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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Articles avec #personnalites catégorie

Les Cassely, une famille en or qui a tous les talents

Publié le 5 Janvier 2020 par cirk75 dans Personnalités

Les Kaselowsky, ou Cassely sur la piste, sont issus d’une très vieille famille de circassiens issue de Poméranie dont on trouve les premières traces dès le milieu du XIX° siècle. En 1845 on découvre un établissement dirigé par un certain Kaselowsky présentant des singes et des chiens. Au XX° siècle un funambule et écuyer Alois Kaselowsky, qui a eu onze enfants avec son épouse Marianna Franck, crée un Kinder Circus. Dans cette troupe d’enfants on remarque un jeune garçon né à Hambourg en 1962 qui, déguisé en auguste anime avec succès des entrées. C’est René Sr. le futur père de Merrylu et René Jr (voir blogs 24/01/2016 & 27/12/2014).

Au début des années 80 René Caselly Sr. quitte ses frères Jonny et Alois Jr et, se procure ses premiers animaux dont trois éléphants africains, qu’il va présenter ainsi que des chevaux en tournée. En 1987 sur la piste du cirque Busch-Roland  les Gossing originaires d’outre Quiévrain associés à René Cassely Sr. présentent sept numéros. Il faut dire que René Sr. est tombé amoureux de la belle Alexia Gossing de 5 ans sa cadette. Tous les deux une fois mariés, vont dorénavant organiser leur vie et leur carrière en signant des contrats de longues durées en contrepartie desquels, ils doivent chaque année créer de nouveaux numéros. La famille s’agrandit, en 1991 naît Marrylu et cinq ans plus tard en 1996 René Jr.

Dans l’hexagone on pourra applaudir Alexia et René Sr. présenter un carrousel d’éléphants et chevaux, ainsi qu’un "Pas de deux sur cheval" dès 1995 sous le chapiteau du Cirque Christiane Bouglione, maos aussi en 1998 au Festival International du Cirque de Massy puis, en 2013  avec leurs enfants ils décrochent une Piste d’or et le Prix du Président de la République lors de la manifestation massycoise. On les voit aussi à deux reprises, en 2014 et 2016, sur la piste du cirque d’hiver Bouglione et ils seront présents avec leurs pachydermes lors des 22ème et  26ème grande fête lilloise du cirque, ainsi qu’à Domont en 2009 et en 2012.

En 2008 ils obtiennent un clown d’argent 2012 puis un clown d’or 2012 et cerise sur le gâteau lors du XL° Festival International de Monte Carlo, ils seront les seuls artistes à recevoir un trophée celui du Prix du public. Depuis Marrylu a épousé Jossef Richter Jr. avec qui elle un reçu en 2018 un second clown d’or. René Jr. de son côté obtient à Monte-Carlo un Junior d’or en 2016.

Depuis quelques temps, ce dernier sans délaisser les pistes est aussi devenu une vedette de la télévision allemande (voir blog30/05/2018) en remportant par deux fois en 2018 et 2019 le jeu "Ninja Warrior Germany".  Ce qui lui a valu d'être invité le 31 décembre dernier par la télévision japonaise pour défier les champions nippons lors de l'émission "Sasuke Nija Warrior". Et même s’il échoue à grimper à la force des bras une tour infernale ultime épreuve, René Jr. a néanmoins battu ses rivaux japonais.

Depuis  le 2 janvier 2020 il a repris avec ses éléphants ses représentations au Weihnachtscircus d'Offenbourg.  En son absence son père René Sr. l'a remplacé notamment pour le numéro de basket avec les éléphants. Ce qui lui a permis de devenir à plus de 57 ans l'acrobate le plus âgé à réussir cet exploit : être propulsé dans les airs l’aide d’une bascule grâce à la patte d’un éléphant.

Incroyable cette famille, impossible n'est pas Casselly...

Pour les curieuses et curieux voici la totalité de l’émission nippone, publicités incluses, pour voir la performance de René Casselly Jr. (numéro 23) invité à concourir le 31 décembre 2019.

Il défiera en final le concurrent japonais (numéro 27).

Pour ceux qui souhaiteraient voir en priorité sa montée de la tour, il faut se positionner à 4h 45mn 20s.

 

 

Et pour celles et ceux qui veulent s’entraîner pour participer à de telles épreuves, René Jr. vous livre quelques aspects de son entrainement, alors bon courage.

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La piste anglaise en deuil : la merveilleuse Nell Gifford vient de décéder d’un cancer

Publié le 11 Décembre 2019 par cirk75 dans Personnalités

C'est une bien triste nouvelle. On a appris dimanche 8 décembre le décès à 46 ans de Nell Gifford, l'inspiratrice du renouveau du cirque britannique et mère de Red et Cecil deux jumeaux âgés de neuf ans. Revenons aujourd'hui sur le parcours de cette étoile de la piste qui n'était pas à l'origine une enfant de la balle.

Nelle Gifford connait une enfance bohème dans le Wiltshire où elle vit avec sa sœur cadette Clover et trois demi-frères et sœur du premier mariage de sa mère Charlotte, son père Rick de son côté est réalisateur à la télévision. Après avoir passé un diplôme d'anglais au New College d'Oxford, elle se sent attirer par le monde de la piste. A 18 ans elle prend une année sabbatique et part à New York, où elle va côtoyer la piste et ses saltimbanques. De retour au Royaume-Uni pour reprendre ses études, elle va travailler dans différents cirques européens dont au "Chinese State Circus" où dans un premier temps elle va vendre des confiseries et des pop-corns. 

Puis en 2000 elle crée avec son ex-mari Toti Gifford un magnifique petit cirque, le "Giffords Circus"qui sillonne chaque année tout au long de l'été,  l'Angleterre et hiverne dans une ferme dans les Cotswolds. Cet établissement propose sous un chapiteau blanc accompagné par un orchestre un joli programme comprenant  acrobates,  jongleurs et (au grand dam des animalistes britanniques) des animaux dont des chevaux présentés par  Nell elle-même. N'oublions pas le tendre Tweedy le clown avec sa houppette rouge. Autrement dit elle propose ce qui se fait de mieux en matière de piste au pays de Philip Astley (voir blog07/06/2015).

D’un tempérament optimiste et énergique malgré un cancer du sein qu’on lui avait diagnostiqué il y a cinq ans, Nell continue à préparer sa production 2020, d’autant plus que ce spectacle doit célébrer par un spectacle féérique les 20 ans du "Giffords Circus".  Aussi pour le concevoir il y a à peine trois semaines, accompagnée de ses enfants Red et Cecil, elle vient en  France pour dégoter les chevaux du 20ème anniversaire. Spectacle qu'elle ne verra malheureusement jamais car comme on l'a indiqué elle est décédée le 8 décembre dernier.

Que va devenir le "Giffords Circus" maintenant que sa muse n'est plus là?

Espérons que son cirque lui survivra.

L'avenir nous dira si quelqu'un a les épaules assez solides pour le porter désormais...

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Sampion Bouglione (1938-2019) un véritable enfant de la balle

Publié le 16 Mai 2019 par cirk75 dans Personnalités

Troisième du nom, Sampion Bouglione surnommé l’avocat, codirecteur avec son frère Emilien (voir blog01/04/2019) du cirque d’Hiver de Paris mais véritable patron de la piste parisienne, c’est lui qui tenait la boutique comme il aimait dire, est décédé mardi 14 mai 2019, à l’âge de 82 ans. Franc, direct, économe de ces mots, un coup d’œil sûr, donnant son avis sans ambages mais non sans glisser au passage une pointe d’humour parfois très virile, Sampion III était le cinquième des sept enfants de Rosa (voir blog21/12/2010) et Joseph Bouglione (voir 29/11/2014).

Né en 1938, véritable enfant de la balle, il avait tout appris dans les caravanes rouges des Bouglione ou sur la piste de la rue Amelot à Paris. Il avait débuté sa carrière à 12 ans avec des chevaux, à l’âge où d’autres usent leurs fonds de culotte sur les bancs de l’école. Passionné par les pachydermes, il s’était fait une spécialité dans la présentation d’un troupeau d’éléphants sur la piste familial. Bel homme à la petite moustache à la Clark Gable, toujours tiré à quatre épingles, l’élégance même, il officia même un temps en tant que M. Loyal, avant de laisser la place à un nommé Sergio.

 

Dans un long communiqué, le cirque Bouglione lui rend hommage : "Papouk en imposait. Et adorait ça. Ce surnom affectueux aux consonances slaves ne résonnera plus dans l'enceinte du Cirque d'hiver où il vivait avec sa femme Anna dans un appartement niché au-dessus de la piste." Le couple a eu deux enfants : Francesco et Sandrine. Il a aimé les éléphants et les chevaux dès son plus jeune âge. S'il était parfois un peu complexé d'avoir quitté l'école très tôt, il s'est enrichi aux côtés des artistes de la piste aux étoiles.

"On ne la lui faisait pas, à Sampion Bouglione, écrivent ses proches dans leur communiqué. Sous des dehors bourrus, il était la tendresse et la générosité même. Toujours le mot pour rire, la blague virile. Pour tester son auditoire... Quand on lui disait qu'il avait appris à la dure avec Joseph, son père, d'une intransigeance sans égale, il préférait parler de "respect" même si, derrière ses lunettes fumées, les larmes au bord des yeux laissaient deviner un manque de reconnaissance, peut-être. Mais en ce temps-là, l'amour père-fils ne se formulait pas..."

Sampion Bouglione (1938-2019) un véritable enfant de la balle
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Gia Eradze, le tsar du cirque russe

Publié le 27 Janvier 2019 par cirk75 dans Personnalités

Né en 1979 à Tbilissi, en Géorgie, un père chef d'entreprise et une mère, enseignante. Gia Eradze n’est pas un enfant de la balle mais lorsqu'il était enfant est tombé dans la marmite. Il s'inscrit contre la volonté de ses parents dans une école de cirque, qui l’envoient plutôt apprendre la dentisterie. Et tout en poursuivant ses études dentaires, il devient à 11 ans, assistant dans une troupe équestre les "djiguites de Géorgie". En 2009, a 20 ans, il présente un numéro de félins nommé "Le monde sauvage de la jungle" comprenant pas moins de neuf tigres et trois lionnes. Sa notoriété ne cessant de s’amplifier, il rejoint alors Rosgoscirk, la plus grande compagnie de cirque en Russie pour laquelle il travaille.

Producteur à succès il propose actuellement 3 spectacles ("Royal Circus", "Baronets" et "Hippopotamus") qui tournent dans toute la Russie.  En 2015, il reçoit pour son spectacle "Royal Circus", le  Master, sorte d’Oscar russe pour les arts de la piste. Sa réputation franchit rapidement les frontières, et en  2019 il est invité au Festival International du cirque de Monte Carlo où son spectacle repart avec le très convoité Clown d’Or. Au cours de ce 43ème Festival il propose notamment un hommage à Fabergé, un grand ballet comprenant vingt-quatre danseurs et danseuses, et treize chevaux montés par des cavalières émérites.

Réalisateur, producteur du spectacle, dresseur d'animaux, chorégraphe, costumier, Gia Eradze a su créer un style qui lui est propre, alliant une débauche de luxe mâtiné à une grande modernité. Pour cela il a réuni dans ses programmes dignes de la grande époque de Brodway, toute sorte d’animaux, (on parle de 130 animaux à l’entretien fort coûteux), des artistes (acrobates, cavaliers, dompteurs, aériens, équilibristes…) portant de somptueux costumes créés par Natalia Bukhanova. Bref un monde irréel que seul le cirque russe peut à ce jour se permettre et où chorégraphie et danse jouent le premier rôle et pour des paroductions que n'auraient pas régné les stars de toutes les  Russies.

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Théophile Gautier (1811-1870) un connaisseur en arts de la piste

Publié le 28 Décembre 2018 par cirk75 dans Personnalités

Si de nos jours les journalistes connaissant les étoiles de la piste se font rares, il n'en était pas de même aux siècles précédents. Témoin l’auteur du légendaire "Capitaine Fracasse" qui pendant de longues années a écrit pour "La Presse" le quotidien d'Émile de Girardin, pour lequel il était critique d'art et de spectacles et comme on le verra très au fait du genre.

Cette tâche de chroniqueur va l'occuper toute sa vie et les articles rédigés par Théophile Gautier, qu’on évalue à plus de deux mille, utilisent une langue nette, souple, impeccable et brillante. Notre poète chroniqueur réinvente l'écriture de critique d'art, qui ne vise pas seulement au jugement, à l'analyse, mais aussi à recréer la justesse du sentiment esthétique. Gautier cherche à rendre, au moyen de mots, la sensation visuelle, musicale produite par la perception directe du spectacle.

Dans "Histoire dramatique en France depuis 25 ans", publié en 1858 en Belgique chez Hetzel comprenant 6 volumes, sont imprimées toutes ses chroniques écrites entre juillet 1837 et avril 1852 et c'est passionnant, aussi voyons quelques exemples.

Dans le volume 3 on peut notamment lire un portrait fort bien rédigé sur Andrew Ducrow (1793-1842), le créateur de la Poste à Cheval, artiste qui marqua à jamais de son empreinte l’acrobatie équestre.

Mais laissons Théophile Gautier nous le décrire. 

"Le petit Ducrow est déjà un écuyer plein de feu, de hardiesse et de sang-froid. Il a une charmante figure blonde, et cependant d’une audace et d’une énergie singulière ; sous cette délicatesse féminine, on sent une résolution virile : comme il est maître sur son cheval ! Comme il est à l’aise sur cette croupe ondoyante, plancher mouvant sur lequel il exécute ; avec un art de mime vraiment remarquable, toutes les phases de la vie d’un matelot."

Dans une autre article, reproduit cette fois ci dans le volume 4 il évoque le célèbre Laurent Franconi (voir blog08/06/2015).

"N’oublions pas un curieux duo équestre formé de Laurent Franconi, ce centaure presque octogénaire, qui n’a pas cinquante ans lorsqu’il est en selle. L’Habille écuyer, monté sur un cheval, en a devant lui un autre tenu par deux longues guides, et qui répète exactement ce que fait le premier : voltes, changements de pieds, cadences etc…, difficulté d’autant plus grande que, par une restriction faite en faveur du cirque, tout ce travail doit s’exécuter à grande allure.

Le reste du spectacle a été rempli par des courses d’amazones, des sauts de barrières de quatre pieds de haut et une course au triple galop par douze chevaux et trois cavaliers, dont chacun conduisait trois bêtes en se tenant sur la croupe des deux dernières : ce brillant et périlleux exercice a terminé la séance à la satisfaction générale."

Comme on peut le voir ce poète et romancier était comme bon nombre de ces contemporains un circophile averti mais aussi un témoin d'un cirque et une époque révolus.

Une mine d'or ces chroniques de Théophile Gautier pour celles et ceux qui veulent mieux s"imprégner et connaitre l'art dans le milieu du XIX° siècle. 

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Julie Gayet une ancienne de l’Ecole d’Annie Fratellini

Publié le 25 Décembre 2018 par cirk75 dans Personnalités, Cinéma

L’actrice productrice Julie Gayet, relate dans Le Monde Magazine, elle avait alors 21 ans, ses années passées à l’Ecole du Cirque d’Annie Fratellini (voir blog10/06/2014).

Pour jouer le rôle d’Hannah, une jeune funambule venue de Pologne, dans le film "A la belle Etoile" -mis en scène par Antoine Desrosières relatant les premiers émois amoureux d'un jeune homme de dix-sept ans-  elle doit prendre des cours pour apprendre à marcher sur un fil, mais laissons-lui raconter son expérience circassienne.

"Après le chant lyrique, des stages à Londres pour apprendre les techniques de l’Actors Studio,  j’étais revenue à Paris en fac d’histoire de l’art. Puis un jour j’ai décroché un rôle …. de funambule (dans un film)… et je me suis retrouvée à m’inscrire … chez Annie Fratellini pour prendre des cours de funambulisme sur fil de fer. Un univers dont je suis tombée amoureuse et où j’ai fini par rester un an et demi."

"J’adorais l’esprit de troupe, mélanger les disciplines, ne jamais juger les autres, expérimenter autant qu’on voulait, monter le chapiteau, aller vendre des crêpes à l’entracte… Outre le fil de fer je faisais de la voltige sur les chevaux, j’ai beaucoup appris grâce aux clowns,  en revanche j’étais moins à l’aise en acrobaties à cause de ma grande taille. C’était dur. Neuf heures par jour où il fallait répéter encore et encore les mêmes gestes jusqu'à les maîtriser et s’assouplir.  Des courbatures terribles. Jusqu'au jour où une contorsionniste m’a refilé un tuyau : verser un tube d’aspirine effervescente dans l’eau chaude du bain pour parvenir à se détendre.  J’étais circonspecte, mais j’en suis sortie délassée, légère…"

Et depuis Julie Gayet a toujours avec elle un tube d'aspirine, non pour combattre des céphalés mais comme une astuce technique qui décoince et qui aide à tenir physiquement.

Étonnant non !

Connaissiez-vous cet usage de l'aspirine?

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Gérard Vicaire (1927-2018) le costumier du cirque

Publié le 21 Novembre 2018 par cirk75 dans Personnalités

Talentueux costumier, Gérard Vicaire est décédé le 12 novembre dernier à l'âge de 91 ans. Il avait dirigé pendant plus de 60 ans la maison Vicaire, fondée par ses parents et spécialisée dans les costumes et décors de spectacles. Cette maison créée en 1927 était spécialisée  dans les costume de scène pour les plus grands cabarets du monde. Ses créations allaient du rideau de scène, aux costumes pour des revues  en passant par les robes de spectacles.

Gérard Vicaire, le fils de Simone et Charles, qui avait repris en 1932 l’affaire familiale est considéré comme le plus grand costumier de cirque. Jusqu’en 1992, date de la fermeture de la maison de couture (qui sera reprise 10 ans plus tard par Corine Valentin) G"arad Vicaire réalisera plus de 400 costumes qui seront sur les épaules des plus grands clowns du monde.

Un Vicaire était plus qu’un costume de piste, c’était une œuvre d’art, une pièce de musée constituée de 100 000 à 150 000 paillettes toutes posées à la main selon une technique dite "Lunéville" consistant à saisir un fil (sur lequel sont enfilées des paillettes ou des perles),le tordre et le passer dans l’étoffe, pour former une maille ou un point de chaînette grâce à un petit crochet donnant un point plus régulier.

Et un clown renommé ne pouvait porter qu’un sac Vicaire (voir blog20/12/2013) sur une piste.

Avec le décès de Gérard Vicaire c'est tout un pan de l'histoire de la piste du XX° siècle qui disparaît avec lui .​​​​

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Albert Rancy (1896-1982) un bachelier écuyer

Publié le 17 Juin 2018 par cirk75 dans Personnalités

Fils ainé d’Alphonse et de Jeanne Bidel (voirblog03/06/18), Albert Rancy fait à 6 ans ses premiers pas à  Lyon sur la piste familiale en qualité de figurant dans une pantomime de son père. Puis il suivra de brillantes études au Lycée Lakanal à Sceau et sera, un des premiers circassiens bacheliers. En parallèle il apprendra l’équitation et la voltige ce qui lui permettra  d’être associé à son frère cadet André dans quelques numéros équestres. Comme la plupart des jeunes de son époque, il sera engagé dans le conflit 14-18 et, en 1916 sérieusement blessé, il sera soigné à Lyon à l’Hôtel-Dieu où il fera la connaissance d’un certain M. Lumière.Et c’est ainsi qu’entre les deux guerres mondiales Albert Rancy tournera des films avec les frères Lumières.

Marié en première noce à Nelly Decourt, il fonde grâce à l’appui  financier de ses parents en 1920, un cirque portant son nom et, avec lequel il visite les villes et villages où le cirque paternel ne peut, faute de place  s'installer. Devant le succès, le "Cirque Albert Rancy" s'étoffe en octobre 1923, réalise avec succès une tournée en Afrique du Nord.  Albert Rancy renouvellera l'expérience l'année suivante, mais cette fois, de graves difficultés logistiques et économiques, l'obligent à rentrer en France plus vite que prévu. Il rejoint l'établissement paternel pour faire équipe avec son frère André et ce, jusqu'à la mort de leur père en 1932. Puis il occupera la fonction d’avant-courrier chez les Frères Amar avant de quitter en 1940 momentanément le monde du cirque pour celui du cinéma, retrouvant ainsi une activité qu'il avait déjà pratiquée au temps du "muet".

 En 1943, Albert revint à la piste, présentant notamment au Vel d'Hiv, la "Grande Parade du Cirque", adoptant le système des trois spectacles simultanés, sur trois pistes. Puis, il fondera au Grand Palais en juin 1943, le "Nouveau Cirque des Champs-Elysées" dont le secrétaire général est Henri Thétard (voir blog16/03/18). Mais, Albert Rancy doit quitter ce lieu sur ordre supérieur, pour être remplacé par son ex beau-frère Jean Houcke. Puis il va monter un très éphémère cirque aux Arènes de Lutèce dont le début eût lieu le...13 août 1944 (voir blog28/03/18)! Après quelques représentations au Jardin d'Acclimatation en mai et juin 1945, Albert Rancy lancera en avril 1946 à Nantes un joli chapiteau à quatre mâts au carré de couleur verte et blanche, qui est officiellement inauguré au mois de mai à Paris, avant de regagner la Bretagne. Mais suite à de mauvaises affaires et à la contrecarre des Frères Amar avec qui il est en froid, il sera contraint d'arrêter définitivement. 

Albert Rancy (1896-1982) un bachelier écuyer
Albert Rancy (1896-1982) un bachelier écuyer
Albert Rancy (1896-1982) un bachelier écuyer
Albert Rancy (1896-1982) un bachelier écuyer

Albert Rancy avec sa seconde épouse Denise Pinel, dite Mismoune, présentera alors  un très plaisant et joyeux numéro de caniches sauteurs, comédiens et musiciens, avec lequel ils feront le tour du monde. 

En 1979 Claude Renotte ancien maître de ballet propose alors à Albert Rancy de relancer sur les routes de France un cirque portant son nom. Les 3 premières années se font avec du matériel du cirque James Carrington. En 1982 Albert Rancy et Claude Renotte souhaitant être indépendant, le cirque Albert Rancy repart avec son propre matériel, mais malheureusement le 16 décembre 1982, le fils aîné d’Alphonse Rancy décède, ce qui va porter un coup fatal au dernier cirque signé Albert Rancy, qui fera une ultime tournée en 1984.

 

Par ailleurs Albert Rancy a aussi écrit un livre "Un lion parmi les lions" où il relate avec de nombreux details l’histoire de son grand père le dompteur François Bidel (voir blog01/04/18) et ses déboires circassiens pendant l'occupation.

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Henri Rancy (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine

Publié le 10 Juin 2018 par cirk75 dans Personnalités

Né à Lyon, Pierre Henry Rancy, fils de Napoléon et Olive Rancy (voir blog27/05/18), est reconnu pour sa pratique dans le dressage des chevaux avec lesquels était capable de présenter 4 numéros différents. Il se marie le 16 janvier 1924 avec Tilly Price la reine du diabolo et, de cette édile naîtra en 1932 une fille Sabine (voir blog17/12/15), future épouse de Dany Renz (voir blog17/06/12) mais cela est une autre histoire.

Le 6 mars 1932, suite au décès accidentel de son père, il devient à son corps défendant, pour aider sa mère et pour assurer la tournée annuelle, directeur du cirque paternel. Puis après cette tournée avec sa femme Tilly il en assure encore 4 ans la direction. Comme son père, Henri Rancy s’intéresse au cinéma et se rendant compte qu’un conflit mondial allait bientôt arriver, il vend le cirque ainsi que les animaux, pour s’installer à Dunkerque place Jean Bart, où il va fonder un cinéma "Le Royal", qui sera détruit lors d’un bombardement en 1940. Puis après un passage à Marseille, il ouvre un restaurant "Chez Francotte" situé place des Célestin à Lyon. Accusé d’être juif, Henri Rancy est arrêté par la Gestapo puis emprisonné au Fort Montluc. Libéré grâce à l’entregent de sa femme mais toujours passionné par la piste, en 1946 après la seconde guerre mondiale, il reprend définitivement la route et fait construire une semi-construction tubulaire qui peut accueillir 3 500 spectateurs. Cette structure démontable d’une hauteur de 15 mètres était composée d’un toit pointu en toile, reposant sur huit colonnes soutenant une armature de 42 mètres de diamètre. Le pourtour étant fait de grands panneaux en bois, permettait une visibilité et un confort exceptionnels, ce qui n’était pas le cas à cette époque dans tous les chapiteaux. Enfin à l’opposé de la plupart des cirques à cette époque, les loges de cette semi-construction étaient situées dans les trois rangs les plus élevés. Ce type de constructions qui demeurait plus longtemps en place qu’un chapiteau, étaient lourds et volumineux et nécessitait une semaine de montage et autant pour le démontage. Ces délais incompressibles obligèrent Henry Rancy homme d’affaires avisé, d’installer son cirque Napoléon Rancy, dans les grandes villes et avec des numéros exceptionnels afin de rester dans ces cités toute la durée des foires qui attiraient à cette époque des foules considérables. Voyageant par le train, le cirque chaque année commençait sa tournée par Lyon la ville des Rancy,  puis allait visiter Dijon, Nancy, Strasbourg, Metz, Tourcoing et Le Havre. Henri Rancy fit jouer aussi ses spectacles dans les cirques en dur d’Amiens (voir blog09/05/11) et de Rouen (voir blog03/1017) à l’occasion des foires locales comme celle de la Saint Romain.

En 1956, avec une production nommée "Les Rois de la Piste", le cirque fête le siècle de la famille Rancy dans le monde de la piste, on peut applaudir notamment Rolf (voir blog27/11/10) et Léonard (voir blog19/09/13), Dany Renz, Sabine Rancy, Vasserot et ses poneys du Shetland, les éléphants du cirque Benneweiss, les suspensions audacieuses des Idalys…

Etre engagé chez Rancy signifiait à cause du nombre limité de villes avoir du temps de libre et des gains moins importants. Mais quand un artiste venait chez Rancy c’était moins pour l’argent que pour la qualité de vie proposé. Natif de Lyon Henri Rancy était un épicurien gastronome et toujours à l’écoute de son personnel. Ainsi l’établissement, chose rare à cette époque, possédait son propre restaurant dont les fourneaux étaient tenus par la sœur de Tilly Rancy, Dolly qui régalait tout le monde en cuisinant merveilleusement.  Bref il faisait bon vivre et on faisait bonne chair chez Rancy.

Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine

En 1959 la semi-construction est détruite suite à une tempête, mais le cirque renaît sous la forme d‘un chapiteau qui sera en 1963 rebaptisé Sabine Rancy, époque où la fille d’Henri et Tilly Rancy, et son époux Dany Renz, reprendront les commandes du cirque familial.

Homme discret et Président du syndicat des directeurs de cirque, décoré en 1954 de la Légion d’Honneur, Henri Rancy s’éteint six mois après son gendre Dany Renz en 1972 après une dernière production rouennaise. Sa femme Tilly décède en octobre 1997 et Dolly la cuisinière un an avant sa sœur en 1976. Sabine se retrouve désormais seule à la tête de l’entreprise Rancy et elle en sera malheureusement la dernière représentante.

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Alphonse Rancy (1861-1932)

Publié le 3 Juin 2018 par cirk75 dans Personnalités

Fils aîné de Théodore Rancy, et d'Olive Loyal, eux descendants de deux célèbres dynasties de la piste, Alphonse était un véritable enfant de la balle, un écuyer et un dresseur de premier plan. A la mort de son père en 1892 il se retrouve avec son frère Napoléon (voir blog27/05/18) et sa mère à la tête d’un véritable empire de cirque en dur (Genève, Lyon, Rouen), ce qui n’empêche pas d’en commander un autre pour Amiens (voir 09/05/11) à un jeune architecte passionné de construction métallique nommé Gustave Eiffel. Dans un premier temps il s’occupa de l’administration et de la direction laissant à Napoléon haute main sur le matériel et les chapiteaux. Mais cette codirection ne dura que 3 ans et en 1900 Alphonse et Napoléon Rancy se séparent pour créer chacun leur propre établissement, le premier le Cirque Rancy sans prénom et le second le Cirque Napoléon Rancy.   

En 1889 il épousa Jeanne Bidel, la fille du directeur de la célèbre ménagerie du même nom  (voir blog01/04/17), avec qui il eût deux fils, André et Albert, et une fille, Marcelle, qui épousera Jean Houcke, (voir blog11/10/15).  En plus de ses qualités de directeur de cirque Alphonse Rancy fut aussi un excellent musicien, compositeur de musique (Les petites pièces romantiques) et metteur en scène de pantomimes, dont "César Cascabel" d’après Jules Verne, dans laquelle figurait un jeune clown tout de noir et blanc vêtu qui, plus tard formera avec un comparse le duo "Foottit & Chocolat" (voir blog12/02/12) .

Pour sa publicité Alphonse Rancy en hommage au célèbre roman de Paul Féval "Le Bossu", adopta  la formule de Lagardère en la détournant : "Si tu ne viens pas à Rancy… Rancy ira à toi !" Le cirque Rancy sans prénom, chapiteau à deux mats pouvant accueillir 6 000 spectateurs, proposa pendant 40 ans des programmes prestigieux avec une partie équestre très fournie et un ensemble de félins, suite à son alliance avec Bidel, de grande qualité.

En plus de ces activités Alphonse Rancy, s’impliqua fortement dans la vie associative en faveur des gens du cirque. Il présida notamment "La Piste ", société de secours mutuel venant en aide aux artistes ayant connu des revers de fortune.

Comme son frère Napoléon décédé d’un accident à bord d’un taxi en mars 1932, Alphonse   déjà malade depuis quelque temps trépassa en octobre de la même année. Il laissa le souvenir d’un brillant directeur de cirque qui avait su donner une allure irréprochable à ces spectacles tout en maintenant les traditions hérités de ses aïeux. Son établissement Rancy sans prénom, continua a tourner jusqu’en 1949, dirigé par sa veuve et ses enfants.

Alphonse Rancy (1861-1932)
Alphonse Rancy (1861-1932)
Alphonse Rancy (1861-1932)
Alphonse Rancy (1861-1932)
Alphonse Rancy (1861-1932)
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