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Publié par cirk75

À l’ère des réseaux sociaux, intéressons-nous aux avis laissés sur le site Ticketac par les spectateurs du spectacle Millésime 25.

Si Lola indique : « La musique et chanteurs magnifiques mais un cirque sans clowns c'est pas un cirque à mon avis ç’était toujours le clou du cirque dommage», Agnes5541 signale « Superbe spectacle mais dommage qu’il n’y ait que 10 numéros. Superbe orchestre Formidable spectacle, avec cependant un énorme défaut : trop court...... Bravo ».

Comme le rappellent ces spectaeurs, le cirque autrefois riche en diversité et en émotions, se vide de sa substance, tant au niveau quantité que diversité. La piste traverse depuis quelques temps une profonde mutation, voire une dilution de son essence même. Il y a encore une décennie, ce qui faisait la singularité de ces productions, c’était leur richesse et leur éclectisme. Le public y vivait une palette d’émotions diverses : émerveillement, frisson, hilarité, étonnement… Le cirque était aussi ce spectacle unique où humains et animaux se partageaient la piste, non dans une logique de domination, mais pour rappeler que la Terre appartient autant aux uns qu’aux autres.

Pourtant, aujourd’hui, une minorité militante a décidé que les animaux souffraient au cirque, jugeant inacceptable que des artistes à quatre pattes collaborent avec les humains. Ces critiques oublient bien vite que les chevaux des courses hippiques, eux, sont parfois dopés ou maltraités, et réduits à de simples outils de profit pour leurs propriétaires et les parieurs. Mais cette situation laisse nos amis animalistes indifférents : combattre les courses hippiques, après tout, ne jouerait pas en leur faveur et serait un trop gros défit. Comme disait Corneille "à vaincre sans péril on triomphe sans gloire".

Par ailleurs, un autre acteur emblématique tend à disparaître de la piste : le clown. Nous vivons une époque étrange où ces figures de joie s’effacent, en emportant avec elles le rire qui faisait autrefois la magie du cirque. 

De plus les numéros aériens, autrefois sources d’une peur fascinante, se sont banalisés, quand ils ne sont pas totalement absents du programme. Où sont passés les grandes trapézistes d’antan : Rose Gold, Betty Stom, Raymonde Marcoud, André Jan, Maryse Begary, Elsane et bien d'autres, qui évoluaient sans filet ni protection, sans longes, sans cuissardes ni jambières ? Aujourd’hui, les artifices techniques ont remplacé l’audace pure, et le cirque semble avoir perdu son âme acrobatique. De nos jours, le cirque a-semble t-il aussi oublié l’art de frémir ?

Enfin depuis quelque temps, le cirque s’est mué en terrain de reconversion pour de nombreux sportifs de haut niveau. Leur maîtrise technique est indéniable, mais leur capacité à créer une connexion émotionnelle avec le public reste souvent inachevée ou absente. Autrefois, l’artiste dialoguait avec les spectateurs, les impliquant dans le numéro, leur faisant ressentir chaque difficulté, chaque exploit — les spectateurs un peu comme des supporters portent leur équipe lors d’un match, portaient l'artiste. 

Dans Millésime 25, seuls trois numéros parviennent à établir ce lien : le jongleur Alan Suc, l’excentrique Rachel Montfroy, avec sa roue Cyr, et les quatre artistes tanzaniens proposant des portées acrobatiques. Tous reçoivent à la fin de leur prestation des applaudissements nourris.

Soyons clairs : Millésime 25 présente dix numéros, pour la plupart acrobatiques ou d'adresse, d’une qualité technique indéniables et sans faille, avec une chorégraphie recherchéee où musique et lumière subliment les numéros. Malgré cela, à l’exception des trois numéros mentionnés précédemment, le reste de la production peine à créer cette alchimie avec le public, cette complicité qui transforme la piste en un espace magique. Millésime est un spectacle, d’une haute qualité technique, auquel il manque malheureusement cette interaction avec les spectateurs qui l’aurait rendu inoubliable et exceptionnel.

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