La parade ou cavalcade, une tradition héritée du XIXᵉ siècle
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L’affichage (voir blog 17/06/2026) n’était pas le seul moyen utilisé par les cirques pour annoncer leur arrivée dans une ville. La parade, ou cavalcade publicitaire, occupait également une place essentielle dans leur stratégie de communication. Revenons sur cette pratique spectaculaire, capable d’attirer des foules considérables, avant de tomber progressivement dans l’oubli à partir des années 1970.
Pendant une grande partie du XIXᵉ siècle et jusqu’aux premiers chocs pétroliers, les cirques français recouraient très fréquemment aux parades pour faire connaître leur présence. Bien avant l’avènement de la télévision, d’Internet et même la généralisation de la radio, il s’agissait du moyen le plus efficace pour promouvoir un spectacle. L’arrivée d’un cirque dans une ville constituait alors un véritable événement. L’installation du chapiteau, du matériel et des convois attirait déjà les regards, mais la parade transformait cette arrivée en une fête populaire.
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Ces défilés faisaient pleinement partie de l’imaginaire du cirque. Véritable opération de publicité à ciel ouvert, ils réunissaient animaux exotiques, musiciens, clowns, acrobates, écuyers, cavaliers, chars richement décorés qui parcouraient les rues de la ville. L’objectif était simple : attirer l’attention des habitants et les inciter à assister aux représentations. Des enseignes prestigieuses comme Amar, Pinder, Jean Richard, Kino’s, Bouglione ou encore les Gruss ont largement eu recours à cette pratique. Durant généralement près d’une heure, ces cortèges constituaient un formidable outil de promotion, ou de réclame comme on disait alors.
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Au XXIᵉ siècle, les parades ont pratiquement disparu pour plusieurs raisons, liées notamment à l’évolution des villes et à la place des animaux dans les spectacles. Il est aujourd’hui beaucoup plus difficile d’obtenir les autorisations nécessaires pour bloquer la circulation, tandis que les contraintes de sécurité se sont considérablement renforcées. Par ailleurs, les éléphants, chameaux, chevaux et autres animaux qui constituaient souvent les vedettes de ces défilés soulèvent désormais des questions réglementaires et éthiques. Rappelons que la France a voté l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques itinérants à compter de décembre 2028.
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À cela s’ajoute l’évolution des mentalités. Les habitants des villes acceptent de moins en moins les nuisances sonores, les perturbations de circulation ou la présence d’animaux dans l’espace public. Certains cirques continuent certes à utiliser des véhicules sonorisés pour annoncer leur venue, mais cette forme de publicité suscite régulièrement des réprobations.
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La tradition n’a toutefois pas totalement disparu. On peut encore assister à des parades lors de festivals de cirque, de fêtes locales ou à l’occasion d’événements exceptionnels. C’est notamment le cas de Mondoclowns, qui a choisi de renouer avec cet héritage. Chaque année, le samedi matin, au moment du marché, les rues de Marmande s’animent, au rythme des artistes du festival, pour un "Plein Air Show", appellation actuelle de la parade. Entourés d’une foule nombreuse, ils offrent un spectacle gratuit que petits et grands ne voudraient manquer sous aucun prétexte.