Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

On a déjà dans un précédent bloc-notes, (voir blog17/12/2014) évoqué Loriot. Il est rare de parler de la genèse de sa carrière, celle avant de devenir sur la piste de Medrano le lutin lunaire et partenaire des Recordier (voir blog24/06/2014), Drena (voir blog16/03/2012) ou Boulicot (voir blog08/01/2012). On oublie peut-être, mais au début du XX° siècle Georges Bazot était connu des salles de spectacles sous le nom de Bowden, et présentait un numéro comique et acrobatique à vélo.

Mais reprenons par le commencement

Fils d'employé des postes, une fois son certificat d’études en poche le jeune Georges, commence à travailler à l’imprimerie des timbres. Pendant ses temps de loisirs il va fréquenter les gymnases parisiens et met au point avec Gombert, un numéro de mains à mains. Les deux amis font leur début professionnel à 18 ans au Palais du travail à Belleville sous le nom des Nopols, puis avant leur service militaire ils présentent leur numéro dans des petits établissements parisiens et franciliens.

Soutien de famille, son père est décédé alors qu’il avait neuf ans, l’armée le libère de ses obligations militaires. N’ayant plus aucun partenaire il va s’essayer un temps dans le tour de chant comique, très en vogue à cette époque. Puis en 1906 il devient comédien cascadeur en parallèle il joue aussi dans quelques courts métrages comiques pour la Gaumont tout en continuant à se produire dans les théâtres. Engagé au Nouveau Cirque (voir blog08/12/2010) comme Auguste de soirée, il découvre les joies de la petite reine et va construire une carrière de comique à bicyclette au sein d'un groupe nommé Bowden's. Cette troupe se produit dans de nombreux casinos et music-halls dans toute la France.

Pendant la guerre 14-18 il est sergent-artificier. Une fois l’armistice signée, il reprend son numéro de comique sur cycle en lui donnant un aspect moins grosse farce mais plus acrobatique. Il s’associe alors avec Pierre Rochat pour former le duo Bowden & Garden. Pierre Rochat est l’élément sérieux et Georges Bazot l’empêcheur de tourner en rond. Leur numéro d’après le journaliste André Pigelet est ”d’une rare qualité, d’un grand style et d’un art profond”. Le duo investisse alors les meilleures salles et pistes : Olympia, Alhambra, Medrano, Rancy, Schumann de Copenhague, Winter Garten de Berlin…

Devenu père il souhaite alors se sédentariser, dit adieu au vélo et au duo Bowden & Garden., il devient clown, sans négliger pour autant le théâtre. Il est même engagé à la Comédie Française pour animer la poursuite des apothicaires dans Le Médecin malgré lui.

Après le second conflit mondial, il reprend ses habits d’Auguste. Bowden est engagé chez Medrano pour Les Chesterfolies de 1943 (voir blog10/02/2011) où il est tour à tour, auguste, coureur, témoin, aide, bruiteur, ouvrier dans les différents sketchs signés Gille Magaritis (voir blog15/10/2015).

Puis Jérôme Medrano (voir blog16/10/2011) va lui suggérer de changer de pseudonyme et de devenir de Loriot un nom qui convient plus au personnage qu’il va désormais jouer sur cette piste Et on connait la suite...

Comme on voit Georges Bazot dit Bowden, dit Loriot est l’exemple type d’une carrière construite avec le temps et qui évolue aussi avec l’âge et l’expérience de l’artiste. Devenu le doyen des clowns français, et pensionnaire assidu de la barrière de "La Piste aux Etoiles", il nous quitte en 1973 après une carrière circassienne bien remplie…

Tag(s) : #Artistes
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :