Parenthèse, le nouveau spectacle signé Gilbert Gruss
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Dès le premier regard, le chapiteau du cirque Arlette Gruss impressionne : son architecture majestueuse et son élégance intemporelle captivent. À l’intérieur, la salle, d’une visibilité parfaite, se révèle comme l’une des plus belles de France. Ici, chaque détail est pensé pour sublimer les artistes : une mise en lumière savamment orchestrée, des costumes audacieux et inventifs signés chaque année par Roberto Rosello (voir blog24/06/2016), une musique envoûtante composée par Antony Sagué qui enveloppe chaque numéro. Et quand on découvre dans le programme des noms légendaires comme Gruss, Biasini, Houcke, Brogler ou Fratellini, l’attente est immense. On s’attend à vivre un spectacle d’exception.
Malgré une esthétique soignée à l’extrême, le spectacle manque cruellement d’âme et de rythme. Quelques numéros parviennent à se distinguer – les suspensions capillaires de Darya Shamaret, les équilibres en rotation d’Arzuman Arutiunian, ou encore la corde à sauter de Toa Hattori – mais, dans l’ensemble, aucune émotion ne perce, aucun frisson ne nous traverse.
D’où vient ce sentiment d’inachevé ?
Un M. Loyal trop pâle, comme la couleur de son costume lors de la première partie. Des numéros trop vus ou revus, comme les 9 pétrolettes dans le globe infernal. Et surtout, l’absence cruelle de deux artistes phares des années précédentes : Liss Mery et Darien, du duo Lyd, qui dynamisaient le collectif Compañia Habana avec une énergie contagieuse. Leur départ laisse un vide palpable.
Contrairement aux productions phares du cirque Arlette Gruss d'hier, marquées par leur faste et leur ambition scénique, Parenthèse mise sur une approche plus dansée et musicale, peut-être au risque de paraître en retrait face à l’héritage spectaculaire des Gruss. Son format plus court (moins de deux heures hors entracte) et son atmosphère en font une production qui peine à rivaliser avec l’éclat des créations emblématiques de la troupe.
Espérons que la 42e création du cirque, à venir, saura de nouveau nous faire vibrer et retrouver la magie qui fait la renommée de cette piste certifiée, Big Top Label en 2003.
Spectacle à voir à Paris jusqu'au 14 décembre avant qu'il ne parte pour Bordeaux passer les fêtes de fin d'année.