Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Articles avec #franc-maconnerie catégorie

Zavatta Franc-Maçon

Publié le 20 Novembre 2016 par cirk75 dans Franc-Maçonnerie

Mercredi dernier, certains circophiles se sont souvenus qu’en 1993, un 16 novembre, Achille Zavatta (voir blog17/05/2015) affaibli par les dialyses à répétition, meurt en se tirant une balle dans la tête dans sa maison à Ouzouer-des-Champs près de Montargis

avec la complicité de JihelStar incontestée de la piste Achille Zavatta, Franc-Maçon à la Grande Loge de France fut initié le 13 avril 1962 à  l'atelier "La Ruche d'Orient". Franc-maçon exemplaire, toujours d'une grande générosité, il a beaucoup aidé les artistes de cirque en retraite. Et lors de ses obsèques il eut droit à enterrement maçonnique particulièrement symbolique et poignant. Ce court parcours maçonnique de Zavatta est bien connu, et les media et sa fille Lydia l’ont largement relégué. Mais ce qui est moins connu, en 2003, dix ans après sa mort, a été composé une chanson maçonnique intitulée : "Il est mort le clown", une sorte d'ultime hommage musical rendu au frère Zavatta. En voici le texte ;

Il est mort, le clown ...

Accablé par le mauvais sort,

Pliant sous le souffle du vent

Qui s'acharnait tout contre lui,

Il avait, appelant la mort,

Tourné son visage vers l'Orient,

Lui qui espérait tant en la vie...

 

Tourné son visage vers l'Orient,

Lui qui espérait tant en la vie,

Le Clown...

 

Désemparé, de tout son cœur,

Il souhaitait une belle embolie

Qui mettrait fin à ses malheurs

Et l'emporterait dans la nuit,

Loin, vers cet Orient Éternel

Qui ennoblit si bien notre ciel,

 

Loin, vers cet Orient Éternel

Qui ennoblit si bien notre ciel,

De Clown...

 

Sa vie pourtant avait été

Placée entre Équerre et Compas,

En aidant la société

Par ce bon rire qui, ici-bas,

Est si rare, mais nécessaire,

Car il fait oublier la misère...

 

Est si rare, mais nécessaire,

Car il fait oublier la misère,

Le Clown...

 

Mais la mort ne voulait pas de lui

Car, elle aussi, elle riait

A toutes ses belles pitreries,

Dans un fauteuil, elle s'installait

Et puis posait sa faux par terre :

C'est si bon parfois de fuir l'enfer...

 

Et puis posait sa faux par terre,

C'est si bon parfois de fuir l'enfer,

Chez le Clown...

 

Un jour il est entré en piste

Et il s'est inscrit sur la liste

Avec tous ceux qui, ce soir là

S'envoleraient vers l'au-delà.

Une belle et dernière grimace,

Une simple et banale farce...

 

Une belle et dernière grimace,

Une simple et banale farce,

De clown...

 

Il n'a pas attendu la mort,

Coquin de sort, rions encore !

Tous ses outils abandonnés

Entre les mains d'un autre Frère

Pour faire vivre l’œuvre humanitaire

A laquelle il avait tant travaillé...

 

Pour faire vivre l’œuvre humanitaire

A laquelle il avait tant travaillé,

Le Clown...

 

Au spectacle, la sinistre mort

Était venue, comme une enfant

Et pourtant madame la mort

S'en est retournée, en pleurant...

 

La comédie est terminée,

Car il s'est suicidé...

Le Clown.

Illustration signée Jihel

Poème René Palazzi

Musique Bernard Muracciole

#zavattafranc-maçon

commentaires

John Bill Ricketts, père du cirque en Amérique du Nord (1769-1800)

Publié le 16 Novembre 2016 par cirk75 dans Franc-Maçonnerie, cirques étrangers

Lorsque l’on évoque les arts de la piste aux Etats Unis, trois noms viennent spontanément à l’esprit, Barnum (voir blog01/04/2015) Bailey (voir blog04/04/2015) et Rigling (voir blog 23/04/2012). Mais aucun n’est à l’origine du cirque américain, en effet c’est un écossais John William Ricketts dit John Bill Ricketts, qui peut en revendiquer le titre de fondateur du cirque sur le continent nord-américain.

Avant de fouler le sol américain, John Bill Rickets, débute à l'âge de 17 comme élève de l’écuyer Charles Hughes l’un des fondateurs du Royal Circus à Londres. Quelques années plus tard, après la déconfiture de son mentor, on le retrouve à l'Amphithéâtre équestre de Jones à Whitechapel où il propose un double numéro de cavalier et de clown.

En 1792 il s’embarque pour Philadelphie - rappelons  qu’à cette époque Philadelphie est la capitale de la jeune fédération - où il va reproduire au départ les spectacles qu’il avait vus en Angleterre.

Puis il ouvre le 3 avril 1793 à New-York un cirque, à l’angle de Market Street et de la 12ème avenue. Arène à ciel ouvert l’établissement permet à 800 spectateurs de prendre place autour d’un manège circulaire de 42 pieds (environ 14m). Au départ sa troupe est modeste et comprend outre Ricketts, son jeune frère Francis acrobate, le Signor Spinacuta danseur de corde, et le clown McDonald. Le succès est immédiat et parmi les spectateurs on note les 22 avril 1793 et ​​24 janvier 1797 un dénommé Georges Washington. Ce dernier est un farouche partisan de Ricketts, peut-être parce ce dernier est son maître en équitation et que comme bon nombre de directeurs de cirque, du moins à cette époque (voir blog11/02/2011), tous deux appartiennent à une Loge maçonnique. 

Suite à cette réussite John Bill Ricketts va organiser une tournée passant notamment par la Caroline du nord, la Virginie, le Maryland, la Nouvelle-Angleterre avant de retourner à New-York et à Philadelphie où le 19 octobre 1795 il ouvre un splendide cirque à Chestnut Street le Ricketts' Art Pantheon and Amphitheatre.  Bâtiment couvert et circulaire de 30m de diamètre, érigé sur le principe des cirques anglais avec un toit conique de 15 m de haut, comportant aussi en plus de la piste une scène pour les pantomimes, spectacle très en vogue à cette époque (voir blog01/09/2011) et pouvant accueillir 1 300 spectateurs.  Quelques temps plus tard à leur tour les bostoniens vont découvrir les charmes des arts de la piste grâce au Ricketts’ Equestrian Pantheon. Mais la gloire sera de courte durée car dès 1796, il devra affronter la concurrence d’un nouveau venu Philip Lailson, un écuyer suédois, qui sera à l’origine des parades dans les rues lui permettant d’acquérir une grande notoriété.

En 1797, une troupe dirigée par son frère Francis, donne le 5 septembre à Montréal et près de 200 ans avant le Cirque du Soleil, le premier spectacle cirque au Canada. Là aussi les spectateurs n’en croient pas leurs yeux devant de telles prouesses équestres et même certains y trouvent quelques incantations magiques ou surnaturelles. Ricketts remporte à Montréal un tel succès qu’il y passe tout l’hiver et va y construire un cirque moderne en pierre. Au printemps 1798, la compagnie se rend à Québec où elle présente pendant deux mois un spectacle avant de retourner à Montréal puis aux Etats-Unis.

Enfin comme beaucoup de confrères européens ses installations sont victimes de plusieurs incendies. Décourager, il quitte en 1800 les Etats-Unis, son bateau est capturé par des pirates français. Libéré il s’embarque à nouveau pour l’Angleterre mais son navire fait naufrage et John Bill Ricketts coule avec tous ses biens, il venait de fêter son 30ème anniversaire.  Sa mort a été enregistrée par sa mère en 1802 devant le tribunal de la prérogative de Canterbury.

John Bill Ricketts un des concepteurs du cirque qui comme Astley (voir blog07/06/2015) ou Franconi (voir blog08/06/2015) a laissé son marque dans l’histoire mondial de la piste.

#johnbillricketts

commentaires

La Flûte enchantée au Cirque National Alexis Gruss

Publié le 16 Avril 2016 par cirk75 dans Franc-Maçonnerie

La Flûte enchantée au Cirque National Alexis Gruss

En ce moment le cirque Alexis Gruss régale les spectateurs avec son spectacle poétique et féérique "Pégase & Icare", mettant en piste ces 2 mythes avec ses personnages magiques et chimériques. Il y déjà 14 ans sous le chapiteau de Maître Alexis, un autre spectacle à la marge de la piste avait déjà été donné et avait attiré l’attention des non circophiles, je veux parler de l’Opéra du divin Mozart "La Flute enchantée".

Créé le 30 septembre 1791 à Vienne, l’ultime opéra, pour certains maçonnique de Mozart, désertait en 2002 pour un temps les scènes d’opéra pour se déployer dans l’enceinte surprenante du cirque National Alexis Gruss. Et autour du prince Tamino, cinq chevaux affolés se cabraient dans la découpe de la lumière et martelaient de leurs sabots la scène. Surplombant la cavalcade, les chœurs et l’orchestre Colonne, sous la direction d’Andreas Stoehr, meublaient le drame de leurs harmonies. Le chapiteau du Cirque National Alexis Gruss accueillit de septembre à octobre 2002 la quête obstinée des amants de la "Flûte enchantée" : le courageux Tamino et la belle Pamina, fille de la reine de la Nuit.

La Flûte enchantée au Cirque National Alexis Gruss

Mise en scène par Claude Santelli puis par Bernard Broca, qui a poursuivi le travail du premier nommé suite à l'accident mortel dont celui-ci a été victime lors des répétitions, cette adaptation reposait sur les atouts de cette arène de sciure et de toile : des acrobaties, du jonglage et les ballets des chevaux. Il fallait évidemment concéder un M. Loyal à cette transposition convaincante: c’était Pagagena (Laurenka Hoareau) qui accompagnait le spectateur en lui présentant, assise au bord de la piste, les drames qui se jouaient sous le chapiteau.

Parmi les moments clefs de ce spectacle notons que la célèbre, "Reine de la nuit", (Joan Eubank) personnage à plusieurs facettes, interprétait son premier air tandis que Nathalie Grüss, évoluait au trapèze aérien. Au second acte, sa pyrotechnie vocale était soutenue par une cavalcade réglée par Gipsy Grüss. Quant aux épreuves du feu et de l'eau, elles étaient illustrées l'une par six jongleurs manipulant des massues enflammées, et l'autre par un numéro de bulles d'eau.

Le spectacle se déroulait simultanément sur la piste et sur un podium ­ habillé en forteresse ­ où se tenaient le chœur et l'orchestre Colonne, dirigés par Andreas Stoehr. Quant aux solistes, tous jeunes et beaux, ils passaient de l'une à l'autre pour les besoins de l'histoire. C’étaient quinze chanteurs de différentes nationalités, parmi lesquels les Américains Dominique Moralez (Tamino) et Joan Eubank (la Reine de la nuit), l'Espagnole Marie Rey-Joly (Pamina) et le Russe Evguenyi Alexiev (Papagano).

Peut-on envisager dans l’avenir une réédition de ce cet opéra équestre ? Pourquoi ne pas creuser l’idée ?

#lafluteenchantéegruss

commentaires

Les frères Roche

Publié le 1 Avril 2016 par cirk75 dans Franc-Maçonnerie

Les frères Roche

Nés à Saint-Étienne, les frères Roche descendent d'une lignée auvergnate de marchands tailleurs d'habits. Le père, Marcellin, est représentant de commerce, et la mère, Virginie Dancette, native du Puy-en-Velay, est fille de boulanger. Alphonse, l'aîné des deux frères surnommé Emmanuel, son deuxième prénom voit le jour en 1866 et son cadet Emmanuel cinq ans plus tard.

Les deux frères ne sont donc pas des enfants de la balle et débutent leur vie professionnelle modestement. Emmanuel est commis épicier et Camille agent de voirie. Mais dès 1891 on les retrouve en Belgique à Bruxelles à la direction artistique du théâtre Alhambra. D'abord associés à un certain Sirdey, puis rapidement seuls à la direction, ils produisent notamment des spectacles de music-hall et des bals masqués. Cinq ans plus tard les deux frères fondent à Paris leur propre agence artistique, puis en 1901 leur premier cirque à Boulogne-sur-Mer. Et comme les scènes parisiennes sont saturées, les frères Roche se tournent vers la province et plus particulièrement vers le nord de la France et sa façade atlantique.

Les frères Roche

Pendant quinze ans, ils feront construire dans les villes qu'ils visitent, des constructions temporaires en bois ou plus rarement, occuperont le cirque municipal en dur, comme l'hippodrome à Lille. Parallèlement à la même époque ils possèdent aussi deux structures permanentes, l'une à Lille, l'autre à Bordeaux.

Les frères Roche

Leur réussite au cirque tient à plusieurs phénomènes : d'une part, les frères Roche se déplacent dans les villes en période de foire, ce qui leur permet de toucher un maximum de public. Leur cirque reste environ un mois et donne trois à quatre représentations par semaine, avec des places gratuites distribuées aux orphelins et aux associations caritatives de la ville. D'autre part, les deux frères utilisent admirablement leurs réseaux associatifs, politiques et maçonniques. Les rôles entre les deux frères sont bien répartis, à Camille la gestion quotidienne des affaires et à Emmanuel qui sillonne le monde la recherche de nouveaux talents pour alimenter leurs productions.

Les frères Roche

En 1914, la guerre met l'aventure des deux frères entre parenthèses. Camille est mobilisé et sert dans l'armée de l'air. Emmanuel a déjà 48 ans et échappe à la conscription. Durant cette période de guerre, les constructions sont peu à peu démontées par les habitants qui en font du bois de chauffage. À la fin de la guerre, les deux frères repartent sur les routes, d'abord associés aux Perié (voir blog28/11/2011) puis aux Palisse (voir blog01/12/2011) , puis de nouveau seuls. Les deux frères exploiteront leur cirque jusqu'en 1930, année où malades, ils passent la main, aux Pourtier (voir blog15/12/2010).

Emmanuel décèdera en 1934 et Camille en 1954 vingt ans plus tard, laissant en mémoire, l’image de directeurs présentant des programmations de grande qualité.

commentaires

Antonio Franconi (1737-1836) le créateur du cirque français

Publié le 8 Juin 2015 par cirk75 dans Franc-Maçonnerie

Antonio Franconi (1737-1836) le créateur du cirque français

Né en Vénétie à Udine, fils de Blasio et Jane Franconi, le jeune Antonio connait très tôt la condition des gens du voyage, car à 23 ans il tue lors d'un duel un gentilhomme et doit s’enfuir de la péninsule. Arrivé à Lyon, le jeune Antonio devient soigneur d’oiseaux et de chevaux, mais s’étant battu avec un employé, il doit quitter précipitamment la ménagerie lyonnaise. Il acquiert alors des canaris, qu’il dresse et qu’il présente en Espagne où il découvre la tauromachie. Il devient organisateur de corridas, entrant quelques fois lui-même dans l’arène. Mais comme les courses de taureaux tombent de plus en plus sous l’interdiction des autorités, il reprend en l’améliorant son numéro d’oiseaux.

Engagé en 1782 par Philip Asley (voir blog07/06/2015) pour son numéro de canaris, Franconi reussit tellement bien qu'il le remplace lorsqu’il est obligé suite aux évènements politiques de quitter la France pour se réfugier en Angleterre. Comme Philip Asltey, Antonio Franconi est Franc-maçon. Il est initié le 30 mai 1784 à la loge "l’Etoile Flamboyante aux Trois Lys" acte indiquant le rôle non négligeable qu'a joué en France la Maçonnerie lors de la création du cirque moderne (voir blog14/11/2010).

Antonio Franconi (1737-1836) le créateur du cirque français

Au retour d’Astley, en 1802, avec ses fils Laurent (1776-1849) et Henri (1779-1849), Antonio Franconi ouvre un premier établissement puis, en 1807, père et fils inaugurent le Théâtre équestre du Cirque Olympique où pour la première fois en France, une scène est accolée à la piste. Et c’est dans cet établissement qu’ils présentent des pantomimes historiques et militaires ainsi que des mélodrames à grand spectacle, où la présence des chevaux détermine le domaine du cirque français de la première moitié du XIXe siècle.

Antonio Franconi (1737-1836) le créateur du cirque français

Après la mort d’Astley en 1814, les Franconi rachètent son établissement puis un deuxième Cirque Olympique ouvre en 1816 sur le faubourg du Temple, avant de s’installer au cœur des théâtres du boulevard du Temple en 1826, où Adolphe Franconi, fils d'Henri et petit-fils d’Antonio présente des pantomimes, dont la plupart sont dédiée à la gloire de l’armée comprenant près de 800 figurant avec feux de Bengale et orchestre de cuivre jouant des marches militaires. Malheureusement, toutes ces productions coûtent cher et la fortune des Franconi en prend un coup et se voit réduire comme peau de chagrin. Alors avec amertune Antonio Franconi assiste au dépôt de bilan de ses fils et au passage du Cirque Olympique sous le giron d’un ancien garçon boucher : Louis Dejean (voir blog20/03/2015).

A 98 ans, le 6 décembre 1836, le père du cirque français tire définitivement sa révérence, ses 2 fils décèdant 13 ans plus tard.

Antonio Franconi (1737-1836) le créateur du cirque français

De nos jours, un cirque Franconi perpétue toujours le nom du créateur du cirque français. En effet en 1986, une des dernières descendantes d’Antonio Franconi Alexandra, cousine d’Annie Fratellini (voir blog29/03/2015), crée avec le clown Boboss un cirque portant cet illustre patronyme.

commentaires

Philip Astley (1742-1814) le fondateur du cirque moderne

Publié le 7 Juin 2015 par cirk75 dans Franc-Maçonnerie

Philip Astley (1742-1814) le fondateur du cirque moderne

Fils d’un ébéniste anglais, Astley éprouve très jeune une véritable passion des chevaux. Ainsi dès 16 ans il est admis dans le régiment des Dragons légers du Roi où pendant 8 années il va guerroyer et, lors de bataille d’Emsdorff pour sa bravoure il reçoit le grade de sergent-major. A 24 ans il quitte l’armée en conservant deux chevaux des écuries royales dont son cher Gibraltar, avec qui il a chevauché dans de nombreuses batailles.

Dans un premier temps pour gagner sa vie il se spécialise en débourrage des chevaux mais ne dédaigne pas enseigner l’équitation. Un jour ayant loué un champ non loin de Westminster bridge, il s’initie à la voltige équestre, ce qui l’amène naturellement à se produire lors d’exhibitions équestres dans un manège cerné de gradin, sur une piste entourée et recouverte de sciure afin de protéger les sabots des chevaux. Et c’est même Astley qui détermine la superficie de la dite piste, 13 m de diamètre soit deux fois la longueur de la chambrière destinée à guider les chevaux.

Son attrait pour le spectacle l’amène également à créer des costumes d’inspiration militaire, spencer rouge, culotte de peau et tricorne.

Il conçoit aussi le premier orchestre, composé au départ de 2 fifres, une cornemuse et un tambour où les marches militaires sont naturellement de mises.

Philip Astley (1742-1814) le fondateur du cirque moderne

Le succès est au rendez-vous et si le programme reste essentiellement équestre petit à petit viennent fouler la piste des danseurs de corde, des sauteurs, ainsi que des comiques véritables précurseurs en l’art clownesque, qui ont pour nom Billy Sanders et sa troupe de chiens, Porter ou Fortinelli un polichinelle exécutant des tours hardis mais burlesques d’équitation. Ce melting-pot imposant très tôt cette règle essentielle sur la piste la diversité des numéros.

Mais Londres ne suffit plus à Astley, il se produit dans plusieurs capitales européennes. Et en 1782, il s'installe à Paris, où il fait bâtir, à l'entrée du Faubourg-du-Temple, une salle ronde, comportant deux rangées de loges éclairées par 2 000 bougies. C'est l'Amphithéâtre anglais. On y voit le cheval qui danse le menuet, le cheval qui s'assoit, le cheval qui rapporte, mais aussi un équilibriste sur fil ou encore une petite fille de trois ans jouer du piano. Astley enregistre un succès monstre avec le numéro de Copé et Fillon incarnant les clowns Pipo et Mario.

Philip Astley (1742-1814) le fondateur du cirque moderne

Parallèlement Philip Astley, est initié en 1787 à la "Loge Tempérance n°225", rappelons qu’à cette époque l'appartenance à une loge était un signe de respectabilité et que la franc-maçonnerie a joué un rôle non négligeable dans la création de ce nouveau type de spectacle (voir blog14/11/2010). Ainsi on d’ailleurs retrouvé de la vaisselle appartenant à Philippe Astley décorée des compas et équerre entrecroisés, dont un pichet fabriqué en 1785 avec sur un côté le cavalier en arlequin et sur l’autre un œil dans un triangle.

Puis vient les temps fiévreux de la Révolution, puis de l’Empire, période où être anglais n’est pas en France un sauf-conduit idéal, aussi il repart à Londres puis revient dans l’hexagone lors de la paisible Restauration où il s’empresse de récupérer son établissement parisien car à 72 ans il compte bien offrir de nouveaux spectacles aux parisiens. Hélas il meurt deux mois plus tard le 24 octobre 1814. Sept ans plus tard, son fils John, lui aussi Franc-maçon, ayant repris l’établissement décède à son tour et rejoint son père au cimetière du Père-Lachaise.

Ici s’arrête l'histoire de a première dynastie circassienne, car depuis aucun descendant d’Asley n’est réapparu sur une piste.

commentaires

William Cody dit Buffalo Bill (1845-1917)

Publié le 8 Mai 2012 par cirk75gmkg dans Franc-Maçonnerie

buffalo-bill.jpgBuffalo Bill représente pour la plupart d’entre nous un célèbre éclaireur de l’armée de l’Union qui une fois retourné à la vie civile, travailla pour le compte des chemins de fer du Kansas pour alimenter en viande de bison les ouvriers du chantier. C’est à cette occasion qu’il conquiert son pseudonyme en tuant en 18 mois plus de 4 000 bisons, contribuant ainsi indirectement  à l’extermination des indiens dont la vie dépendait de ces animaux. A partir de 1876 il utilise sa célébrité pour proposer un spectacle sur la conquête de l’Ouest : "le Buffalo Bill’s Wild West show", comprenant : tirs à la carabine, maniement du lasso, le rodéo, attaque de la diligence, et combats contre les indiens, dans lesquels se trouve le célèbre chef Sitting Bull. Les spectacles proposés par Buffalo Bill n’étaient pas vraiment du cirque mais resemblait à une exhibition de cow boys, d’indiens, des jeux du Far West en plein air, dans un grand manège rectangulaire entouré de tribunes couvertes. Selon l’historien Serge : "c’était avant tout une exhibition de tentes, de tribus où des squaws berçaient leurs petits, où de vieux Indiens fabriquaient des pantoufles de perles, des gilets aux couleurs vives auprès de ces chevaux piaffeurs et agiles se croyant encore dans leur prairies".

William Cody dit Buffalo BillPar contre ce qui est peut être moins connu, c’est qu’il était franc-maçon de la Loge Platte Valley n°32 du Nebraska, puis franc-maçon de la Marque au Chapitre Euphrates n°15 et 32ème au rite écossais et Chevalier Templier. Lorsqu’il décède en 1917 il sera enterré avec tous les honneurs maçonniques.

(avec la complicité de Jihel)

commentaires

Les frères Ringling

Publié le 23 Avril 2012 par cirk75gmkg dans Franc-Maçonnerie

 

Ringlings.jpgRingling HenryLes frères de Ringling qui étaient au nombre de 7 se prénommaient Alfred, John, Albert, Charles, William, Otto et Henry et représentent un des plus grands noms du monde du cirque. Doublement frères car ils étaient franc-maçons et faisaient partie de la Baraboo Lodge n°34, à l’Orient de Baraboo dans le Wisconsin. On garde d’eux le souvenir de personnes respectées et réputées pour leur honnêteté, tant par leurs frères que par le public. Aujourd’hui il est possible d’admirer à Baraboo, le célèbre Circus World Museum où on peut voir la célèbre collection de chariots et de chars de parade authentiques et tous restaurés dans les moindres détails, avec une forte symbolique attachés à chacun d’eux. Mais si on doit en retenir un, le Char du Cygne et de la Musique (Swan Bandwagon) qui à l’origine était tiré par huit chevaux et qui pouvait recevoir jusqu’à 18 musiciens est à lui seul un objet rempli de symboles.

SwanBandwagon.JPGLa riche symbolique du cygne s’accorde bien au spectacle de cirque. En premier le cygne est un oiseau immaculé et symbolise toute la pureté, toute la sincérité que l’on vient chercher au cirque, le cygne représente aussi l’idéal de perfection que recherche les artistes de cirque. Le cygne est un animal libre, on ne peut l’enfermer ou le contraindre, à l’instar des artistes de cirque qui se veulent aussi libre. Le cygne, oiseau immaculé, incarne tantôt la lumière solaire, celle du jour, tantôt la lumière lunaire et femelle, celle de la nuit. Il devient parfois androgyne en assumant la synthèse des 2.Pour Bachelard, l'image du cygne est hermaphrodite. Le cygne est féminin dans la contemplation des eaux lumineuses et il est masculin dans l'action. Mais le plus souvent il incarne la lumière mâle et fécondatrice, la lumière solaire. Mettre des cygnes sur un char de parade paraissait donc naturel à ces franc-maçons que furent ces rois du cirque, qui sont reconnus comme tels dès 1889. Et ce n’est que 1907 qu’ils rachètent leur principal concurrent Barnum & Bailey. Et même si aujourd’hui les actuels dirigeants n’ont plus rien à voir avec cette famille ce cirque à ce jour une référence dans le monde de la piste mondiale. (avec la complicité de Jihel) 


 

commentaires

Cirque & Franc-Maçonnerie : les Directeurs de Cirque

Publié le 11 Février 2011 par cirk75gmkg dans Franc-Maçonnerie

 

 

rancy_theodore_1892_.jpgBeaucoup de Directeurs de Cirque ont été initiés. Mon propos n’est pas de dénoncer à la vindicte populaire qui est frangin et qui ne l’est pas dans le monde circassien, mais force est de constater  que l’on trouve un nombre non négligeable de frères dans cette  profession (voir blogue du 14/11/10). Parmi ceux dont leur appartenance est connue, on peut citer : l’anglais Philip Astley,  les frères Ringling et le français Théodore Rancy. 

AstleyPhilip Astley,  l’inventeur du cirque moderne en se produisant lors d’exhibitions équestres dans un manège cerné de gradin, a été initié en 1787 à la « Loge Tempérance ». 

RinglingsAlfred, John, Albert, Charles, William, Otto et Henry Ringling étaient à la fois frères dans la vie mais aussi en Loge.  Tous ils fréquentaient la « Baraboo Loge » à l’Orient de Baraboo dans le Winsconsin. Ils étaient réputés pour l’honnêteté tant par leurs frères que par le public.   Les frères Ringling, propriétaire du célèbre « Ringling Bros » rachetèrent, en 1907, le « Barnum & Bailey »   pour donner en 1919 le célèbre « Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus ». 

T.RANCY.jpgQuant à Théodore Rancy, célèbre créateur et directeur de plusieurs cirques fixes, curieusement sa biographie tait généralement son initiation maçonnique. Remarquons néanmoins qu’il a reçu, suite à la représentation que son cirque donna lors de l’inauguration du Canal de Suez, un tapis brodé or. Il est amusant de constater des  emblèmes maçonniques sur ce tapis prouvant ainsi son appartenance à la franc-maçonnerie. 

FM-Rancy.jpgRancy1929.jpegNotons aussi que de nombreux programmes du cirque Rancy du début du XX° siècle portent des illustrations maçonniques que je vous laisse trouver dans ces 2 visuels. 

THE-MORTINGS.jpgTHE-MORTINGS-d-tail.jpgCertains artistes profitent de leurs affiches pour indiquer par un symbole discret (ici l’équerre et le compas) leur appartenance maçonnique afin de bénéficier du soutien de leurs frères. Comme nous le voyons cirque et maçonnerie ont toujours fait bon ménage. 

 

commentaires

Cirque & Franc-Maçonnerie: les clowns

Publié le 11 Janvier 2011 par cirk75gmkg dans Franc-Maçonnerie

Nous avons vu que le Cirque et la Franc-Maçonnerie ont de nombreux points communs (blogs du 14/11 & du 6/12). Très curieusement beaucoup de clowns et parmi les plus célèbres ont été initiés et sont ainsi devenu des frères. Nous parlerons de l'engagement maçonnique de 3 grands clowns qui ont fait les succès de la piste, à savoir Louis Maïss, Adrien Wettach et Achille Zavatta.

MAISS.jpgLouis Maïss, (1894-1976) connu sous le pseudonyme de Maïss a fait les beaux jours de la plupart des cirques français soit en auguste soit en clown blanc avec des partenaires aussi variés que Beby, Nino, Pastis, Manetti, Pipo, Filip, Porto, Mimile, Polo Rivel, Grock, Albert Fratellini. Dans son livre "l'Album Maïss", Dominique Denis, (lui même ancien auguste de Sergio lorsque ce dernier n'avait pas entamé une brillante carrière de M. Loyal), écrit: " Louis Maïss a toujours eu un esprit curieux et ouvert. Il arrive à un âge (en 1948) où il ressent le besoin de réflexion philosophique. En novembre 1948 il rencontre L. Charbonnier, le régisseur de l'opéra Comique, qui va le présenter à un groupement de recherche rue Cadet". C'est à dire le régisseur a parrainé Maïss au Grand Orient de France ou G.O.D.F.

Grock.jpgAdrien Wettach (1880-1959) plus connu sous le nom de Grock star universelle du rire et, c'est peu dire que ce clown a marqué l'histoire du cirque. Avec un seul numéro pouvant dépasser l'heure il faisait courir le monde entier. Qui n'a pas connu les foules que cet artiste déplaçait n'a rien connu! Avec Grock au programme le directeur du cirque était certain de "faire une bourrée" (remplir sa salle au delà du raisonnable en langage circophile). Dans son livre "Grock, un destin hors du commun" Laurent Diercksen mentionne: " Grock a été initié à Nice en 1925 dans une Loge de fraternité écossaise.... Ayant gravi un à un les échelons, il passait de 18ème à 33ème degré (le plus haut grade maçonnique) dès 1928... puis Vénérable Maître en Chair (Président) de Loge Guillaume Tell à Paris." Didier Richard dans son livre "De la piste aux étoiles" (voir blog du 4/11) précise qu'il "fut initié le 7 décembre 1925 à la Loge "Art et Sciences du G.O.D.F. à Paris, puis, à la "Fraternité Ecossaisse" de la Grande Loge à Nice."

FMZavatta.jpgAlphonse Zavatta, dit Achille (1915-1993) le plus populaire des clowns français, trapéziste, écuyer, acrobate, dompteur, musicien, compositeur, était à lui seul le cirque. Devenu en 1934 à Limoges Auguste un peu par hasard, en remplaçant au pied levé celui qui avait manqué son train, Zavatta comme on disait, fit les beaux jours ou les beaux soirs de la célèbre émission télévisée "La piste aux étoiles". Star incontestée Achille "aspirant à s'élever philosophiquement il devient Franc-Maçon" selon sa fille Lydia dans son ouvrage consacré à son père, "à la Grande Loge de France (G.L.D.F.) où il fut initié le 13 avril 1962 à "La Ruche d'Orient". Didier Richard dans son livre indique: "qu'il était un franc-maçon exemplaire et toujours d'une grande générosité. Il notamment beaucoup donné pour aider les artistes de cirque en retraite. Il a été gratifié par ses frères d'un enterrement maçonnique particulièrement poignant".

Trois grands comiques du cirques mais aussi, trois francs-maçons!

(Illustrations de Jihe)l

commentaires
1 2 > >>