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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

La tournée du Radio-Circus au Moyen-Orient en 1962

Publié le 30 Juin 2015 par cirk75 dans Programmes

La tournée du Radio-Circus au Moyen-Orient en 1962

En cette période de départ en vacances pour certains, et de tournées pour les nombreux cirques visitant le littoral de l’hexagone, je souhaiterai évoquer la dernière tournée du Radio-Circus, bouclant en 62 une aventure qui avait débuté 13 ans plus tôt avec les Gruss-Jeannet (voir blog16/01/2015) et qui reste encore à ce jour dans bien des mémoires des circophiles.

Jean Coupan (voir blog15/02/2012) trouvant que la tournée 61, sponsorisée par Radio-Monte-Carlo et Radio-Andorre n’avait pas donné les résultats escomptés, signe un accord avec l’Association France-Israël lui permettant d’organiser pour son cirque une tournée dans l’Etat d’Israël. Dans la réalité La Tournée 62 au Moyen-Orient se prolongera jusqu'en Turquie.

Le matériel débarque le 25 février 1962 dans le port d’Haïffa et le 26 avril la première représentation a lieu à Tel Aviv avec en vedette le célèbre excentrique Pio Nock (voir blog20/05/2015) qui a à cette époque déjà 35 ans de carrière. Au même programme on pouvait aussi applaudir un acrobate coréen Li Suang, Miss Moune (autrement dit Mme Albert Rancy) et ses caniches, Michèle Marconi et Elvira Wonderp (la danseuse et l’écuyère), les lions de Maurice Buhlman, la troupe d’Emile Codreano au trapèze volant, les clowns Donett (voir blog18/03/2014) Linotte & Carlo, une contorsionniste Violetta, un illustionniste Vic, des fantaisistes musicaux Les Spinetto, une ballerine de l’air Isabella, les 8 Hortobayui (sauteurs à la bascule) et les 5 chimpanzés de Capellini .

Cette tournée proposait bien entendu les indispensables jeux radiophoniques, signature en quelque sorte de ce cirque, mais comme le jeu des 1000 F était à cette époque enregistré sous le chapiteau Pinder (voir blog28/06/2015), Henri Kubnick (voir blog29/06/2015) dut faire appel à son imagination pour en créer de nouveaux, dont "Le Quiz" animé par Haim Pardo et Adrien Terme (voir blog09/10/2013) par ailleurs également chef d’orchestre. La présentation et les intermédiaires étaient confiés à Irène Condon, Sylviane Slow et Robert Fly, également régisseur.

Malheureusement la tournée s’achèva en désastre car en Turquie le Radio-Circus ne dit pas grand-chose et le chapiteau reste presque vide. De plus cerise dans le vinaigre, le matériel doit, sur ordre des autorités locales aux pratiques corrompues et résolument tourné vers la politique du bakchich, être laissé sur place .

Et c’est ainsi avec un peu de tristesse que finit l’histoire du Radio-Circus… dans ses années fastes un des plus importants chapiteaux européens.

La tournée du Radio-Circus au Moyen-Orient en 1962

Pour celles et ceux intéressés par cette période ou cirques et radios ont fait bannière commune, je signale un bon livre pour les vacances, celui de Christian Boner "Radio Télé circus" aux Edition Le Masque, un ouvrage à lire bien entendu en congés et à mettre entre toutes les mains.

Bonnes vacances et rendez-vous en septembre.

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Henri Kubnick (1912-1991) le créateur du jeu des 1000 francs

Publié le 29 Juin 2015 par cirk75 dans Programmes

Henri Kubnick (1912-1991) le créateur du jeu des 1000 francs

Parolier, producteur de radio et écrivain français, Henri Kubnick, débute sa longue carrière en 1941 comme parolier du compositeur Vincent Scotto. Mais "le plus spirituel des animateurs de la radio", c’est son surnom radiophonique, entame sa carrière au Poste Parisien en présentant l'émission "les incollables". Puis en 1955 le dimanche matin sur l’antenne de Paris Inter, il présente un jeu : "Échec au public", où les chers auditeurs essayent de coller l'orchestre de la station en lui faisant deviner le titre d’une chanson cachée derrière un calembour.

Henri Kubrick est passé à la postérité radiophonique en tant que père du célèbre "Jeu des 1000 francs" qu'il animera pendant trois tournées sur la piste du cirque que Jean Coupan (voir blog15/02/2012) a imaginé avec Louis Merlin (voir blog14/02/2012). Rappelons que suite à un différend entre le premier nommé et la direction de la station du grand-Duché, le cirque imaginé par Jean Coupan se voit interdire pour la tournée 58 le titre de Radio-Circus (voir blog16/01/2015), aussi deviendrat-il le Circus58, le cirque de la Radio Télévision Française, puis le Circus 59...

Henri Kubnick (1912-1991) le créateur du jeu des 1000 francs

Or en se brouillant avec Radio-Luxembourg, futur RTF, Jean Coupan perd aussi son jeu vedette "Le Quitte ou Double" (voir blog07/10/2011). Il lui faut donc trouver rapidement un nouveau jeu censé le remplacer. C’est "Cent mille franc par jour" qui quelques années plus tard deviendra le "Jeu des 1000 francs". Le principe de ce jeu imaginé par Henri Kubnick est simple des questions de culture générale posées par des auditeurs qui empochent le gain en cas de mauvaise réponse des candidats. La première a eu lieu au Blanc, petite ville de 7000 habitants il y a à peine plus de 57 ans, un 19 avril 1958, avec comme présentateur Henri Kubnick lui-même, sous le chapiteau du Circus 58, avant que Pinder récupère en 1961 ce jeu radiophonique (voir blog27/06/2015).

Henri Kubnick (1912-1991) le créateur du jeu des 1000 francs

Notons pour être le plus complet posible que Henri Kubnick a aussi été l'animateur avec Roger Lanzac de l'émission du "Joyeux circus" et qu’il est l'auteur d'ouvrages romanesques historiques, de livres pour enfants en collaboration avec Jean Nohain ainsi que d’un livre illustré par Pierre Luc intitulé Le Cirque paru en 1938à la Librairie Gründ.

Marié à Miss France 1961, Henri Kubrick décède d’un accident de voiture sur l’autoroute du Soleil, le 8 janvier 1991.

Henri Kubnick (1912-1991) le créateur du jeu des 1000 francs
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Le jeu des 1 000 Francs enregistré au Cirque Pinder (1960-1969)

Publié le 28 Juin 2015 par cirk75 dans Programmes

Le jeu des 1 000 Francs enregistré au Cirque Pinder (1960-1969)

En 1961, suite à l’intervention de Michel Debré, 1er Ministre à cette époque et Maire d’Amboise, un collègue de Charles Spiessert (voir blog24/06/2015) lui-même Maire de sa bonne ville de Chanceaux-sur-Choisille, un contrat entre le cirque Pinder et la Radiodiffusion Télévision française est signé. La direction du cirque s'engage à organiser une tournée sur 9 mois avec un programme s'intitulant "La Piste aux Étoiles" et à présenter les jeux radiophoniques de "Paris Inter" animés par des animateurs de la station. Pinder s'engage également à verser à la R.T.F. une redevance forfaitaire quotidienne, tout en supportant l'intégralité des frais de la tournée. En contrepartie, le cirque bénéficie de la notoriété de l’émission de Gilles Margaritis, perçoit les bénéfices d'exploitation,mais doit prendre à prendre en charge d'éventuels déficits. Dans cette opération, la R.T.F. n'a pas grand-chose à perdre puisqu'elle ne prend aucun risque financier, mis à part les salaires des animateurs et des techniciens de la radio, qui enregistrent pour "Paris Inter" ces joutes sonores.

Le jeu des 1 000 Francs enregistré au Cirque Pinder (1960-1969)

Parmi les jeux enregistrés, outre "Place aux jeunes" se trouve celui imaginé Henry Kubnick et qui a vu le jour le 19 Avril 1958 sous le chapiteau du Circus 1958 installé sur la place du marché à Blanc dans l’Indre. Ce jeu se nomme au départ "Cent mille francs par jour" puis devient lors de l’apparition en France des nouveaux Francs le "Jeu des 1 000F Nouveaux Francs". Enregistré quotidiennement sous le chapiteau du Cirque Pinder ce jeu est diffusé sur les ondes le lendemain. Présenté au départ par son inventeur Henry Kubnick puis par Albert Raisner, Maurice Gardett, Georges Louvier, Pierre Duflot et Roger Lanzac (voir blog 25/09/2011), le "Jeu des 1 000F" l’ancêtre du "Jeu des 1 000 €" est toujours à ce jour diffusé sur "France Inter" reste à ce jour la plus ancienne émission radiophonique et possède une autre originalité celle de ne pas avoir de générique. Notons que pendant son séjour au Cirque Pinder l’orchestre de Fred Adison (voir blog16/11/2010) l’habillait musicalement. En 1965 suite au départ de Roger Lanzac, ayant eu le mauvais goût de demander une augmentation, "le grand sympathique" est remplacé sur la piste de Pinder non seulement comme animateur de cette émission mais aussi comme M. Loyal par Lucien Jeunesse (voir blog05/02/2012) qui conservera l’animation de ce jeu jusqu'en 1995 pour la laisser à Louis Bozon, qui a son tour l'a cédera en 2008 à Nicolas Soufflet.

Et chers auditeurs qui chaque jour écoutez le Jeu des 1 000€, rappelez-vous que cette émission est intimement liée à la piste car, non seulement elle a vu le jour sous le chapiteau du Circus 59 mais a grandi et devenu adulte sous la toile de Pinder, s’apportant mutuellement une notoriété qui a fait dans les années 60 de Pinder un cirque exceptionnel.

Le jeu des 1 000 Francs enregistré au Cirque Pinder (1960-1969)
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La saison 60 chez Pinder, une tournée qui a foiré!

Publié le 27 Juin 2015 par cirk75 dans Programmes

La saison 60 chez Pinder, une tournée qui a foiré!

Si l’année 58 où Gloria Lasso avait été la tête d’affiche chez Pinder (voir blog26/05/2015) a été médiocre tant l’accueil du public fut limité, Charles Spiessert, deux années plus tard a connu une autre année noire, mais cette fois la chanteuse n’y était pour rien, car le point d’orgue de ce programme était une revue sur glace nommée "Pinder on Ice".

Mais reprenons par le début. Suite à la seconde tournée avec Luis Mariano (voir blog15/05/2011) où à chaque soir Pinder faisait une "bourrée", les profits s’accumulent et Charles Spiessert (voir blog24/06/2015) devant la concurrence que représentent Amar, Bouglione, le Circus59, Francki, le Grand-Cirque de France et Rancy souhaite proposer pour 1960 un projet qui fera date. Il est vrai que cette tournée fera date mais pas forcément dans le sens voulu par la direction de Pinder.

Grâce aux bénéfices réalisés l’année précédente, le patron de Pinder veut remonter en seconde partie une nouvelle revue sur glace, après celles de 53, 54 et 55 qui ont rempli les caisses. Et aux vues de ces réussites Charles Spiessert semble certain de réaliser encore une bonne saison et pour cela il commande du nouveau matériel comprenant une remorque citerne et des nouveaux générateurs… Pour la communication il investit dans de somptueuses affiches proposant 2 grands spectacles en un seul et vantant la revue Circus-on-ice produite par Jean Thelen, le grand spécialiste à cette époque de ce genre de spectacle.

La saison 60 chez Pinder, une tournée qui a foiré!

Après une belle première partie qui ravit les amateurs de cirque, en seconde après l’entracte qui permet de transformer la piste en patinoire, on peut applaudir la championne de France de patinage artistique Maryvonne Huet entourée du plus petit patineur du monde, Jacky un chimpanzé, ainsi qu’une débauche de tableaux avec une mise en scène recherchée (Auberge du cheval blanc, Parades des mousquetaires, Calypso, Mambo …).

Curieusement le public boude cette nouvelle production signée Charles Spiessert. Il faut dire que depuis quelques années les américains avec la revue "Holiday on ice" ont repus les Français de ce genre de spectacle. Ainsi après une première en mars à Tours comme il est de tradition chez Pinder, et devant les maigres recettes inversement proportionnelles au frais, le cirque arrête 2 mois plus tard à Vendôme ce programme artistique. Puis le 1er juin, c’est avec un spectacle100% cirque comprenant entre autres la trapéziste Rose Gold (voir blog02/05/2014), les clowns Bocky & Randel (voir blog27/09/2011) avec Léonard (voir blog19/09/2013) que Pinder reprend la route et retrouve le succès.

La saison 60 chez Pinder, une tournée qui a foiré!

Echaudé à deux reprises en 3 ans, Charles Spiessert va l’année suivante négocier avec la Radio-Télévision-Française un accord qui pendant 9 ans lui va lui permettre d’accoler à Pinder le titre de la célèbre émission de télévision : "La piste aux Etoiles". Ce qui lui permettra de renouer avec le succès économique en utilisant un cocktail comprenant une première partie 100% cirque et une seconde music-hall avec une vedette en vogue (Roger Nicolas, Danny Boy…) puis sous la houlette bienvaillante du grand et sympathique Roger Lanzac (voir blog25/09/2011) l’enregistrement du jeu radiophonique "le Jeux des 1000 nouveaux francs", qui existent encore aujourd’hui sur les ondes de France Inter sous l’appellation du Jeu des 1000 €uros.

Charles Spiessert un grand directeur de cirque aux idées par 2 fois fort catastrophiques mais qui savait aussi rapidement rebondir!

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Gloria Lasso (1922-2005) la chanteuse qui a manqué de couler le cirque Pinder

Publié le 26 Juin 2015 par cirk75 dans Musique

Gloria Lasso (1922-2005) la chanteuse qui a manqué de couler le cirque Pinder

Charles Spessiert (voir blog24/06/2015) fort impressionné par les chiffres de la tournée 57 dus au prodigieux succès rencontré avec Luis Mariano, (chaque soir on affichait complet), pense avoir pour l’année 58 la bonne martingale en faisant signer la chanteuse d’origine ibérique Gloria Lasso.

Née Rosa Coscolin Figueras, cette artiste qui caracole en tête des hit-parades des stations de radio apporte rêve et bonheur à travers ses enregistrements, vendus à plus de 80 millions d'exemplaires.

Fort des résultats de la saison précédente Charles Spessiert débloque un énorme budget publicitaires (affiches, photographies, banderoles…) conçu pour mettre en valeur cette reine du microsillon 45 tours. Mais malgré sa fabuleuse notoriété radiophonique et ses succès signés Francis Lopez, le grand pourvoyeur de chansons à succès de cette époque que tout le monde fredonne, le public boude et n’est pas au rendez-vous. Il faut se rendre à l’évidence, Gloria Lasso n’attire pas la foule.

Gloria Lasso (1922-2005) la chanteuse qui a manqué de couler le cirque Pinder

Aussi Charles Spiessert doit réduire les frais et la voilure. Il allège le programme en supprimant deux ou trois numéros visuels, mécontentant ainsi les amateurs de cirque. Et pour que le chapiteau géant certains soirs ne n’apparaisse pas trop vide, on est obligé de le monter avec 3 voire 2 mats à la place des 4 d’origine. Cette tournée frôle le désastre financier d’autant plus que la chanteuse ne consent aucune diminution de ses cachets, ni à résilier son contrat qui lui assure au passage de confortables revenus. Dans ce contexte les relations Spessiert-Lasso deviennent exécrables et pour se venger de la chanteuse la direction de Pinder ira même jusqu’à supprimer, ses photos dans certaines édition papier du programme. Une aubaine pour les collectionneurs !

Gloria Lasso (1922-2005) la chanteuse qui a manqué de couler le cirque Pinder

Aussi pour se refaire et effacer cette tournée cauchemardesque Charles Spessiert l’année suivante réengagera Luis Mariano devenu pour les circonstances "Chevalier du Cirque" et sauveur des finances du cirque Pinder. Inutile de dire qu’avec Mariano le succès fut de nouveau au rendez-vous.

L'aventure Pinder se termina mal aussi pour la chanteuse. Quelques mois plus tard elle vit débarquer chez elle des huissiers lui réclamant ses arriérés d’impôt. En effet après cette fameuse tournée Pinder, il s’avérât que si son imprésario déclarait scrupuleusement au fisc la totalité de ses cachets, qui étaient rappelons-le énormes, il en mettait une grande partie dans sa poche. Pour Gloria Lasso ce fut un choc moral et financier, aussi pour rétablir sa situation financière, elle dut accepter une longue tournée au Mexique loin du fisc français.

Gloria Lasso (1922-2005) la chanteuse qui a manqué de couler le cirque Pinder

Avec le temps et le changement de direction, Gloria Lasso 44 années plus tard, le 27 décembre 2002 et pour une soirée, retrouvera la piste du cirque Pinder, où pour les nostalgiques d’une époque elle chantera ses succès appartenant dorénavant au passé.

En guise de conclusion rappelons que Gloria lasso fut mariée six fois, en général à des hommes beaucoup plus jeunes qu'elle dont un, un clown Guillermo, présentant un numéro de perruches. Comme quoi le cirque etait vraiment indissociable de sa vie !

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Sandrine Bouglione (1936-2012) Reine de tous les Cirques du Monde

Publié le 25 Juin 2015 par cirk75 dans Aériens

Sandrine Bouglione (1936-2012) Reine de tous les Cirques du Monde

Gamins lorsqu'à la fin des années 50, nous allions user nos fonds de culotte sur les gradins du Cirque d’hiver de Paris, le programme papier nous accueillait toujours par une photo de Sandrine Bouglione la Reine Mondiale du Cirque, sourire Colgate et longue chevelure noir corbeau du plus bel effet.

Aussi revenons ce jour sur le parcours circassien de la 3ème fille de Joseph Bouglione et Rosalie Van Been, une des sœurs d’Emilien (voir blog20/12/2014) et Sampion Bouglione, les actuels directeurs du Cirque d'Hiver de Paris.

Alexandrine, dite Sandrine Bouglione est née lors d’une tournée du cirque familial à Pezenas le 15 mai 1936. Elle excelle rapidement dans les exercices aériens: corde lisse et trapèze. Ce sont ses qualités de trapéziste et sa plastique qui lui ont permis en 1956 d’être la doublure de Gina Lollobrigida pour les exercices de voltige dans le film Trapèze de Carol Ree (voir blog18/11/2010).

Tout amateur de cirque a toujours en mémoire deux dates restées célèbres: les 19 décembre 1956 et 6 mars 1957, 2 journées où Sandrine Bouglione a eu un rôle essentiel.

Sandrine Bouglione (1936-2012) Reine de tous les Cirques du Monde

Le 19 décembre 1956 eut lieu au Cirque d’hiver de Paris la cérémonie de son couronnement en tant que Reine Mondiale de tous les Cirques à laquelle participait tout le gratin du monde du cirque français. C’est Luis Mariano (voir blog15/05/2011) qui en tant que Maître des Cérémonies la couronna avec à la clef: entrée des éléphants et fanfares entraînantes.

L’année suivante le 6 mars, Sandrine Bouglione épousa Domenico Caroli, un acrobate équestre d’origine italienne, avec qui elle eut 2 fils Enrico et Alberto, l'actuel M. Caroli de la piste de la rue Amelot. La cérémonie de mariage fut fastueuse, les jeunes mariés furent conduits à la Mairie du XI° arrondissement, puis à l’église Sainte-Elisabeth-de-Hongrie dans un carrosse tracté par 6 chevaux, suivis par la famille et les invités les membres des grandes familles du cirque.

Cette union lui permettra de faire partie avec sa soeur Odette de la Troupe Caroli, spécialisée dans la voltige à cheval.

En seconde noce Sandrine Bouglione épousera Patrick Gruss, le frère d’Alexis Gruss Jr. (voir blog15/06/2014) avec qui elle aura un troisième fils prénommé Patrick Jr. Elle participera ainsi aux premiers spectacles du Cirque à l’Ancienne cher à Alexis Gruss, son second beau-frère.

Sandrine Bouglione (1936-2012) Reine de tous les Cirques du Monde
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Charles Spiessert (1896-1971), le mythique patron du cirque Pinder

Publié le 24 Juin 2015 par cirk75 dans Personnalités

Charles Spiessert (1896-1971), le mythique patron du cirque Pinder

Charles Spiessert comme son frère cadet Roger (voir blog23/06/2015) provient d’une vieille famille de banquistes hongrois, les Spessardy montreurs d’ours dans la plus pure tradition des saltimbanques puis propriétaires d'une ménagerie ambulante. Après la première guerre mondiale ils modifient leur patronyme et se font désormais appeler Spiessert. Karl, le patriarche, a cinq enfants dont deux fils, Charles le futur directeur du cirque Pinder et Roger le futur dompteur. Si ce dernier voyant le cinématographe se développer, sillonne la France avec son cinéma voyageur, Charles, spécialisé comme son père dans les ours et tigres crée le "Cirque-ménagerie-Spessardy", mais comme les affaires de Roger se révèlent peu florissantes ce dernier rejoint son frère Charles et tous deux développent le cirque ménagerie. Mais suite aux départs des autres associés, Charles abandonne le spectacle et crée un garage, tandis que Roger rachète des avions et se lance dans les spectacles aériens forts prisés à cette époque. Mais suite à un accident au cours duquel le pilote Alloncle se tue, les deux frères décident de reprendre la route. Et comme la mode est alors à l’américanisme, le cirque Spessardy devint le "New Circus", (voir blog25/04/2013) établissement qui ne tourna qu’une saison car l’année suivante en 1928, Charles Spessiert rachète le Cirque Pinder aux filles et à la veuve d’Albert Pinder.

Charles Spiessert (1896-1971), le mythique patron du cirque Pinder

A la tête de cet établissement Charles s’occupe de l’administration et féru de mécanique commence à doter le cirque d’un parc automobile de grande ampleur. Rappelons que jusque-là les véhicules posédaient des roues à bandage, Charles les remplace par des pneus. Il instaure aussi les vastes caravanes en semi-remorques tractées par les dernières créations de l’industrie automobile. Innovateur aussi au niveau du spectacle, il engage des sportifs ou des chanteurs populaires comme têtes d’affiches. Il est le premier à proposer en vedette un orchestre jazzy : l’ensemble de Fred Adison (voir blog16/11/2010), le Glenn Miller français ou un M. Loyal en vogue avec Roger Lanzac (voir blog25/09/2011) ou Lucien Jeunesse (voir blog05/02/2012). Bref M. Charles comme il se fait appeler innove totalement en proposant pantomimes nautiques (voir blog01/09/2011) ou fééries sur glace (voir blog12/02/2011) obligeant à des prouesses techniques heureusement favorisées par l’intense mécanisation de l’entreprise.

Pendant la seconde guerre mondiale le cirque Pinder est remisé dans la région de Tours.

Charles Spiessert (1896-1971), le mythique patron du cirque Pinder

Et une fois le conflit terminé, les Américains en repartant chez eux laissent sur place des camions n’ayant pratiquement pas roulé, Charles Spessiert toujours dans le but de moderniser son matériel, saute sur l’occasion et en acquiert une bonne partie à un prix défiant toute concurrence. Une fois rééquipé le cirque Pinder considérablement agrandi, et dont la signature va devenir : Le Géant des Cirques reprend la route avec son chapiteau à 4 mâts long de 72 m accueillant comme chez Barnum 3 pistes et des écuries, longues de 100 m hébergeant 12 éléphants et une nombreuse cavalerie. Pinder pour mieux se faire connaître et entretenir sa légende va organiser dans les villes des parades somptueuses avec des chars aux dimensions extraordinaires et aux figures spectaculaires, tel le carrosse de la Reine d’Angleterre. Fin 50 début 60 Charles Spessiert va avoir comme tête d’affiches les chanteurs les plus populaires : Luis Mariano (voir blog15/05/2011), Gloria Lasso ou en vogue Dany Boy et ses Pénitents (voir blog10/12/2010), les comiques les plus tendances comme Roger Nicolas (voir blog29/01/2011). Puis Pinder va à partir de 1960 devenir le Pinder-RTF puis Pinder-ORTF suite à un accord avec l’Office de la Radio et Télévision Française ce qui lui permet d’intituler ses programmes du titre de La Piste aux Etoiles, bénéficiant largement de l’aura médiatique de cette célèbre émission de Gilles Margaritis (voir blog10/02/2011).

Charles Spiessert (1896-1971), le mythique patron du cirque Pinder

En 1970 le contrat avec la radio et la télévision française n’est pas renouvelé et malgré de bons programmes Pinder, comme tous les cirques français est atteint par la désaffection du public pour les arts de la piste. En 1971 Charles Spessiert décède et ce sont ses fils Serge, Willy et Jimmy qui assument le direction, mais les frais ne cessant d’augmenter, ils vendent à Jean Richard le cirque Pinder qui se nomme désormais Pinder-Jean Richard et qui va appartenir au comédien jusqu’en 1981, année où Gilbert Edelstein l’actuel propriétaire prend les commandes de ce cirque plus que centenaire.

Charles Spiessert (1896-1971), le mythique patron du cirque Pinder

En guise de conclusion, la famille Spiessert avait le cirque dans le sang, car outre Charles et Roger, leur sœur Yvette Spiessert a formé avec les frères Damoiseau, Marcel et Eugène Damoiseau le premier étant le mari d’Yvette le célèbre trio Léonard (voir blog19/09/2013) qui de 1928 à 1939 a fait les beaux soirs de la piste du Cirque Pinder.

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Roger Spessardy un dompteur né, sous le signe du lion

Publié le 23 Juin 2015 par cirk75 dans Dompteurs

Roger Spessardy un dompteur né, sous le signe du lion

Né le 23 Juillet 1903 Roger Spessardy est le second fils de Kark Spiessardy et d’Adélaïde Morelli et frère de Charles Spiessert le futur directeur-propriétaire du cirque Pinder (voir blog25/04/2013). D’origine hongroise les Spessardy sont une vieille famille montreuse d’ours puis propriétaire d'une ménagerie ambulante. Mais suite au climat délétère qui règne après la première guerre mondiale, les Spessardy décident de changer leur nom en Spessiert.

Roger Spessardy un dompteur né, sous le signe du lion

Enfant le jeune Roger assiste son père qui à cette époque dirige un cinéma. Roger à l’entracte change les bobines du projecteur mais il est aussi chauffeur de l’entreprise. A 19 ans il rejoint son frère aîné Charles parti en tournée avec le "Cirque-ménagerie Spessardy". Intrépide le jeune Roger propose une attraction singulière : "Le gouffre de la mort" où dans un cylindre de bois avec une bicyclette il tourne à grande vitesse. Puis à la place du vélo il utilise une moto et nomme cette performance " La cuvette de la Mort ". Notons que cette cuvette est suspendue au-dessus de la cage aux lions.​ Un jour, un câble lâche et Roger se retrouve au milieu des félins, et d'après sa légende c'est ainsi qu'il prit goût pour ces animaux et devint le belluaire renommé que l'on connaît.

Mais suite aux départs de ses associés, Charles abandonne le spectacle et crée un garage, tandis que Roger rachète des avions pour se lancer dans les spectacles aériens forts prisés à cette époque. Suite à un accident au cours duquel le pilote Alloncle se tue, les deux frères décident de reprendre la route. Et comme la mode est alors à l’américanisme, le cirque Spiessardy devint le "New Circus", établissement qui ne tournera qu’une saison car l’année suivante en 1928, Charles Spessiert rachète le Cirque Pinder, et en deviendra pour plus de 40 années le légendaire directeur et Roger le directeur technique qui préside aussi aux destinées de la ménagerie.

Roger Spessardy un dompteur né, sous le signe du lion

Mais Roger rêve de piste, de dompter des fauves, et s’y prépare. Durant la saison à chaque ville étape il fait monter la cage pour répéter avec ses lions venus tout droit d'Afrique. A ses débuts en 1929 il prendra plusieurs pseudonymes, dans un premier temps Mac Kensen, puis devient le dompteur Jackson avant de connaître une longue et prestigieuse carrière sous son propre patronyme. A cette époque ses activités journalières sont partagées entre dressage, présentation des fauves (lions et tigres, il travaille les deux félins) et responsable du matériel. Parallèlement il est le père d’élèves de nombreux belluaires qui auront pour noms : Edouard Floch, Miss Ellia alias Paul Lambert, Willy, Anderson, Dumba, Werner Winter, Tirana, Bella Ruka, Jacky Rex, Freddy Hager, Maurice Cherret… et son fils Jacques Spiessert qui allergique à la sciure et aux poils des animaux lui donnant des fréquentes crises d’asthme se reconvertira, aux fonctions administratives.

Roger Spessardy un dompteur né, sous le signe du lion

A la fin de la tournée 59, Charles Spiessert voulant privilégier ses fils Jimmy, Willy et Serge, dans la direction du cirque Pinder, congédie son frère Roger. Ce fut pour ce dernier un choc terrible, aussi il se retire avec sa seconde épouse, Yolande Pareti, à Nogent-sur-Marne où avec l’aide de Jacques Garnier il écrit ses mémoires intitulées "Face aux fauves chez Pinder". Si Roger Spessardy réalise la plupart de sa carrière chez Pinder, il travaille fin 1943 au Grand-Palais, au "Cirque Albert Rancy" en même temps que les éléphants de Pinder. Il y présentait six tigres, parmi lesquels se trouvait un certain Royal, celui-là même qui avait agressé sauvagement un an auparavant chez "Médrano" l'actrice Gina Manès (voir blog02/10/2011)

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Le Musée du Cirque Medrano de Paris

Publié le 22 Juin 2015 par cirk75 dans Cirques d'hier

Le Musée du Cirque Medrano de Paris

A la demande de Jérôme Medrano (voir blog16/10/2011) Maître Maurice Thomas-Moret, notaire de profession et grand collectionneur en arts de la piste (voir blog28/03/2013) avait rassemblé en 1932 de sa collection personnelle des tableaux, des gravures, des photos, des affiches, des documents concernant le cirque, ses artistes et leur histoire dans une salle spécialement aménagée dans le cirque du bd. Rochechouart à Paris. Ce musée, dont l’ouverture se fit un mardi 18 avril 1933, devait proposer des expositions à thème dont une des premières, se rapportait aux Ménageries réunissant non seulement des documents picturaux et littéraires sur l’histoire du dressage avec aussi de très nombreux documents et très intéressants panoramas des jardins et parcs zoologiques et de présentation des animaux au cirque.

Le Musée du Cirque Medrano de Paris

Ce musée souleva même l’intérêt de M. Emile Bollaert le Directeur Général des Beaux-Arts qui lors de sa visite à inaugura le Livre d’Or en y écrivant : « En ouvrant cet album, je suis particulièrement heureux de rendre hommage au cirque en général, au Cirque Medrano en particulier, et aux artistes qui l’ont illustré ».

Pour la seconde saison, le Musée Medrano proposera la collection d’un autre érudit et collectionneur averti en matière de cirque, M. Paul Prouté, célèbre galeriste installée rue de Seine à Paris, sur le thème « Le cirque et les spectacles forains ».

Jérôme Medrano, était non seulement un grand directeur de cirque, mais il savait aussi dépasser le cadre strict du spectacle en étant non seulement à l’origine de ce musée, mais aussi d’une radio : « Radio Medrano » qui diffusait chaque lundi soir de 20h30 à 21h00 sur radio L-L et Radio Toulouse d’un studio situé dans le cirque une chronique circassienne et d’un Club des Amis de Medrano dont l’objet était d’offrir au jeune public des leçons de culture physique, d’équitation voire de danse. En quelque sorte une école du cirque avant l’heure.

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Lucien Jeannet (1902-1977), le 3ème Gruss

Publié le 21 Juin 2015 par cirk75 dans Personnalités

Lucien Jeannet (1902-1977), le 3ème Gruss

Lorsque l’on regarde l’histoire de certaines enseignes qui ont marqué le cirque le nom des Gruss brille au firmament des grandes dynasties françaises. Mais rappelons que ce nom fut quelques fois associé aux familles Robba, Carolus voire Ricono...

Plus tard Alexis Gruss Sr. (voir blog19/12/2011) et André Gruss (voir blog23/05/2015) décidèrent en 1943 de créer leur propre établissement, le "Cirque Gruss-Jeannet"" ayant à cette époque pour signature l’Arène des Temps modernes. Si Alexis Sr. et son frère André sont bien connus moins l’est Lucien Jeannet, le 3ème associé, par ailleurs éleveur et dresseur de chiens, mais aussi chanteur comique ou crooner et homme d’affaires avisé. Aussi revenons aujourd’hui sur son parcours original.

Lucien Jeannet (1902-1977), le 3ème Gruss

Lucien Jeannet est un enfant de la balle, issu d’une famille de dompteurs. Son père Fritz est montreur d’ours à la "Ménagerie Franco-Suisse", un grand établissement circassien, notamment reconnu pour le domptage et c’est là que très jeune il va attraper le virus du cirque et du spectacle. Il arrête l’école à 12 ans, mais au contact de Rosalie sa mère, il apprend à gérer son argent. Parallèlement, il s’initie au dressage des animaux domestiques: chiens, oiseaux, poneys et va proposer rapidement deux numéros. Un de chiens savants, sous le nom de Jhanny et un autre Ny-Kley le chanteur de charme, ce qui lui permet de toucher lorsqu’il se produit un cachet double. Parallèlement à sa carrière artistique, Lucien Jeannet pratique le négoce d’antiquités, de ferraille, de chevaux et il élève des Danois ou Dogues Allemands, chiens très recherchés à cette époque.

En 1923, il a 21 ans, il fait la connaissance des enfants de Maria et Charles Gruss. Alexis Sr. a 13 ans et c’est déjà un grand connaisseur de chevaux. André lui a 4 ans et montre déjà des dispositions pour faire rire. Mais malgré la différence d’âge, Alexis et Lucien s’apprécient mutuellement et le second devient un peu le grand frère du premier. A la même époque Lucien Jeannet tombe amoureux d’Eliane Dabin, une jeune sage-femme des environs de Montbéliard et après moult déboires car pour les parents de la fiancée un saltimbanque n’est pas le gendre idéal, les amoureux en 1931 finissent par se marier.

Lucien Jeannet (1902-1977), le 3ème Gruss

Après moult péripéties en 1943 les 3 amis décident en plein milieu de la 2nde Guerre Mondiale de créer un cirque qui portera le nom de Gruss-Jeannet. Mais en homme d’affaires avisé Lucien a déterminé les rôles de chacun. Tout ce qui touche à l’administratif et au financier sera de son ressort, à Alexis Sr. la création et la composition de la partie artistique quant à André qui a 23 ans il aura la charge de tout ce qui se rapporte à l'organisation technique et au parc automobile. De plus Lucien est dresseur, chanteur et M. Loyal ; André auguste, musicien, écuyer et voltigeur ; Alexis Sr. dresseur de chevaux, écuyer voltigeur et clown, ils se complètent à la perfection. Enfin pour la première tournée, en homme prudent, Lucien Jeannet décide de partir sans Eliane son épouse, qui continue d'exercer sa profession de sage-femme car on ne sait jamais, les recettes peuvent être mauvaises. Mais les spectateurs sont au rendez-vous, il faut dire que les occasions de se distraire et rire sont rares à cette époque. Pendant 6 ans avec des périodes plus fastes mais aussi des galères ce cirque se construit une notoriété et une réputation de spectacles de qualité.

Lucien Jeannet (1902-1977), le 3ème Gruss

Mais en 1949 Louis Merlin (voir blog14/02/2012) à la tête de Radio-Luxembourg (futur RTL) passionné de cirque en signant un contrat avec la société Gruss-Jeannet transforme le cirque familial en un des cirques les plus importants de l'après-guerre: le Radio-circus (voir blog16/01/2015). Etablissement qui pendant 8 années va présenter à ses "chers auditeurs" un spectacle en 2 parties distinctes, du cirque traditionnel puis en seconde partie l’enregistrement des jeux radiophoniques de la radio du Grand Duché.

Puis l'aventure continuera avec le Medrano Voyageur, le Cirque-Zoo Jean Richard, le Grand Cirque de France, et le Circorama-Achille Zavatta...avec toujours cette association des Gruss et de Lucien Jeannet.

Malheureusement cette amitié de longue de plusieurs décennies prendra fin en 1977 avec le décès du plus ancien du trio, Lucien Jeannet.

A ce jour, la mémoire de Lucien Jeannet est avec bonheur entretenu par son petit-fils Joël Rehde qui a écrit une merveilleuse biographie de son grand-père et de son époque intitulé : "L'extraordinaire histoire du Cirque Gruss-Jeannet" et que l’on peut consulter sur le site : http://rehde.typepad.fr/cirque-gruss-jeannet/ et que je remercie car il a été une source oh combien importante pour la rédaction de ce bloc-notes sur Lucien Jeannet.

Signalons que Joël Rehde travaille au cirque Arlette Gruss témoignant ainsi que l'amitié Jeannet-Gruss perdure au delà de la génération des Lucien, Alexis Sr. et Lucien.

Lucien Jeannet (1902-1977), le 3ème Gruss
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