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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Héloïse Bourgeois, une française experte en mât chinois

Publié le 30 Novembre 2016 par cirk75

Lors du dernier Festival International des artistes de cirque de Saint-Paul-Lès-dax (voir blog23/11/2016), le numéro d’Héloïse Bourgeois proposé sur les airs d’Edith Piaf, emporte à plus de 6 mètres de haut, les spectateurs dans un tourbillon verticale chorégraphié toute en souplesse et en douceur. Le jury ne s’y s’est pas trompé en lui a attribuant une "Pomme de pin d’argent". 

Artiste française, Héloïse Bourgeoise n’est pas une inconnue et a été souvent, associée à William Underwood, reconnue par ses pairs. Elle a notamment par deux fois reçu le "Prix du Président de la République" en 2012 au Festival Mondiale de Demain et l’année suivante en 2013 lors du XIV° festival International du cirque du Val d’Oise. Notons qu’en 2012 le duo Bourgeois-Underwood avait aussi été honoré par une "Médaille d’or" du prestigieux Festival Mondial du cirque de Demain.

Pur produit des écoles de cirque, Héloïse Bourgeois a commencé très jeune son parcours par une pratique intensive du sport. Ainsi dès 5 ans elle pratique la voltige équestre, décroche des titres de championne de France en individuel et en équipe. Parallèlement elle s’adonne à la danse classique et participe à des compétitions de trampoline. Ne négligeant ses études elle passe un Bac au Lycée Jeanne d’Albret de St Germain en Laye tout en suivant une formation acrobatique à la section sportive de cet établissement.

Excellente élève elle envisage même un temps une carrière d’ingénieure mais, à 19 ans, elle part suivre une formation au Circus Space de Londres, avant de se perfectionner pendant 3 ans à L'Ecole Nationale de Cirque de Montréal (voir blog04/05/2011). C’est là où elle fait connaissance non seulement avec  William Underwood son partenaire mais aussi avec "Les sept doigts de la main", qu’elle rejoindra comme artiste dans les spectacles "Traces" (voir blog21/05/2016) ou "Psy" (blog30/11/2011) avant d’aller exercer son art en Allemagne où avec sa gestuelle harmonieuse, cette artiste nous prouve que le mât chinois est aussi une discipline féminine.

#héloïsebourgeoise

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La Compagnie Akoreacro,

Publié le 29 Novembre 2016 par cirk75 dans Nouveau-Cirque

Après avoir fait le tour du monde avec "Pffffffff", le collectif crée en 2011 et composé d’acrobates (Claire Aldaya,  Maxime La Sala, Basile Narcy, Antonio Segura-Lizan, Maxime Solé, Guillaume Thiollière et Romain Vigier) et de musiciens (Mathieu Santa-Cruz, Guillaume Thiollière, Guilhem Fontes, Boris Vassallucci, Vladimir Tserabun) propose avec "Klaxon", un spectacle surprenant, où ce qui est supposé être normal devient magique.

Le collectif allie à une solide technique acrobatique un sens évident de la loufoquerie. Certains membres de la Compagnie sont même allés se perfectionner à Moscou, où ils ont aussi appris la modestie, "car on y trouve toujours plus doué que soi" indique la voltigeuse Claire Aldaya.

Une roue Cyr, un cadre aérien, un trapèze Washington, des balles de ping-pong… une batterie, un accordéon, des cordes et un piano sur roulettes, avec tous ces ingrédients, la troupe nous transporte dans un joyeux fatras où clowneries  et acrobaties de haut vol s’enchaînent, le tout enveloppé dans une musique endiablée, une sorte de délires baroques,  de capharnaüm cocasse.

"Klaxon", mis en scène par Alain Reynaud, est un spectacle furieusement déjanté, où voltiges, équilibres, jonglage, rotations sur trapèze... s'enchaînent sans temps mort.

Et pour la première fois ces circassiens virtuoses plantent à Paris,du 23 novembre au 25 décembre leur chapiteau à l’Espace Chapiteaux de La Villette (voir blog21/11/2013).

Alors pourquoi s’en priver…

#akoreacro

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3ème Festival International du Cirque de Zhuhai en Chine

Publié le 28 Novembre 2016 par cirk75 dans Festivals

Créé en 2013 -une deuxième édition en 2015- la 3ème édition de ce Festival international du cirque s’est déroulée en 2016 du 18 au 26 novembre à Zhuhai, ville située sur la côte sud de la province du Guangdong, limitrophe de Macao.

Le Festival, s’est tenu sous l’enceinte de l’étonnant et coloré "Zhuhai Chimelong International Circus Theater", d’une superficie de 15 000 m² et qui peut accueillir près de 5 000 places.

 

Co-organisé par le Ministère de la Culture de la République Populaire de Chine, le Gouvernement du Peuple de la Province de Guangdong et le Gouvernement Populaire Municipal de Zhuhai cet événement circassien international a permis à une trentaines d’artistes venant de 18 pays, dont du Canada, de Russie, de France, des États-Unis et de Chine de se produire devant un jury international de professionnels, directeurs de cirque ou de festival de décerner les Tigres d'or, d'argent et de bronze.

A la différence avec la compétition de Wuqiao (voir blog 06/10/2015) où l'acrobatie est reine, à Zhuhai, les numéros avec animaux sont aussi invités.

Palmarès 2016

Tigre d’Or

 

 

        

Troupe Sokolov

Saut à la bascule (Russie),

 

3 Tigres d’Argent

     Veronica Teslenko gymnaste aérienne (Russie)

Gibadullin Jongleurs (Russie)

Freestyle (Australie)

4 Tigres de Bronze

   Natalia Maikhrovsky et Salih Gayazov, Chevaux en liberté (Russie)

Vladislav Goncharov (Lions)

Alex et Sara, équilibristes sur Perche  (Suisse et Russie)

Cat Wall, Acrobaties sur un trampoline (Canada-États-Unis)

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Les Antares, un numéro légendaire et tragique

Publié le 27 Novembre 2016 par cirk75 dans Aériens

Ce fabuleux numéro aérien créé en juin 1949 au cirque d'Amiens (voir blog09/05/2011) par Georges Gommeton, fait partie de la mémoire vivante de la piste. Son initiateur, fils d’un comédien de théâtre ambulant est né le 14 mars 1918 à St Eloi aux Mines et, à dix-sept ans, s'engage dans la marine et, devient maître-nageur à la base aéronavale de Brest où il accumule les titres en plongeon de haut vol. La guerre va le faire passer du théâtre aux armées, au S.T.O. puis à la clandestinité où il rejoint les maquis d'Auvergne et s'engage dans la 1ère Division Blindée du Général Vigier.

Avec de faux papiers, il travaille chez Amar (voir blog05/04/2011) puis il monte un numéro de main à main avec un dénommé Timas. Après-guerre, il participe à  l’aventure du théâtre ambulant de Louis Darges, ce qui lui permet de rencontrer sa future femme Lucette Hytte. C’est l’époque aussi où il fait la connaissance des "De Riaz" un groupe aérien  qui met au point un  numéro utilisant un avion tournant autour d'un axe pendant que les artistes exécutent divers exercices, pendus à des agrès. Cette attraction n'est pas en soi nouvelle, puisque des troupes comme les Nicoletos, les Aeros Stars, Axel Murano et sa Flying Torpedo, ou les 2 Kimris l'avaient déjà proposé. 

Georges Gommeton crée sa propre troupe et passionné d'astronomie lui donne le nom d’Antarès, en référence à cette double étoile du Scorpion située dans la constellation du zodiaque.... 

Le numéro proposé par les 3 Antarès comporte quatre séries de lâchers entrecoupées d'un travail au trapèze exécuté par la pilote qui se trouve dans l'avion.

Les lâchers se font d'abord main à main - planches et dislocations - puis par une perche tenue au porteur, enfin par un petit trapèze où le voltigeur se lâche, par deux puis une seule pointe de pied. Pour permettre au porteur de reprendre les bras du voltigeur, le petit trapèze doit être tenu en mâchoire durant une séquence très périlleuse. Au final, c'est par une ceinture, tenue elle aussi en mâchoire, que le voltigeur tourbillonne en planche puis groupé.

Plusieurs porteurs se sont se succédés, ils ont pour nom: Pierre Bergam, Raymond Gendarme, Tony Lucchini ou Bruno, le fils aîné de Georges Gommeton. Dans le cockpit, on verra de magnifiques et belles aviatrices : Irène, Nicole Gimel, Betty Stom (voir blog28/06/2014), Patricia, fille de Georges et Lucette, ou Maria Garcia. Voltigeur hors-du-commun Georges Gommeton présente jusqu'à 57 ans et plus ce numéro. Et en janvier 1975, lors d'un engagement au Palais des sports de Madrid, il laisse sa place à son fils cadet Gilles. Ainsi s’est formée une seconde génération d’Antarès composée des enfants de Georges et Lucette.  Les jeunes Antarès remportent l'Oscar du cirque. Leurs aînés l'avaient préalablement obtenue en 1956 au Festival du Cirque organisé à Paris au Palais des Sports. En décembre 1977, Patricia, Bruno et Gilles participèrent au 4ème Festival International de Monte Carlo où ils remportent un clown d'argent fort mérité.

Malheureusement un certain 20 septembre 1995 alors que les convois de la famille Gommeton rejoignent en Pologne le cirque Merano, Georges le père est heurté mortellement par un conducteur ivre.

Les Antarès juniors ont continué de tracer leur sillage. En 2004, ils sont invités une nouvelle fois à Monte Carlo. Malheureusement, l'aventure tourne court lors de la deuxième soirée de sélection, l'épaule de Bruno se déboîte. Maria Garcia, ayant remplacé Patricia dans le cockpit, fait stopper l'équipage et le blessé est débarqué avec d'infinies précautions.

Mais hélas deux ans plus tard, le 6 février 2006, au cirque d’hiver Bouglione en pleine représentation, tous les circophiles connaissent la fin tragique de Gilles Gommeton.  N’ajoutons rien, car il n’y a rien à ajouter, même si en 2016, dix ans après, ce terrible drame est toujours très présent dans le cœur de tout amateur de la piste aux étoiles.  

Il nous reste cependant en mémoire de Gilles, la composition musicale qui accompagnait le numéro des inoubliables et magiques Antarès, la musique est signée Achille Zavatta, une autre légende de la piste.

 

#lesantares

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Ils étaient neuf célibataires (1939)

Publié le 26 Novembre 2016 par cirk75 dans Cinéma

Rien, dans ce film de 1939 signé Sacha Guitry, ne devrait attirer l’œil  d’un circophile. Pas l’intrigue en tout cas, dans laquelle un aventurier mondain, (Sacha Guitry), pour plaire aux beaux yeux d'une comtesse russe, fonde une agence de vieux célibataires pour venir en aide à de riches étrangères frappées par une loi mettant en cause leur résidence en France. Pour permettre auxdites dames de rester en France, le héros recrute d’inoffensifs S.D.F. qui vont épouser ces étrangères, leur permettant ainsi d'acquérir le nationalité française.

Et parmi ces riches parties désirant se marier, afin d’échapper au décret qui les menace d'extradition, on note une marchande de guano, une ravissante demi-mondaine entretenue par un duc, une jeune chanteuse américaine, une comtesse polonaise et… une artiste de cirque d'origine asiatique. Et par bonheur cette dernière se produit sur la piste d’un cirque . Aussi un soir son mari, un sans-abri du genre farceur, décide de se rendre au cirque. Et c’est ainsi que l’on peut pendant 2mn, ce qui n’est pas beaucoup sur les 125 mn que dure cette comédie satirique, entrevoir quelques vues du Cirque Medrano (voir blog07/04/2011), celui de Boom-boom.

Chapeau haut de forme sur la tête Amédée le conjoint de paille pendant que sa légitime tournoie à une vitesse vertigineuse sur un parquet amovible débarque, par un des vomitoires de la salle. Une fois en bord de la piste sans le vouloir il va participer au numéro. Succès inattendu ce qui va entraîner, bien entendu, un engagement du duo formé par Amedée l’époux et Mi-Ha-Ou l’épouse circassienne . Cette scène comique est vraiment la seule intéressante dans ce film où on peut aussi entrevoir un trio de clowns se tenant dans l’entrée comme cela se pratiquait à cette époque.

Sacha Guitry était un habitué du cirque Medrano, et rappelons que dans son dernier film "Les 3 font la paire" (voir blog22/03/2015) il utilisera plus longuement ce célèbre cirque parisien aujourd’hui démoli  pour son intrigue cocasse et originale.

"Ils étaient neuf célibataires" un film pour circophiles non pour medranophiles nostalgiques…

#iletait9celibataires

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Scott & Muriel ont posé leurs valises au Cirque d’Hiver

Publié le 25 Novembre 2016 par cirk75 dans magicien, Clowns

Avec le spectacle "Surprise" les Bouglione empochent la mise avec un brelan d'as composé de Totti (voir blog30/12/2013), des Cassely (voir blog27/12/2014) et des étonnants Scott & Muriel.

Lui, Scott Nelson un peu nigaud et ultra maladroit réussit ses tours de magie sans le faire exprès. Elle, Muriel Brugman son assistante est complètement déjantée, a sa jupe qui remonte et se jette sur les hommes du public.

Avec Scott & Muriel, doublement primé en 2008 lors du 32ème Festival International du cirque de Monte-Carlo, l’imprévu et la dérision sont toujours de mises. Lui, un magicien pour lequel rien ne se passe comme prévu, elle, une comique extraordinaire qui joue son assistante. Vous l'aurez compris ils sont à la fois clowns et illusionnistes et rien que pour leur dégaine, ça vaut le détour, car avec ces deux-là  on voit une comédie bouffonne exceptionnelle combinant magie bluffante, grandes illusions enveloppées d’humour et saupoudrées d’originalité!

Dernier point ce couple aussi à l'aise sur  piste que sur scène, est aussi le premier duo comique à avoir remporté en 2000 à Lisbonne le titre de champion du monde de magie.

Une référence non!

#scottetmuriel

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Palmarès du 15e Festival International du Cirque Rhône-Alpes Isère Voiron/Pays Voironnais Festival du Cirque

Publié le 24 Novembre 2016 par cirk75 dans Festivals

TROPHEE DU CLUB DU CIRQUE

CATALINA PALMA – Equilibre

 

ETOILE PRIX SPECIAL PAYS VOIRONNAIS

DUSS – Otaries

 

ETOILE PRIX SPECIAL VILLE DE VOIRON

CAMILA PALMA – trapèze

 

ETOILE PRIX SPECIAL COUP DE CŒUR WORK 2000

GLENN FOLCO – jonglage

 

ETOILE PRIX SPECIAL DU PUBLIC – DEPARTEMENT ISERE

CESAR DIAS – clown

 

ETOILE PRIX SPECIAL DES ENFANTS parrainée REGION AUVERGNE RHONE ALPES

CATWALL – double trampoline

 

ETOILE PRIX D’HONNEUR – GC PRODUCTIONS

MARTIN LACEY – Lions

 

PRIX D’HONNEUR – SAMSE

FUMAGALLI – clown

 

ETOILE DE BRONZE

CATALINA PALMA – Equilibre

 

ETOILES D’ARGENT

ALESSIO – Perroquets

NICOL NICOLS – fil de fer

 

ETOILE D’OR

CATWALL – double trampoline

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Palmarès du 17e Festival International des artistes de cirque de Saint-Paul-Lès-dax.

Publié le 23 Novembre 2016 par cirk75 dans Festivals

Prix du public    Duo Ballance, main à main

Prix de la ville de St-Paul-lès-Dax    Héloïse Bourgeois, mât chinois

Prix du Joacasino César Palace   Troupe Backlight show acrobatique

Prix des commerçants de St-Paul-lès-Dax    Dariya & Dana, contorsion

 

Prix Bretagne Circus    Elastic, clown

Prix du Club du cirque    Héloïse Bourgeois, mât chinois

 

Prix spécial Bolshoï circus de Moscou    Ecole de cirque de Galaprini de Capbreton

Prix du cirque Nikuline de Moscou    Elastic, clown

Prix du festival des jeunes artistes de Moscou    Troupe Assa, djiguites

Prix spécial de Firebird Production    Bruno Laloye

 

 

3 Pommes de pin d’Or :

Duo Ballance, main à main

Duo Behind the door, Addagio

Elastic, clown

 

2 Pommes de pin d’argent:

Troupe ASSA, Djiguites

Heloïse Bourgeois, Mats chinois

 

2 Pommes de Pin de Bronze :

Nicol Nicols,  Fil tendu

Vladik Myagkostoupov, jongleur

 

Prix Spécial du Jury

Benedikt Baumann, Tissus et anneaux aériens

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La Ford en folie de Gilles Margaritis, à Medrano

Publié le 22 Novembre 2016 par cirk75 dans Clowns

Parmi les sketchs célèbres qui ont dépassé le cadre strict de la piste aux étoiles, nous avons déjà évoqué celui du "Miroir Brisé" (voir blog08/04/2015). "La Ford en folie" en est un autre exemple où apparaissent à côté de Gilles Margaritis (voir blog15/10/2015) selon les années Albert Rémy, Jean Richard (voir blog22/11/2010) voire Pierre Tchernia (09/10/2016).  Revenons aujourd’hui sur ce célèbre classique de la comédie clownesque, qui un jour malheureusement eut une fin tragique. 

C’est avec la complicité du comédien Albert Rémy que Gilles Margaritis présente pour la première fois à Medrano un certain 10 mai 1940 "La Ford en Folie". Numéro qui sera repris sur la piste montmartroise en 1943 et 1952 et dont l’idée originale n’est pas due l’imagination débridée de Gilles Margaritis mais à Pimpo un clown anglais. Signalons aussi que le créateur de La Piste Aux Etoiles (voir blog15/12/2014) n’est pas non plus le premier à avoir importer en France cette entrée clownesque, le mérite en revient aux Léonard (voir blog19/09/2013).

La voiture utilisée par Magaritis est une vieille Ford T des années 25, surnommée à l’époque " l‘araignée", car très haute sur pattes. Ce véhicule est modifié par un garagiste d’Aubervilliers nommé Savary, père d’un copain des Beaux-Arts d’Albert Rémy, de telle façon que la voiture puisse rouler sans que personne ne soit assis sur le siège avant. Ainsi elle s’arrête d’elle-même quand on tire un coup de pistolet dans la calandre. Pour obtenir un tel résultat, une série de relais électrique et de minuteries minutieusement installés en a fait un robot obéissant. Pour cela deux membranes ultra sensibles sont fixées dans les phares. Et sous l’effet des ondes sonores, elles vibrent, et provoquent un contact électrique, l’une déclenche le démarreur, l’autre coupe le contact. Quelques temps plus tard une nouvelle amélioration permet à la voiture de démarrer aussi au seul son d’un coup de revolver. Enfin on a aussi modifié le rayon de braquage, pour bloquer la direction suivant un cercle plus petit afin de tenir compte du diamètre de la piste. Et devant une telle mécanique l’effet est garanti et les spectateurs bluffés.

Le thème de l'entrée comique qui dure environ un quart d’heure est simple, un vendeur, le comparse de Margaritis informe qu’il a une Ford T facile à conduire à vendre. Elle est si simple à conduire que n’importe quel imbécile peut y arriver en deux coups de pédale ! L’acheteur, en l’espèce Gilles Margaritis sentant la bonne occasion demande à faire un essai, mais il n’est pas encore monté que la voiture se met en marche. Cri d’effroi de la part des artistes la voiture s’arrête. Puis elle ne veut plus redémarrer. Le vendeur propose alors d’appeler un garagiste… le moteur se met immédiatement à ronronner ; puis stoppe tout net. On tourne alors la manivelle, le klaxon se met à beugler. Une petite tape sur le capot, une portière voltige. On ferme une porte une autre s’ouvre. On tape sur le capot une portières saute de ses charnières. On court la fermer c’est l’arrière qui s’entrebâille. On grimpe enfin dans la voiture en se chamaillant, les deux compères se disputent le volant, qui leur reste dans les mains. Il ne reste plus qu’à descendre du véhicule, mais comme pour se venger la voiture décide alors de courser les deux comparses. Cette Ford T paraît bien indomptable, un vrai cauchemar, celui que tout automobiliste redoute, voir sa voiture lui échapper et devenir démoniaque.

Par malheur une fois la voiture s’est vengée et la fin fut tragique. Margaritis le relate dans ses mémoires, portant comme titre celui de sa célèbre émission, mais laissons-lui la plume. " Une fois c’est la Ford qui s’est vengée. Tragiquement : elle a tué le clown qui se préparait à s’en servir. C’était bien des années après la guerre. Les carrières de Rémy et la mienne nous avaient séparées. Mais il nous arrivait de louer à d’autre ce sketch …. Un jeune comique danois, qui nous avait vus dans notre numéro à Copenhague était venu à Paris l’étudier….Un matin (le dernier matin il devait embarquer au Havre avec la voiture la nuit suivante…), le petit clown danois poursuivait Abert Remy ; tous deux couraient autour de la Ford qui tournait toute seule en rond. C’était au Danois de passer devant le capot. Il a glissé. Rémy a entendu un bruit mat. Il a tourné la tête son partenaire avait disparu. Il a tout de suite compris. Il s’est rué sur la voiture et l’a arrêtée aussitôt…Le Danois gisait sous l’essieu avant. Il est mort le lendemain." Margaritis parachève en mentionnant ; "Je n’ai pas redonné "La Ford en Folie" pendant longtemps. Quant Zavatta a voulu la passer à la Piste Aux Etoiles en 1963, j’ai vécu un quart d’heure mal à l’aise. Je crois que j’avais peur tout simplement.

Ce sketch de la voiture en folie devenu aujourd’hui un classique comique a été joué par de nombreux artistes ayant nom Franco Medini (voir blog13/10/2006), Rhum (voir blog23/03/2011), voire aussi les Bario (voir blog26/01/2011) ou Francky Babusio dans une variante le taxi en folie ; où là ce n’est plus une voiture qui est à vendre mais des passagers à transporter mais le véhicule est toujours aussi indocile.

#lafordenfoliemargaritis

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Maria & Caterina Valente, une famille d'origine circassienne

Publié le 21 Novembre 2016 par cirk75 dans Musique

Maria Valente la mère, est née  à Rome, son père était le maître et metteur en scène de Fregoli le célèbre ventriloque et transformiste italien. Maria débute à 3 ans comme chanteuse et danseuse à Kiev en Russie. Et plus tard on la voit écuyère, funambule ou jongleuse, bref l’apprentissage normal du moins à cette époque, d’une enfant de la balle. Vers 16 ans, bonne musicienne elle joue entre autres du xylophone et de divers instruments bizarres inventés par son père, qui depuis sont devenus d’un usage courant au cirque comme au music-hall. A moins de  vingt ans, ayant déjà une forte notoriété dans de nombreux pays européens (Finlande, Suisse, Norvège, Italie, Belgique, Hollande, Suède…) elle se marie à Guiseppe, un accordéoniste italien, avec qui elle aura quatre enfants. Elle se produit dans un numéro d’excentriques musicaux avec son mari et ses enfants,  dont sa fille Caterina. En France on peut la (les) voir à l’Olympia et au cirque Medrano, où par deux fois, du 29 septembre  au 25 octobre 1945  et du 24 déc. 1948 au 6 janv. 1949 elle(s) foule(nt) la piste montmartroise; la Troupe "Maria Valente et Cie" puis "Maria Volonte et ses enfants" obtenant à chaque fois un franc succès.

Catarina Valente la fille, est née au hasard des pérégrinations artistiques de ses parents, en 1931 à Paris. Après des cours de danse russe de Paris, elle participe très jeune aux tournées de sa famille. Chanteuse, danseuse, cette actrice franco-italienne a toujours adoré le cirque et débute sous le chapiteau du cirque itinérant du légendaire Grock (voir blog16/05/2015) où elle est l’assistante de son mari Erik van Aro, un jongleur allemand, à qui elle passe balles, tambours et grosses caisses d’une batterie entière qu’il fait virevolter dans les airs. Grock un ami de la famille Valente lui donne la possibilité de faire un numéro de chanteuse sur la piste de son cirque. Et c’est ainsi qu’elle propose en 1953 à Milchbuck près de Zurich un numéro où elle incorpore chant, danse acrobatique, claquettes, pirouettes et grands écarts à l’américaine. C’est pour Caterina Valente le début d’une très longue carrière internationale. Véritable polyglotte, elle chantera dans douze langues, dont elle parle couramment au moins la moitié. 

Si en France, certains se souviennent d’elle comme d’une chanteuse exotique des années 50, dans la mouvance des Dalida,  Gloria Lasso ou Maria Candido, on oublie trop souvent que Catarina Valente, a débuté sa carrière sur la piste des cirques suivant ainsi les traces de sa mère Maria Valente et de son père Guiseppe avant de devenir après-guerre une des chanteuses européennes les plus populaires.

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