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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Articles avec #art catégorie

L’écuyère par Gösta von Hennigs

Publié le 15 Juin 2019 par cirk75 dans Art

Cette belle aquarelle (42x51) de camaïeu de rose, date de 1934 et semble très influencée par l’impressionnisme allemand et par des artistes comme Degas (voir blog01/01/2016) ou Toulouse Lautrec (voir blog17/03/2011). Elle nous propose un thème récurrent à savoir une artiste, plus habillée comme une élégante du début du XX°siècle que comme une écuyère caracolant sur un fougueux cheval. 

Cette œuvre est due au talent du peintre suédois Gösta von Hennigs (1866-1941)  qui a beaucoup aimé dans les années 20 et 30 représenter le monde de la piste. Ne négligeant pas les numéros masculins, il a eu tout de même une préférence très marquée pour immortaliser les artistes du beau sexe, généralement pulpeuses au cours de leur numéro. C’est ainsi qu’il a peint outre plusieurs écuyères, la trapéziste, la danseuse sur corde, ou aussi l’acrobate….

Peintre du mouvement, des  paysages urbains et du cirque, l’œuvre de Gösta von Hennigs se trouve dans moult musées scandinaves comme le Musée national  et la Galerie Thielska à Stockholm, le Musée d'art de Göteborg ou au Musée national d'art de Copenhague, mais semble un peu méconnu en France.

 

L’écuyère par Gösta von Hennigs
L’écuyère par Gösta von Hennigs
L’écuyère par Gösta von Hennigs
L’écuyère par Gösta von Hennigs
L’écuyère par Gösta von Hennigs
L’écuyère par Gösta von Hennigs
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"Scène de Cirque", une vision déshumanisée des arts de la piste

Publié le 9 Juin 2019 par cirk75 dans Art

Une écuyère assise sur les marches de sa roulotte, semble attacher son chausson de voltige droit sous le regard attentif d’un homme les poings sur les hanches de gris vêtu, peut-être  son partenaire de piste. Derrière ce couple, deux chevaux non harnachés attendent. L’alezan broute l’herbe tandis que le second à la robe grise, la tête levée semble regarder ce qui se passe. Sommes-nous avant ou après le numéro, rien ne peut le dire, seul indice et encore, un tapis de selle négligemment posé sur le dos de l’alezan, montre qu’il a ou qu’il va travailler. Au fond on aperçoit la toile verdâtre et uniforme d’un chapiteau enfin, à gauche une autre roulotte complète cette huile sur toile, laissant une impression évidente d’austérité. Nous ne sommes pas loin de l'oeuvre mystique. Il faut dire que le peintre à qui on doit cette réalisation a été baigné dans sa jeunesse dans la foi religieuse. Il s’agit d’un artiste allemand, plus réputé pour des émaux que ses toiles : Karl Drerup (1904-2000).

 

Né en Allemagne, qu’il quitta dans les années 30, sa femme était d’origine juive pour s'établir en 1937 à New York, Karl Drerup après être devenu un peintre renommé en Europe, devint aux Etats-Unis un créateur émailleur de premier plan.  Au cours de sa longue et riche carrière, il a réalisé de nombreuses œuvres artistiques souvent hantées par quelques thèmes qui lui sont chers : St George, St-Eustache et St-Hubert, mais aussi par le travail et les travailleurs. C’est d’ailleurs ce sujet qui l’intéresse dans ce tableau nommé "Scène de Cirque", il ne représente pas des artistes de cirque, qu'il ne connait nullement, mais des humbles travailleurs effectuant leur tâche dans leur milieu professionnel ici, un cirque.

L'amour de Drerup pour l’humanité transparaît dans tous les détails de cette scène intime. Et pour cela il nous présente dans un style moderne, en employant des tons un peu termes voire tristes, des individus, sans aucune fioriture, les traits à peine ébauchés, pour nous montrer que le travail dépersonnalise l’individu.  Oui Drerup considère que toute besogne est un peu asservissante, hormis bien entendu la création artistique où il excellait…

 

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The circus at the tracks

Publié le 1 Juin 2019 par cirk75 dans Art

C’est bientôt le départ, le matériel du "Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus" va être transporté par voie ferroviaire. En effet dès 1872 la plupart des grands cirques américains utilisent ce mode de déplacement. Nous sommes dans les années 40 époque où les engins de levage sont encore à leur balbutiement. C’est pourquoi on demande aux éléphants de donner un coup de main. C’est ce qu’ils font car pour un cirque ils ne sont pas seulement utiles sur la piste, on utilise aussi leur force pour déplacer de lourdes charges. N’en déplaisent aux animalistes les éléphants ont toujours été  utilisés pour effectuer des travaux trop  difficiles pour l’homme.

Cette huile sur toile a été réalisée par le peintre illustrateur américain Aurion Proctor (1909-1983) fort renommé  dans les années 1940 pour ses dessins pour la revue américaine "Railroad Magazine", Cette peinture sera reprise d’ailleurs pour la  couverture du numéro de juillet 1946 de ce magazine. Cette illustration montre bien cette activité qui a rarement été mise en avant et pourtant indispensable au quotidien des cirques. Comme on voit à l’aide d’un plan incliné, deux éléphants poussent avec le haut de leur tête une lourde cage rouge n°7 pour la disposer sur un "fleetcar" (wagon plat destiné à transporter le matériel, les cages et les fourgons). Sur le dos du pachyderme de gauche le cornac dirige la manœuvre sous le regard admiratif d’un clown les deux mains dans les poches, tandis qu’un manœuvre à l’aide d’une poutre en bois maintient la remorque dans le bon alignement. En haut à gauche une motrice électrique attend la fin du chargement, qui pouvait durer selon l’importance du cirque 12 heures, pour tirer le convoi jusqu’à l’étape suivante de la tournée.  

 

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Acrobates de Jean Couty (1942)

Publié le 25 Mai 2019 par cirk75 dans Art

En haut, une grande étoile jaune à 7 branches avec en son cœur un rond rouge, le tout incrusté dans une toile verte comprenant moult lignes rouges de dimensions diverses se croissent. A gauche un orchestre joue dans une loge située à dessus de la gardine où on aperçoit la tête d’un élément de la barrière. A droite un groupe composé de 7 lampes pour éclairer les numéros, enfin en bas une partie des spectateurs suit des yeux le numéro réalisé par deux aériens à un agrès qui n’est pas un trapèze comme on pourrait le croire, mais triangle. Dominique Denis dans son livre "Lexique du Cirque" (voir blog23/09/2017) rappelle que " les agrès utilisés par les acrobates aériens à l’origine était la corde aérienne, puis le triangle." Jean Couty (1907-1997) auteur de cette huile sur toile de 73 x 60 cm, peinte en 1942 montre ainsi deux acrobates aériens utilisant cet agrès peu en vogue à notre époque.

Jean Couty, peintre lyonnais appartenant  à la mouvance figurative impressionniste et plus habitué à peintre sa bonne ville de Lyon, nous propose ici une de ses rares toiles circassiennes donnant une impression de solidité voir même d’austérité. Il faut dire que les œuvres picturales de ce peintre donnent souvent  ce sentiment d’être très charpentées, très construites et rappellent par certains côtés la formation d'architecte qu'il a reçu aux côtés de Tony Garnier, le célèbre architecte lyonnais.

La peinture de Jean Couty est aussi reconnaissable par une débauche couleurs criardes mais contrastées, ainsi que par l’utilisation de pâtes épaisses que l’artiste a posé à larges coups de brosse, de couteau et même avec ses doigts, à même la toile. La matière ainsi travaillée semble devenir vivante, autrement animée par la lumière qui s'accroche sur les touches larges. Pour celles et ceux qui souhaiteraient mieux connaître cet artiste un musée à Lyon lui est consacré. Il est situé 1 place Henri Barbusse ,Saint-Rambert, l’Île Barbe.

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Cheval de cirque (1990)

Publié le 18 Mai 2019 par cirk75 dans Art

Voici une œuvre due au talent d'un peintre contemporain: Maurice Porte, artisteà ne pas confondre avec le publicitaire du même nom décédé en 1941. En effet les indications de cette peinture indiquent 1990, soit 49 ans après la mort de cet entrepreneur du monde publicitaire. Ce tableau n'est pas signé mais porte en bas à gauche l’estampille de l'Atelier Maurice Porte.

Mais peu importe, ce qui est important c’est cette œuvre. Est-ce une aquarelle ou une lithographie, là aussi aucune indication, pour ce visuel trouvé sur la page Facebook Circus & Fairground Art, dessin qui représente un trio de chevaux sur la piste d’un cirque voyageur  à la toile jaune et bleue.

Le peintre illustrateur Maurice Porte s’est placé au niveau du rideau rouge autrement dit la gardine pour montrer, et fortement éclairé par la poursuite maniée par l’éclairagiste, le travail du Maître Ecuyer tout de noir vêtu, avec trois équidés équipés comme il se doit selon les canons de la mode circassienne dans les années 90. Au fond dans l’obscurité une multitude de ronds représentent les spectateurs qui semblent bien concentrés sur le numéro.

De plus tous les protagonistes de la scène semblent immobiles donnant à cette œuvre une impression statique et non dynamique comme l’est le spectacle de cirque. 

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Pierre Etaix par Pierre Etaix (1977)

Publié le 13 Avril 2019 par cirk75 dans Art

Voici un autoportrait daté et signé en bas à gauche: Pierre Etaix Toute la subtilité et la retenue de cet artiste multifacettes (comédien, réalisateur, dramaturge, magicien, dessinateur, affichiste, dessinateur, peintre, clown ou auguste) se retrouvent dans cette aquarelle sur papier canson, format (15 x14). Et pour rendre la tendresse et la fragilité du clown blanc il a utilisé un camaïeu de couleurs grises rendant ce portrait plus humain, plus réel.

Clown ou auguste (voir blog16/10/2016), Pierre Etaix avait joué les deux figures de l’art clownesque sur bien des pistes et notamment lors de la tournée 1971 du cirque Pinder où avec Annie Fratellini, il présentait et animait le spectacle.

Ce touche à tout génial, était aussi un grand dessinateur, comme en témoigne cette autre œuvre; "La Farandole des clowns" avec en arrière fond la façade de Medrano, le cirque des clowns . Il faut dire que son père qui avait un ami peintre lui avait demandé de donner des leçons de dessin, d'anatomie, de perspective à son fils fasciné très jeune par le traitement des couleurs chez Picasso.

Pierre Etaix l'athlète complet de la piste... et grand laudateur de la piste et des clowns

Pierre Etaix par Pierre Etaix (1977)
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L'écuyère et le Clown au cirque Medrano (1905)

Publié le 6 Avril 2019 par cirk75 dans Art

Voici une œuvre sur papier, format 45x40, signée en bas à droite Van Dongen , elle représente une écuyère en habit noir haute école, sur un cheval gris clair, attendant derrière la gardine (rideau rouge)  pour entrer sur piste la piste du cirque Medrano. En bas à gauche un clown, avec son matériel à ses pieds, lui fait un petit signe de la main. L’amazone au regard altier semble ne pas lui prêter attention. Est-elle déjà concentrée sur son numéro ou dédaigne-t-elle ce petit signe amoureux ? En effet ce dessin semble reprendre un thème éternel dans la peinture à savoir,l’amoureux éconduit, celui qui n'a aucune chance de séduire sa belle. Une sorte de métaphore sur le vermisseau amoureux d’une étoile.

Encore une fois et, le titre du tableau le confirme, c’est le cirque Medrano le cirque des peintres (voir blog 13/0/2016) et des cinéastes (voir blog22/02/2016) qui est le cadre de cette création artistique. Cette oeuvre est une des nombreuses incursions de ce peintre fauviste franco-hollandais dans le monde de la piste, même si Kees van Dongen (1877-1968) peintre mondain et de la luxure nous avait plus habitué aux portraits de femmes souvent dévêtues (Femme au grand chapeau, Les jarretières violettes ou  Le Châle espagnol…) le cirque lui était familier, car il appréciait le milieu du spectacle en général n ’oublions pas qu’il a beaucoup dessiné représenter les actrices de théâtre, peignant à merveille les bijoux, étoffes et lamés… 

Cette œuvre de Van Dongen, "L'écuyère et le Clown au cirque Medrano" est actuellement en vente sur Ebay, alors avis aux collectionneurs, mise à prix  18 500€.

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Le Cirque ambulant (Wanderzirkus) 1905

Publié le 23 Février 2019 par cirk75 dans Art

Nous sommes dans une prairie au moment de la parade d’un cirque ambulant travaillant à ciel ouvert autrement dit travaillant en "palc". Si le parapluie (le chapiteau) est absent, la piste par contre est bien marquée par les gradins qui appellent les spectateurs à prendre place pour regarder le spectacle. Deux femmes, une avec une grosse caisse l’autre avec un tuba jouent de la musique. Prêt du portique deux acrobates chapeautés essayent aussi  leur posture d’attirer le chaland,  enfin au fond en haut à droite on distingue les deux roulottes  servant d’habitation aux artistes mais aussi de loges pour se préparer.

Cette huile sur toile très figurative (90,5x130) date de 1905, elle est signée Amandus Faure (1874-1931) un peintre et graphiste allemand qui avec ses portraits d'artistes (Waldemar Francke, Reinhardt Tenhaeff) et ses thèmes dans lesquels a souvent peint le milieu du cirque et du théâtre. Il a même dans sa jeunesse rejoint une troupe de théâtre en tant que peintre décorateur. Amandus Faure un peintre allemand amateur de la piste aux étoiles et qui a réalisé  plusieurs œuvres picturales représentant le monde de la piste comme "Artistin und Pierrot", "Im Zirkus" ou "Pierrot, Clowns and circus performers backstage",... et dont beaucoup de ses toiles se trouvent aujourd’hui dans des musées européens.

Le Cirque ambulant (Wanderzirkus) 1905
Le Cirque ambulant (Wanderzirkus) 1905
Le Cirque ambulant (Wanderzirkus) 1905
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Le Clown, dessiné par un maître cinéaste

Publié le 16 Février 2019 par cirk75 dans Art

Une collerette jaune avec des motifs repris dans le cône blanc, visé sur la tête épaisse d’un clown blanc au maquillage sombre et bicolore.  Ce dessin n’a pas été réalisé par un peintre illustrateur, mais par un metteur en scène de cinéma mondialement reconnu. Il s’agit de Federico Fellini (1920-1993) qui a publié ses premières caricatures à l’âge de 17 ans. La même année, encore lycéen, le jeune homme ouvre à Rimini avec un ami une "boutique des portraits" pour attirer les vacanciers et se faire un peu d’argent de poche. Arrivé à Rome en 1939 pour y devenir dessinateur humoristique, Fellini rencontre le cinéma et découvre bientôt que celui-ci lui permet autant de liberté que le crayon. Mais le dessin fera toujours partie intégrante de la frénétique vie créatrice du maître cinéaste italien.

Devenu réalisateur, il s’abstraira dès lors, par instants, des tournages pour redonner une autre vie à ses personnages en les croquant d’une pointe allègre. Hors tournage, il laissera libre cours à son imagination, à sa vision ironique et burlesque du monde avec des dessins plus complexes, plus travaillés. Mais il utilisait aussi le dessin pour imaginer les personnages qu’il proposerait dans ses films, comme celui qui a fait beaucoup polémique dans le milieu circassien : Les Clowns (voir blog13/12/2010), réflexion en forme de faux documentaire sur les rapports du cirque et de la réalité.

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"Al Circo", une peinture transalpine

Publié le 9 Février 2019 par cirk75 dans Art

Une banquette écarlate dessine la piste. Au centre 4 acrobates habillés chacun d’un sac coloré présentent un charivari. Nous sommes à l’intérieur d’un cirque. Les spectateurs que l’on discerne à peine sont dans la pénombre. C’est normal au spectacle seuls les artistes sont dans la lumière. Au fond une gigantesque entrée donne une touche chaleureuse et lumineuse attirant inconsciemment l’œil vers le centre de la peinture. 

A gauche, l’artiste vêtu en vert est en train de réaliser un salto avant, son corps est encore dans les airs et il va bientôt retrouver la terre ferme. Le personnage de droite en jaune, présente une posture étrange, car il se réceptionne d’un saut précédemment réalisé. Au centre de la peinture, un acrobate en rose semble ébaucher un trick tandis que son voisin en beige est attentif au travail réalisé par le vert.

Élément incongru un chien, tache blanche, déambule sans se soucier des artistes. Fait-il partie du numéro ou s’est-il échappé ? On ne sait. Par contre par sa seule présence et par les postures actives des 4 acrobates, le peintre a su bien rendre le côté dynamique du numéro présenté à nos yeux. Enfin un second point blanc et seul élément statique, une chaise au fond à droite, accentue cette impression.   

Cette petite huile sur contreplaqué (37,5 x 48,5) nommée "Al Circo" et provenant d’une collection privée italienn, a été peinte par Renato Natali (1883-1979), un peintre transalpin, grand admirateur de Toulouse-Lautrec (voir blogs 17/03/2011 & 24/03/2018) et de Modigliani. Artiste transalpin autodidacte adepte des couleurs vives et des contrastes audacieux, Renato Natali aimait peindre les petites gens issus des quartiers de la sa bonne ville portuaire et industrielle de Livourne, ainsi que des scènes de genre et de cabaret. Il a composé aussi d’autres huiles qui représentent les artistes de la piste, comme en témoignent ses quelques autres réalisations.

 

"Al Circo", une peinture transalpine
"Al Circo", une peinture transalpine"Al Circo", une peinture transalpine
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