Les frères Albanos, figures oubliées du Nouveau Cirque
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Quand on parle du Nouveau Cirque, cette salle parisienne emblématique et raffinée, les noms de Footit et Chocolat viennent immédiatement à l’esprit. Pourtant, ils ne furent pas les seuls à marquer l’histoire de cette piste : les frères Albanos, souvent négligés dans les mémoires, ont eux aussi joué un rôle majeur dans l’évolution de l’art clownesque.
Originaires d’Espagne, Alfred et Henri Goretti, plus connus sous le nom des frères Albanos, ont débuté avec un numéro mêlant acrobaties et clownerie. Alfred, en particulier, possédait un talent unique : par un simple geste des doigts, une grimace ou une torsion des lèvres, il parvenait à transmettre au public des situations délicates, sans prononcer un mot.
Tristan Rémy dans son ouvrage Les Clowns, décrit une de leurs entrées les plus célèbres:
— ”Mettez-vous là, ordonnait Henri à son frère Alfred. Je suis très fort au pistolet. Je vais trouer successivement votre chapeau et votre blouse”.
— ”Vous allez les gâter ! rétorquait Alfred.
— ”Je vous en rachèterai des neufs.”
— ”Vous allez me blesser !”
— ”N’ayez crainte”
Henri tirait alors, perçant effectivement les vêtements d’Alfred, avant de négocier avec humour le prix des réparations. Puis, avec une pointe de malice, il ajoutait :
— ”Ah ! Pour votre pantalon, mon cher Auguste, je ne le remplacerai pas. Il était trop bas. Je ne l’ai pas tiré.”
Alfred, feignant la pudeur, s’approchait alors du public. Par des gestes et des regards éloquents, avouait sa peur et la conséquence naturelle de son émotion : un changement de pantalon s’imposait.
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Pendant des années, les Albanos ont rivalisé avec Footit et Chocolat sur la piste du Nouveau Cirque. Sous la direction de Charles Debray, ils ont incarné les rôles principaux des pantomimes, s’imposant comme des vedettes incontournables de l’art clownesque.