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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Articles avec #art catégorie

Numéro de clowns avec échasses (190?)

Publié le 24 Novembre 2018 par cirk75 dans Art

Au centre de la piste, dans une souquenille ocre, un jovial clown blanc un peu interdit, son cône blanc tombé au sol, se retrouve au sol les échasses encore aux pieds. Il s’agit de François Fratellini à ses débuts, représenté avec des échasses probablement lors d’un numéro joué au Cirque Medrano. Ce clown vient de perdre l'équilibre et paraît un peu emprunté. Un habit bleu, (est-ce M. Loyal ou le Maître de manège ?) se penche en avant pour l’aider à se relever et à reprendre possession de ses béquilles landaise. Au même moment, un Auguste enjambe la banquette pour lui porter secours. Derrière ce personnage comique, des taches colorées représentent les spectateurs à peine ébauchés. Enfin en haut à gauche, l’entrée des artistes où se tiennent d'autres habits bleus. 

Toute l'œuvre est enveloppée dans une tonalité ocre, couleur de la piste et seuls les habits bleus et quelques chapeaux donnent une touche d'un autre ton a cette splendide peinture. Bref nous sommes au cirque et nous assistons à une entrée clownesque. Et peut importe si la chute a été volontaire ou occasionnelle, car le peintre a si bien rendu ce moment que notre œil est naturellement attiré par l'habit bleu et plus particulièrement par le liserai doré de son pantalon. 

Cette huile sur toile contrecollée sur panneau, (32,5 x 54,8 cm) signée en bas à droite, a été composée par le peintre lithographe Benjamin Baptiste dit Joseph Faverot (1862-1915), un artiste précoce qui à vingt ans exerçait déjà ses talents d’illustrateur au "Courrier Français". Peintre figuratif et animalier, très amateur des arts de la piste, il réalisa de nombreux tableaux sur bois ou sur toile, avec un gout fort prononcé pour les clowns, les acrobates et les saltimbanques. C'est ainsi qu'il a, à de nombreuses reprises, reproduit les artistes du Cirque Medrano.

On lui doit aussi une toile fort célèbre, car chère au cœur des nostalgiques de ce cirque, peinte en 1906 représentant le clown Geronimo Medrano intitulée "Le Clown Boum Boum" . Cette grande toile a longtemps ornée le contrôle de cet établissement de Montmartre. Un emplacement logique puisqu'elle représentent le fondateur du cirque le célèbre clown Medrano (voir blog18/10/2011) .

Joseph B. B. Faverot, un peintre aujourd’hui bien oublié, a laissé une abondante œuvre qui témoigne de la richesse des programmes circassiens au tournant des XIX° et XX° siècles et, cet artiste mériterait un tout de même un meilleur sort car même Wikipedia ne dit mot sur lui..

Numéro de clowns avec échasses (190?)
Numéro de clowns avec échasses (190?)
Numéro de clowns avec échasses (190?)
Numéro de clowns avec échasses (190?)
Numéro de clowns avec échasses (190?)
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Sur la piste centrale (1922)

Publié le 20 Octobre 2018 par cirk75 dans Art

Dès le premier regard on est frappé par ce camaïeu de rose, suggérant que le cirque est un spectacle situé dans un monde hors de la fureur et du bruit, autrement dit dans un univers de douceur et de délicatesse, proche de l'imaginaire des enfants.

Cette petite huile sur toile (22x26) montre l’intérieur de la toile d’un cirque américain où les spectateurs, sorte de points colorés, semblent confinés dans des loges éloignées. Sur la piste centrale d’un rose cliquant deux écuyères elles aussi tout de rose vêtues -une debout sur un cheval, l’autre assise en amazone sur un autre équidé gris- travaillent sous les directives d’un Maître de piste endimanché, sa chambriere à la main dirigeant ce ballet équestre. D’autres artistes, en haut à droite un clown blanc, à gauche un groupe de deux écuyers et en bas un homme en frac ainsi que le visage d’un autre blanc complètent la scène peinte par Gifford Beal (1879-1956) un aquarelliste, muraliste américain, marqué par le mouvement impressionniste comme on peut le constater. Avec cette oeuvre le peintre joue aussi sur le contraste des émotions avec le rapprochement des deux figures emblématiques du cirque que sont le clown et l'écuyère. 

Le vieil hippodrome, une autre peinture circassienne par Gifford Beal

Le vieil hippodrome, une autre peinture circassienne par Gifford Beal

Né dans une famille d’artistes, (un frère aîné Reynolds Beal peintre réputé, tout comme sa nièce Marjorie Acker épouse de Duncan Phillips, le fondateur de la collection Phillips), Gifford Beal fut un grand amateur de spectacles sous toutes ses formes. On lui doit de nombreuses œuvres où le cirque, ses chevaux, ses chapiteaux et ses artistes sont présents.  Ses thèmes favoris sont puisés non seulement dans le spectacle  mais aussi dans l'aspect naturel et quotidien de la vie américaine.

Gifford Beal un artiste dont les peintures ne dépareilleraient pas dans une chambre d'enfant. 

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Les Clowns au Cirque (1958)

Publié le 13 Octobre 2018 par cirk75 dans Art

Cette petite huile et gouache originale sur papier, (61 cm x 49 cm) représente une scène classique au cirque. On peut voir sur la piste d'un cirque voyageur, deux augustes entourés de spectateurs,. Celui de gauche est à cheval une baguette à la main tandis que le second, à la curieuse dégaine, tenant une sorte de bourse dans sa main droite, semble lui donner la réplique.

Cette composition circassienne provient de l’abondant travail de Maurice Brenier Rousseau, un peintre français de l'Ecole de Paris né en 1923. Cette oeuvre très coloré, possede un côté très enfantin, voir naïf, mâtiné de fauvisme.

Les thèmes de prédilection de cet artiste sont les paysages, les portraits, les natures mortes, ainsi que quelques œuvres ayant comme sujet la piste aux étoiles comme on peut le voire.

 

Les Clowns au Cirque (1958)
Les Clowns au Cirque (1958)
Les Clowns au Cirque (1958)

En ce moment sur la toile sont en vente des encres de chine sur papier (36 X 25) œuvres non signés du peintre Maurice Bernier-Rousseau, elles datent des années 50 dont certaines représentent des scènes circassiennes.

Alors avis aux amateurs...

Les Clowns au Cirque (1958)
Les Clowns au Cirque (1958)
Les Clowns au Cirque (1958)
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Annie Fratellini en auguste par Gilbert Brami

Publié le 6 Octobre 2018 par cirk75 dans Art

Cette acrylique sur papier (27x20) nous montre Annie Fratellini (voir blog29/03/15) grimée en auguste nous saluant avec son chapeau melon vert. Cette peinture a été réalisée par un artiste contemporain parisien Gilbert Brami, dont le style se caractérise à la fois par une naïveté proche des dessins d’enfants mais aussi par une débauche de couleurs qui nous éblouit.

Cette oeuvre picturale semble avoir eu comme modèle une photo prise en 1998 par Berthe Judet, mais avec justement des couleurs fort, un clin d’œil à Matisse, qui rendent cette petite peinture si attachante et montre aussi le monde coloré de ce peintre.

Cet artiste qui s'est essayé aussi à la sculpture, à comme thèmes de prédilection le portrait, la danse, la vie de la cité, les relations entre l’homme et la femme…Et cette acrylique, dessinant cette touche-à-tout du spectacle, est un bon exemple du travail de ce peintre. 

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Le Picasso-Circus au Musée d’Orsay, le temps d’un week-end

Publié le 29 Septembre 2018 par cirk75 dans Art, exposition

Pour celles qui aiment les arts de la piste et les beaux arts, et dans le cadre de l’exposition Picasso Bleu et rose, le temps d’une dominicale les samedi 13 et dimanche 14 octobre 2018, le Musée d’Orsay va se transformer de 14h à 22h en cirque. Ainsi tout au long des deux journées, petits et grands pourront s’initier à des numéros de cirque, assister à des démonstrations, rencontrer des artistes, écouter des conférences ou se laisser guider dans l’exposition.

Au cours de ces 2 jours, on pourra seul son humeur et ses envies:

     - Parades dans la nef avec l’Académie Fratellini, à 14h, 16h, 18h,

     - Dans la grande allée, Antonino Mollica et ses musiciens, jongleurs, acrobates et funambules déambuleront et nous feront redécouvrir les chefs-d’œuvre de la collection.

     - Cirque éphémère avec l’Académie Fratellini et la Cie Bal Salle des fêtes, à 15h et 16h30

     - Ciné-concert à 15h  et du film muet de Charlie Chaplin, Le Cirque (voir blog13/0/12) accompagnée au piano par Axel Nouveau, le pianiste du Louxor

     - Atelier Tour de piste avec l’Académie Fratellini à 14h, 15h30, 17h

     - Atelier 50 nuances de bleu et rose, de 14h à 18h

Plusieurs rencontres sont aussi prévues ;

     - Samedi 13 octobre à 15h : Picasso et les Saltimbanques avec Peter Read, historien d’art et Professeur à l’Université de Canterbury,

     - Samedi 13 octobre à 17h : Il était une fois le Cirque avec Pascal Jacob, historien du cirque,

     - dimanche 14 octobre à 17h : Rencontre avec les commissaires de l’exposition Picasso Bleu et Rose,

    - Visite Des Saltimbanques à la mort d’Arlequin, samedi et dimanche à 14h30 (Inscriptions obligatoires au comptoir d’accueil) ;

   -Visite Ballades de Picasso en compagnie des artistes de la butte Montmartre, samedi et dimanche à 15h30 et 17h30 (Inscriptions obligatoires au comptoir d’accueil)

   -Visite Paris est une fête, samedi et dimanche à 16h30 (Inscriptions obligatoires au comptoir d’accueil)

Tout le week-end, les apprentis de l'Académie Fratellini réaliseront des numéros de cirque dans la grande nef, et initieront les petits au jonglage et nous guideront dans l'exposition Picasso.

Et en soirée, dans le cadre grandiose de la nef d’Orsay Elizabeth Streb et Stéphane Ricordel, deux artistes ayant repoussé les limites physiques du cirque en défiant la loi de la gravité, proposent des performances spectaculaires.

          "Spectacle Picasso Circus" de Stéphane Ricordel, samedi et dimanche à 19h30. Suspendues par les cheveux, Sanja Kosonen & Elice Abonce Muhonen donnent un spectacle exceptionnel dans les airs. Un incroyable moment à vivre grâce à Stéphane Ricordel, le directeur artistique du week-end qui a convié ces deux femmes !

         "Passages" d’Elizabeth Streb, samedi et dimanche à 21h, « Passages fournit une toile tridimensionnelle, permettant à STREB d’explorer des idées physiques et visuelles, des cadres de référence et des angles de vue ainsi qu’une idée sonore du rythme. Le défi que je me suis imposé, ainsi qu’à ma compagnie d’Action Engineers, est d’explorer comment je peux contourner ce que chacune de ces œuvres pourrait provoquer chez un spectateur, ce que Picasso voyait en réalisant ses peintures. Evoquer et provoquer un sentiment qui se dérobe dans la nuit.», Elizabeth Streb

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Le Clown (1930) au Centre Pompidou

Publié le 23 Juin 2018 par cirk75 dans Art

Cette petite statue (111 x 29x14 cm) aux formes harmonieuses et en bois représente un clown faisant un câlin à un bébé. Nous ne sommes donc pas sur la piste, mais certainement dans la loge de cet artiste où avant d’entrer en piste il a ce moment de tendresse, d'amour avec son enfant. Le clown est absent et le père est ici bien présent.

Peut-être que Jean Lambert-Ruski  (1888-1967) le peintre sculpteur franco polonais auteur de cette statuette avait eu connaissance du fait que François Fratellini faisait de même dans sa loge à Medrano où, toute la famille avait demeure lorsque les Fratellini étaient au programme.

Cette œuvre est la propriété du Centre Pompidou à Paris et fait partie en ce moment d’une exposition intitulée "U.A.M." autrement dit "Union des Artistes Modernes". Ce mouvement  à l’instar du Bauhaus en Allemagne ou du Stijl aux Pays-Bas regroupa, de 1929 à 1958, tous les grands créateurs en Beaux-Arts et en Arts Appliqués, parmi lesquels on dénombrait par exemple des architectes, des maîtres verriers, des décorateurs, des bijoutiers, des photographes, des relieurs, des ferronniers, des affichistes comme Cassandre (voir blog20/09/14),  Paul Colin (voir07/10/14) blog) ou Francis Bernard (voir blog04/02/12), des peintres Fernand Léger (voir blog19/03/11), Albert Gleize (voir blog06/05/17)  ou Jean Metzinger (voir blog04/03/11) ou des sculpteur comme Jean Lambert-Ruski.

Tous ces artistes partageaient l’idéal d’une synthèse des arts capable de répondre aux enjeux politiques et sociaux de leur temps, et aux défis d’imaginer de nouvelles manières d’habiter et de vivre. Le groupe "U.A.M." pour mieux faire passer son message politique organisa 4 expositions (1930, 1931, 1932 et 1933) et c’est au cours de la deuxième que Jean Lambert-Ruski présenta des sculptures en bois dont celle du clown câlineur.

Comme on le sait ce n’est pas la première fois que le cirque fait piste commune avec l’art, nous avons déjà évoqué précédemment (voir blog03/0415) l’influence de l’art déco sur les visuels utilisés à une certaine période par le cirque Bureau (voir blog16/05/11).

Le cirque est souvent un thème pour les peintres et les sculpteurs.

 

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Spectateurs au Cirque (1936)

Publié le 16 Juin 2018 par cirk75 dans Art

Cette fois ce n’est pas le spectacle qui est le thème du tableau du peintre américain John Steuart Curry (1897-1946), mais le regard des spectateurs contemplant avec enthousiasme et appétit la piste aux étoiles. Il faut dire que John Steuart Curry connait bien les arcanes du cirque, car en 1932 il a passé plus de 6 semaines à suivre la tournée du plus grand spectacle du monde autrement dit  celui du Ringling Bros. et Barnum & Bailey Circus. De ce voyage dans le monde circassien il a rapporté de nombreux dessins et des toiles qui ne représentent pas forcément ce que l’on a l’habitude de voir dans ce type de peinture. Dans une par exemple on voit l'harnachement des chameaux avant leur numéro,  dans une autre une  famille allant voir le cirque, dans une troisième le saut que fait le voltigeur en l'air avant d'être rattrapé par son porteur...  

Mais dans celui qui nous intéresse aujourd’hui et qui date de 1936,  John Steuart Curry grand amateur en arts de la piste, pour nous démontrer que le cirque est ensorcelant et captivant  peint les spectateurs dans une attitude où on voit qu’ils sont totalement passionnés par ce qu’ils perçoivent. Et même on discerne à peine en haut à droite l’esquisse d’un artiste debout sur un trapèze.  En revanche le garçonnet debout sur les genoux de son père lui même coiffé d’un canotier,  est bien présent. Le bambin est complètement subjugué voir envoûte par le spectacle qui se déroule ses leurs yeux, tout comme les autres spectateurs dont la plupart très curieusement sont des hommes.  Enfin pour appuyer un peu son approche bienveillante du  cirque, le peintre en rajoute une couche par l’abondante consommation de la couleur ocre qui traditionnellement symbolique la terre protectrice. Et hormis le bois des chaises bleu, toute la toile a une tonalité chaude faite d’ocre et de blanc couleur de la pureté, la perfection et de de l’initiation.  Comme quoi l’utilisation des couleurs n’est pas toujours innocente.

John Steuart Curry peintre américain grand amateur de la piste et qui avec ses toiles, voulait faire partager sa passion.

Spectateurs au Cirque (1936)
Spectateurs au Cirque (1936)
Spectateurs au Cirque (1936)
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Le Clown consolateur (1925)

Publié le 9 Juin 2018 par cirk75 dans Art

Un baluchon jonche le sol, un chapeau de paille posé sur une malle sur laquelle est assis un enfant pieds nus. Il pleure. Un auguste à ses côtés essaye de le consoler, de lui redonner du courage. Voila une scène fort opposée à celles que l’on a l’habitude de voir dans les toiles circassiennes où les clowns ont plus tendance à faire rire qu’à réconforter. Enfin à droite un chien noir affublé d’une collerette blanche et d’un chapeau pointu, pose son museau sur le genou gauche de l’artiste, et semble partager la tristesse de la situation.

Qu’est-il arrivé à ce gamin ?

L’enfant est-il en fuite ?

A-t-il été renvoyé ?

Est-il orphelin ?

Rien dans ce tableau du peintre illustrateur américain Norman Rockwell (1894-1978) ne permet de répondre à ces questions. Par contre on ressent bien la tragédie, accentuée non seulement par l’utilisation du noir comme couleur principale assombrissant un peu plus la situation, mais aussi par la juxtaposition  entre la joie (le clown) et le chagrin (l'adolescent). Cette peinture, sorte d’allégorie du krach économique qui a touché les  États-Unis dans les années 30 et qui a jeté sur les routes américaines des centaines de milliers de désœuvrés, décrit tous les malheurs du monde qui semblent s’être abattus sur les épaules de ce frêle garçon.

Cette œuvre est une parfaite illustration du style narratif de Norman Rockwell, à qui on doit aussi quelques autres augustes un peu plus joyeux.

Le Clown consolateur (1925)
Le Clown consolateur (1925)
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La dompteuse au lion, (Musée du Petit Palais Genève)

Publié le 2 Juin 2018 par cirk75 dans Art

 

Ce tableau fortement coloré représente comme son nom l'indique une  dompteuse avec un lion, mais avec une particularité, le femme est nue. Elle est uniquement vêtue d'un ruban noir, noué autour de son cou et, ses jambes chaussées dans des escarpins verts à talons, sont totalement gaînées dans une paire de bas noirs retenue par des jarretelles roses. A sa droite se tient un lion impassible qui nous regarde d'un air mauvais, il est étreint délicatement par le bras droit de la femme dévêtue.  Enfin et n'oublions pas ce détail, un doigt noir pointe le corps de la dompteuse, nous la désignant comme un objet de luxure et de convoitise. Bref cette peinture possède tous les ingrédient pour donner à cette oeuvre un côté érotique mâtiné de surréalisme. 

Cette huile (147 x 91) du peintre français d’origine japonaise Fougita (1886-1968) peinte en 1930 qui forme, avec une autre huile à connotation érotique "Le Lupanar à Montparnasse", un cycle où les formes de ses modèles féminins sont outrancières. Deux œuvres d’une crudité jusque-là inconnue chez cet artiste qui l'éloignent du raffinement et de l’élégance de ses œuvres antérieures, caractérisées non seulement par une ligne épurée des personnages mais aussi  par une délicatesse des tonalités et un aspect quasi émaillé de ses tableaux. 

Mais a bien y regardé, "La dompteuse au lion" est-elle vraiment un tableau ayant le  cirque comme sujet? Si le titre peut le laisser supposer, on peut constater que la scène ne se passe pas sous un chapiteau mais dans une demeure. Aussi certains ont pu penser que Fougita n'a pas voulu représenter une artiste de la piste, mais plutôt nous montrer  par une allégorie le couple qu’il formait avec son modèle Youki,  un ménage dominant soumis, avec l’ambiguïté que devait être leur vie au quotidien…  D’autres par contre y ont cru discerner tout bonnement un tableau humoristique, genre Bottero (voir blog17/03/17) car avec Fougita on ne sait jamais…. 

Aussi si vous voulez voir cette œuvre pour vous faire votre propre opinion, il vous faudra vous rendre en Suisse à Genève Musée du Petit Palais lieu où est exposée cette toile érotico-naïve…

 

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Le Cirque (Cheval et écuyère) au Musée Jean Lurçat d’Angers

Publié le 26 Mai 2018 par cirk75 dans Art

" J’aime le cirque parce que les gens du cirque vivent pleinement, parfois au prix de leur vie.  Parce qu’on y respire de la canaille et de la poésie. Parce que la beauté de la patience y domine la malice. Parce qu’on y sent la crotte de cheval et la sciure de sapin. Parce que l’échelle du cirque ne s’appuie pas sur la terre, elle me rappelle toujours le rêve de Jacob. Puis, je suppose qu’elle doit mener je ne sais où ailleurs, mon continuel désir. J’aime le cirque parce qu’on y assiste à un festin de rire (…). C’est parce que j’y vois le miracle de l’impossible. C’est parce que c’est une œuvre d’art en mouvement. C’est un festin de contrastes, l’érotisme voisine la candeur, la bestialité et la grâce, la cruauté et la douceur. Parce que sous le chapiteau en toile il se passe en réduction ce qui se pas sous le chapiteau céleste…Le fouet qui claque dans l’air, nous le recevons sur les épaules nues. Il nous laisse rayés et zébrés. Le cirque paraît un bateau pavoisé. Il provoque toujours un sentiment de conflagration pacifique de toutes les nations, de fraternité totale…"

Voici une belle déclaration d’amour aux arts de la piste. Mais qui en est l'auteur ?  Cet éloge provient du peintre sculpteur français d’origine polonaise Yehouda Chaim Kalman (1912_1991), plus connu sous son nom d’artiste : Thomas Gleb. Et c'est grâce au cirque que ce créateur a pu exprimer son humour, son appétit de vivre, sa joie, qu’il retrouvait dans ce lieu poétique et sensuel, où Il y voyait une réalité extrême, une  vraie vie.

Thomas Gleb dans un cycle consacré au cirque, peint à Varsovie en 1955, a produit de nombreuses œuvres dont "Le Cirque (Cheval et Ecuyère)", tableau se trouvant  au musée d’Angers. Cette huile sur toile (136,2 x 167,4) nous montre une artiste en plein effort, en train de réaliser sur la piste d’un chapiteau et sous le regard d'un jongleur, d’un acrobate (un partenaire ?) et d’un Auguste  un numéro d'équilibre équestre sur le dos d'un cheval blanc, numéro éclairé par une lumière pâle. Il faut rappeler que Thomas Gleg aimait singulièrement utiliser le blanc dans ses compositions, couleur  qui avait pour lui une valeur symbolique et évocatrice des rituels religieux de son enfance dans une famille de confession juive. Ce tableau rend bien aussi l’agilité, la souplesse du corps, le mouvement. Il faut dire que Thomas Gleb avant d’entreprendre une œuvre se documentait solidement sur le sujet. Ainsi pour le cycle sur le cirque, il avait rempli un carnet d’annotations, de dessins, d'esquisses  sur les disciplines, les figures, les gestes, les postures (salut de l’ange, équerre, planche verticale, suspension…), afin de coller le mieux possible à la réalité.

 

Deux autres compositions circassiennes de Thomas Gleb
Deux autres compositions circassiennes de Thomas Gleb

Deux autres compositions circassiennes de Thomas Gleb

Thomas Gleb un artiste à redécouvrir tant au niveau de sa peinture, que de ses sculptures voire de ses tapisseries, car n’oublions son père était en Pologne tapissier... à Angers ou à Bourgoin Jallieu pendant l'exposition "L'Art fait son cirque" (voir blog21/05/18). 

 

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