La caverne d’Ali Baba d’Émilien Bouglione
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Émilien Bouglione, surnommé Julot, souvent considéré comme le casse-cou de la fratrie qu’il formait avec ses frères et sœurs était un artiste complet. Pourtant, un aspect plus discret de sa personnalité mérite d’être mis en lumière : celui d’un collectionneur passionné et constamment à la recherche d'une pièce, qu’elle concerne les arts de la piste en général ou l’histoire de la famille Bouglione en particulier.
Fait étonnant, cette vocation est née presque par hasard. Tout commence durant son enfance, lorsqu’on lui demande de se débarrasser d’une caisse remplie d’archives et de vieux costumes. Plutôt que de les jeter, il choisit de les conserver. Ce geste anodin marque ainsi le point de départ d’une collection exceptionnelle.
Très tôt, Julot comprend que ces objets, même usés ou oubliés, possèdent une véritable valeur historique et émotionnelle. Dès lors, sa démarche ne relève ni de la recherche de rareté ni de la spéculation, mais d’une volonté profonde de préservation du patrimoine circassien et familial.
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Il entreprend alors de rassembler des costumes de piste, des affiches anciennes, des photographies, des accessoires, des maquettes et des documents liés à l’épopée Bouglione. Au fil des années, sa collection prend une ampleur remarquable. Aujourd’hui, elle compte des dizaines de milliers de pièces, couvrant plusieurs générations de la famille et, plus largement, tout l’univers circassien. Parmi les trésors qu’elle renferme figurent plus de 200 costumes rares, des affiches historiques, des tableaux, des éléments de décor ou de ménagerie, ainsi que des objets insolites, tels que des vestiges de cages ou des accessoires de numéros.
Cette collection est désormais conservée par son fils, Louis-Sampion Bouglione, également connu pour sa passion pour Napoléon. Il veille sur ce musée privé installé sous les combles du Cirque d’Hiver, baptisé musée Émilien Bouglione. Encore trop méconnu du grand public et des passionnés de cirque, ce lieu exceptionnel gagnerait à s’ouvrir davantage aux visiteurs. Peut-être, avec le temps, les portes de ce véritable temple de l’art circassien s’ouvriront-elles plus largement aux curieux et aux amateurs.
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