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Le Cirque du Soleil a fait du chemin depuis sa création en 1984, par une bande de saltimbanques dont le pilier Guy Laliberté (voir blog30/03/2015) a en 2015 revendu 90% de ses parts à des fonds de pensions américains ou chinois (voir blog15/05/2015).  La société est désormais une immense machine à spectacles à produire du cash  en proposant dans le monde entier notamment 21 spectacles devant plus de 10 millions de spectateurs!

On connaît depuis longtemps l’exigence professionnelle requise de la part d’artistes recrutés eux aussi pour leur très haut niveau. Il n’y pas de doute là-dessus. Mais on sait aussi que cette entreprise aux 4 000 salariés, dont 1 300 artistes s’intègre désormais dans un projet industriel et s'illustre comme une marque commerciale où tout est gigantesque, hors normes, même les tarifs. Le prix du billet, hors promotion, s’échelonne tout de même de 50 à... 250 €. Et même son sas d’entrée où on trouve des dizaines de stands proposant des produits dérivés ou des avantages de dernière minute sur le choix du siège comme dans les compagnies aériennes.

En cette fin d'année, installés à Paris sur la plaine de jeux de Bagatelle, depuis fin octobre dernier sur un flanc du Bois de Boulogne, deux immenses chapiteaux pointus et blancs proposent le spectacle "Totem" créé le 22 avril 2010  à Montréal. Production qui très modestement veut décrire de l'évolution de l'humanité, de son état primordial d'amphibien à l'aspiration à la fuite, en s'inspirant des nombreux mythes fondateurs de l'humanité. Et oui au Soleil on ne fait pas du cirque, on délivre un message à l'Humanité !

Mais quand le Cirque du Soleil arrive on y court, toujours avide de curiosité, d’autant plus que "Totem",  est cette fois-ci mis en scène par le scénographe québécois Robert Lepage.

Et si le spectacle ne manque pas d'exceptionnelles prouesses artistiques le spectateur, ce cochon de payeur, ne ressent aucune émotion, un comble pour un spectacle de cirque. Trop de décors, trop de costumes, trop de machines, à vouloir trop en faire on déshumanise le show et on ressort un peu désabusé de sa soirée...

Espérons que le prochain spectacle, il s’agit de Toruk, qui doit se produire à Paris au mois d’avril du 4 au 14 à Bercy, sera d’un autre tonneau, ce qui n’est pas certain... En revanche si on souhaite voir du bon cirque québécois, courez plutôt voir Saloon (voir blog30/11/2018) par le cirque  Eloize ou Cuisine et Confessions (voir blog22/09/2018) par la Cie des 7 Doigts de la main. Là l’émotion est au rendez-vous et c’est aussi à paris en ce moment.

 

Tag(s) : #cirques étrangers

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