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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Zavatta Franc-Maçon

Publié le 20 Novembre 2016 par cirk75 dans Franc-Maçonnerie

Mercredi dernier, certains circophiles se sont souvenus qu’en 1993, un 16 novembre, Achille Zavatta (voir blog17/05/2015) affaibli par les dialyses à répétition, meurt en se tirant une balle dans la tête dans sa maison à Ouzouer-des-Champs près de Montargis

avec la complicité de JihelStar incontestée de la piste Achille Zavatta, Franc-Maçon à la Grande Loge de France fut initié le 13 avril 1962 à  l'atelier "La Ruche d'Orient". Franc-maçon exemplaire, toujours d'une grande générosité, il a beaucoup aidé les artistes de cirque en retraite. Et lors de ses obsèques il eut droit à enterrement maçonnique particulièrement symbolique et poignant. Ce court parcours maçonnique de Zavatta est bien connu, et les media et sa fille Lydia l’ont largement relégué. Mais ce qui est moins connu, en 2003, dix ans après sa mort, a été composé une chanson maçonnique intitulée : "Il est mort le clown", une sorte d'ultime hommage musical rendu au frère Zavatta. En voici le texte :

Il est mort, le clown ...

Accablé par le mauvais sort,

Pliant sous le souffle du vent

Qui s'acharnait tout contre lui,

Il avait, appelant la mort,

Tourné son visage vers l'Orient,

Lui qui espérait tant en la vie...

 

Tourné son visage vers l'Orient,

Lui qui espérait tant en la vie,

Le Clown...

 

Désemparé, de tout son cœur,

Il souhaitait une belle embolie

Qui mettrait fin à ses malheurs

Et l'emporterait dans la nuit,

Loin, vers cet Orient Éternel

Qui ennoblit si bien notre ciel,

 

Loin, vers cet Orient Éternel

Qui ennoblit si bien notre ciel,

De Clown...

 

Sa vie pourtant avait été

Placée entre Équerre et Compas,

En aidant la société

Par ce bon rire qui, ici-bas,

Est si rare, mais nécessaire,

Car il fait oublier la misère...

 

Est si rare, mais nécessaire,

Car il fait oublier la misère,

Le Clown...

 

Mais la mort ne voulait pas de lui

Car, elle aussi, elle riait

A toutes ses belles pitreries,

Dans un fauteuil, elle s'installait

Et puis posait sa faux par terre :

C'est si bon parfois de fuir l'enfer...

 

Et puis posait sa faux par terre,

C'est si bon parfois de fuir l'enfer,

Chez le Clown...

 

Un jour il est entré en piste

Et il s'est inscrit sur la liste

Avec tous ceux qui, ce soir là

S'envoleraient vers l'au-delà.

Une belle et dernière grimace,

Une simple et banale farce...

 

Une belle et dernière grimace,

Une simple et banale farce,

De clown...

 

Il n'a pas attendu la mort,

Coquin de sort, rions encore !

Tous ses outils abandonnés

Entre les mains d'un autre Frère

Pour faire vivre l’œuvre humanitaire

A laquelle il avait tant travaillé...

 

Pour faire vivre l’œuvre humanitaire

A laquelle il avait tant travaillé,

Le Clown...

 

Au spectacle, la sinistre mort

Était venue, comme une enfant

Et pourtant madame la mort

S'en est retournée, en pleurant...

 

La comédie est terminée,

Car il s'est suicidé...

Le Clown.

Illustration signée Jihel

Poème René Palazzi

Musique Bernard Muracciole

#zavattafranc-maçon

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La Route du Bonheur (Saluti e baci) 1953

Publié le 19 Novembre 2016 par cirk75 dans Cinéma

Qu’est-ce qui peut bien attirer un circophile dans ce film franco-italien réalisé par Maurice Labro et Giorgio Simonelli ?

Peu de chose, mais cette œuvre cinématographique rappelle simplement qu’après-guerre et pendant quelques années la radio et le cirque ont fait piste commune (voir blogs20/11/2011, 16/01/2015 & 28/06/2015).

L’histoire que relate ce film se passe dans un petit village en Italie, où sous le chapiteau d’un cirque itinérant, se déroule une émission radiodiffusée. L’animateur Carlo Mastelli, sur le point d'être licencié s'il n'arrive à trouver une idée nouvelle, à la demande de Marina la jeune institutrice, lance un appel à tous "ses chers auditeurs" pour qu’ils envoient des cartes postales à Tonino, un jeune élève du village en grande précarité. Des artistes et des célébrités, vont être nombreux à répondre à cette demande... ce qui non seulement rendra Tonino heureux, mais dopera aussi l’audience et sauvera l’emploi de l’animateur radiophonique.

Dans ce film, est-ce un pressentiment ?  Ce sont les artistes de la chanson qui se mobilisent en masse, une sorte de tournée des Enfoirés avant l’heure et bien avant Les Restos du Cœur de Coluche...

Parmi les belles voix poussant la note, un certain nombre et non des moindres ont foulé la piste aux étoiles; Luis Mariano chez Pinder (voir blog15/05/2011), Georges Guétary chez Bouglione (voir blog18/12/2010) ou André Claveau au Radio-Circus. On voit aussi quelques comédiens ayant aussi arpenté la piste magique tel Christian Duvaleix (voirblog 14/12/2010) qui a été le partenaire de Buster Keaton au cirque Medrano et qui faisait partie des Branquignols lors de la tournée de 1952 du Cirque Bureau (voir blog04/03/2015). Clément Duhour (voir blog22/03/2015) metteur en scène du film  "Les 3 font ta paire" tourné sur la piste de Medrano, fait aussi une apparition dans le rôle du docteur de Blaize.

Une comédie charmante pleine d'artistes comme on en tournait à cette époque et  pour nostalgiques des années 50 et 60 

Film qui se regarde vraiment sans prise de tête.

#laroutedubonheur

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Varekai en France à Montpellier, Nantes, Toulouse, Strasbourg, Paris et Lille.

Publié le 18 Novembre 2016 par cirk75 dans cirques étrangers, Nouveau-Cirque

Depuis quelques temps le Cirque du Soleil ne boude plus la France et nous propose chaque année une de ses nombreuses productions  dans des endroits bien souvent différents. Ainsi "Corteo" et "Kooza" ont pu être applaudis  sous chapiteau sur l’Ile Seguin à Boulogne Billancourt, "Quidam"  sous la coupole de Bercy, et enfin "Amaluna" sous chapiteau mais cette fois-ci à Bagatelle. Cette année le Soleil présente une production plus toute jeune datant de 2002: "Varakai" mise en scène par le québécois Dominique Champagne, décor de Stéphane Roy, costume d’Eiko Ishioka et musique de Violaine Corradi.

Après Montpellier en mars dernier, et en novembre 3 étapes dans des Zéniths de province (Nantes, Toulouse, et Strasbourg), la tournée fait halte du 7 au 11 décembre à Paris, à l’AccorHotel Arena, car telle est désormais l’appellation commerciale de l’ancien Palais Omnisports de Paris-Bercy avant de s’achever à  Lille du 14 au 18 décembre.

Comme pour chaque spectacle du Soleil, une histoire, une sorte de fil conducteur relie les numéros entre eux. En effet dans sa scénographie cette entreprise de spectacle a supprimé M. Loyal jugé trop ringard pour nourrir la féérie du récit. Aussi pour mieux comprendre il est peut etre de savoir que l'action se passe dans une forêt lointaine, au sommet d'un volcan, où existe un monde extraordinaire où tout est possible. Un monde appelé Varekai. L'histoire débute lorsqu'un jeune homme (Icare) tombe du ciel. Ce jour-là, dans ce lieu lointain où tout est possible, s'amorce un hymne à la vie retrouvée. Et oui rien que ça …

Et pour la partie visuelle le spectacle propose parait-il des numéros clownesques, de la balançoire russe, des équilibres sur cannes, du trapèze triple, des danses géorgiennes, du cerceau aérien, un numéro sur béquilles, des sangles aériennes, de la jonglerie, des jeux icariens … à moins que ce soit autre chose car selon le producteur Varakai est en constante évolution… 

#varekai

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Dan Rice (1823-1900), un clown américain

Publié le 17 Novembre 2016 par cirk75 dans Clowns

Daniel McLaren,  alias Dan Rice est un clown américain aux multiples facettes: dresseur d’animaux, auteur, homme fort, compositeur, commentateur  politique, acteur, réalisateur, producteur, danseur... Il est si populaire qu’il envisage un moment de se présenter aux suffrages de ses concitoyens afin de devenir en 1848 Président des Etats Unis. Toutefois il y renonce et soutient activement la campagne de Zacharie Taylor qui deviendra le 12ème Président des Etats-Unis pendant 16 mois car il meurt prématurément du choléra-morbus, un terme du XIXème siècle désignant des troubles digestifs allant de la diarrhée à la dysenterie mais sans rapports avec le choléra.

Né à New-York en 1823, orphelin, il débute à 15 ans en tant que jockey. A 17 ans est engagé par un petit cirque avec qui il sillonne le Kentucky et l'Ohio. Il présente des spectacles de marionnettes mais présente des dons pour la danse qu’elle soit au sol ou sur un fil. Très vite il conçoit aussi des scénettes avec comme partenaire un cochon qu’il nomme Lord Byron. On le retrouve aussi en hercule forain ou en danseur noir, bref il est éclectique. 

En 1844 le "North American Circus Spalding & Rogers" ayant remarqué son don pour faire rire l’engage. Le public se presse pour voir cet acrobate amuseur et polémiste au verbe haut qui n’a pas son pareil pour égratigner la classe politique au détour d’une chanson ou d’un trait d’humour bien envoyé. D’autant plus qu’il se crée une silhouette bien à lui et facilement reconnaissable. Habillé d’un justaucorps et de hauts de chausse rayés avec manches bouffantes, portés sur un collant à rayures noires, coiffé d’un chapeau haute forme et chaussé de bottines. Tel apparaît sur piste la silhouette à la barbichette noire corbeau de Dan Rice.

Ses apparitions attirent des foules considérables et qui dit notoriété dit aisance financière, on parle même qu’au fait de sa gloire il gagne plus de cent mille dollars par an, autrement dit plus que le Président des USA. C’est aussi le moment où il fait connaissance du poète Walt Whitman ou du romancier Mark Twain. Ce dernier lui rend un bel hommage dans "Les Aventures de Huckleberry Finn" à travers la description d'un cirque.

Mais en 1876 une grave crise économique s’abat sur le pays et le plus célèbre clown d’Amérique compte parmi les victimes du krach financier. Et lorsqu’il obtient un engagement il rompt sans préavis et exaspère tout le monde. Il faut dire que depuis quelques temps il a un gout immodéré pour le gin, ce qui n’arrange pas son caractère.

Enfin à cette époque le cirque aux Etats-Unis change en adoptant les 3 pistes. Aussi le clown parleur, qu’est Dan Rice ne fait plus recette, son jeu est totalement inaudible. Ayant perdu toute sa fortune et n’ayant plus de contrat il s’installe dans le New-Jersey à Long Branch où il vit replié sur lui-même et, s’éteint en 1900 à soixante-dix-sept ans, et est enterré dans le cimetière Old First Methodist Church à West Long Branch.

Au mois d’aout chaque année à Girard en Pennsylvanie on célèbre un "Dan Rice Day" devant le monument aux mort qu’il avait fait érigé en souvenir des 617 000 morts fait par la guerre de sécession. Et oui la foule se recueille devant ce monument avant de se rendre dans les deux musée consacrés à cette guerre civile. Dan Rice reste aujourd’hui dans la mémoire populaire une sorte de clown patriotique…

Une biographie signée David Carlyon parue en 2001 raconte la vie de cet artiste un peu à part dans l’histoire du cirque américain…

#danrice

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John Bill Ricketts, père du cirque en Amérique du Nord (1769-1800)

Publié le 16 Novembre 2016 par cirk75 dans Franc-Maçonnerie, cirques étrangers

Lorsque l’on évoque les arts de la piste aux Etats Unis, trois noms viennent spontanément à l’esprit, Barnum (voir blog01/04/2015) Bailey (voir blog04/04/2015) et Rigling (voir blog 23/04/2012). Mais aucun n’est à l’origine du cirque américain, en effet c’est un écossais John William Ricketts dit John Bill Ricketts, qui peut en revendiquer le titre de fondateur du cirque sur le continent nord-américain.

Avant de fouler le sol américain, John Bill Rickets, débute à l'âge de 17 comme élève de l’écuyer Charles Hughes l’un des fondateurs du Royal Circus à Londres. Quelques années plus tard, après la déconfiture de son mentor, on le retrouve à l'Amphithéâtre équestre de Jones à Whitechapel où il propose un double numéro de cavalier et de clown.

En 1792 il s’embarque pour Philadelphie - rappelons  qu’à cette époque Philadelphie est la capitale de la jeune fédération - où il va reproduire au départ les spectacles qu’il avait vus en Angleterre.

Puis il ouvre le 3 avril 1793 à New-York un cirque, à l’angle de Market Street et de la 12ème avenue. Arène à ciel ouvert l’établissement permet à 800 spectateurs de prendre place autour d’un manège circulaire de 42 pieds (environ 14m). Au départ sa troupe est modeste et comprend outre Ricketts, son jeune frère Francis acrobate, le Signor Spinacuta danseur de corde, et le clown McDonald. Le succès est immédiat et parmi les spectateurs on note les 22 avril 1793 et ​​24 janvier 1797 un dénommé Georges Washington. Ce dernier est un farouche partisan de Ricketts, peut-être parce ce dernier est son maître en équitation et que comme bon nombre de directeurs de cirque, du moins à cette époque (voir blog11/02/2011), tous deux appartiennent à une Loge maçonnique. 

Suite à cette réussite John Bill Ricketts va organiser une tournée passant notamment par la Caroline du nord, la Virginie, le Maryland, la Nouvelle-Angleterre avant de retourner à New-York et à Philadelphie où le 19 octobre 1795 il ouvre un splendide cirque à Chestnut Street le Ricketts' Art Pantheon and Amphitheatre.  Bâtiment couvert et circulaire de 30m de diamètre, érigé sur le principe des cirques anglais avec un toit conique de 15 m de haut, comportant aussi en plus de la piste une scène pour les pantomimes, spectacle très en vogue à cette époque (voir blog01/09/2011) et pouvant accueillir 1 300 spectateurs.  Quelques temps plus tard à leur tour les bostoniens vont découvrir les charmes des arts de la piste grâce au Ricketts’ Equestrian Pantheon. Mais la gloire sera de courte durée car dès 1796, il devra affronter la concurrence d’un nouveau venu Philip Lailson, un écuyer suédois, qui sera à l’origine des parades dans les rues lui permettant d’acquérir une grande notoriété.

En 1797, une troupe dirigée par son frère Francis, donne le 5 septembre à Montréal et près de 200 ans avant le Cirque du Soleil, le premier spectacle cirque au Canada. Là aussi les spectateurs n’en croient pas leurs yeux devant de telles prouesses équestres et même certains y trouvent quelques incantations magiques ou surnaturelles. Ricketts remporte à Montréal un tel succès qu’il y passe tout l’hiver et va y construire un cirque moderne en pierre. Au printemps 1798, la compagnie se rend à Québec où elle présente pendant deux mois un spectacle avant de retourner à Montréal puis aux Etats-Unis.

Enfin comme beaucoup de confrères européens ses installations sont victimes de plusieurs incendies. Décourager, il quitte en 1800 les Etats-Unis, son bateau est capturé par des pirates français. Libéré il s’embarque à nouveau pour l’Angleterre mais son navire fait naufrage et John Bill Ricketts coule avec tous ses biens, il venait de fêter son 30ème anniversaire.  Sa mort a été enregistrée par sa mère en 1802 devant le tribunal de la prérogative de Canterbury.

John Bill Ricketts un des concepteurs du cirque qui comme Astley (voir blog07/06/2015) ou Franconi (voir blog08/06/2015) a laissé son marque dans l’histoire mondial de la piste.

#johnbillricketts

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Gilles Sainte-Croix, le co-fondateur du Cirque du Soleil

Publié le 15 Novembre 2016 par cirk75 dans Personnalités

Lorsque l’on évoque la création du Cirque du Soleil, on parle toujours de son guide, du moins c’est le nom qu’il s’est donné : Guy Laliberté (voir blog30/03/2015), mais c’est aller un peu vite en besogne en oubliant le rôle essentiel d’un autre québécois : Gilles Sainte-Croix, lorsque cette petite compagnie de cirque a vu le jour au début des années 80, au Québec à Baie-Saint-Paul, dans le comté de Charlevoix.

Né en 1949, à Abitibi région à l'ouest du Québec, Gilles Sainte-Croix n’est pas issu d’une famille du spectacle, son père est fermier. Aussi dans un premier temps il dirige une auberge le "Bacon Vert" tout en s’occupant de l’animation et de l’organisation des loisirs des jeunes voyageurs qui y résident. Et parmi ces derniers on trouve un jeune cracheur de feu revenant d’Europe, Guy Laliberté. En 1980 Gilles Sainte-Croix fonde, après avoir obtenu une subvention du gouvernement québécois, une troupe de théâtre dont l’originalité est de se produire sur des échasses. Ce groupe nommé "Les Échassiers de Baie-Saint-Paul" parmi lesquels se trouve bien entendu Guy Laliberté, déambule sur des échasses, jongle, danse, crache du feu et joue de la musique; intrigant et émerveillant les résidents de l’endroit. Cette formation produit plusieurs spectacles : "la légende d’Alexis le Trotteur" (légende québécoise) ou "Le défilé du Dragon", présentés dans les principales villes du Québéc.

Puis en 1982 la troupe fonde "Le Club des talons hauts" afin d’organiser un évènement culturel, nommé Fête foraine comme au Moyen-âge où les amuseurs publics se donnent rendez-vous pour échanger et animer pendant quelques jours les rues de Baie-Saint-Paul. Et devant la réussite, cette manifestation sera renouvelé en 1983 et en 1984. Suite à ces succès Gilles Sainte-Croix, Guy Laliberté et leurs complices nourrissent dès lors un rêve fou : créer un cirque québécois. Et ça tombe bien, en 1984 le Québec pour célébrer le 450ème anniversaire de la découverte du Canada par Jacques Cartier recherche, un spectacle afin de faire rayonner les festivités dans tout La Belle Province. Et nos artistes réussissent à convaincre les organisateurs avec leur projet de spectacle, nommé Cirque du Soleil.

En l’état le projet devait durer un an mais comme on le sait le Cirque du Soleil existe toujours même si les membres fondateurs ont plus ou moins cessé leur activité.

Jusqu’en 2014, Gilles Sainte-Croix a été artiste, metteur en scène, directeur de création ou vice-président du le Cirque du Soleil. Parallèlement en 2001, il crée "Cheval Théâtre", premier spectacle équestre en Amérique du Nord, en 2011, "Circo de Los Niños", une école de cirque pour enfants, au Mexique. Mais en 2014 après être gravement tombé malade deux ans auparavant, il quitte l’entreprise de spectacle québécoise. "C’était trop gros, il y avait trop de responsabilités, indique-t-il. C’était une compagnie construite sur les opportunités. Mais à force de répondre toujours aux opportunités, les bouchées étaient devenues grosses. Dans les dernières années, le développement s’est emballé et on faisait trois shows par année. A un moment donné, mon élastique a pété."

En retrait Gilles Sainte Croix relate toute son aventure circassienne dans un livre, "Ma place au soleil" paru dernièrement . Il y compte aussi bien les petits conflits internes comme les rencontres marquantes de sa vie. Celle bien entendu avec Guy Laliberté, avec le metteur en scène Franco Dragone (voir blog10/10/2015), avec Steve Wynn, l’entrepreneur américain des casinos de Las Vegas. Il y relate son amitié avec Paul McCartney ou celle avec George Harrison, le guitariste des Beatles avec qui il a travaillé pour créer le spectacle "Love", ainsi que son son rôle de directeur de création sur "Saltimbanco", "Alegria", "Quidam", "Delirium" ou "Love"…

En 2016, il est nommé Compagnon de l’Ordre des arts et lettres du Québec et travaille à l’heure actuelle pour les spectacles de Céline Dion.

#gillessaintecroix

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Une histoire du cirque par Pascal Jacob

Publié le 14 Novembre 2016 par cirk75 dans Livres

Pascal Jacob grand spécialiste des arts de la piste nous propose un ouvrage coédité par les Editions du Seuil et la BNF très richement illustré de dessins, gravures, lithographies, affiches, photographies, issus pour la plupart de son département consacré aux Arts du spectacle (voir blog26/02/2014), livre qui propose une histoire du cirque, depuis ses origines jusqu’à ses formes les plus contemporaines.

Au fil des 240 pages d’un récit passionnant, les 180 illustrations accompagné d’un texte remarquablement écrit, dévoilent les secrets de chacune des disciplines qui peuplent la piste et nous entraînent dans un voyage planétaire haut en couleur. Cet ouvrage ponctué d’une douzaine d’encadrés consacrés aux figures les plus emblématiques de  l’histoire du cirque, ayant pour nom: Les Franconi, Pauline Cuzent, Jules Léoard, Footit & Chocolat. Claire Héliot, Phineas Taylor Barnum, Roger Lanzac, Margarita Nazarova, karandach, Xio Ju Hua, John Ringling North et Annie Fratellini, est un splendide présent pour les fêtes de fin d’année autant pour les amateurs de cirque que pour les circophiles éclairés.

#pascaljacobunehistoireducirque

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Alexandre Romanès, un tzigane Chevalier de la Légion d’Honneur

Publié le 13 Novembre 2016 par cirk75 dans Personnalités, Nouveau-Cirque

Né à Paris en 1951, au milieu des chapiteaux de la famille Bouglione,  fils du dompteur Firmin Bouglione (voir blog25/12/2014) beau-frère d’Alexis Gruss (voir blog13/02/2012), Alexandre Romanès a reçu mercredi 9 novembre de la part de la Ministre de la Culture Audrey Azoulay, la Légion d’Honneur. Il entre ainsi dans le cercle trop fermé des tziganes honorés par la République. Seul avant lui et en 2015, le pasteur Georges Meyer avait été honoré pareillement, par le ministre de l’intérieur et des cultes Bernard Cazeneuve.

Revenons sur le parcours fort original de cet artiste qui se fait désormais appeler de son "nom de guerre" Romanès, Bouglione étant selon ses dires son "nom de jeune fille".

Comme tout enfant de la balle il entame une carrière dans le monde du cirque où notamment il pratique l’acrobatie, l’équilibriste sur échelle, et devient à l’instar de son père dompteur de fauves (voir blog10/12/2015). Mais au début des années 70, le cœur gros il quitte son clan frustré par la tournure prise par sa famille qui n'incarne plus suffisamment à ses yeux les valeurs de la culture tzigane.

Quelques années plus tard, dans les années 90, il rencontre une Gitane de la communauté roumaine du camp de Nanterre et issue de la tribu des Lovaris, Délia, qui devient sa femme. Avec son épouse il fonde le premier cirque tsigane d'Europe, composé d'un orchestre venu des Balkans et de Gitans : le Cirque Romanès.

Délia chanteuse tzigane de Roumanie, accompagne le spectacle du cirque avec un orchestre Tzigane des Balkans. Avec leurs six enfants, ainsi qu'avec leurs 6 petits-enfants, ils voyagent et font connaitre au mieux la culture Tzigane et Gitane en France ainsi qu'à l’Étranger!

Ainsi en 2010 lors de l’exposition universelle de Shangai, dans le pavillon français en plus des chefs d’œuvre prêtés par le musée d’Orsay, le cirque Romanès est présent et se produit à de nombreuses reprises. 

Mais la même année, Alexandre Romanès entre en résistance contre le gouvernement qui veut appliquer la loi interdisant le travail des enfants au sein de son cirque et se bat pour conserver ses musiciens roumains menacés d’expulsion.

Aujourd’hui le nouveau spectacle du cirque tzigane, "Si tu m'aimes plus, je me jetterai par la fenêtre de la caravane", entend décrire avec humour et poésie les vicissitudes auxquelles est confronté le cirque Romanès. En effet depuis quelques temps cet établissement installé dans le 16e arrondissement, près de la Porte Maillot, dans le square Parodi est, et c’est le moins que l’on puisse dire, mal accueilli par la population. On constate de nombreux actes de vandalisme ainsi qu’une baisse alarmante de la fréquentation suite aux attentats du 13 novembre (voir blog09/10/2015).

Pourtant le cirque Romanès c’est le partage, la fraternité, la convivialité à travers la musique, la danse, la peinture, le théâtre et aussi la littérature. Et oui car Alexandre Romanès est aussi écrivain et sort en ce moment aux éditions l’Archipel son dernier ouvrage "Les corbeaux sont les Gitans du ciel". Dans ce livre il évoque son enfance et ses rencontres avec des hommes et des femmes d’une grande modestie, mais riches de sentiments. Et aussi avec des poètes qui deviendront ses amis : Jean Genet, Jean Grosjean, Jean-Marie Kerwich, Christian Bobin et Lydie Dattas, qui lui apprendra à lire.

Ce livre qui commence ainsi : " J’ai un nom mais ce n’est pas mon vrai nom. Mon nom, le vrai, je ne le prononce jamais. Si par accident il m’arrive de le prononcer, je dis toujours que ce n’est que mon nom de jeune fille. Et puisque la vie est un combat, j’ai un nom de guerre: je m’appelle Alexandre Romanès."

Toute la personnalité de cet artiste se trouve dans ces phrases… Alexandre Romanès un homme attachant, pudique, fier, et, ardant défenseur de la cause tzigane …

#alexandreromanès

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La Strada (1954)

Publié le 12 Novembre 2016 par cirk75 dans Cinéma

Frederico Fellini a été fasciné toute sa vie par les arts de la piste. Aussi n’est-il pas étonnant  qu’au moins dans trois de ses œuvres le cirque apparaisse. La piste magique est présente très tôt dans ses films, d’abord de manière indirecte avec "Les Feux du Music-hall" en 1950, puis plus explicitement en 1971 dans "La Strada" puis enfin dans une de ses dernières oeuvres "Les Clowns" en 1971 (voir blog13/10/2010), où il filme une sorte de voyage nostalgique à la rencontre des clowns traditionnels et de leurs souvenirs. Cela donne un faux documentaire sur les rapports du cirque et du grotesque, qui a quelques fois bien irrité les circophiles.

Tout autre est "La Strada" (la route), mélodrame psychologique montrant l’existence misérable et indigente vécue par les gens du voyage. Le scénario relate la triste histoire de Gelsomina (Giulietta Masina), une femme enfant naïve et généreuse, vendue par sa mère à un hercule de foire brutal et obtus, Zampano (Anthony Quinn). A bord d'un étrange équipage - une moto à trois roues aménagée en roulotte - le couple sillonne les routes d'Itali en menant la rude et triste vie des forains où Zampano accomplit un numéro de briseur de chaines sur les places publiques. Parallèlement ce dernier ne cesse de rudoyer sa compagne et de la tromper sans vergogne. Elle de son côté s'efforce pourtant de lui complaire avec une touchante obstination.  Puis à un moment, surgit Il Matto, autrement dit le fou (Richard Basehart) un violoniste-poète-philosophe-farceur, saltimbanque aussi. Il agace à plaisir le pauvre Zampano et raconte à Gelsomina de très belles et très édifiantes histoires sous forme de paraboles. Exaspéré, Zampano finit un jour par le tuer. Le temps passe... Gelsomina, prostrée, ne peut se consoler de la mort du Fou, aussi Zampano l'abandonne sur la route. Des années plus tard, il apprend sa mort alors, pour la première fois de sa vie, il éclate en sanglots.

Ce film a fondé sa réputation sur l’antithèse de ses personnages, sur la poésie de leurs gestes quotidiens, et sur la dure alternance entre décrépitude et joie de vivre insatiable, ce qui permet de comparer la vie au cirque. Les rôles de scènes s’entremêlent aisément avec ceux des relations entre Gelsomina et Zampano jusqu’à s’étendre sur le troisième personnage, Il Matto, simple clown, seul à posséder un réel sens de l’humour. A en croire Fellini, ce jeu de passe-passe entre la devanture de la scène absurde des clowns et de l’existentialisme du réel s’opère avec grâce sans jamais forcer la continuité du film tout en maintenant cet aspect magique.

Film célèbre non seulement pour ses personnages voire pour son brillant  scénario, mais aussi pour les mélodies, qu’un jeune compositeur peu connu à cette époque Nino Rota, a composé et, dont le thème principal joué à la trompette par bon nombre de clowns sur la piste aux étoiles reste depuis un classique musicale des chapiteaux.

#lastrada

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Montréal capitale du cirque contemporain

Publié le 11 Novembre 2016 par cirk75 dans Economie, Nouveau-Cirque

Si Paris était au XIX ème  siècle la capitale mondiale du cirque (voir blog20/11/2013), Montréal  est au XXI ème siècle celle du cirque contemporain. Et cela est d’autant plus surprenant que le Québec n’a jamais été historiquement une terre des arts de la piste. En effet ce n’est qu’un certain 6 juin 1984 à Gaspé au Québec, il y a de cela un peu plus de trente ans, que le Cirque du Soleil a donné sous un chapiteau de 800 places sa première représentation c'est-à-dire celle d’un cirque authentiquement québécois.

Mais le fait que Montréal soit devenue en moins de deux décennies, la ville du cirque s’explique aussi par l’apport de plusieurs évènements mondiaux. En 1967 l’Exposition Universelle et en 1976 les Jeux Olympiques font étape à Montréal et sans le savoir, ces 2 évènements ont donné indirectement le signal de la création d’un cirque au Québec.

Avec l’Expo, les québécois perdent leur sentiment d’isolement linguistique, religieux et rural. Ils s’ouvrent au monde extérieur, et prennent gout aux spectacles proposés lors de cette manifestation.  Neuf ans plus tard les J. O. ont joué aussi un rôle essentiel en introduisant au Québec la notion d’élite. En effet lors de ces Jeux sont notamment couronnés des gymnases ayant pour nom Nadia Comaneci ou Olga Korbut, athlètes  qui ont donné une autre dimension médiatique et populaire à leur sport. De plus, gymnases et acrobates québécois se côtoient et s’entrainent à Montréal au Centre Immaculé-Conception (voir blog08/10/2016) des années avant que le Cirque du Soleil ne mélange gymnastique et arts de la piste. Notons aussi en 1982, car c’est une donnée importante,  une tournée du Cirque acrobatique de Chine venue à l’origine pour 3 semaines et qui restera  2 mois pour la plus grande joie du public montréalais. Enfin n’oublions, le rôle de Gilles Sainte-Croix et ses échassiers de la baie, de Guy Caron –le fondateur de l’école national du cirque de Montréal- et de Guy Laliberté  (voir blog30/03/2015), personnages importants car tous 3 ressentent la même envie : explorer un mode de spectacle nouveau, du moins par rapport à ce qui se fait à cette époque dans "La Belle Province". Et ainsi se dessine peu à peu dans leur esprit les prémices d’un genre pouvant rassembler à la fois l’art de la fête, le spectacle de la rue et l’acrobatie. Et c’est grâce au mixage de tous ces ingrédients que se sont construits les cirques québécois mondialement reconnus. Mais le récit serait incomplet si nous taisions l’apport important que le cirque Roncalli (voir blog24/12/2014) a eu, tant pas son raffinement que par son côté festif, sur la forme du cirque québécois.

Aujourd’hui Montréal est devenu on le voit un lieu incontournable du cirque contemporain. Non seulement les principaux cirques québécois comme le Soleil, Eloize, les 7 doigts de la main… y ont leur siège social, mais cette ville compte aussi une des meilleures écoles du monde de cirque : l’ENC (voir blog08/11/2016) ainsi qu’une remarquable Cité du Cirque : La Tohue (voir blog18/09/2013). Dans ce lieu -dépositaire du Fonds Jacob-William, une des plus importantes collections privées consacrées aux arts du cirque- on trouve notamment une salle de spectacle circulaire d'une capacité de 900 personnes, les bureaux d’En Piste, le centre d’hébergement des artistes du Cirque du Soleil, ainsi que les bureaux de la structure qui organise depuis 2010 un festival mobilisateur et novateur nommé "Montréal Complètement Cirque". Manifestation qui chaque année en juillet sur de nombreux emplacements de la plus grande ville québécoise propose dix jours de programmation cirque à son public toujours grandissant. La prochaine édition doit se tenir du 7 au 17 juillet 2017 sur 37 scènes réparties sur toute la ville.

Oui tel est Montréal capitale du cirque contemporain, ville qui vit et respire cirque et dont l’apport économique dû aux arts de la piste n’est nullement négligeable ….

#montréalcirquecontemporain

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