Johann Ludwig Jacobowitz dit Lou Jacobs (1903 – 1992), le clown américain par excellence
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Né le 1ᵉʳ janvier 1903 en Allemagne, dans une famille d’artistes (chanteurs et danseurs), Lou Jacobs est le cadet d’une fratrie de neuf enfants. À seulement 11 ans, il endosse pour la première fois le frac de clown. Cependant, son père, opposé à cette vocation, l’oriente vers l’acrobatie.
En 1923, il rejoint son frère Keith aux États-Unis et, pendant plus de deux ans, se produit dans des foires comme acrobate contorsionniste. Il y rencontre Michael Moris, un autre contorsionniste, avec qui il parodie, à l’aide d’un manche à balai, le travail des trapézistes. Grâce à son partenaire, déjà sous contrat avec le Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus, Lou Jacobs intègre le plus grand cirque du monde. Il y développe alors son personnage d’auguste, avec un maquillage outrancier, fortement inspiré de celui d’Albert Fratellini.
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En 1953, il épouse Jean Rockwell, une ancienne mannequin devenue artiste acrobate de cirque, avec qui il a deux filles : Dolly, future trapéziste, et Lou-Ann, future dresseuse d’éléphants.
En 1966, il est intronisé au International Clown Hall of Fame, une reconnaissance majeure. Pendant plus de 60 ans, il est la vedette incontestée de ce cirque américain, occupant la piste centrale avec des entrées où les accessoires jouent un rôle clé. Aux États-Unis, les clowns évoluant dans une arène de plus de 20 000 places avec trois pistes, il est essentiel d’être visible de loin. Parmi ses dispositifs mécaniques les plus célèbres, sa voiture miniature est devenue un classique.
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Son humour, cependant, peine à s’exporter. Invité en 1977 au 4ᵉ Festival International du Cirque de Monte-Carlo, il apparaît en chasseur, suivi de son chien déguisé pour l’occasion en lapin farceur. Son entrée, jugée anodine par le public, semble moins percutante. Peut-être le cadre plus intime du chapiteau, comparé aux trois pistes du Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus, ne lui convenait-il pas. Lou Jacobs, habitué à l’ampleur, semble dépaysé sur une seule piste et doit ralentir son jeu.
En 1986, il publie son autobiographie, "Lou Jacobs : Clown to America", qui retrace sa vie sous le chapiteau ainsi que l’évolution du spectacle de cirque au XXe siècle.
En 1988, après 64 ans de carrière, il prend sa retraite tout en continuant à transmettre son art. Il s’éteint paisiblement dans son sommeil le 13 septembre 1992, à l’âge de 89 ans.
Lou Jacobs, peut-être l’auguste le plus célèbre au monde, reste l’image de marque du Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus. Son visage, ou du moins sa trogne, est encore utilisé aujourd’hui sur de nombreuses affiches et objets publicitaires de cirques. Selon plusieurs historiens, son visage aurait même servi de modèle pour le logo d’une chaîne de restauration rapide et le personnage de Ronald McDonald.
Son influence dépasse largement la piste : il a contribué à professionnaliser l’art du clown moderne et a inspiré des générations d’artistes de cirque. Pour les cinéphiles, on peut l’apercevoir sortir de sa voiture dans le film de Cecil B. DeMille, "Sous le plus grand chapiteau du monde" (voir blog07/10/2013).
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