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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

La nuit des Forains (Gycklamas Afton) d’Ingmar Bergman (1953)

Publié le 16 Mars 2014 par cirk75gmkg in Cinéma

La-nuit-des_forains.jpgComme bien souvent dans l’œuvre cinématographique de ce cinéaste suédois, ce film cultive le mélodrame et avec une noirceur absolue, Bergman narre l’histoire de banquistes sillonnant en 1900 les villes et la campagne suédoises. Alberti Johansson, le directeur, est au bord de la rupture. Il désire quitter son misérable cirque, qui essuie échec sur échec, ainsi que sa maîtresse Anna, pour retrouver la sécurité d’un foyer familial qu’il a abandonné il y a trois ans. Alberti profite d’un passage dans la ville où habite Agda, son épouse, pour essayer de renouer avec elle, mais Anna, jalouse, le trompe avec Franz, un bellâtre cynique qui lui a promis un bijou en toc. Découvrant l'infidélité d'Anne, Alberti provoque Franz qui le roue de coups pendant le numéro d'écuyère d'Anne. Humilié, Alberti s'isole dans sa roulotte, manque son suicide et va tuer l'ours d'Alma, la femme du clown Frost, son frère en désespoir. Au petit matin, la caravane reprend la route et Anne, revenue auprès d'Alberti, lui adresse un triste sourire.

 

LaNuitdesForains2.jpgŒuvre remarquable mais déconcertante, La nuit des Forains (en Belgique La nuit d’un clown) est plus appréciée par les cinéphiles que par les circophiles et demeure pour les bergmaniens une admirable description du monde des artistes ambulants, où à chaque instant éclate l’amour du cinéaste pour les acteurs, le théâtre, la scène. Ces artistes, qui peuplent le monde de Bergman, sont à la fois les gens les plus durs et les plus sincères, et ce malgré les artifices qu’ils déploient. Ce film explore ainsi une foule de sentiments, telle la séquence du clown Frost qui est englouti par la honte. Car pour Bergman, la lumière éclatante d’un soleil du nord qui ne se couche plus, exprime les pires angoisses car à trop vivre dans le simulacre, l’imitation, l’artiste reste seul à surgir la vérité, et souvent il se perd en route, s’efface, disparaît.


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