Les origines du Festival International du Cirque de Monte-Carlo
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Dans quelques jours s’ouvrira la 48ᵉ édition du Festival International du Cirque de Monte-Carlo, un événement devenu la référence mondiale des arts de la piste. Retour sur la genèse d’une manifestation née d’une passion princière et d’un pari audacieux.
1974 : La naissance d’une légende
Pour célébrer ses 25 ans de règne, le prince Rainier III (1923-2005), fervent amateur de cirque, imagine un grand festival dédié à cet art. Avec l’appui logistique des frères Bouglione, la première édition se tient du 26 au 30 décembre 1974 dans l’espace Fontvieille, un site gagné sur la mer. Les spectacles, accompagnés par l’orchestre du cirque d’État de Pologne dirigé par Janusz Skud, sont présentés par le jeune M. Loyal du cirque Bouglione, Sergio. Son talent de présentateur et son charisme marquent dès lors l’histoire du festival.
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Le journaliste Jacques Richard, dans L’Aurore du 28 décembre 1974, salue un succès inattendu : « Ce festival était un coup de poker. (…) Il fallait un solide optimiste pour croire possible de remplir cinq soirs de suite l’immense chapiteau des frères Bouglione dans une ville de 25 000 habitants. (…) Le prince a joué, et il a gagné. » Dès la soirée inaugurale, le public est au rendez-vous, et les gradins restent combles jusqu’au gala de clôture.
Deux Clowns d’Or sont décernés à Charlie Rivel et Alfred Court, tandis que cinq Clowns d’Argent récompensent les Alizés, les Pentacovi, les Dymek, les Richter et Emilien Bouglione.
1975-2003 : L’essor d’une institution
Fort de ce succès, une deuxième édition est organisée sous le chapiteau de la famille Orfei, toujours en décembre 1975. Sergio, désormais accompagné de la charmante Yasmine Smart, continue d’animer les soirées avec brio. Pendant près de trois décennies, il incarne le M. Loyal du festival, même lorsqu’il officie ailleurs, comme chez Ringling Bros Barnum & Bailey ou au Paradis Latin — son contrat prévoyant toujours une clause pour honorer ce rendez-vous monégasque.
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En 1995, lors de la 19ᵉ édition, Sergio reçoit un Clown d’Or exceptionnel pour ses 20 ans de fidélité au festival, salué par Jacques Richard comme « une consécration ». Pourtant, après la 26ᵉ édition, le festival se passe de sa présence.
2003-2026 : Une nouvelle ère avec Petit Gougou
À partir de la 27ᵉ édition, Alain André, alias Petit Gougou, prend le relais. Formé à l’école des arts du cirque d’Annie Fratellini, il apporte une touche moins magistrale et plus polyvalente, mêlant comédie, danse et acrobatie. Christian Hamel, dans Le Cirque de l’Univers, souligne cette transition : « Les organisateurs ont choisi une formule plus moderne, et Petit Gougou incarne parfaitement ce renouveau. »
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En 2004, il adopte une tenue de M. Loyal traditionnelle : veste rouge galonnée, pantalon blanc, bottes noires et haut-de-forme. Sa performance lui vaudra une Mention Spéciale du Jury lors de la 28ᵉ édition.
Après deux années d’interruption dues à la pandémie, le festival renaît en 2022, associant sa 45ᵉ édition à la 10ᵉ édition de New Génération, dédiée aux artistes de moins de 18 ans. En 2023, Petit Gougou célèbre à la fois le cinquantenaire du festival et le centenaire de la naissance du prince Rainier III.
Aujourd’hui : Le Graal des arts du cirque
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Plus d’un demi-siècle après sa création, le Festival International du Cirque de Monte-Carlo reste le plus prestigieux au monde. Pour les circassiens, remporter un Clown d’Or équivaut à toucher le Graal — la consécration ultime sur la piste.