Les symboles du caveau de la famille Bouglione au cimetière de Lizy-sur-Ourcq
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Nous avons déjà évoqué dans un précédent bloc-notes (voir blog du 06/11/2019) le cimetière de Lizy-sur-Ourcq, où reposent de nombreuses figures emblématiques du monde du cirque. En son cœur se dresse le célèbre caveau de la Famille Bouglione, commandé par Joseph Bouglione avant la Seconde Guerre mondiale et achevé vers 1945.
Cet imposant mausolée en granit, qui compte environ vingt-cinq emplacements destinés aux membres de la famille, est souvent décrit comme une véritable chapelle funéraire. Il se distingue par son dôme surmonté d’une croix ainsi que par ses éléments décoratifs inspirés du style Art déco. Mais au-delà de sa fonction funéraire, ce monument se révèle riche en symboles étroitement liés à l’identité et à l’histoire des Bouglione.
Au sommet du dôme, la croix chrétienne exprime la foi catholique de la famille et l’espérance de résurrection. Elle incarne également une forme de protection spirituelle veillant sur l’ensemble de la lignée.
Le dôme, quant à lui, évoque la voûte céleste, établissant un lien entre le monde des vivants et celui de l’au-delà. Il symbolise aussi l’unité familiale, tous les membres reposant sous une même coupole. Dans l’imaginaire du cirque, il rappelle naturellement la toile du chapiteau, transformant ainsi le caveau en une sorte de chapiteau éternel où la famille demeure réunie.
Les lions en bronze, aujourd’hui disparus, participaient pleinement à cette symbolique. Ils représentaient à la fois la puissance et l’univers du spectacle, tout en assumant leur rôle traditionnel de gardiens du seuil entre les vivants et les morts. Loin d’être de simples éléments décoratifs, ils affirmaient clairement l’identité circassienne de la famille.
Le choix du granit renforce cette lecture symbolique. Il traduit la solidité et la volonté de pérennité de la famille, tout en témoignant de sa réussite sociale et de son désir de laisser une empreinte durable et monumentale.
Enfin, l’influence du style des années 1920–1930, dans l’esprit de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925, confère à l’ensemble une élégance sobre et une esthétique liée au monde du spectacle parisien. Ce choix ancre le caveau dans l’univers du cirque moderne, distinct du cirque forain plus ancien.
Ainsi, les symboles du caveau Bouglione articulent trois dimensions essentielles : la foi et la mort (à travers la croix et l’architecture funéraire), la famille et la transmission (incarnées par le dôme et le caractère collectif du caveau), et enfin l’identité circassienne (exprimée par les lions, la monumentalité et le style). C’est cette convergence qui confère au monument son caractère unique : il ne se limite pas à évoquer la mort, mais célèbre également le spectacle, la mémoire et la continuité.
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C’est dans ce lieu chargé de sens qu’a été conduit jeudi 19 mars, la dépouille d’Émilien Bouglione (voir blog 16/03/2026), à l’issue de la cérémonie religieuse célébrée à l’église Saint-Roch à Paris.