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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Articles avec #personnalites catégorie

Josep Oller i Roca dit Joseph Oller (1839-1922) un homme de jeux et de cirque

Publié le 23 Février 2016 par cirk75 dans Personnalités

Josep Oller i Roca dit Joseph Oller (1839-1922) un homme de jeux et de cirque

Né à Terrassa en Catalogne, Joseph Oller arrive avec ses parents à l'âge de deux ans à Paris et fait ses études au Lycée Saint-Denis, sans aller, semble-t-il, bien loin. Friand de combats de coqs il commence sa carrière en tant que bookmaker ce qui lui donne l’idée d’inventer une nouvelle méthode de pari, en mutualisant les mises, qu’il nomme bien évidemment le Pari mutuel.

Suite à un exil volontaire en Angleterre, pendant la guerre contre la Prusse de 1870, il se familiarise avec le monde du spectacle. Et à son retour en France vers 1876, il devient entrepreneur de spectacle et propriétaire du "Bal Mabille", de la "Bombonnière", des "Fantaisies Oller". En parallèle il crée le "théâtre des Nouveautés", la "Piscine Rochechouart" ainsi que les "Jardins de Paris" - démoli en 1914 - sorte de parc de loisir avec salle de spectacle et de danse. A la place des "Montagnes russes" du boulevard des Capucines il fait construire une salle de spectacle, et puisque la mode est au néo-hellénique il la baptise "Olympia". Elle sera inauguré le 12 avril 1893 par La Goulue (voir blog 20/09/2013).

Josep Oller i Roca dit Joseph Oller (1839-1922) un homme de jeux et de cirque

Quelques années avant il est à l’origine d’un célèbre cabaret, dédié à la femme et à la danse, dont l’objectif est de permettre aux plus riches de venir s’encanailler à Montmartre, un quartier à la mode. Cette salle portera le nom de "Bal du Moulin-Rouge" et ouvrira le 6 Octobre 1889. Le lieu est extravagant – un jardin agrémenté d’un gigantesque éléphant – permet à toutes les populations de se cotoyer. Petits employés, résidents de la place Blanche, artistes, bourgeois, hommes d’affaires, femmes élégantes et étrangers de passage s’y rencontrent.

Josep Oller i Roca dit Joseph Oller (1839-1922) un homme de jeux et de cirque

Cependant pour un circophile le nom de Joseph Oller reste associé à jamais à la création en 1877 de l'"Hippodrome du pont de l'Alma" (voir blog 16/12/2010), et quelques années plus tard au "Nouveau Cirque", lieu où Foottit et Chocolat (voir blog 12/02/2012) ont fait les beaux soirs de ce prestigieux établissement. Inauguré le 12 février 1886 cette salle était dès l'origine doté d’un luxe inouï. Elle était notamment éclairé par la lumière électrique et comprenait une piste nautique, c'est pourquoi sa première enseigne n'était pas "Nouveau Cirque" mais "Arènes Nautiques".

Josep Oller i Roca dit Joseph Oller (1839-1922) un homme de jeux et de cirque

Joseph Oller décédé en 1922, deux ans avant la fermeture de son immortel "Nouveau Cirque" fait partie de ces personnalités fécondes que l’histoire a injustement oubliées. Ainsi lorsqu’en 1954 le cinéaste Jean Renoir décide de réaliser un film évoquant l’histoire du "Bal du Moulin Rouge", il affuble du nom de Danglard et non d’Oller dans son film "French Cancan" le nom du propriétaire de ce haut lieu du spectacle ! Etonnant ? Non !

#olliernouveaucirque

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Pierre Meyer le magicien du Royal Palace de Kirrwiller

Publié le 19 Février 2016 par cirk75 dans Personnalités

Pierre Meyer le magicien du Royal Palace de Kirrwiller

Comment une commune française de 529 habitants située à 30,6 km au nord-ouest de Strasbourg, peut-elle se targuer d’abriter une des meilleures scènes de music-hall en France ? Oui telle est l’histoire de la famille Meyer qui d’un dancing de campagne, a su à partir des années 80, progressivement le transformer en un établissement mondialement réputé, accueillant chaque année plus de 200 000 spectateurs en provenance de l’Europe entière.

Pierre Meyer le magicien du Royal Palace de Kirrwiller

A l’origine de cette saga un homme Pierre Meyer, qui à l'âge de 14 ans s’initie aux joies de la cuisine comme apprenti. Il faut dire que sa mère à Kirrwiller, possède une auberge familiale qui, en 1948 a été transformée en dancing rural. A 19 ans, le jeune Pierre s'attèle aux cuisines familiales et en 1980 son père, un instituteur au départ, lui laisse la direction de ce qui n'était encore qu'un modeste établissement de campagne.

Mais Pierre Meyer est passionné par les spectacles et les shows à l'américaine et, il rêve de proposer à Kirrwiller, des spectacles de music-hall. Pour cela il fait construire dans le restaurant une scène de 200 m² pour accueillir du moins au début, des spectacles de magie entrecoupés de numéros visuels et, à la surprise générale ça marche, le chiffre d’affaires double en un an et la clientèle se diversifie. Et si une bonne moitié des spectateurs arrivant en autocars provient des comités d'entreprise ou des clubs de retraités, les individuels commencent aussi à être nombreux.

Pierre Meyer le magicien du Royal Palace de Kirrwiller

Devant cette réussite les media et la presse commencent à s'intéresser à cet insolite music-hall rural et l’effet boule de neige marche à plein. Fort de ce succès en 1996, Pierre Meyer se lance dans un projet plus ambitieux : une salle de spectacle de mille places, dotée d’une immense scène, 25 mètres de large sur 20 mètres de haut, équipée des dernières nouveautés, des cuisines de 500 m² et des logements pour les artistes...

Suite à ces aménagements, les spectacles prennent une tout autre dimension. Et si les premiers shows étaient présentés par des animateurs, parmi eux on compte Sergio (voir blog02/03/2011) ou Pascal Brunner par la suite, comme au cirque les présentateurs s’effacent pour laisser la place à de somptueuses revues chorégraphiés, au cours desquelles les tableaux dignes des plus grands établissements sont entrecoupés par des d’excellents numéros visuels ou de grandes illusions.

Aujourd'hui le Royal Palace, 3ème music-hall de France, après les Lido et Moulin Rouge de Paris, emploie plus de cent personnes, dont 34 artistes. Son succès s'explique principalement par des tarifs calculés au plus juste et par un renouvellement incessant spectacle chaque année. Revue sans temps mort avec effets scéniques et jeux de lumières metant en valeur les meilleurs artistes mondiaux du cirque ou du music-hall.

En plus de la salle de spectacle, le Royal Palace possède deux restaurants (le premier pouvant accueillir jusqu’à 800 convives, et le second plus intime servant 150 couverts) afin de proposer des déjeuners et dîners dansants animés par un orchestre.

Aujourd’hui à la retraite, Pierre Meyer est toujours aussi affairé, le Royal Palace de Kirrwiller reste sa vie et il ne se voit pas quitter son navire même s’il est efficacement seconder par son épouse Cathy et son fils Mathieu. D’autant plus que cet établissement vient de fêter le 24 septembre 2015 ses 35 ans lors du lancement son spectacle "Imagine".

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Patrick Hourdequin, un vrai saltimbanque

Publié le 16 Février 2016 par cirk75 dans Personnalités

Patrick Hourdequin, un vrai saltimbanque

On vient d’apprendre le décès Patrick Hourdequin figure légendaire du spectacle et du cirque de la Principauté de Monaco. Ce saltimbanque né à Tournai n’était pas au départ un enfant de la balle mais simplement un fou de spectacle et il a marqué de son empreinte les 40 dernières années du monde de la piste et de la scène.

Nourri de spectacles parisiens, cirques Medrano et Bouglione, opérettes avec Luis Mariano, ou comédies de boulevard, collégien le jeune Patrick avec deux copains se lance dans les marionnettes. À l’aide d’une charrette qui transporte le matériel les 3 amis font le tour des hospices pour présenter leur spectacle avec il faut le dire, du moins Patrick Hourdequin le disait, un sentiment de n’être pas toujours très bons.

À l'université, entre deux cours de droit, il intègre la troupe de théâtre. Il joue des classiques ainsi qu’une comédie musicale "Messe blanche" proposée dans une chapelle désaffectée. Et naturellement il rate son année de droit. Après un remontage de bretelles familiales, Patrick Hourdequin son doctorat de droit et sa licence en relations internationales en poche, commence une carrière de conseiller juridique avec à la clé une sacrée déprime. Au fond de lui il souhaite, au grand désarroi de ses parents, se consacrer au monde du cirque et au théâtre.

Patrick Hourdequin, un vrai saltimbanque

Une première rencontre avec Emilien Bouglione en 1976 et le voilà administrateur général des tournées du chapiteau. Dans la réalité il est à la fois comptable, chef du personnel, responsables de la sécurité, avant-courrier… et Krinou son épouse, ancienne secrétaire de direction à la radio belge, se retrouve chef coiffeuse chez Bouglione et, comme tout le monde participe au montage-démontage du chapiteau. Et oui au cirque tout le monde donne un coup main.

Puis après il est de l’aventure Rancy-Carrington en tant que Conseiller Administratif. Le programme papier en fait une des vedettes, non seulement on trouve 2 photos de lui, mais on peut aussi lire : "Patrick Hourdequin Conseiller administratif, Docteur en Droit vient d’arriver chez nous, il y était attendu avec impatience depuis plusieurs années". C’est dire l’importance qu’il a pris dans le milieu du cirque en peu de temps. Quant à Krinou, sa femme, devenue chef ouvreuse elle participe activement au spectacle "Cléopâtre Sérieux" de la tournée 80.

En 1981 année charnière, il devient Secrétaire administratif du Comité d’organisation du Festival International de Monte Carlo et la première tâche que le prince lui confie fut celle de l’accueil des directeurs de cirque afin de leur faciliter leur hébergement. L’année suivante il double la mise en ayant la même fonction auprès de l’Association pour l’Organisation du Festival International du Cirque de Monte Carlo. Parallèlement il devient également directeur du Théâtre Princesse-Grace et Président de l’Association des Amis du Cirque de Monaco. Devenu Conseiller artistique du Festival International du Cirque de Monte Carlo, Patrick et Krinou Hourdequin sont invités aux plus illustres festivals de cirque de par le monde, et en 2012 il préside le jury du prestigieux Festival International du Cirque de Massy.

Aux côtés des artistes de cirque, qu'il aimait particulièrement pour leur anonymat et leur humilité, avec son association monégasque il mettait tout en oeuvre pour aider une famille d'artiste blessé ou facilitait les difficiles reconversions de ceux qui devaient quitter la piste.

Avec le décès de Patrick Hourdequin c’est tout une partie de la mémoire du cirque en général et du Festival International du Cirque de Monte Carlo en particulier qui disparaît.

Patrick Hourdequin une vie toute dédiée au spectacle et au cirque !

#patrickhourdequin

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Les frères Spiessert, les fils de M. Charles

Publié le 13 Janvier 2016 par cirk75 dans Personnalités

Les frères Spiessert, les fils de M. Charles

Avec la mort le 27 décembre 2015 à l'âge de 87 ans de Willy Spiessert, fils cadet de Charles Spiessert (voir blog24/06/2015), c’est tout un pan de l’histoire du Cirque Pinder qui se referme définitivement, même si en 1971 avec le décès de M. Charles l’épopée Spiessert commencée en 1928, avait pris fin lors de la vente au comédien Jean Richard (voir blog12/12/2011) de ce cirque légendaire.

Mais reprenons au début. Suite au mariage entre Charles Spiessert et Henriette Bonin, dont la sœur Eva avait épousé Roger Spessardy (voir blog23/08/2015) le frère de M. Charles, naissent 4 garçons, dont trois survivront : l’ainé Jimmy (1923-1991) prénommé James, Charles, César, le cadet Willy, Maurice et Yves (1929-2015), enfin le benjamin né en 1933 Serge, Louis et Robert. Si les 3 frères avaient un emploi au cirque Pinder, on les voyait bien dans les années 50-60 caracoler sur leurs chevaux lors de la parade avec les chars et les animaux, mais ce n'était avec des fonctions de responsables tant au niveau de la gestion ou de la composition des spectacles et des tournées.

Les frères Spiessert, les fils de M. Charles

Si James, était après l’élimination de Roger Spessardy par M. Charles parait-il, son successeur désigné - il avait suivi des études dans ce sens - dans la réalité il en fut tout autre. Il ne put jamais mettre ses idées en pratique tant son père se sentait investi et patron à 100% de son cirque. Il travailla bien comme M. Loyal, présentant avec l’aide de Sacha Houcke Sénior la cavalerie Pinder, puis vers la fin des années 60 il fut chargé de la permanence administrative en l’absence de son père. Mais avec le sentiment d’une totale incompréhension de la part du paternel, au fond de lui-même ce n’était la piste qui intéressait l'aîné des Spiessert mais l’écran, il souhaitait travailler dans le cinéma, mais là aussi M. Charles ne fit rien pour l’aider.

Willy de son côté organisait la tournée, déterminait les étapes, négociait avec les municipalités les emplacements et s’occupait des convois. Comme son frère Serge il participa aux numéros de cavalerie à l’époque des 3 pistes, il fit même une tentative avec les fauves. Mais la vocation artistique n’était pas leur fort. Les trois frères Spiessert demeurèrent dans l’entreprise jusqu’à son terme, James en retrait au siège social et Willy et Serge en tournée.

Et si dès la tournée 67 leur portraits apparaissaient avec celui de leurs parents page 3 du programme papier, cela ne voulait nullement indiquer qu’ils étaient associés à la gestion de cirque, car si Charles Spiessert fut un grand directeur de cirque, son management très autoritaire et sans partage ont fait que dans la réalité il n’a pas su mettre entre les mains de ses fils tous les éléments et toutes les cartes nécessaires pour faire perdurer cette entreprise familiale.

Mais M. Charles voulait-il vraiment transmettre à ses enfants une partie de son pouvoir , comme ont pu le faire d'autres familles circassiennes?

A chacun de se faire son opinion !

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Moira Orfei (1931 2015) la Regina del circo

Publié le 20 Novembre 2015 par cirk75 dans Personnalités

Moira Orfei (1931 2015) la Regina del circo

Née le 21 décembre 1931 à Codroipo et décédée dernièrement le 15 novembre 2015 à Brescia. Ecuyère, trapéziste, acrobate, dompteuse d'éléphants et dresseuse de colombes, Miranda Orfei alias Moira Orfei était la plus célèbre représentante d'une célèbre famille circasienne italienne, dont l'origine remonte à Paolo Orfai, un prêtre Paolo Orfei qui pour les beaux yeux de Fausta Massari jeta sa soutane aux horties. Epouse de l’ancien dompteur et imprésario de cirque Walter Nones, et aisément reconnaissable avec son look kitsch : maquillage appuyé, cheveux noirs corbeau ou turban, Moira Orfei dont le nom de scène lui a été suggéré par Dino de Laurentis, était considérée comme la Reine du cirque italien. Parallèlement Moira Orfei a joué dans une quarantaine de films dont "Parfum de Femme" de Dino Risi et dans quelques péplums comme sa sœur Liana.

Pour comprendre ce que représentait pour les circophiles italiens Moira Orfei il suffisait d'assister à un de ses spectacles où elle présentait ses pachydermes aimés puis d’écouter le fracas des applaudissements qui venaient féliciter cette noble gitane. Elle était dans l'imaginaire collectif national une icône, un symbole du cirque italien de haute qualité. Animatrice à la télévision, au franc parler et sans langue de bois, elle fait en 2006 pendant une représentation, un a.v.c. et après une longue convalescence, en décembre 2007 elle peut remonter sur scène pour venir à la fin des spectacles saluer son cher public.

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Franco Dragone, homme de spectacle

Publié le 10 Octobre 2015 par cirk75 dans Personnalités

Franco Dragone, homme de spectacle

Né en 1952 à Cairano près de Naples, Franco Dragone est un concepteur et metteur en scène reconnu mondialement de spectacles total. Formé dès son enfance à la Comedia Dell’Arte, il quitte à l’âge de 6 ans son Italie natale pour suivre ses parents qui émigrent en Belgique en s'installant en décembre 1958 dans la petite ville de La Louvière où son père trouvera un emploi au charbonnage puis dans la sidérurgie.

Franco Dragone s'intéresse à la communication, au théâtre, aux sports et à la musique. Et après des études en langues et en sciences politiques, il s'inscrit au Conservatoire royal de Mons et participe en tant qu'acteur et animateur aux divers mouvements culturels qui secouent l'Europe de l'après mai 68. Il fonde un groupe de musique folk, crée un café-théâtre et adhère au mouvement du théâtre-action qu'il contribue à développer en Belgique et particulièrement à La Louvière.

Franco Dragone, homme de spectacle

Repéré en 1982 par Guy Laliberté (voir blog30/0/2015) qui vient de créer le "Cirque du Soleil", Franco Dragone participe à cette aventure naissante et signe en douze ans dix spectacles: "Cirque du Soleil" (1985), "Le Cirque réinventé" (1987), "La magie continue" (1989), "Nouvelle Expérience" (1990), "Saltimbanco" (1992), "Mystère" (1993), "Alegría" (1994), "Quidam" (1996), "O" (1998) et "La Nouba" (1999).

En parallèle, il prend part à la création du cirque Archaos en France, donnant ainsi ses lettres de noblesse à ce que l’on appelle désormais le "Nouveau Cirque" et qui n’a rien à voir avec la salle de la rue Saint-Honoré à Paris (voir blog08/12/2010).

En 2000, Franco Dragone globe trotter infatigable revient en Belgique à La Louvière où il implante une unité de production pour des événements, dont une des premières créations a été de concevoir la cérémonie d’ouverture du Championnat d'Europe de football se déroulant dans le plat pays.

Début 2001 toujours à La Louvière il fonde avec Louis Parenteau "Franco Dragone Entertainment Group", pour concevoir, produire et monter des spectacles où se côtoyent la danse post moderne, la musique, les arts circassiens et les effets spéciaux. En lançant ainsi propre compagnie, Franco Dragone dont les spectacles ont déjà fasciné plus de 85 millions de personnes à travers le monde, montre qu’il n’est pas qu’un créateur mais aussi un entrepreneur.

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Charles Spiessert (1896-1971), le mythique patron du cirque Pinder

Publié le 24 Juin 2015 par cirk75 dans Personnalités

Charles Spiessert (1896-1971), le mythique patron du cirque Pinder

Charles Spiessert comme son frère cadet Roger (voir blog23/06/2015) provient d’une vieille famille de banquistes hongrois, les Spessardy montreurs d’ours dans la plus pure tradition des saltimbanques puis propriétaires d'une ménagerie ambulante. Après la première guerre mondiale ils modifient leur patronyme et se font désormais appeler Spiessert. Karl, le patriarche, a cinq enfants dont deux fils, Charles le futur directeur du cirque Pinder et Roger le futur dompteur. Si ce dernier voyant le cinématographe se développer, sillonne la France avec son cinéma voyageur, Charles, spécialisé comme son père dans les ours et tigres crée le "Cirque-ménagerie-Spessardy", mais comme les affaires de Roger se révèlent peu florissantes ce dernier rejoint son frère Charles et tous deux développent le cirque ménagerie. Mais suite aux départs des autres associés, Charles abandonne le spectacle et crée un garage, tandis que Roger rachète des avions et se lance dans les spectacles aériens forts prisés à cette époque. Mais suite à un accident au cours duquel le pilote Alloncle se tue, les deux frères décident de reprendre la route. Et comme la mode est alors à l’américanisme, le cirque Spessardy devint le "New Circus", (voir blog25/04/2013) établissement qui ne tourna qu’une saison car l’année suivante en 1928, Charles Spessiert rachète le Cirque Pinder aux filles et à la veuve d’Albert Pinder.

Charles Spiessert (1896-1971), le mythique patron du cirque Pinder

A la tête de cet établissement Charles s’occupe de l’administration et féru de mécanique commence à doter le cirque d’un parc automobile de grande ampleur. Rappelons que jusque-là les véhicules posédaient des roues à bandage, Charles les remplace par des pneus. Il instaure aussi les vastes caravanes en semi-remorques tractées par les dernières créations de l’industrie automobile. Innovateur aussi au niveau du spectacle, il engage des sportifs ou des chanteurs populaires comme têtes d’affiches. Il est le premier à proposer en vedette un orchestre jazzy : l’ensemble de Fred Adison (voir blog16/11/2010), le Glenn Miller français ou un M. Loyal en vogue avec Roger Lanzac (voir blog25/09/2011) ou Lucien Jeunesse (voir blog05/02/2012). Bref M. Charles comme il se fait appeler innove totalement en proposant pantomimes nautiques (voir blog01/09/2011) ou fééries sur glace (voir blog12/02/2011) obligeant à des prouesses techniques heureusement favorisées par l’intense mécanisation de l’entreprise.

Pendant la seconde guerre mondiale le cirque Pinder est remisé dans la région de Tours.

Charles Spiessert (1896-1971), le mythique patron du cirque Pinder

Et une fois le conflit terminé, les Américains en repartant chez eux laissent sur place des camions n’ayant pratiquement pas roulé, Charles Spessiert toujours dans le but de moderniser son matériel, saute sur l’occasion et en acquiert une bonne partie à un prix défiant toute concurrence. Une fois rééquipé le cirque Pinder considérablement agrandi, et dont la signature va devenir : Le Géant des Cirques reprend la route avec son chapiteau à 4 mâts long de 72 m accueillant comme chez Barnum 3 pistes et des écuries, longues de 100 m hébergeant 12 éléphants et une nombreuse cavalerie. Pinder pour mieux se faire connaître et entretenir sa légende va organiser dans les villes des parades somptueuses avec des chars aux dimensions extraordinaires et aux figures spectaculaires, tel le carrosse de la Reine d’Angleterre. Fin 50 début 60 Charles Spessiert va avoir comme tête d’affiches les chanteurs les plus populaires : Luis Mariano (voir blog15/05/2011), Gloria Lasso ou en vogue Dany Boy et ses Pénitents (voir blog10/12/2010), les comiques les plus tendances comme Roger Nicolas (voir blog29/01/2011). Puis Pinder va à partir de 1960 devenir le Pinder-RTF puis Pinder-ORTF suite à un accord avec l’Office de la Radio et Télévision Française ce qui lui permet d’intituler ses programmes du titre de La Piste aux Etoiles, bénéficiant largement de l’aura médiatique de cette célèbre émission de Gilles Margaritis (voir blog10/02/2011).

Charles Spiessert (1896-1971), le mythique patron du cirque Pinder

En 1970 le contrat avec la radio et la télévision française n’est pas renouvelé et malgré de bons programmes Pinder, comme tous les cirques français est atteint par la désaffection du public pour les arts de la piste. En 1971 Charles Spessiert décède et ce sont ses fils Serge, Willy et Jimmy qui assument le direction, mais les frais ne cessant d’augmenter, ils vendent à Jean Richard le cirque Pinder qui se nomme désormais Pinder-Jean Richard et qui va appartenir au comédien jusqu’en 1981, année où Gilbert Edelstein l’actuel propriétaire prend les commandes de ce cirque plus que centenaire.

Charles Spiessert (1896-1971), le mythique patron du cirque Pinder

En guise de conclusion, la famille Spiessert avait le cirque dans le sang, car outre Charles et Roger, leur sœur Yvette Spiessert a formé avec les frères Damoiseau, Marcel et Eugène Damoiseau le premier étant le mari d’Yvette le célèbre trio Léonard (voir blog19/09/2013) qui de 1928 à 1939 a fait les beaux soirs de la piste du Cirque Pinder.

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Lucien Jeannet (1902-1977), le 3ème Gruss

Publié le 21 Juin 2015 par cirk75 dans Personnalités

Lucien Jeannet (1902-1977), le 3ème Gruss

Lorsque l’on regarde l’histoire de certaines enseignes qui ont marqué le cirque le nom des Gruss brille au firmament des grandes dynasties françaises. Mais rappelons que ce nom fut quelques fois associé aux familles Robba, Carolus voire Ricono...

Plus tard Alexis Gruss Sr. (voir blog19/12/2011) et André Gruss (voir blog23/05/2015) décidèrent en 1943 de créer leur propre établissement, le "Cirque Gruss-Jeannet"" ayant à cette époque pour signature l’Arène des Temps modernes. Si Alexis Sr. et son frère André sont bien connus moins l’est Lucien Jeannet, le 3ème associé, par ailleurs éleveur et dresseur de chiens, mais aussi chanteur comique ou crooner et homme d’affaires avisé. Aussi revenons aujourd’hui sur son parcours original.

Lucien Jeannet (1902-1977), le 3ème Gruss

Lucien Jeannet est un enfant de la balle, issu d’une famille de dompteurs. Son père Fritz est montreur d’ours à la "Ménagerie Franco-Suisse", un grand établissement circassien, notamment reconnu pour le domptage et c’est là que très jeune il va attraper le virus du cirque et du spectacle. Il arrête l’école à 12 ans, mais au contact de Rosalie sa mère, il apprend à gérer son argent. Parallèlement, il s’initie au dressage des animaux domestiques: chiens, oiseaux, poneys et va proposer rapidement deux numéros. Un de chiens savants, sous le nom de Jhanny et un autre Ny-Kley le chanteur de charme, ce qui lui permet de toucher lorsqu’il se produit un cachet double. Parallèlement à sa carrière artistique, Lucien Jeannet pratique le négoce d’antiquités, de ferraille, de chevaux et il élève des Danois ou Dogues Allemands, chiens très recherchés à cette époque.

En 1923, il a 21 ans, il fait la connaissance des enfants de Maria et Charles Gruss. Alexis Sr. a 13 ans et c’est déjà un grand connaisseur de chevaux. André lui a 4 ans et montre déjà des dispositions pour faire rire. Mais malgré la différence d’âge, Alexis et Lucien s’apprécient mutuellement et le second devient un peu le grand frère du premier. A la même époque Lucien Jeannet tombe amoureux d’Eliane Dabin, une jeune sage-femme des environs de Montbéliard et après moult déboires car pour les parents de la fiancée un saltimbanque n’est pas le gendre idéal, les amoureux en 1931 finissent par se marier.

Lucien Jeannet (1902-1977), le 3ème Gruss

Après moult péripéties en 1943 les 3 amis décident en plein milieu de la 2nde Guerre Mondiale de créer un cirque qui portera le nom de Gruss-Jeannet. Mais en homme d’affaires avisé Lucien a déterminé les rôles de chacun. Tout ce qui touche à l’administratif et au financier sera de son ressort, à Alexis Sr. la création et la composition de la partie artistique quant à André qui a 23 ans il aura la charge de tout ce qui se rapporte à l'organisation technique et au parc automobile. De plus Lucien est dresseur, chanteur et M. Loyal ; André auguste, musicien, écuyer et voltigeur ; Alexis Sr. dresseur de chevaux, écuyer voltigeur et clown, ils se complètent à la perfection. Enfin pour la première tournée, en homme prudent, Lucien Jeannet décide de partir sans Eliane son épouse, qui continue d'exercer sa profession de sage-femme car on ne sait jamais, les recettes peuvent être mauvaises. Mais les spectateurs sont au rendez-vous, il faut dire que les occasions de se distraire et rire sont rares à cette époque. Pendant 6 ans avec des périodes plus fastes mais aussi des galères ce cirque se construit une notoriété et une réputation de spectacles de qualité.

Lucien Jeannet (1902-1977), le 3ème Gruss

Mais en 1949 Louis Merlin (voir blog14/02/2012) à la tête de Radio-Luxembourg (futur RTL) passionné de cirque en signant un contrat avec la société Gruss-Jeannet transforme le cirque familial en un des cirques les plus importants de l'après-guerre: le Radio-circus (voir blog16/01/2015). Etablissement qui pendant 8 années va présenter à ses "chers auditeurs" un spectacle en 2 parties distinctes, du cirque traditionnel puis en seconde partie l’enregistrement des jeux radiophoniques de la radio du Grand Duché.

Puis l'aventure continuera avec le Medrano Voyageur, le Cirque-Zoo Jean Richard, le Grand Cirque de France, et le Circorama-Achille Zavatta...avec toujours cette association des Gruss et de Lucien Jeannet.

Malheureusement cette amitié de longue de plusieurs décennies prendra fin en 1977 avec le décès du plus ancien du trio, Lucien Jeannet.

A ce jour, la mémoire de Lucien Jeannet est avec bonheur entretenu par son petit-fils Joël Rehde qui a écrit une merveilleuse biographie de son grand-père et de son époque intitulé : "L'extraordinaire histoire du Cirque Gruss-Jeannet" et que l’on peut consulter sur le site : http://rehde.typepad.fr/cirque-gruss-jeannet/ et que je remercie car il a été une source oh combien importante pour la rédaction de ce bloc-notes sur Lucien Jeannet.

Signalons que Joël Rehde travaille au cirque Arlette Gruss témoignant ainsi que l'amitié Jeannet-Gruss perdure au delà de la génération des Lucien, Alexis Sr. et Lucien.

Lucien Jeannet (1902-1977), le 3ème Gruss
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Christian Hecq, un comédien français venant du cirque

Publié le 10 Juin 2015 par cirk75 dans Personnalités

Christian Hecq, un comédien français venant du cirque

Issu d’une famille belge, Chevalier d'honneur de la Confrérie de la tarte à la bette, spécialité de Nivelles ville où il est né en 1964, père chirurgien et mère enseignante Christian Haecq est depuis le 1er janvier 2013 le 525ème sociétaire du Français et sur la scène de ce théâtre national sa prestation passe rarement inaperçu. Avec sa chevelure à la Yul Brynner, sa diction si caractéristique et sa gestuelle saccadée il s’est fait en peu de temps reconnaître des amateurs de théâtres. Il faut dire que le rôle de Bousin pour lequel en 2011 il reçut le Molière du meilleur comédien pour "Un fil à la patte" de Georges Feydeau, y est pour beaucoup et, son interprétation de son entrée ou de la scène de la descente de l'escalier à l'envers provoque à chaque représentation une cascade de rires.

Christian Hecq, un comédien français venant du cirque

Peu intéressé par les études le jeune Hecq sur les conseils de sa mère passe le concours d’entrée de l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle, l’équivalent du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique à Paris. Pour ce concours, il a choisi de jouer Jean, dans "Mademoiselle Julie" de Strindberg et pour cela il bouge tout le temps. Il faut dire que le mouvement est chez lui une seconde nature et sa signature de comédien.

Depuis sa sortie de l'I.N.S.A.S. , il a joué Molière ou Brecht Il a été aussi de Boliboc, de Philippe Genty et Mary Underwood. A côté de ces rôles, Christian Hecq a tenu sa place au cirque, avec la clownesse belge Carina Bonan. "La piste, c'est formidable pour l'ego, parce qu'on est vu à 360 degrés", dit l'acteur, qui n'imaginait pas une seconde rejoindre le Français. Lui qui enfant avait tendance à s’endormir à la Comédie Française, car à cette époque la vieille dame de la salle Richelieu n’éveillait pas ses rêves de gosses.

Aujourd’hui Christian Hecq a posé ses valises chez Molière et s'est glissé dans la vie de cette troupe. Lui qui aime le mouvement il est gâté car certains jours, il lui arrive de jouer dans 3 pièces différentes : M. Duflot, dans Les Joyeuses Commères de Windsor, de Shakespeare, Lysidas dans La Critique de l'école des femmes, de Molière et Bousin dans Un fil à la patte de Feydeau.

Christian Hecq un acteur possédant un véritable don comique lui permettant, même dans une pièce aussi noire que "Lucrèce Borgia" de Victor Hugo, où il joue Gubetta, son homme à tout faire ou à tout tuer, à faire sourire les spectateurs avec ses grimaces illarantes ou ses trouvailles glaçantes autant que farcesques.

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James Anthony Bailey, l’associé de Barnum (1847-1906)

Publié le 4 Avril 2015 par cirk75 dans Personnalités

James Anthony Bailey, l’associé de Barnum (1847-1906)

De son vrai nom James Anthony McGuiness, James A.Bailey est né le 4 juillet 1847 à Détroit dans le Michigan. Garçon de ferme, et orphelin très jeune à l'âge de 8 ans, il se fait remarquer par Fred Harrison Bailey du "cirque Hachaliah Bailey" qui en fait son fils adoptif, et c'est ainsi qu'il prend comme patronyme James A. Bailey. Bon entrepreneur du monde du cirque il devient dès l'âge de 25 ans, directeur du "cirque Cooper and Bailey".

En 1881 il fait la connaissance d’un certain Barnum (voir blog01/04/2015) avec qui, mais n’oublions pas James L. Hutchinson, ils créent le "P.T. Barnum's Greatest Show On Earth, and The Great London Circus, Sanger's Royal British Menagerie and The Grand International Allied Shows United", plus connu sous le nom de "Barnum & London Circus". Cependant, des mésententes concernant la manière de gérer le cirque apparaissent entre les deux hommes qui vont devoir se séparer.

James Anthony Bailey, l’associé de Barnum (1847-1906)

Et ce n’est qu’en 1888 que Bailey et Barnum renoueront leurs relations commerciales pour former "Barnum & Bailey Greatest Show On Earth". Dans cette association Bailey fut à l’origine de certaines nouveautés techniques comme la scène, l’apparition des trois pistes ainsi que l’équipement en matériel électrique.

A la mort de Barnum en 1891 James A. Bailey prendra la direction de ce célèbre cirque. Et c'est sous sa férule qu'en 1901, le géant américain part faire une tournée en Europe avec une quantité d'animaux rarement vue (500 chevaux, 20 éléphants), ainsi qu’un matériel considérable dont 400 monteurs.

Rappelons que lors de son passage à Tours, l'éléphant Fritz, devenu furieux lors d'une parade, doit être tué en pleine rue le 11 juin 1902. Sa carcasse fut offerte à la ville de Tours (voir blog25/05/2012) où il est exposé dans le musée puis dans les anciennes écuries du musée des Beaux-Arts, après avoir été naturalisé à Nantes.

James Anthony Bailey décédera le 11 avril 1906 à Mount Vernon dans l'État de New York et l’entreprise de spectacle créée par ces deux experts en marketing, sera reprise par les frères Rigling, mais cela est bien entendu une autre histoire.

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