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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Articles avec #art catégorie

Baraques de fêtes ou Little Circus Camp par Albert Dubois-Pillet

Publié le 2 Février 2019 par cirk75 dans Art

A l’origine le peintre l’avait nommé "Baraques de fêtes" mais aujourd'hui cette toile est connue sous le titre de  "Little Circus Camp". Cette petite huile sur toile (44 x 29,1) montre les installations d’un petit cirque lors d’une étape dans un village, une fois la tête terminée.

Le chapiteau est dressé, d’autres bâtiments en bois l’encadrent. Au centre un cheval dételé erre  à côté d’une carriole. Un autre équidé se trouve de l’autre côté de la barrière. Des tonneaux à l'abandon peuvent laisser croire que la scène se déroule à Paris vers le port de Bercy.

 Au XIXème siècle les fêtes foraines connaissent un grand essor et ont beaucoup inspirées  les  artistes figuratifs.

Cette peinture est signée Albert Dubois (1846-1890) un gendarme capitaine de la Garde Républicaine, et peintre autodidacte à ses heures perdues. Il a d’ailleurs dissimulé ses activités artistiques à l'armée en  ajoutant à son patronyme, "Pillet" le nom de jeune fille de sa mère, signant ainsi ses œuvres "Dubois-Pillet".

Adepte du pointillisme également nommé divisionniste, mouvement artistique picturale, qui utilise de petites touches de couleur rondes ou carrées juxtaposées plutôt que des mélanges de pâtes colorées, Albert Dubois-Pillet en donne un bon exemple dans cette œuvre non datée.

Cette peinture, fortement colorée avec une tonalité très méditerranéenne,fait partie  depuis 1927 de la Phillips Collection à Washington.

Elle reste la seule peinture circassienne de cet artiste figuratif qui aimait peindre des scènes de la ville mais aussi les paysages urbains.

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"Big Apple" par Kate Knapp, une œuvre hautement symbolique sur le monde du cirque.

Publié le 26 Janvier 2019 par cirk75 dans Art

Nous somme sous le chapiteau du "Big Apple Circus", un cirque américain fondé en 1977 par Paul Binder et Michael Christensen, portant dès sa création un projet social tourné vers les  enfants des quartiers défavorisés new-yorkais.

En contemplant attentivement cette aquarelle et gouache (20x24) nous remarquons que nous sommes plongés non seulement dans l’univers du cirque mais aussi dans un monde de symboles, où le bleu illumine la toile. Le bleu, symbole de vérité, comme est le cirque. Sergio (voir blogs 02/03/2011 & 20/02/2014) n’avait-il pas coutume de dire : "Le cirque est vérité et le monde a besoin de vérité."

Est-ce pour rappeler ce symbole que ce peintre contemporain née en 1951 a utilisé cette couleur ou pour souligner que le bleu est une des couleurs traditionnelles liée à la piste ? Chacun aura sa réponse. Ce qui est sûr c’est que des étoiles semblent veiller sur le bon déroulement du spectacle et plus particulièrement lors de ce numéro de chevaux. A travers ces 2 images Kate Knapp semble rappeler que le cirque est né sous une bonne étoile et du cheval.

Autre symbole, le nombre trois. C’est le nombre des chevaux et le nombre  des cercles disposés sur la piste dans lesquels les équidés se cabrent. Le trois représente la vie à travers ses trois âges: l'enfant, l'adulte et vieillard, une manière de souligner la fécondité et l’imagination liées au monde de la piste.

Un dernier symbole : la porte ouverte se trouvant entre le cheval cabré à gauche et le bras droit de l’écuyer brandissant son perpignan. La porte ouverte autrement dit l’ouverture, l’évasion mais aussi la protection. Trois ingrédients indispensables à la création d’un bon programme circassien.

Ce tableau réalisé par Kate Knapp est truffé de symboles d’emblèmes, d’attributs, signes et, je vous laisse en trouver d’autres…

Cette artiste peintre a réalisé plusieurs dizaines d’études sur le cirque où elle a réussi chaque fois à faire passer ses émotions en utilisant la piste, la couleur et la lumière comme parties essentielles de son travail comme le démontrent encore une fois ces quatre autres créations, avec à chaque fois moult symboles.

"Big Apple" par Kate Knapp, une œuvre hautement symbolique sur le monde du cirque.
"Big Apple" par Kate Knapp, une œuvre hautement symbolique sur le monde du cirque.
"Big Apple" par Kate Knapp, une œuvre hautement symbolique sur le monde du cirque.
"Big Apple" par Kate Knapp, une œuvre hautement symbolique sur le monde du cirque.
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Willie le vagabond (1949)

Publié le 19 Janvier 2019 par cirk75 dans Art

Cette œuvre d’Herbert Dickens Ryman (1910-1989) représente "Willie" le célèbre clochard lugubre au nez bulbeux, vêtu de lambeaux et  barbu. Ce personnage fut créé par l’américain Emmet Leo Kelly, un légendaire auguste du cirque américain (voir blog20/01/2018).

Oeuvre du monde de la piste certes, mais surtout de la misère humaine, montrant Willie dans l'incertitude du lendemain qui ne mène qu'à la peine et à l'inertie. En regardant cette toile on ressent bien toute la lassitude et le découragement, imprégnés dans les traits de ce personnage inspiré par la crise économique de 1929. Le peintre a dessiné l’auguste assis, sa tête reposant sur le dos de sa main gauche. Il semble attendre mais qu’attend-il ? Comme beaucoup de ses semblables il est las de ce monde où il n’y a rien à attendre pour les gueux issus de la dépression économique. Pour renforcer cette impression Herbert Dickens Ryman alias Herbert Ryman utilise des teintes froides qui rendent l’œuvre encore plus poignante, voire sinistre. 

Herbert Ryman a bien connu bien l’univers du cirque. Une rencontre fortuite, en 1948, avec Bill Antes, l'avant courrier à cette époque chez Ringling Brothers, lui donna l’occasion de voyager avec cette entreprise en rejoignant le cirque à Chicago. Et pendant deux étés, en 1949 et 1951, il partagea le quotidien avec les gens du voyage. Au cours de ses voyages, il réalisa de nombreux  dessins et peintures qui en firent un spécialiste pictural du monde de la piste.

Willie le vagabond  (1949)
Willie le vagabond  (1949)
Willie le vagabond  (1949)
Willie le vagabond  (1949)
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Le Cheval de Cirque, selon Juan Miro (1925-1927)

Publié le 12 Janvier 2019 par cirk75 dans Art

Actuellement se tient à Paris une rétrospective de l’œuvre du peintre sculpteur, graveur et céramiste espagnol Juan Miro (1893-1983). Parmi les nombreuses œuvres créées par cet artiste on trouve peintes entre 1925 et 1927 plusieurs toiles nommées "Le Cheval de cirque". Il faut savoir, toutefois à la différence de ses contemporains Picasso (voir blogs20/03/2011 & 13/12/2014)) ou Chagall (voir blogs16/03/2011 & 09/04/2016), Mira n’était nullement un amateur de la piste. Et s’il a dessiné un grand nombre de toiles nommées "Le Cheval de Cirque" il ne faut nullement y voir un quelconque intérêt pour le cheval ou le cirque, mais pour le mouvement circulaire, qui à cette époque obsédait le peintre. Il était à la recherche d’une transcription plastique de la parole de Lao-Tzu : "Bien que trente rayons convergent au moyeu, c'est le vide médian qui fait marcher le char".

Comme on peut le voir par ces deux toiles, ses peintures illustrant ce thème contiennent un élément qui avec beaucoup de bonne volonté, on peut assimiler au cheval lui-même.

Par exemple sur un fond bleu, à droite est figuré un cheval blanc dans un style enfantin. Il est représenté avec une tâche marron, des yeux rouges, une crinière noire et un long cou ; la tête est orientée à gauche. Elle fait face à un rectangle bleu-nuit  et on peut apercevoir sur la gauche de la toile deux disques important noir en haut, rouge en bas. De plus six petits disques (noir, rouge, jaune).sont disséminés sur le reste de la toile

Cette autre toile, sur fond marron ocre se détache la silhouette d'un cheval blanc avec une aile qui tient plus du coq ou de la poule que d'un équidé. Devant lui, un filet blanc descend jusqu'à terre (à hauteur du dresseur qui a disparu) pour remonter en hauteur, donnant une impression de lancer. À gauche, un petit rond jaune, en haut : un petit rond blanc, et sur la droite, une volute jaune à tête noire qui pourrait être l'écuyère.

Oui, tels sont les Chevaux du cirque, passés au laminoir de la peinture de Miro et, je ne suis pas certain qu'ils seraient utilisés ainsi sur une piste pour réaliser quelques voltiges équestres.

Qu'en pensez-vous?

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Les Saltimbanques thème des beaux arts

Publié le 7 Janvier 2019 par cirk75 dans Art

Les Saltimbanque ou Gens du Voyages ont souvent été le thème de nombreuses œuvres artistiques. 

Témoin cette huile sur toile peinte par d’Alphonse Cornet (1839-1898), qui se trouve au Musée Francisque-Mandet situé à Riom, ville de naissance de ce peintre figuratif du XIX° siècle. Cette toile montre une famille de saltimbanques ayant un petit "cirque baladeur" regroupée autour du feu au moment où la matriarche prépare le repas. La toile a été montée, les animaux (un âne, un perroquet et un chien) sont présents montrant le lien ancestral qui réunit les gens du voyage aux gens du voyage. Rappelons que les fauves ne sont apparus sur la piste qu'après la première guerre mondiale, les ménageries sur les foires, tels les Amar (voir blo05/04/2011) ou les Bouglione (voir blog16/05/2013) créant des cirques et proposant des numéros avec félins.

Les vers et la prose en font aussi leur cheval de bataille. Jules Clarétie (1840-1913) en fait un de ses sujets de prédilection en publiant "Le train 17" ou "Boom-Boom", Edmond de Goncourt (1822-1896) publie "Le Cirque Zemganno", Gustave Kahn (1859-1936) "Le cirque solaire" ou Guy des Cars '1911-1993) "Le château du clown".

La poésie n'est pas en reste, par exemple Guillaume Apollinaire dans le recueil de poèmes "Alcools"(1913) en donne une évocation poétique, que certains connaissent certainement :

 

Dans la plaine les baladins

S’éloignent au long des jardins

Devant l’huis des auberges grises

Par les villages sans églises.

 

Et les enfants s’en vont devant

Les autres suivent en rêvant

Chaque arbre fruitier se résigne

Quand de très loin ils lui font signe.

 

Ils ont des poids ronds ou carrés

Des tambours, des cerceaux dorés

L’ours et le singe, animaux sages

Quêtent des sous sur leur passage.

 

Et n'oublions pas la sculpture (Alfred Barye, Christophe Fratin, Georges de Chemellier;  Auguste Rodin, Picasso ...) est aussi présente. Témoin cette petite sculpture d'un artiste anonyme montrant une acrobate en plein exercice.

Comme on le voit les arts de la piste ont été au XIX° et début du XX° siècle une mine inépuisable d'inspiration, pour les beaux arts. 

 

 

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Le Cirque (1986)

Publié le 29 Décembre 2018 par cirk75 dans Art

Aux premiers coups d’œil, le spectateur est inondé par le rouge, et même l’orange lui parait écarlate. Le  cerceau, la piste, le pantalon, le fouet, le tabouret et le reptile détonnent en lui proposant des taches de couleurs différentes. Et le peintre le fait cohabiter dans son fécond fécond imaginaire où fauves et reptiles existent, clin d’œil à l'Afrique.

Nous sommes également, sur la piste aux étoiles, dans la cage, au milieu des animaux sauvages, avec le dompteur, mais nous pénétrons aussi dans l’univers figuratif de Rémi Blanchart (1958-1993). Ici pas de fioritures, ni douceurs du trait, tout semble droit et froid. Les personnages sont statiques. Nous sommes devant une gravure, non devant une image digne de la ligne claire chère à certains dessinateurs de BD.

Cette Sérigraphie sur papier (100 x 65) de 1986,  est un bon exemple de ce que l’on nomme "Figuration Libre". Ce mouvement regroupe des peintres trouvant leur inspiration dans la culture rock, les bandes dessinées, l’imagerie populaire, la publicité, la télévision ou le cinéma, tout ce qui forme l'univers culturel de la seconde partie du XX° siècle. 

Rémi Blanchard a imaginé plusieurs sérigraphies ayant pour thème le cirque avec il faut le souligner quelques différences, une sorte. Dans l’une, un seul crocodile, dans une autre plusieurs…

Attentif à toutes les expressions artistiques, qu’elles appartiennent à l’art brut, à l’art populaire ou singulier,  Rémi Blanchard ne peint ni la ville ni l’enfance même si ses œuvres sont inspirées dans ses souvenirs d’enfance, de ses vacances en camping, de sa famille, de sa ville.L’œuvre de cet artiste -reconnu aussi bien en France, au Japon et aux Etats-Unis où il collabore et expose aux côtés de Basquiat, Kenny Scharf et Keith Haring-  occupe une place à part.

Un site officiel : https://www.remiblanchard.fr/ de cet artiste décédé à Paris d’une overdose un certain 11 mai 1993 est la disposition du curieux qui voudra mieux connaître le travail de Rémi Blanchard.

 

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La Marche des clowns au Musée Juif de New York (1941)

Publié le 22 Décembre 2018 par cirk75 dans Art

Cette fois ci nous sommes bien loin du monde du cirque que nous connaissons et aimons. Cette peinture ne cultive pas la joie et le bonheur, elle nous montre une des nombreuses périodes noires de l'humanité. Le peintre américain Albert Bloch (1882-1961) a néanmoins choisi la piste aux étoiles comme lieu de son intrigue picturale, où il nous propose une scène iconoclaste et quelque peu sarcastique de clowns défilant avec une effigie d' Hitler suspendue à une croix gammée.

Cette huile sur toile (91.4 x 101.6 cm) intitulée "La Marche des clowns" a été peinte en 1941, au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, et représente une vision prophétique de la défaite d’Hitler et de l’Allemagne nazie. 

Nous voyons dans une atmosphère étrange et éphémère de constellations tourbillonnantes, défiler une procession apparemment infinie de clowns qui semble à la fois extatique, morose et sinistre. Le mouvement est dirigé par un clown jouant du basson, souvent appelé le clown de l'orchestre, qui émet une fumée sale, obscurcissant la vision du spectateur des personnages et des bâtiments à l'arrière-plan.  

Au premier plan à gauche on trouve Popeye, Olive sa femme, Félix le chat, Mickey... ainsi que d’autres personnages américains de dessins animés des années 20 et 30, formant une foule hétéroclite et bigarrée. Ces personnages des "cartoons" si fortement identifiées à la culture américaine, veulent refléter le sentiment d'isolement et d'impuissance de Bloch, lui l'illustrateur le dessinateur de BD, alors qu'il observe la Seconde Guerre mondiale sans pouvoir rien faire que de peindre l'ignominie pour laisser une trace de la noirceur humaine pour la postérité

En haut à droite on trouve une autre référence interculturelle - un marcheur squelettique rappelant le jour des morts mexicain. À l'arrière-plan, le défilé traverse une arche, symbole historique du pouvoir et du triomphe. Elle est surmontée d’une croix, emblème du christianisme. En haut à gauche, on trouve aussi un croissant et une étoile islamiques. Enfin en haut au centre, au-dessus de la croix gammée nazie, une étoile de David scintille semble narguer l’emblème nazi. 

Les personnages sont entourés de ténèbres et leurs visages s'illuminent comme dans une sorte de lumière cauchemardesque. L'atmosphère de mort, de destruction et de morbidité est soulignée par les chapeaux triangulaires des clowns, qui suggèrent des chapeaux de Ku Klux Klan.

Cette étrange toile nommée "La Marche des clowns" est une allégorie montrant la folie qui, au milieu du XX° siècle, s’est emparée du monde et, qui montre l'atroce aptitude humaine à cultiver la barbarie…

Albert Bloch un peintre américain témoin d'un temps où l'humanité n'était plus de mise .... époque où la cruauté et la violence extrême avaient fait table rase de tout.

Oui un étrange tableau qui interroge aussi sur notre époque où l'Humanité ne croit plus en elle et est à la recherche de certitudes et de repères...

 

 

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L’écuyère au cirque (1935)

Publié le 15 Décembre 2018 par cirk75 dans Art

De loin on distingue des diagonales, des zébrures, des zigzags, qui se juxtaposent, qui se s'enchevêtrent les unes dans les autres, le tout dans un assemblage de lignes fortement colorées.

Mais à bien y regarder de plus prêt, ce tableau de 1935 représente le cirque et plus particulièrement sa piste où on aperçoit les trois figures emblématiques et traditionnelles de la piste. Au milieu on entrevoit une écuyère à panneau, en bas et à droite un clown blanc enfin en haut à gauche  deux habits bleus situés devant l’entrée des artistes où se trouve le rideau rouge. La cavalière se tient comme il se doit en équilibre sur cette plate forme matelassée, placée en guise de selle et, fixée la croupe d’un cheval blanc caracolant. Le clown blanc, admiratif et un peu sous l’emprise du charme de l’amazone semble subjugué par la belle qui fait l'indifférente, enfin les habits bleus bras croisés et stoïques contemplent la scène un peu en retrait.

Cette gouache sur Papier, (61cm x 47cm), signée haut à gauche, un peu au dessus des habits bleus, est l’œuvre du peintre expressionniste français Gen Paul (1895-1975), de son vrai nom Eugène Paul. Cet autodidacte, parfois qualifié  de peintre de Montmartre est à l'origine de nombreux tableaux issus de ce quartier de Paris, mais il a aussi eu comme thèmes privilégiés la musique de jazz ou classique, et toujours avec ce style à base de grandes lignes colorées. On lui doit  aussi quelques toiles signées Paul Trelade, son premier pseudonyme.

Par ailleurs Gen Paul a joué en 1934, le rôle d'un invité à la sortie de l'église dans le film "L'Atalante" de Jean Vigo. Il est aussi un des personnages dans  la nouvelle de Marcel Aymé   "Passe-muraille". Et  Louis-Ferdinand Céline  le dépeint dans le personnage de Jules, peintre-sculpteur cul-de-jatte colérique, obsédé, alcoolique, et jaloux qui est au centre de son roman "Féerie pour une autre fois" paru en 1952.

Gen Paul un peintre, dessinateur, graveur et lithographe à redécouvrir, ayant un gout profond pour le trait, la couleur; le spectacle et les arts de la piste.

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Le Clown Pipo (1947)

Publié le 8 Décembre 2018 par cirk75 dans Art

Voici une Gouache (50,5 x 528,5 cm) représentant Gustave-Joseph Sosman (1891-1970), plus connu au cirque sous le nom de Pipo. Il est aisément reconnaissable grâce à son sourcil noir droit si caractéristique qui était la signature de son maquillage.

Pour ceux qui ne connaissent mal cet artiste c’est un des plus grands blancs et il eut pour partenaire à partir de 1945 Rhum (voir blog23/03/11), avec lequel il constitua un duo de très grande qualité. Puis il devint en 1953 le magistral partenaire de Beby (voir blog15/04/2012), avant d’animer avec maestria le trio de rêve qu'il constitua avec Dario et Mimile (voir blog13/10/2011).

Sur cette toile Pipo est assis sur une chaise mise à l’envers et, est revêtu d'un sac violacé, un cône blanc sur la tête. Il attend, dans un décor d'un bleu verdâtre qui comme le personnage dessiné ne cultivent pas vraiment la gaieté. Peut être une manière de montrer que les clowns sont tristes hors de la piste.

En 1947 Pipo a 56 ans, assis il attend avant de rentrer sur la piste rejoindre son partenaire. Il semble soucieux, son esprit est occupé par quoi , c’est tout le mystère de cette peinture due aux pinceaux de Hans Schoellhorn (1892-1982), un peintre suisse fasciné et inspiré par le monde de la piste. 

Dans un premier temps il peint de paysages, puis se tournera vite vers la représentation de motifs du monde du cirque et des gitans, dont il deviendra un des spécialistes. Ainsi en 1950 il réalisera une seconde gouache (50 x 38 cm) du même Pipo cette fois en robe de chambre et non revêtu de son habit de lumière, près d’un chapiteau d'un cirque avec derrière lui une écuyère le regardant en sortant de la piste une fois son numéro achevé. Là aussi Pipo semble bien songeur...

Pour le cirque Knie, que le peintre Hans Schoellhorn suivait bien souvent en tournée avec sa propre caravane pour être au plus près de ses sujets d’inspiration, et à la demande de la famille Knie il réalisera trois affiches pour la piste familiale. Une première pour la tournée 1949 qui représente une otarie en piste, puis une deuxième pour celle de 1966 (les Trois Francesco) enfin une dernière pour le spectacle 1971 (clown et ballerine). Comme on le voit la production de ce peintre suisse est intimement liée au monde circassien.

 

Le Clown Pipo (1947)
Le Clown Pipo (1947)
Le Clown Pipo (1947)

Les œuvres de ce peintre genevois sont de nos jours encore fort prisées surtout en Suisse où il n'est pas rare de trouver certaines de ses gouaches, lors de vente aux enchères.

Alors si le coeur vous en dit....

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Le cirque Médrano, bd. Rochechouard, au Musée Carnavalet de Paris

Publié le 1 Décembre 2018 par cirk75 dans Art

Un grand espace ocre emprisonné par une banquette circulaire habillée de velours rouge, c'est la piste ronde où évoluent les circassiens. Comme le nom de cette toile l’indique, c'est celle du Cirque Médrano à la Belle Epoque.

Le cirque est bondé et l’écuyère avec sa trousse peu colorée se détache à peine du lot des spectateurs. Mais ce n'est pas cette amazone qui attire l’œil, non c'est le poil blanc du cheval galopant avec grâce dans cet espace composant la partie haute du tableau. D'ailleurs comme on le sent ce n'est pas la cavalière qui semble intéresser le peintre mais les six personnages qui trônent au milieu de la piste:  deux habits bleus, deux clowns et deux autres membres  de la barrière.

Mais que viennent-ils faire au milieu de la piste ? Est-ce pour assurer un moment délicat et dangereux du numéro lorsque la cavalière sur la croupe du cheval saute dans un cerceau ou, est-ce tout bonnement que le peintre, a souhaité représenter les 3 personnages emblématiques (l'écuyère, le clown et M. Loyal) qui incarnent l'esprit du cirque ? A chacun sa vérité comme disait Pirandello. A chacun de nous de trouver derrière les images nos idées.

Cette huile sur carton (40.5 x 48,5 cm), signée en bas à droite, a été peinte en 1907 par Louis Abel-Truchet (1857-1918). Affichiste et peintre portraitiste et paysagiste connu pour son style post-impressionniste. Il a notamment consacré une grande partie de sa production à représenter des scènes parisiennes nocturnes dont beaucoup sont situées à Montmartre. On lui doit aussi des natures mortes et des vues de campagne du Sud de la France ou d'Italie.

Aquarelliste, graveur et fervent dessinateur de journaux satiriques, Abel-Truchet s'est engagé à l’âge de 57 ans comme lieutenant territorial dès 1914. Il meurt des suites d'une blessure de guerre peu avant l'armistice de 1918. Lors du Salon d'Automne de 1919, signalons que deux de ses peintures ont figuré à titre posthume à l'Exposition des Artistes Morts pour la Patrie .

Louis Abel-Truchet comme bien d'autres, fait parti de ces peintres prolixes aujourd'hui bien oubliés mais qui furent des fervents admirateurs du Cirque du boulevard Montmartre et des salles de spectacles parisiennes.

On lui doit moult toiles ayant pour thème : Le Quadrille au Bal Tabarin, Le Cirque Médrano, La Tasse de thé (portrait), Après le déjeuner, La Chanteuse de café-concert, La Fête place Pigalle, Bal des Quat'Z-Arts, Parisiennes aux Folies-Bergère (pastel), Le Gaumont Palace boulevard Clichy, Quadrille au Moulin-Rouge... que l'on peut apercevoir dans cette vidéo.

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