Maurice Thomas-Moret, un antiquaire expert en arts de la piste
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Parmi les grands collectionneurs nationaux d’arts circassiens, on compte Emilien Bouglione (voir blog 21/03/2026), les Docteurs Frère , Fenouillet et Denys (voir blog 21/09/2011), mais aussi Jacques Garnier, Christian Fechner (voir blog 23/01/2021), Gilles Magnin (voir blog 13/06/2020), Christian Boner ( voir blog 11/09/2025) et Pascal Jacob ( voir blog 18/12:2013). À cette liste prestigieuse il ne faut pas oublier Maurice Thomas-Moret, un antiquaire parisien passionné de cirque, qui tenait une boutique avant-guerre au 81 rue du Bac à Paris. Il y réunissait régulièrement, à l’arrière de son magasin, des amateurs et collectionneurs de la piste magique, tels qu’Henry Thétard (voir blog 29/03/2013), Georges Soury (voir blog 15/01/2011), Tristan Rémy (voir blog 22/12/2011), Serge (voir blog 26/12/2013) ou François Thuefferd (voir blog 04/06/2013)...
Son expertise en art circassien était telle que Jérôme Medrano lui confia dans les années Trente la création et la gestion du musée privé de son cirque. Maurice Thomas-Moret possédait en effet une collection exceptionnelle, considérée comme l’une des plus riches d’Europe, incluant :
Tableaux et gravures : Scènes de cirque, portraits d’artistes (clowns, dompteurs, écuyères, acrobates) et affiches anciennes de spectacles.
Affiche de cirque : Pièces rares des XIXᵉ et début XXᵉ siècles, souvent signées par des artistes renommés ou imprimées par des ateliers parisiens spécialisés.
Photographies : Portraits d’artistes, reportages sur les spectacles et clichés historiques des cirques parisiens (Medrano, Cirque d’Hiver, etc.).
Documents d’archives : Programmes, contrats d’artistes, lettres autographes et partitions musicales liées aux numéros de cirque.
Objets de scène : Costumes, accessoires (fouets, balles de jonglage, maillots de clowns) et maquettes de chapiteaux ou de manèges.
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A la demande du fils de Boum-Boum, Maurice Thomas-Moret structura sa collection pour en faire un musée accessible au public, exposé dans une salle spécialement aménagée au dessus du "controle" du Cirque Medrano. Cet espace, dédié à la mémoire et à la culture circassienne, attira même l’attention d’Émile Bollaert, alors Directeur Général des Beaux-Arts, qui y inaugura le Livre d’Or en y écrivant un hommage au cirque et à ses artistes.
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Exposition concoctée par Maurice Thomas-Moret dans le cadre du spectacle Cirque 1900
Maurice Thomas-Moret décéda en 1992. Sa collection — un ensemble rare sur le cirque, le cheval, les courses et la chasse à courre, comprenant tableaux, aquarelles, dessins, estampes, photos, affiches, chromolithographies, documents et bronzes — fut dispersée le 31 janvier 1983 à Drouot par le commissaire-priseur Me Hubert Le Blanc. Cette vente marqua profondément les collectionneurs et les historiens du cirque, inspirant par la suite d’autres initiatives, comme le Musée des Arts et Traditions Populaires (dont les collections ont été transférées au MuCEM à Marseille) ou le Musée privé du Cirque d’Hiver (créé par Emilien Bouglione et son fils Louis-Sampion), qui perpétuent aujourd’hui la mémoire du cirque en France.
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Ainsi, Maurice Thomas-Moret, bien qu’injustement oublié aujourd’hui, fut à l’origine de nombreuses vocations nées de la magie de la piste. Pour un collectionneur, un objet issu de sa collection n’est jamais une simple pièce parmi d’autres : il porte en lui une part de la mémoire des pistes, un souffle des grandes heures du cirque et une émotion intacte que le temps n’altère jamais. Acquérir un tel objet, c’est recevoir bien plus qu’un souvenir : nonc’est détenir une partie de la mémoire de la piste.