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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

L’écuyère à panneau au Cirque Medrano de Jean Dufy (1932-1935)

Publié le 31 Mars 2018 par cirk75 dans Art

Voici un incontournable de la piste, l’écuyère à panneau, numéro créé d’après la légende par les épouses d’Henri et Laurent Franconi, les fils du créateur du cirque français : Antonio Franconi (voir blog08/06/15).

Ce "plus beau symbole du cirque" selon Alexis Gruss fut souvent immortalisé picturalement notamment par Henri de Toulouse-Lautrec (voir blog17/03/11) Georges Seurat (voir blog11/04/13) ou François Flameng (voir blog22/12/17). Pour les non-initiés rappelons que le panneau, imaginé en 1849 par l’écuyer James Morton, est une large selle plate qui sert de support aux figures que souhaite exécuter l'artiste et qui est incliné vers le centre de la piste .

A la fin du XIX° siècle et début du XX° l’écuyère à panneau était un classique obligatoire qui avait sa place dans bon nombre de programmes et dont la mise en piste était immuable. On voyait ainsi l’écuyère juchée sur le panneau crever des cerceaux en papier (nommés ballons dans le langage circassien) en envoyant des baisers au public,. Puis un Auguste entrait en piste un bouquet de fleurs à la main, pour le donner à la belle qui entre temps s’était assise. L’amoureux transi lui disait qu’elle est "la plou zolie damoizelle qu’il n’a jamais vou". Sur ces belles paroles le Maître de piste, interrompant la déclaration de l’Auguste, faisait claquer sa chambrière. La belle se remettait debout, talons joints sur la coupe du cheval au galop, proposant encore quelques entrechats plus ou moins acrobatiques puis regagnait les coulisses.

A bien y regarder on trouve dans l’huile de Jean Dufy (voir blog09/02/14) une toile de 33 sur 24, tous les ingrédients composant ce numéro. L’écuyère est en équilibre sur son panneau, pendant que son cheval se cabre. On distingue aussi à gauche le Maître de piste, et en bas à droite un clown. L’établissement dans lequel ce numéro est brossé est le cirque Medrano, bien reconnaissable à ses frises en arcs de cercle décorant le pourtour supérieur et assurant un lien entre le toit et la coupole. Jean Duffy a représenté partiellement en haut, et sur la partie gauche ces arcades et à la suite de cette décoration on aperçoit une partie de l’orchestre qui se trouve au-dessus de la gardine, le rideau séparant les coulisses de la piste.

Cette toile n’est pas la seule que Jean Dufy ait peinte ayant pour sujet l’écuyère à panneau. Dans les années 50 il est revenu plusieurs fois sur ce thème qui lui est cher avec une écuyère qui a modifié son vêtement, le tutu romantique et classique ayant fait place à des costumes plus modernes.

Jean Dufy, un connaisseur de la piste, avait comme amis les Fratellini (voir blog18/05/15), Porto (voir blog14/04/13), Rhum (voir blog23/04/11), Zavatta (voir blog17/05/15) ainsi que le dompteur et chef de piste Trünk et dont on retrouve leurs silhouettes dans certaines de ses toiles.

L’écuyère à panneau au Cirque Medrano de Jean Dufy (1932-1935)
L’écuyère à panneau au Cirque Medrano de Jean Dufy (1932-1935)
L’écuyère à panneau au Cirque Medrano de Jean Dufy (1932-1935)
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L’Hippodrome de l’Etoile ou de la République (1845-1856)

Publié le 30 Mars 2018 par cirk75 dans Bâtiments

L’Hippodrome de l’Etoile ou de la République (1845-1856)

Paris a connu de nombreux hippodromes (voir blog17/12/10), dont le premier fut situé non loin de la Barrière de l’Etoile, passage obligé au XIX° siècle pour la bourgeoisie parisienne désireuse de se rendre à cheval ou en carrosse au Bois de Boulogne.

Ce premier établissement conçu pour les jeux équestres naquit de l’imagination fébrile de Laurent et Victor Franconi , le fils et le petit fils du créateur du cirque français : Antonio Franconi (voir blog08/06/15).

Construit d’après les plans de l’architecte Charles Rohaut de Fleury, cette enceinte bleue et blanche en bois, longue de 130 mètres au style mauresque, avec des mâts vénitiens au faite desquels flottaient des oriflammes, présentait une forme elliptique. Le bâtiment était composé d'un toit posé au-dessus des gradins où prenaient place les spectateurs et d'une arène à ciel ouvert longue de 104 mètres sur 68 mètres de large.  Au centre on trouvait une piste circulaire de 13 mètres de diamètre, une norme toujours de mise aujourd'hui pour les pistes de cirque. Enfin un large chemin pour les courses de chevaux et de chars entourait le tout. Par contre on ignore toujours le nombre de spectateurs qui pouvait être accueilli, d’après certains documents la jauge était de 8 000 pour d’autres 15 000. Le mystère aujourd'hui reste entier.

L’inauguration eut lieu le 3 juillet 1845. Au cours de ce premier spectacle les parisiens présents purent voir outre un cortège chevaleresque, une course avec franchissements de haies, mais aussi un spectacle de singes montant sur des poneys et point d'orgue une course de chars à la romaine. Le succès fut immédiat. Il faut dire que les parisiens se passionnaient à cette époque pour les courses de chars, d’autruches, de steeple-chase, de carrousels, les numéros d’équitation ou les ascension en ballon.

De plus, les mises en scène de Laurent Franconi dont le célèbre "Camp du Drap d’Or" attirait la foule. On dit même que les recettes de la première saison ont servi à payer tous les travaux, tandis qu’au même moment les directeurs de théâtre se plaignaient du manque de spectateurs.

Suite à la Révolution de 1848  l’établissement est rebaptisé  l’hippodrome de la République afin de tenir compte du nouveau régime. Et de l'air du temps.

Parmi les artistes renommés qui s'y sont produits notons en 1852 la célèbre Madame Saqui (voir blog21/16/2012). Elle présenta avec succès à 66 ans ses célèbres exercices sur un fil, travestie en pèlerin et affublée d’une barbe postiche.

Mais l’aventure de ce premier hippodrome prend fin le 27 juillet 1856. Le bâtiment est définitivement supprimé, le Baron Haussmann commençant les aménagements qui vont transformer totalement une grande partie de Paris, avec notamment la construction en lieu et place de ce premier hippodrome d’une place gigantesque et la disparition de la Barrière de l’Etoile. Place qui prendra comme nom celui de cette enceinte des fermiers généraux.

Cependant les parisiens ayant pris goût à ce genre de productions grandioses et équestres, d'autres hippodromes verront le jour dont le dernier en 1974 est du au comédien et homme de cirque Jean Richard (voir blog21/11/10).  Mais ceci est une autre histoire.

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La Compagnie Ea Eo, un déroutant collectif de jonglage

Publié le 29 Mars 2018 par cirk75 dans Nouveau-Cirque

 

Cette troupe belge fondée en 2009 par Jordaan De Cuyper, comprend aujourd'hui 5 jongleurs bien déjantés qui ont débuté  dans l'événementiel: anniversaire, mariage, inauguration de centre commercial, ouverture de la ligne Thalys Paris-Bruxelles...

Après dans un premier temps avoir tourné avec deux spectacles  nommés "How to Welcome the Aliens" et  "m²", le collectif crée en 2014 une  production iconoclaste "All the fun"créée en 2014 sorte de  rituel  "défoulatoire" qui joue avec l’incertain, le bizarre, le doute et qui tente de répondre aux questions existentielles à l'aide d'objets en plastique produits de manière industrielle.

Jonglage et paillettes : le spectacle est conçu comme une grande fête familiale dont les règles s'inventent au fur et à mesure. Entre l’exploit et le non-sens, on ne sait plus où donner de la tête, mais l’essentiel demeure dans la maîtrise du geste. Pour affirmer que "les chutes déterminent à peu près où s’arrête la vie et où commence la mort", ou encore que "jongler rallonge l’espérance de vie et rend les animaux super-sympas", il faut un vrai brin de folie et une audace bienvenue. Le message de fond est aussi peu clair que possible, si bien que les artistes eux-mêmes (Jordaan De Cuyper, Sander De Cuyper, Bram Dobbelaere, Éric Longequel, Neta Oren) ne sauront pas s'il y a vraiment si tout ça n'est qu'une bonne blague racontée dans une langue que personne ne comprend réellement.

Bref un moment sans pareil, à voir en ce moment dans quelques salles franciliennes...

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Les Arènes de Lutèce, arènes de la piste

Publié le 28 Mars 2018 par cirk75 dans Cirques d'hier

Les Arènes de Lutèce mises à jour en 1869 lors des travaux entrepris par la Compagnie des Omnibus pour en faire un dépôt, retrouve en 1944 une raison d’être grâce à Albert Rancy. Ce dernier contraint et forcé de devoir quitter le Grand Palais de Paris (voir blog16/03/16), trouve un autre endroit prestigieux où planter en plein air son cirque : les Arènes de Lutèce. Ainsi dans le plus ancien monument de Paris construit au Ier siècle il présente à partir du 13 aout 1944 un très éphémère cirque. En effet 6 jours plus tard le 19 aout commence la Libération de Paris qui va mettre fin à cette entreprise. De nombreuses photos de ce cirque en palc peuvent être consultées sur le site des monuments Nationaux (http://regards.monuments-nationaux), témoin ces deux photographies qui proviennent de cette époque et qui furent prises par les frères Séeberger montrant ainsi des parisiens très avides de spectacles.

Albert Rancy ne s’avoue pas vaincu et en mai et juin 1945  installe son cirque cette fois au Jardin d'Acclimatation, mais ceci est une autre histoire…

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The last Circus (Balada Triste de Trompeta) 2010

Publié le 27 Mars 2018 par cirk75 dans Cinéma

Le cinéma a souvent utilisé les arts de la piste comme lieu d’intrigue où se déroule l’action. Témoin ce film espagnol ultra violent et à ne pas mettre devant tous les yeux,  écrit et réalisé par Álex de la Iglesia,  relatant une équipée se déroulant pendant la période franquiste en Espagne.

Le scénario  relate qu’en 1937, en pleine Guerre civile espagnole les troupes républicaines forcent  les artistes d’un cirque à se battre de leur côté. Le Clown (Santiago Segura) massacre des dizaines de troupes nationalistes, armés seulement d'une machette, avant d'être désarmé et fusillé. Des années plus tard, en 1973 à la fin de l'ère franquiste, son fils Javier (Carlos Areces), trouve du travail en tant que clown triste dans un cirque où il va rencontrer un invraisemblable panel de personnages marginaux, comme l’homme canon, le dompteur d’éléphants, un couple en crise, dresseurs de chiens mais surtout un autre clown Sergio (Antonio de la Torre) un homme rongé par la haine et le désespoir. Pour les beaux yeux de la belle Natalia (Carolina Bang) la plus belle mais la plus cruelle femme du cirque, les deux clowns vont alors se livrer une bataille mortelle pour conquérir le cœur de la belle acrobate.

The Last Circus plaira aux fans adeptes des œuvres satirico-gore et fait partie de ces nombreux films qui font jouer les clowns dans un registre morbide voire angoissant, ce qui nécessite de la part du spectateur une force intestinale relativement vigoureuse.

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Les arts de la piste s’invitent à l’Opéra Bastille

Publié le 26 Mars 2018 par cirk75 dans Opéra

Pour la reprise de "Benvenuto Cellini" opéra d’Hector Berlioz, la mise en scène a été confiée à Terry Gilliam , un célèbre iconoclaste américain, devenu depuis sujet de sa très gracieuse Majesté. Le scénariste, acteur, dessinateur réalisateur des  Monty Python nous propose un spectacle  inventif aux allures un peu surannée des années 1980 , digne à certains moments du Grand Magic Circus cher à Jérôme Savary. 

Pour cette production qui, après Amsterdam, Barcelone, Londres et Rome, fait depuis le 20 mars halte à Paris, l’opéra maudit de Berlioz  a pris une tournure circassienne,  enchaînant, par exemple dans le dernier tableau du premier acte, plusieurs numéros de cirque. En effet on peut contempler sur le vaste plateau de l'Opéra Bastille:  jongleur, clowns, acrobates, trapéziste et même un numéro de cerceau aérien. Cela ne peut étonner les fans de Terry Gilliam, car dès 1969 le joyeux trublions avait déjà fait une incursion dans cet univers avec sa très célèbre série télévisuelle : "Monty Python's Flying Circus".

Notons en guise de conclusion que ce n’est pas la première fois, que Cirque et Opéra font scène commune. Déjà en 2011 (voir blog08/01/11), à Metz pour "Péricole" et à Paris pour "Les Mamelles de Tirésias" les mises en scène utilisaient déjà en toile de fond de leur intrigue les arts de la piste. 

Alors  pour les amateurs de bel canto mâtiné de piste aux étoiles, un rendez-vous à l'Opéra bastille s'impose ...

 

 

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Jean-Baptiste Pezon (1827-1897) un célèbre belluaire lozérien

Publié le 25 Mars 2018 par cirk75 dans Dompteurs

 

En cette période où il est bon de dire pis et pendre des dompteurs et autres dresseurs d’animaux sauvages, il fut un temps où ces derniers étaient adulés à l’instar des rock-stars d’aujourd’hui enflammant les foules lors de leur exhibition, aussi revenons aujourd’hui sur la vie d’un des plus célèbres à savoir Jean-Baptiste Pezon.

Plus communément appelé Baptiste Pezon, ce célèbre dompteur à l’origine de la dynastie et des ménageries Pezon, est né en Lozère à Rimeize en 1827. Il est le fils de Catherine Cornut et de Jean-Baptiste Pezon (1800-1849), journalier et marchand colporteur propriétaire d’un humble logis et de quelques arpents de terre sans grande valeur en Lozère.

Comme ses 5 frères et sa sœur, Baptiste passe sa jeunesse en Lozère où il est placé comme berger ou garçon de ferme. Mais à 17 ans, il quitte sa famille et son  village natal, et se fait montreur de loup, il en avait capturé puis dressé un deux ans plus tôt, puis quelques temps après achète un ourson. Ayant amassé un petit pécule, car comme tous les jeunes de sa condition il ne sait pas lire mais sait compter, il retourne dans sa famille et aide financièrement son père. Il repart cette fois accompagné de son frère Jean, celui qui sera plus tard surnommé "Jean l’Ours". L’entreprise des frères Pezon prend de l’expansion et Baptiste présente dorénavant seul des scènes de travail dans une cage où cohabitent lions, ours, hyènes, singes, serpents. La "Ménagerie Lozérienne" est née, connaissant selon les saisons des hauts et des bas. Ainsi en 1866 suite à des agressions criminelles vis-à-vis de ses animaux -suite à des empoisonnements criminelles il perd des chevaux, des lions, des tigres- ses finances sont au plus bas.  

Devenu fort célèbre et adulé, Baptiste Pezon inspire les artistes. Ainsi Auguste Bartholdi prend comme modèle son lion Brutus pour sculpter son célèbre Lion de Belfort ou, le peintre Toulouse-Lautrec (voir blog17/03/11) lui rend moult visites à Montreuil dans sa "Grande ménagerie lozérienne" pour faire en 1883 des croquis des fauves, dont celui de Bellone une des lionnes.

Baptiste Pezon au sommet de sa réputation et immensément riche, à la tête de plusieurs hôtels mais, demeurant toujours dans sa roulotte, décède d’une crise cardiaque à Montmartre le 13 novembre 1897.

Il est enterré au Cimetière du Père-Lachaise et sur sa tombe repose une sculpture le représentant chevauchant un lion.

Son fils Adrien Pezon, reprend le flambeau et ses neveux et nièces continueront aussi la ménagerie qui disparaîtra  définitivement en 1939.

Une ère s'achevait et la seconde guerre allait pointer avec son cortège de morts et de souffrance... bien triste époque

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La Danseuse de corde, par Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901)

Publié le 24 Mars 2018 par cirk75 dans Art

Quelle étrange œuvre ? Est-on vraiment en présence d’une fildefériste proposant son numéro ? Ou n’a-t-on pas plutôt le sentiment d’avoir affaire à une danseuse de corde débutante ? Qu’a voulu peindre Henri de Toulouse-Lautrec (voir blog17/03/11) en 1899, dans cette huile sur toile mesurant 47 sur 32 cm et actuellement pensionnaire en Suède à Stockholm au Nationalmuseum ?

Que de questions pose ce tableau? Mais a-t-on les réponses? A vous de juger...

En effet telle une nageuse sondant avec ses doigts de pied la température de l’eau, cette jeune femme avec son pied droit semble évaluer la rigidité du fil sur lequel elle veut évoluer. De plus ses mains, ne sont pas suspendues dans les airs en recherche d’équilibre, mais agrippent gauchement ce qui parait être un siège. Enfin et c’est peut-être ce qui est le plus édifiant, son corps n’est pas dans la posture qui sied à une fildefériste. Elle n’est pas droite comme on s’attend à voir une danseuse de corde, mais assise sur un tabouret et le corps renversé en arrière. Bref Toulouse-Lautrec semble avoir peint une débutante ou au mieux une artiste en répétition.

D’ailleurs est-on sous le chapiteau ou la coupole d’un cirque ? Assurément non, la couleur verte qui entoure le sujet et les lampions suggèrent plus une fête champêtre voire une kermesse populaire.

Oui l’approche de ce tableau est ambigu, mais n’oublions pas qu’en 1889 date de cette huile, suite à son internement pour des désordres mentaux dus à l’alcoolisme, c’est en produisant de mémoire, des dessins sur l'art de la piste que Toulouse-Lautrec prouve qu’il a retrouvé non seulement sa santé mentale mais aussi sa capacité à travailler.

Ceci expliquant peut-être cela…

Qu'en pensez-vous?

Pour la petite histoire ce tableau est bien connu des aficionados du monde du cirque, il a même servi de thème pour vanter une exposition circassienne sur le peintre albigeois et le cirque à Tourrette-Levens, ville dont le Maire n'est autre qu'Alain Frère (voir blog21/09/11), le célèbre collectionneur et docteur es cirque.

C'est tout dire...

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L’Hippodrome de Montmartre (1900-1907)

Publié le 23 Mars 2018 par cirk75 dans Bâtiments

Situé à Paris à l’angle de la rue Caulaincourt et de la rue Forest, édifié afin de prendre la suite de l’hippodrome de l'Alma (voir blog14/03/18), le nouvel Hippodrome dit de Montmartre ou de  la Place Clichy comprenait cinq parties distinctes, à savoir :

-une entrée monumentale en pierre de taille avec façade de style Belle Époque, au rez-de-chaussée un grand vestibule avec un escalier d’honneur, au niveau de la piste le contrôle et le bar fumoir, puis au niveau supérieur la direction, la comptabilité et l’administration..

-une salle de spectacle à la suite de l’entrée, possédant une importante charpente métallique,

-un théâtre, à l’extrémité ouest de la salle,

-des loges pour les artistes situées à droite du théâtre,

-les écuries et la machinerie à l’est du théâtre.

Cette grande salle pouvait accueillir 7 000 spectateurs, dont 5 000 assis, qui se répartissaient sur cinq niveaux, tout autour d’une piste mesurant  70 mètres de long sur 35 de large prolongée par une scène de 17,50 mètres de profondeur sur 30mètres de large.

Cet établissement comportait encore un restaurant dont le décorateur était Edouard-Jean Niermans, celui du Moulin Rouge voisin. Ce  restaurant pouvait accueillir pas moins de 2000 couverts dans une ambiance musicale.

Pour prendre la direction de cette salle de spectacle, dans un premier temps on sollicita, Hippolyte Houcke l’ancien directeur de l’Hippodrome de l’Alma qui déclina l’offre. Puis on demanda à  Ernest Molier (voir blog29/04/12) qui accepta d’en assurer  bénévolement la direction artistique.

Parmi les programmes qui ont marqué notons "Vercingétorix" donné à partir du  18 mai 1900. Cette  pantomime équestre à grand spectacle en 3 actes et 4 tableaux de Victorin Jasset, musique de Justin Clérice avec courses de chars, troupes persane et japonaise, chevaux en liberté et clowns et clownesses, ravit les nombreux spectateurs. Cette pantomime équestre faisait aussi frémir le patriotisme de l’époque avec en ultime parade le défilé des héros nationaux.

 

Pendant 7  années, l’Hippodrome proposa, spectacles de cirque, de pantomime, des matchs de football, un spectacle de combat naval, et 1905, le célèbre "Wild West Show de Buffalo Bill". Mais malgré sa splendeur et un succès d’estime, l’exploitation de l’hippodrome se révéla désastreuse suite à des frais généraux exorbitants qui ne permettaient pas d’équilibrer au moins les comptes.

Le 10 mars 1907 l’hippodrome ferma définitivement ses portes. Le bâtiment servit alors au cinéma, les projections étant organisées en sous-sol, et la piste permit de pratiquer le patin à roulettes.

 

Quatre ans plus tard en 1911, Léon Gaumont achèta les bâtiments et les transforma en cinéma géant de 6000 places, le Gaumont Palace. En 1931, le bâtiment est complétement transformé par l'architecte Henry Belloc qui le dota d'une façade de style Art déco. Enfin entre 1961 et 1967, l’édifice fut de nouveau modifié, sa capacité fut ramenée à 2400 places, et on y diffusa des films selon le procédé Cinérama.

Mais le public ne fut pas au rendez-vous et en 1973, le Gaumont Palace fut vendu et démoli. Aujourd’hui à cet endroit on trouve désormais un grand magasin de bricolage et l’Hôtel Mercure Paris Montmartre. Une plaque à côté relate le passé glorieux de cet hippodrome devenu un temps la plus grande salle de cinéma du monde.

 

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Palmarès du Festival International du Cirque Éléphant d'Or 2018

Publié le 22 Mars 2018 par cirk75 dans Festivals

 

Après les 6 premières qui se sont déroulées à Figueres, le festival circassien cher à Genis Matabosh (voir blog 31/03/13) se déplace cette année à Gerone pour sa 7ème édition. Rappelons qu'une des particularités de cette manifestation est de proposer des numéros totalement inédits en Europe et le millésime 2018 n'a pas failli à cette donnée.

Pour la présente édition, le jury a eu à départager 24 numéros présentés par 70 artistes et a remis les récompenses suivantes:

Eléphants Daliniens d’Or

1 - National Circus of Pyongyang Swing (balançoire Russe avec barre fixe et bascule) - RPD de Corée

2 - Acrobatic Troupe (Chine)

3 - National Circus of Pyongyang Funan (Funambules grande hauteur) - RPD de Corée

Eléphants Daliniens d’Argent

1 - Han Kuk Ryong (équilbres) - RPD de Corée

2 - Troupe Shatirov (Echelles aériennes) - Russie

3 - Our Story (mat chinois) - Russie

Eléphants Daliniens de Bronze

1 - Dmitry Dubinin (Jonglage) -Russie

2 - A et J (sangles aériennes) - Royaume Uni / Ukraine

3 - Phoenix (Tissus) - Australie

Prix spécial du Jury

Royal Circus Ballet by Gia Eradze - Russie

Prix du Jury de la Critique

Han Kuk Ryong (équilbres) - RPD de Corée

Prix du Jury de l'image

Audrey et Thomas (Trapèze fixe ) - France / Etats- Unis

Prix du Public

National Circus of Pyongyang  Swing (balançoire Russe avec barre fixe et bascule) - RPD de Corée

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