeune Roger assiste son père qui à cette époque dirige un cinéma. Roger à l’entracte change les bobines du projecteur mais il est aussi chauffeur de l’entreprise. A 19 ans il rejoint son frère aîné Charles parti en tournée avec le "Cirque-ménagerie Spessardy". Intrépide le jeune Roger propose une attraction singulière : "Le gouffre de la mort" où dans un cylindre de bois avec une bicyclette il tourne à grande vitesse. Puis à la place du vélo il utilise une moto et nomme cette performance " La cuvette de la Mort ". Notons que cette cuvette est suspendue au-dessus de la cage aux lions.​ Un jour, un câble lâche et Roger se retrouve au milieu des félins, et d'après sa légende c'est ainsi qu'il prit goût pour ces animaux et devint le belluaire renommé que l'on connaît.

Mais suite aux départs de ses associés, Charles abandonne le spectacle et crée un garage, tandis que Roger rachète des avions pour se lancer dans les spectacles aériens forts prisés à cette époque. Suite à un accident au cours duquel le pilote Alloncle se tue, les deux frères décident de reprendre la route. Et comme la mode est alors à l’américanisme, le cirque Spiessardy devint le "New Circus", établissement qui ne tournera qu’une saison car l’année suivante en 1928, Charles Spessiert rachète le Cirque Pinder, et en deviendra pour plus de 40 années le légendaire directeur et Roger le directeur technique qui préside aussi aux destinées de la ménagerie.

Roger Spessardy un dompteur né, sous le signe du lion

Mais Roger rêve de piste, de dompter des fauves, et s’y prépare. Durant la saison à chaque ville étape il fait monter la cage pour répéter avec ses lions venus tout droit d'Afrique. A ses débuts en 1929 il prendra plusieurs pseudonymes, dans un premier temps Mac Kensen, puis devient le dompteur Jackson avant de connaître une longue et prestigieuse carrière sous son propre patronyme. A cette époque ses activités journalières sont partagées entre dressage, présentation des fauves (lions et tigres, il travaille les deux félins) et responsable du matériel. Parallèlement il est le père d’élèves de nombreux belluaires qui auront pour noms : Edouard Floch, Miss Ellia alias Paul Lambert, Willy, Anderson, Dumba, Werner Winter, Tirana, Bella Ruka, Jacky Rex, Freddy Hager, Maurice Cherret… et son fils Jacques Spiessert qui allergique à la sciure et aux poils des animaux lui donnant des fréquentes crises d’asthme se reconvertira, aux fonctions administratives.

Roger Spessardy un dompteur né, sous le signe du lion

A la fin de la tournée 59, Charles Spiessert voulant privilégier ses fils Jimmy, Willy et Serge, dans la direction du cirque Pinder, congédie son frère Roger. Ce fut pour ce dernier un choc terrible, aussi il se retire avec sa seconde épouse, Yolande Pareti, à Nogent-sur-Marne où avec l’aide de Jacques Garnier il écrit ses mémoires intitulées "Face aux fauves chez Pinder". Si Roger Spessardy réalise la plupart de sa carrière chez Pinder, il travaille fin 1943 au Grand-Palais, au "Cirque Albert Rancy" en même temps que les éléphants de Pinder. Il y présentait six tigres, parmi lesquels se trouvait un certain Royal, celui-là même qui avait agressé sauvagement un an auparavant chez "Médrano" l'actrice Gina Manès (voir blog02/10/2011)

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Heinz Honvehlmann dit Henri Dantès profession dompteur (1932-1997)

Publié le 10 Mars 2015 par cirk75 dans Dompteurs

Heinz Honvehlmann dit Henri Dantès profession dompteur (1932-1997)

Né le 17 août 1932 en Wesphalie en Allemagne, Heinz Honvehlmann, jeune ingénieur en travaux publics, décide en 1952 de suivre pour les beaux yeux d'une belle trapèziste et par goût des voyages, la tournée du Cirque Bouglione. Remarqué par Firmin Bouglione, dont il devient un de ses plus brillants élèves et travailleurs acharné, il devient sous le nom d’Henri Dantès un dompteur réputé et présente tour à tour ours, tigres, panthères ou lions, sa grande passion. La grande originalité de son numéro était dans le constant mélange de travail en douceur et en férocité. Avec un style extrêmement rapide il passait en une seconde avec le même animal du fouet à la caresse, et les bons jours quand ses lions étaient en forme sa prestation ne durait guère plus de sept ou huit minutes, laissant le public estomaqué et sous le charme. Et s’il fut un pensionnaire attitré de la famille Bouglione, il travailla aussi pour d’autres enseignes tels: Amar, Althoff, Bureau, Jean-Richard, Grand-Cirque-de-France, Pinder…

Ce grand jeune homme blond proposait un numéro qui n’avait rien de paisible. Et pour que ses bêtes aient un maximum de légèreté et un rythme soutenu, il ne les nourrissait qu’après le numéro en lésinant volontiers sur la part que chacun recevait, car Henri Dantès ne voulait pas qu’on soupçonne ses animaux d’être endormis ou flegmatiques.

Sa notoriété lui permit de tourner dans plusieurs productions cinématographiques comme "Trapèze" (voir blog18/10/2010) où il doublait Burt Lancaster dans la scène avec le lion. On le voit aussi dans "Le plus grand cirque du monde" (voir blog02/05/2012) où il jouait le dompteur devenu alcoolique par peur des fauves. On l’ a vu aussi dans un film de John Houston "La Bible".

Il reste de nos jours un des plus téméraires dompteurs européens, n’hésitant pas lors à la fin de son numéro à s’étendre sur la piste en faisant venir à l’appel de son fouet les lions, qui bondissaient comme s’ils allaient se jeter sur lui, mais qui à la longue s’allongeaient en toute tranquillité sur le dompteur, lui faisaient une couverture vraiment originale.

Séquence frisson garantie !

Après une carrière brillante dans les plus grands cirques du monde, Henri Dantès partagea la fin de sa carrière entre des tournées dans des petits cirques et des séjours dans des zoos, tout en n'oubliant pas de faire partager sa passion des fauves à de jeunes belluaires débutants.

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