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Publié par cirk75

    

         Dès son plus jeune âge, Jean-Louis Conte, mieux connu sous le nom de Yanco — un pseudonyme formé à partir de son prénom et de son nom - est fasciné par l’univers du spectacle. Il passe ainsi de longues heures dans les ateliers et la boutique de Pascual, costumier et décorateur pour le théâtre du Capitole à Toulouse. Mais avant de se consacrer à la magie, il exerce plusieurs métiers : clerc de notaire, clerc d’huissier, marchand ambulant, puis projectionniste itinérant. C’est au début des années 1950, après une rencontre avec le prestidigitateur Al Rex, qu’il se tourne définitivement vers l’art magique. Al Rex lui enseigne notamment le tour du coton et du feu, aussi appelé ”l’homme volcan”, qu’il intégrera à son répertoire tout au long de sa carrière.

Ce tour, particulièrement impressionnant, consiste à avaler des morceaux de coton placés dans un grand saladier de cuivre posé sur un guéridon. Après s’être désaltéré à l’aide d’un calice, Yanco continue à dévorer du coton, avant de faire jaillir de sa bouche une épaisse fumée blanche. La fumée s’intensifie, des étincelles apparaissent, et enfin, sous les yeux ébahis du public, il extrait de sa bouche un long ruban blanc, créant un effet magique inoubliable.

Entre 1950 et 1951, il effectue son service militaire, période durant laquelle il se produit à plusieurs reprises dans la caserne où il est affecté. En 1952 et 1953, il est engagé par Pierre Lartigue (voir blog16/03/2015) en tant que magicien à  ”La Halle aux grains” de Toulouse, tout en continuant d'exerçer le métier de projectionniste.

En 1954, il rejoint le Cirque d’Hiver, avant d’enchaîner sans interruption, les tournées dans de nombreux cirques européens pendant près de vingt ans. C’est durant cette période qu’il forge son identité de prince oriental, adoptant tour à tour les pseudonymes de Yanco, Prince de Bagdad — en référence au mystérieux Jaffar, vizir et magicien du Voleur de Bagdad — ou encore Yvan Zaroff, un pseudonyme mêlant son nom de naissance et le film fantastique La Chasse du comte Zaroff, sorti en 1932.

 

        Il s’est produit sous divers pseudonymes dans les plus prestigieux lieux de spectacle, tels que le Cirque de Montmartre, le cirque Amar, Francki — où il est resté cinq ans —, le Circo Orfei, le Cirque Darix Togni, le Cirque Achille Zavatta, le Cirkus Benneweis, ou encore l’Alcazar de Paris. Son passage au Japon a particulièrement marqué les esprits, notamment lors de sa participation au World’s Greatest Magic Show, où il s’est produit pendant près d’un an.

         Ses numéros emblématiques, comme ses productions de foulards, de bijoux et de fumée en bouche, exécutés dans des costumes féeriques, vont lui valoir une renommée internationale.

Épuisé par la maladie, Yanco s’éteint le 14 mai 1990, à seulement 61 ans. Maître de l’art magique, il a brillamment relevé le défi des scènes circulaires, bien plus exigeantes que les espaces frontaux : au cirque, le public scrutant chaque angle, il fallait redoubler d’ingéniosité pour dissimuler les mécanismes de ses illusions.

Son style, profondément inspiré par l’Orient, et ses créations spectaculaires ont marqué à jamais l’histoire de la magie. Aujourd’hui encore, son héritage perdure, certaines de ses illusions étant exposées au Musée de la Magie à Paris.

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