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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Articles avec #aeriens catégorie

Un livre à lire en période de confinement : Entre ciel et terre

Publié le 12 Avril 2020 par cirk75 dans Livres, Aériens

Voici un petit livre passionnant, de 80 pages, illustré par 36 photographies, avec deux préfaces signées Adrian et Marcel Doret, relatant le vie de "Miss Risque" le surnom donné par les journalistes dans les années 50, à la trapéziste Andrée Jan (voir blog31/12/2018).

Le point d'orgue de sa carrière sera ses exhibitions aériennes pour les chaussettes Stemm, où son trapèze attaché à un hélicoptère volant dans les airs, elle va exécuter sans attache de sécurité, son numéro à plus de 20 mètres de haut sous le regard admiratif et anxieux des spectateurs. Exploit héliporté qu'elle renouvellera plus de 1200 fois.

Non seulement cet ouvrage paru en 1953 aux éditions Copillet est écrit par cette artiste exceptionnelle, mais en plus elle nous propose aussi quelques dessins ou poèmes de sa composition. Notons qu’une fois retirée de la piste et des trapèzes, elle va se livrer à une autre de ses passions la peinture.

Andrée Jan, une artiste hors du commun...

Un livre à lire en période de confinement :  Entre ciel et terre
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Une trapéziste nommée Diane Deriaz (1926-2013)

Publié le 20 Mars 2020 par cirk75 dans Aériens

Edmond Rainat fut non seulement un maître du trapèze mais aussi un père d'élève pour de nombreux artistes et, cette liste n’est pas exhaustive comme les Zemganno, Joan Tanya (voir blog21/09/2013), Andrée Jan (voir blog13/12/2018), les Géraldos, les Rodréano, ou les Rios…

Une de ses élèves, peut-être moins célèbre, née à Saint-Leu dans une famille de lutteurs et d’haltérophiles, Jeannine Raymonde appris à son contact et dès l’âge de huit ans les secrets de cet agrès. Surnommée la Shirley Temple du trapèze elle s’entraînait chaque jour dans le jardin familial, entre un marronnier et un mur, son père lui ayant fixé une barre de soutien…  ce qui lui permet de se produire dans des kermesses locales.

Retrouvant son professeur quelques années plus tard, elle a alors vingt et un ans, et pour combattre un psoriasis, elle va souffrir le martyr sous la férule d’Edmond Rainat pour acquérir la force et la technique pour manier cet agrès. Et très curieusement ces exercices vont lui permettre aussi de guérir d’une pleurésie humide. Elle en aura la confirmation bien plus tard, lorsque postulant à Air France un emploi d’hôtesse de l’air, lors de la visite médicale d’embauche, le contrôle radiographique ne découvrit plus aucune trace au niveau de ses poumons.

En 1948, Charles Spiessert (voir blog24/06/2015), le patron du cirque Pinder demande à Rainat de monter pour la tournée un numéro aérien présentant une grande féerie aérienne. Cette attraction aérienne comprendra, outre Givris et Polwa, les sœurs Omanis, les Astérias, mais aussi les Rainat’s Girls, dont fait partie une certaine Diane Deriaz, autrement dit Jeannine Raymonde, qui va partir pour deux tournées avec le cirque Pinder. Notons qu'au même spectacle Rainat devenu Edmondo est aussi du programme pour proposer des équilibres sur table.

Diane Deriaz, car tel est son nom désormais, relate dans "La Tête à l’Envers" un livre autobiographique, paru en 1988 chez Albin Michel ses mois de tournée, sa vie chez Pinder qui commence chaque matin à 6h00 pour se terminer la nuit vers 1h00. En 1950 elle va faire partie du spectacle d’un cabaret parisien aujourd’hui disparu : Le Bal Tabarin. Diane Deriez devient alors membre des Omanis, réunissant quatre trapézistes, qui proposent sur un manège aérien des figures acrobatiques. "Pour une ancienne du cirque Pinder c’est l’enfance de l’art", indique-t-elle.

En parallèle sous la direction d’Albert Rancy (voir blog17/06/2018) elle va apprendre à monter à cheval. Puis quand Tabarin ferme ses portes elle va mettre au point un numéro de trapèze Washington qu’elle va proposer à La Nouvelle Eve un cabaret qui venait d’ouvrir à Paris. L’affaire ne se fit pas, mais il reste tout de même quelques images de ce numéro dans le film documentaire de Jacques Baratier "Cité du Midi". Plus tard en 1983 elle va jouer aussi un petit rôle dans un autre film de Baratier "l’Araignée de satin" puis en 1990 elle apparait dans "Rue du Bac" de Gabriel Aghion.

En 1952 délestant le trapèze elle se lance dans le catch féminin jusqu’à ce qu’une chute lui interdise la poursuite de son art. Comme on le voit Diane Deriaz, aventureuse et non aventurière, sans jamais forcer le hasard au gré d'un destin au tempo frénétique, elle a fait de sa vie une succession de situations insolites et de rencontres étonnantes que je vous laisse découvrir en lisant son attachant livre de souvenirs, qui fut même traduit en japonais, langue qu’elle apprit en étant un temps hôtesse de l’air de la Japan Airlines.

 

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Ugo Dario & Maxim Laurin, les extraterrestres de la planche coréenne.

Publié le 8 Novembre 2019 par cirk75 dans Aériens

Ugo, le français est un acrobate en planche coréenne à cela il ajoute une "vis comica" remarquable, il faut dire qu'avec comme patronyme Dario (voir blog12/10/2011) il ne pouvait en être autrement. Quant à Maxim le québécois, c'est un artiste très complet. En effet dès l’âge de 11 ans l’acrobatie, la danse, le théâtre et les disciplines aériennes sont son lot quotidien.       

En 2012 dans le programme du 33ème Festival Mondial du Cirque de Demain, ces artistes canado-français étaient présentés ainsi : " Ugo Dario & Maxim Laurin sont diplômés de l’Ecole nationale de cirque de Montréal. Ils ont choisi la planche coréenne pour s’envoler, c’est sûr, mais aussi pour démontrer qu’avec un simple planche et beaucoup d’énergie, on pouvait essayer de toucher les étoiles." On ne sait s’ils ont réussi avec les étoiles mais ce qui est certain c’est qu’ils ont touché le jury présidé par Valérie Fratellini car nos deux compères répartent avec une des 3 médailles d’or distribuées cette année et en empochant au passage aussi le Prix Ringling Bros. et Barnum & Bailey (voir blog31/01/2012).

Mais reprenons par le début, Ugo et Maxim se sont rencontrés en février 2007 lors d’une Convention de bascule organisée par le CNAC (voir blog22/05/2011), le premier arrive de Châtellerault et le  second de Montréal. La semaine suivante ils se retrouvent aux auditions de l’Ecole nationale du Cirque à Montréal, trouvant qu’ils ont la même approche, une façon similaire de travailler ils décident très naturellement de combiner leurs forces dans un duo aérien.

Dès leur sortie en 2011 de l'ENC de Montréal (voir blog08/11/2016), ces spécialistes de la planche coréenne sont très vite devenus incontournables.  Non seulement ils décrochent comme on l'a dit, l'or à Paris mais ils récidivent au Festival Young Stage, le plus grand festival de cirque en Suisse.

Ils créent alors pour le spectacle "Zarkana" du Cirque du Soleil, un numéro de bascule lors de son passage en Espagne. Dès leur retour à Montréal, ils rejoignent "Les 7 doigts de la main" (voir blog04/05/2011) pour présenter en tournée la production "Séquence 8". Enfin en 2015  ils font équipe avec un autre duo formé par les jongleurs Raphaël Dubé et Yohann Trépanier,  pour fonder "Machine de Cirque" (voir blog03/11/2012) et pour présenter de par le monde ce fantastique spectacle.

Dernière information nos deux larrons sont détenteurs  d'un  record Guinness, celui du plus grand nombre de sauts périlleux arrière consécutifs sur une planche coréenne. Ils ont en effet réussi 101 sauts à l’occasion du festival gastronomique Bouffe ton Centro devant plusieurs centaines de spectateurs en face de l’hôtel de ville de Sherbrooke. Des extra-terrestres on vous dit…..

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Notre dame de Paris, source d'inspiration

Publié le 17 Avril 2019 par cirk75 dans Aériens

Si ce monument est mondialement connu c’est bien entendu à cause du poids religieux et politique qu’il représente depuis plus de 800 ans, mais aussi parce qu’il a été source d'inspiration  pour de nombreuses œuvres, littéraires, cinématographiques, chorégraphiques ou musicales

En revanche Ce qui est peu évoqué c’est que cet édifice a aussi été témoin d’exploits sportives ou artistiques comme celui de cet artiste multifacettes (magie, jonglage, acrobatie…) Philippe petit qui, dès l'âge de seize ans, s’est passionné pour MARCHER SUR UN FIL. Il a par exemple fait ses premières armes perché en haut de Notre-Dame de Paris où en 1971 sur son fil il a relie les deux tours comme le montrent ces photos. Il ne s’arrêtera là en faisant par exemple à paris de même à l'opéra Garnier, à l'église Saint-Merri, près du centre Pompidou ou encore en 1989 pour son bicentenaire en 1989à la tour Eiffel.

Cette traversé sur un fil entre les deux tours de la cathédrale parisienne inspirera quelques années plus tard le metteur  en scène américain pour son film "The walk".

 

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Gipsy Gruss, une reine de la piste

Publié le 7 Avril 2019 par cirk75 dans Jongleur, Artistes, Aériens

A elle seule, Gipsy pourrait faire tout un spectacle !"  Tel est le constat que fait Alexis Gruss. On ne peut que lui donner raison, tant son épouse possède de nombreuses cordes à son arc circassien : amazone, fil de fer, jonglerie, trapèze Washington, roue allemande, équilibres sur boule, sur vélo ou monocycle, poses ou pyramides équestres, jeux du far west, haute école, accordéoniste, pianiste et que sais-je encore… Reconnue par ses pairs,  encensée par les circophiles, cette perfectionniste et adepte de l'excellence, élue en 1964 à Madrid "Reine du cirque" sur la piste du Cirque Price, honorée par de nombreuses récompenses, "Grand prix National du cirque",  3ème prix de la Coupe Rastelli (voir blog29/05/2011) de jonglerie ou à Monte-Carlo prix de la Dame du cirque, récompense créée par le romancier Guy des Cars … Gipsy Gruss est une artiste exceptionnelle.

En revanche rien au départ ne laissaient supposer que Camille, son nom de baptême officiel; deviendrait  cette élégante et formidable étoile de la piste que nous connaissons ! En effet ses parents le célèbre belluaire Firmin Bouglione (voir blogs 25/12/2014 & 10/02/2015) et la fildefériste Violette de Dessus le Moustier (voir blog15/05/2013) la trouvent trop fragile pour la piste, et la voient plus dans un bureau qu’artiste. Mais bon sang ne saurait mentir, aussi quand on s’appelle Bouglione, l’appel de la piste est trop fort surtout quand on est fasciné par le monde du cirque.

Devant, pour corriger un dos un peu voûté faire un peu de sport, sa mère Violette l’initie à l’art de la danse sur un fil.  Elle apprend aussi à jongler ce qui lui permettra de combiner ces deux disciplines en proposant à douze ans un numéro de jonglage sur fil où son maniement des massues ou des cerceaux est déjà éblouissant.  Adepte du monocycle elle va le faire rouler sur son fil avec en plus, un cerceau tournoyant à chaque bras et un troisième virevoltant sur un bâtonnet tenu en bouche . Comme elle adore augmenter la difficulté, elle va proposer par exemple un équilibre en force sur échelle reposant sur le cadre d’un vélo, lui-même en équilibre sur des boules servant de piedestal. Bref elle réalise l'impossible avec le sourire.

Qui n'a jamais vu Gipsy jongler n'a rien vu!

Son union, un certain 9 février 1970 avec Alexis Gruss Jr. (du moins à cette époque) va lui ouvrir d’autres horizons : l'univers des chevaux où elle va proposer notamment avec son mari, sa belle-sœur Martine, son beau-frère Patrick (voir 10/04/2015), sa cousine Sandrine (voir blog25/06/2015) des pyramides humaines, des trios ou quatuors équestres brillants. Bref avec Gipsy tout est possible car tout est travail. Il faut dire qu’avec Alexis, elle a trouvé plus qu’un mari, son double. Lui aussi est un travailleur acharné remettant sans cesse sa pratique en question.

L’aventure du cirque à l’ancienne perpétuée maintenant avec ses enfants et petits-enfants, lui permet chaque année de mettre au point de légendaires moments de cirque.  Même aujourd'hui à 72 ans elle propose avec le spectacle Origines (voir blog24/02/2019) un étonnant numéro où elle monte en amazone montrant encore une fois son immense talent de cavalière.  Pour montrer combien elle indispensable dans ses créations circassiennes, Alexis Gruss ira même en 2008 appeler sa 35ème production du nom de sa femme. Autre moment phare, en 2002 avec Impulsion 2, elle propose avec sa fille Maud un duo, où toutes les deux sur le même fil, elles réalisent un incroyable équilibre simultané sur la tête ? Du jamais vu…

Mais est-ce possible d'évoquer tous ses numéros, elle qui en a créé plus de 100 avec un tel niveau d'exigence ? En 1973, le journaliste Jacques Richard (voir blog 21/10/2018) écrivait à son propos : Gipsy Gruss " brille cette année encore dans ses équilibres sur fil, très justement célèbres. Mais, toute élégante et grâce, Gipsy reparaît sur un jour différent, dans un numéro moins connu : jongleuse en pyjama pailleté, avec une souplesse d’algue elle ondule au milieu des balles, et son saut final sur une main est une réussite que l’on ne peut oublier.

Melle Bouglione devenue Mme Gruus a su, avec la grâce et le talent qu'on lui connait, faire briller au fronton des chapiteaux par sa créativité et sa pugnacité deux grands noms du cirque français…mais c'est plus grande fierté ce sont à coup sûr ses enfants et ses petits-enfants, car Gipsy est aussi une grand-mère attentive et pédagogue.

Et en 2005 elle a fait paraître avec le concours de François Marillier aux Editions La Mirandole, un livre relatant de A à Z son aventure sur la piste, une autre manière de transmettre, ouvrage indispensable à tout gipsyphile...

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Tim Kriegler du Cirque de Demain à New Generation

Publié le 7 Février 2019 par cirk75 dans Aériens

A l'issue de la 8ème édition de New Generation, le talentueux et jeune artiste allemand Tim Kriegler (qui a présenté un numéro aux sangles aériennes avec équilibres au sol dont le cultissime "grand écart remonté debout" d'Anatoly Zalievsky (voir blog 19/03/2015) avant de s’envoler dans les airs au son de la Symphonie Destin ou 5ème symphonie de Beethoven) est reparti de Monte-Carlo avec une brassée de récompenses.

Déjà Médaille d’Argent et Trophée Compagnie Altitude en 2018 au Festival Mondial du Cirque de Demain, il vient de réaliser la passe de deux en recevant cette année à Monte-Carlo un Junior d’Argent. Il a aussi reçu le très convoité prix spécial de la revue Le Cirque dans l'Univers, le 2ème Prix Carrefour Monaco et le Prix de la direction de l’Education National, de la Jeunesse et des sports.

Formé à la célèbre "Staatliche Künstlerschool" de Berlin (école d'acrobatie publique allemande) où après 5 années de formation intensive, Tim Kriegler obtient en 2017 un diplôme en arts du spectacle (Aerial Straps) et un diplôme professionnel en arts du cirque.

Il se produit depuis en Allemagne dans le circuit des variétés GOP mais a aussi commis dans la production "post-vaudevillesques et néo-underground", matinée d’humour caustique et canaille, "La Clique", ainsi que dans divers festivals de renommé.

 Tim Kriegler un acrobate aérien dont on reparlera tant son talent est grand…

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Andrée Jan, l’audace personnifiée (1921-2008)

Publié le 13 Décembre 2018 par cirk75 dans Aériens

Née le 1er septembre 1921 à Lyon, Andrée Broyer n’était pas une enfant de la balle. Elève d’Edmond  Rainat, une légende dans le monde du trapèze, elle débute sous le nom d'Andrée Jan au Cirque d’hiver le 29 mars 1947 dans le programme où la vedette est Grock.  Déjà son numéro fait frémir le public : suspension au jarret, par une jambe, par la nuque, déroulé d'un bras, planche roulée, rattrape par les pieds, drapeau...et est-il utile de le préciser sans longe de sécurité.

En 1949, le 22 mai, elle eut un accident lors d’une suspension par les talons. Sa chute lui occasionne onze fractures du bassin, une subluxation, ainsi qu’une fracture de la quatrième  cervicale. Après une hospitalisation de 5 semaines elle reprend l’entraînement et fait sa rentrée à Medrano en octobre 1950 où elle reçoit un triomphe sans précédent.

Suite à demande pour faire la promotion pour les "Chaussettes Stem" elle se produit pendant deux saisons, son trapèze accroché à un hélicoptère. Puis elle accroche en 1953 son trapèze sous la Tour Eiffel sous les yeux de la foule médusée.

La même année elle écrit un livre intitulé "Entre Ciel et Terre", préfacé par l'historiographe du Cirque Andrian, où elle relate ses différentes prouesses.

A la fin de sa vie elle enseigne à l’Ecole Fratellini l'art d'être trapéziste et peint car en plus elle avait un réel talent pour la peinture. Elle décède le 13 mars 2008.

Un site lui est consacré retraçant la carrière de cette Légende du Trapèze : http://andree-jan.e-monsite.com

 

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Gérard Edon, le patron incontestable du trapèze Washington

Publié le 9 Décembre 2018 par cirk75 dans Aériens

Francilien originaire de Pavillons sous-bois, mais pas du tout enfant de la balle, et c’est en allant à Medrano avec ses parents que le jeune Gérard rêve d’être un jour garçon de piste car il trouve le costume seyant. Mais ce n’est pas vers la piste qu’il se destine du moins dans un premier temps, mais vers le métier d’électricien qu’il étudie sans grande passion dans une école de la Chambre de Commerce. Cependant la piste le taraude, aussi en parallèle il fréquente assidûment à Pigalle le gymnase de la rue Véron où seul, à cette époque les écoles de cirque n’existent pas, il s’initie à l'acrobatie et à la pratique du trapèze.

Dans un premier temps attiré par la voltige aérienne et le trapèze volant, mais sur les conseils de Pierre Alizé il se tourne vers le trapèze en solo. Travaillant le jour comme électricien, et s’entrainant le soir deux heures quotidiennement, il va mettre 3 ans à produire un numéro complet d’équilibre sur trapèze washington (lourd agrès constitué d’une barre plate, sur laquelle l’artiste peut placer un disque concave où il peut poser sa tête pour effectuer des équilibres, les jambes et l’air et les bras en croix ).

En octobre 1960 appelé par Marcellys (voir blog12/05/2012) il débute chez Medrano sous le nom de Silky, car cela fait plus international. En 1963 il est du programme de la tournée Bouglione avec Georges Guétary et et Claude er ses Tribuns (voir blog18/12/2010). Son numéro est remarqué par les dirigeants de Ringling bros. and Barnum & Bailey Circus en tournée en Europe qui l’engage. Il va sillonner les states et donné deux spectacles par jour mais va abandonner bien vite son surnom de Silky, en argot américain ce terme désigne un indicateur, un mouton. Alors il se présente définitivement sous son nom et, dorénavant Gérard Edon propose un petit chef d’œuvre d’audace et de rapidité où il réussit avec une aisance et une sureté tous les classiques du trapèze washington : équilibres sur tête de profil, sur un genou, sur un pied, et sa spécialité l’équilibre de face à grand ballant. Autrement dit debout sur la barre qui monte très haut sous la coupole et sans aucune sécurité puis repart en sens inverse. Un tel numéro demande et, on a du mal à l’imaginer, des heures de répétition pour mettre au point de cet exercice, tant la prise de risque est importante. Être trapéziste, "ce n’est pas de l’improvisation", signale Gérard Edon. Il faut "dompter son appréhension" par des répétitions incessantes et un soin permanent porté à son matériel, pour chaque soir pouvoir travailler "avec le vide".

Pour cette prouesse aérienne il reçoit en 1969 au Cirque d’hiver de Paris des mains de Tony Curtis un Circus Hall of Fame Award of Excellance.  Ses équilibres périlleux sont aussi primés en 1977 lors de la IVème édition du Festival International du Cirque de Monte Carlo et en 1982 il sera récompensé par Jack Lang d’un Grand Prix national du Cirque. Le gamin de Pavillons sous-bois est alors reconnu comme un des plus grands trapézistes du monde de la piste.

Mais à 48 ans, après trente années dans les airs, il s’est produit dans les établissements les plus prestigieux (Cirque Bouglione, Cirque Pinder, Circus Krone, Blackpool Tower Circus, Althoff, Bush Roland ou Benneweis...)  Gérard Edon raccroche son trapèze pour devenir dorénavant et pendant dix années au Centre National des Arts du Cirque (voir blog10/12/2015)  Responsable de la sécurité mais aussi professeur de trapèze où il aura entre autres une dénommée Corinne Edon, sa fille pour élève. De 2000 à 2007 il est aussi nommé responsable de la commission de sécurité de la Fédération française des écoles de cirque (voir blog06/02/2011).

A l’heure actuelle gouttant dans le sud de la France une retraite bien méritée, il reste un référence dans son art le trapèze washington. Il conserve au fond de lui une grande nostalgie de sa période circassienne qui lui a permis de faire ce qu’il aimait : être dans les airs faire du trapèze sous les bravos des spectateurs.

Un film signé par la réalisatrice Andréa Negrelli peut être visionné sur la toile (https://www.negrelli-andrea.fr/fr/mes-realisations/gerard-edon-trapeziste/). On y voit notre maître du trapèze Washington évoquer avec bonheur les moments clefs de sa glorieuse carrière de trapéziste.

Enfin You tube nous propose cette vidéo nous montrant à partir de 23mn 50 Gérard Edon, réaliser en 1979 son numéro aérien filmé lors d’une émission de la BBC, un grand moment.

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Le sémaphore des sœurs Koch

Publié le 28 Novembre 2018 par cirk75 dans Aériens

Depuis quelques années "Le Sémaphore des Etoiles" - de nombreuses fois récompensé en France (Coquelicot de Bronze lors du 15ème festival international du cirque du Val d’Oise, Piste d'argent acrobates en 2014 au Festival International du cirque de Massy ou Étoile de Bronze au Festival de Grenoble)- captive les spectateurs peu habituer à voir des équilibristes évoluer sur des appareils basculants et rotatifs si sophistiqués.

Si aujourd’hui le hongrois Laszlo Simet, et ses partenaires Olga Simet et Diana Bakk présentent ce spectaculaire numéro, ils n’en sont pas les créateurs. Cette idée revient à trois sœurs, Claire, Martha et Zoe Koch qui dans les années 40 ont créé en Russie un appareil rotatif utilisé comme un fil haut et mobile, appelé grand sémaphore.  Il y a 60 ans en 1958 lors du deuxième passage au Vel d’hiv de Paris du Cirque de Moscou les parisiens découvrirent ce numéro, qui fut repris plus tard en 1968 par les sœurs Abadjesevy, avant que les Simet le mettent à leur répertoire..

Les demoiselles Koch quelques années auparavant avaient déjà présenté en Russie une autre attraction sensationnelle : "La Grande Pyramide". A cette époque leur appareil était composé d’une grande roue et d’un câble tendu à l’oblique. Les trois artistes montaient sur cette roue, y réalisaient une colonne de trois, puis avançaient lentement et réussissaient tout en tenant leur surprenant échafaudage humain à animer la roue qui montait le long du câble. Peut-être une future idée pour Laszlo Simet ?

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Le saut aérien horizontal d'Hemadas

Publié le 5 Avril 2018 par cirk75 dans Aériens

 

Les casse-cou ont toujours fasciné  le public en voulant défier quotidiennement la mort. Si les martyrs de la piste forment aujourd’hui une liste impressionnante, il est peut être bon de se souvenir de ce que disait Raoul Monbar (voir blog13/02/17) lui par ailleurs un audacieux aérien à l’origine d’un fameux numéro nommé "la torpille humaine" : "Il y des trucs qu’on réussit du premier coup, ils ne demandent aucun entrainement, ni aucune qualité particulière. Mais si on les rate on se tue".

Fritz Henneman  connu sur la piste sous le nom d’Hemadas était de ceux qui aimaient défier les lois de l’attraction universelle. Et ce casse-cou allemand avait pour habitude d’achever ses évolutions aériennes, qu’il réalisait avec sa femme Christel, par un saut horizontal de 4 mètres à partir d’un agrès vertical et bien entendu sans filet.

Cette prouesse aérienne allait de plus à l’encontre de ce que faisaient les autres en proposant des sauts verticaux, tel le fameux "saut de la mort" immortalisé par les Clérans (voir blog24/03/11).

Pour réaliser cet exploit, Hemadas s’élançait d’un trapèze, traversait un cercle lumineux avant d’attraper une corde tendue verticalement. Malheureusement un soir, le 14 janvier 1956 au cirque d’hiver de Paris, il ne rattrapa le fil et fit une chute mortelle mettant fin définitivement à ce numéro risqué et peu banal.

Sa chute fit le lendemain les gros titres des journaux à manchettes, mettant à l’index ces numéros ultra dangereux où les artistes prennent des risques insensés pour satisfaire le côté morbide d’un certain public. La vox populi se demandait jusqu'où pouvait aller la quête de prouesses toujours plus spectaculaires et, toujours plus risquées.

A ce jour le débat n’est pas clos, d’autant plus que pour certains voltigeurs du ciel, le risque reste aussi pour eux un piment.

Mais malheureusement, la chute fait partie du métier et, au cirque comme ailleurs le risque zéro n'existe pas… et comme dit le dicton le spectacle continue.

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