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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Une confidence de Maigret, d'Yves Robert (19

Publié le 3 Avril 2018 par cirk75 dans Cinéma

"Une confidence de Maigret" est non seulement un roman de Georges Simenon publié en 1959 se déroulant entre les 26 avril et 3 mais 1959 en Suisse dans le Canton de Vaud, mais c'est aussi le titre d'un des nombreux épisodes que Jean Richard a tourné entre 1967 et 1990 pour la télévision.

La 50ème énigme résolue par Maigret, sous les traits de Jean Richard avec comme point de départ l’arrestation d’un matelot pour tentative d'assassinat, rappelle à notre commissaire une autre affaire vieille de cinq ans dans laquelle un homme, accusé du meurtre de sa femme (le juge d'instruction avait conclu un peu hâtivement à sa culpabilité) est tué lors de son évasion montée au cours d'une "opération-piège"par la police .

L’intérêt de cet épisode, réside principalement dans une scène tournée à Ermenonville, et plus particulièrement dans le chapiteau fixe que le comédien directeur de cirques avait fait édifier dans le parc. On y voit le Commissaire Maigret interrogé autour de la piste un certain Max, régisseur de ce cirque. Pendant cette discussion on voit par exemple deux otaries en répétition ainsi qu’un décor  utilisé dans la célèbre émission télévisuelle "1,2 ,3 en piste" co-animée par Jacqueline Monsigny et Marcel Fort (voir blog06/10/11).

Une particularité à noter, si le rôle du Commissaire bien entendu est interprété par Jean Richard, c’est également lui qui joue le rôle de Max avec une dégaine et un accent fort différents de ceux de Maigret (imperméable, chapeau et pipe).

Notons qu’un second entretien aura lieu entre les deux protagoniste qui se tiendra cette fois à l’intérieur du Zoo d’Ermenonville. Comme quoi Jean Richard savait utiliser ses rôles et nous l’avons déjà vu (voir blog12/12/16) pour mettre en valeur ses installations à Ermenonville.

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Du retard pour les chroniques de Jacques Richard

Publié le 2 Avril 2018 par cirk75 dans Livres

Dans un courrier adressé aux souscripteurs de l’ouvrage reprenant 30 années de chroniques du journaliste Jacques Richard, écrits  allant de  1968 à 1997 (voir blog23/09/17), les services de l’Editeur  "Les Presses universitaires de la Méditerranée" dépendant de l’Université Paul Valéry de Montpellier, fait savoir que ce un livre de 300 pages, format 16 x 24 cm et 220 illustrations prévu au départ en décembre 2017 ne sera disponible qu’en mai prochain.

Les circophiles comprennent ce long retard et restent impatients de pouvoir consulter ce livre qui relate le passage du cirque traditionnel au nouveau cirque, ainsi que les textes signés  François Amy de la Bretèque, Philippe Goudard et Marie-Ève Thérenty étudiant ces chroniques aux prismes du cirque, de la télévision et de la presse.de ses échos dans la société et de son émergence comme phénomène culturel.

Mais comme disait Pierre Dac:"À force de chercher midi à quatorze heures, on finit par perdre son temps." Alors souhaitons aux "Presses universitaires de la Méditerranée" qu'elles ne perdent pas et nos meilleurs vœux de santé à la personne en charge du projet.

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François Bidel (1839-1919) Un lion parmi les lions

Publié le 1 Avril 2018 par cirk75 dans Dompteurs

Photo de Mandar

Photo de Mandar

Jean Baptiste, François Bidel, dit François Bidel nait à Rouen le 23 novembre 1839. Son père d’origine paysanne avait délaissé la terre pour présenter dans les foires et fêtes normandes  des panoramas des guerres du Ier Empire. Puis une fois la mode napoléonienne passée le père Bidel avait monté un cabinet d’histoire naturelle où quelques animaux vivants voisinaient à côté d’autres empaillés. Bref  les Bidel étaient des gens du voyage et le jeunes François  un enfant de la balle.

A la mort de son père, il n’a pas 6 ans, il suit sa mère qui se remarie avec Upilo Faïmali un dompteur italien qui s’était fait remarqué en France à l’Hippodrome de l’Etoile (voir blog30/03/18). Le beau-père mène la vie dure à son beau-fils qui s’enfuit et vit au hasard des rencontres.  Après divers métiers il rencontre le musée de cire ambulant de M. Lécuyer où il est engagé comme bonisseur pour attirer le chaland. Chez les Lécuyer il remarque aussi la fille, sa cadette de 3 ans et devient éperdument amoureux de la jeune Marie Mais la nostalgie des fauves est là et Bidel  quitte la famille Lécuyer en jurant à son amoureuse qu’il reviendra l’épouser et, part pour se confronter aux gros félins.

C'est ainsi qu'après quelques petits boulots, il fait un passage comme garçon de piste à la Ménagerie Bernabo, ou exhibe quelques serpents pour la Ménagerie Schmidt. Puis étape à Anger où il retrouve 7 ans plus tard les Lécuyer, et  Marie maintenant majeure. Les jeunes se marient et Bidel pour faire bouillir la marmite accepte une place de régisseur au cirque Rancy où il dressera 2 chevaux sauvages et 2 loups.  Se doutait-il en travaillant dans cette entreprise que quelques années plus tard sa fille Jeanne épousera Alphonse un des fils de Théodore Rancy (voir blog22/09/11) ? Certainement pas, car le destin est souvent inattendu.

 

Puis ayant quelques économies, une fois à Lyon il se procure un singe, un boa constrictor et 2 caïmans le tout formant la genèse de la Ménagerie Bidel, qui avec le temps va se développer considérablement et devenir l’une des plus importantes du monde.

Chevelure noire rejetée en arrière, voix impérieuse, regard dominateur, le belluaire travaille maintenant en redingote bleue ou noire, culotte collante gris perle et botte à l’écuyère, ce qui ajoute un certain chic à son allure générale. Bidel, en opposition avec les autres dompteurs qui affichent bien souvent un laisser-aller vestimentaire, a on le voit le soucis de la mise élégante et du bon goût aristocratique. 

Autre particularité bidelienne, il présente  ses numéros en cage centrale ce qui pour l’époque est une nouveauté. Et en faisant se déplacer les fauves et en les présentant en férocité il obtient ainsi de de forts rugissements ou grognements qui impressionnent beaucoup les spectateurs, qui viennent de toutes les couches de la société. Et c’est ainsi qu’en Italie Victor-Emmanuel et en Espagne Alphonse XIII sont un jour venus l’applaudir et y prendre un grand intérêt.

Bidel a même dompté un Préfet de police, au nom charmant de Gigot. En effet le Préfet Gigot refusait,  que le dompteur installe sa ménagerie d’une façon stable à Paris sur  un terrain situé Bd. Richard-Lenoir. Mais Bidel fut plus coriace que le tendre Gigot et obtient à la longue une autorisation de 6 mois, puis il ira s’installer dans une annexe des Magasins Généraux, place du Château d ’eau avant de reprendre ses tournées en province.

Mais un certain 6 juillet 1886 à la fête de Neuilly (la célèbre fête à Neu-Neu) un splendide lion nommé Sultan l’agresse. Bidel doué d’une force peu commune échappe de peu à la mort en serrant entre ses mains la gorge de son agresseur, pendant que deux fidèles assistants Ludovic et Gaétan Manetti lui viennent en aide.

Suite à cet accident qui aurait pu être mortel, il a tout de même reçu 17 blessures au cou, à la nuque et à l’épaule il doit rester alité 3 mois. Pendant cette période de repos forcé Bidel ne reste pas inactif. Il rédige avec le journaliste et écrivain Edmond Bazire ses mémoires, et jette les bases d’une mutuelle pour venir en aide aux forains nécessiteux.  Et  grâce à son entregent  que le 20 avril fut portée sur les fonts baptismaux "La Mutuelle Industrielle", dont il fut le 1er  président avec Jean-Baptiste Revest, un propriétaire de manège à bateaux et Ferdinand Corvi un un propriétaire d’un cirque ambulant comme Vice-Présidents.

Comme on voit  fin  XIX° siècle Bidel est à l’apogée de sa gloire. Il est tant célèbre que son nom de famille est même devenu un nom commun utilisé en marine comme dans les chemins de fer.

Ainsi dans la marine, le capitaine d'armes est  familièrement désigné sous le sobriquet de bidel. En effet parmi  ses prérogatives il doit  faire respecter la discipline notamment lors d’une escale, il doit gérer les permissionnaires parfois turbulents après une bordée à terre trop arrosée. On pense que ce sobriquet est né d'une plaisanterie de matelot à propos d'un capitaine d'armes se targuant de savoir dresser les fauves.  D’où cette expression c’est un bidel !

Mais ce n’est pas tout, entre les deux guerres mondiales certains wagons de tramway ou de train de banlieue (voiture à deux étages, avec une impériale fermée par des treillis évoquant un grillage) ont été surnommés Voiture Bidel en raison de leur ressemblance avec les véhicules de transport des fauves de la ménagerie Bidel.

Bref Bidel n’est pas qu’un belluaire c’est une légende, un mythe, qui fascine son époque et n’arrête pas. Avec l’arrivé du cinématographe, comme on appelait à cette époque l(invention des frères Lumière, il transforme sa Ménagerie en théâtre zoologique avec  projections cinématographiques complètant le spectacle, où les dompteurs déguisés en arabes, indiens, esquimaux font travailler dans des décors appropriés des lions, tigres, ours polaires…

Mais la maladie commence dramatiquement  à l’handicaper, aussi Bidel se retire dans sa maison à Asnières et décède le 24 décembre 1909 quelques semaines après son épouse Marie qui s’était éteinte le 3 septembre.

Le 22 février 1910 sa ménagerie fut vendue aux enchères place de la mairie à Asnières, la légende Bidel est définitivement morte.

De nos jours où les rapports entre l'animal et l'homme sont remis en question, où l"animal possède des droits du moins dans la plupart des pays occidentaux, les ménageries qu'a su créer Bidel représentent une époque antédiluvienne, un temps révolu,  et difficilement compréhensible en 2018.

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L’écuyère à panneau au Cirque Medrano de Jean Dufy (1932-1935)

Publié le 31 Mars 2018 par cirk75 dans Art

Voici un incontournable de la piste, l’écuyère à panneau, numéro créé d’après la légende par les épouses d’Henri et Laurent Franconi, les fils du créateur du cirque français : Antonio Franconi (voir blog08/06/15).

Ce "plus beau symbole du cirque" selon Alexis Gruss fut souvent immortalisé picturalement notamment par Henri de Toulouse-Lautrec (voir blog17/03/11) Georges Seurat (voir blog11/04/13) ou François Flameng (voir blog22/12/17). Pour les non-initiés rappelons que le panneau, imaginé en 1849 par l’écuyer James Morton, est une large selle plate qui sert de support aux figures que souhaite exécuter l'artiste et qui est incliné vers le centre de la piste .

A la fin du XIX° siècle et début du XX° l’écuyère à panneau était un classique obligatoire qui avait sa place dans bon nombre de programmes et dont la mise en piste était immuable. On voyait ainsi l’écuyère juchée sur le panneau crever des cerceaux en papier (nommés ballons dans le langage circassien) en envoyant des baisers au public,. Puis un Auguste entrait en piste un bouquet de fleurs à la main, pour le donner à la belle qui entre temps s’était assise. L’amoureux transi lui disait qu’elle est "la plou zolie damoizelle qu’il n’a jamais vou". Sur ces belles paroles le Maître de piste, interrompant la déclaration de l’Auguste, faisait claquer sa chambrière. La belle se remettait debout, talons joints sur la coupe du cheval au galop, proposant encore quelques entrechats plus ou moins acrobatiques puis regagnait les coulisses.

A bien y regarder on trouve dans l’huile de Jean Dufy (voir blog09/02/14) une toile de 33 sur 24, tous les ingrédients composant ce numéro. L’écuyère est en équilibre sur son panneau, pendant que son cheval se cabre. On distingue aussi à gauche le Maître de piste, et en bas à droite un clown. L’établissement dans lequel ce numéro est brossé est le cirque Medrano, bien reconnaissable à ses frises en arcs de cercle décorant le pourtour supérieur et assurant un lien entre le toit et la coupole. Jean Duffy a représenté partiellement en haut, et sur la partie gauche ces arcades et à la suite de cette décoration on aperçoit une partie de l’orchestre qui se trouve au-dessus de la gardine, le rideau séparant les coulisses de la piste.

Cette toile n’est pas la seule que Jean Dufy ait peinte ayant pour sujet l’écuyère à panneau. Dans les années 50 il est revenu plusieurs fois sur ce thème qui lui est cher avec une écuyère qui a modifié son vêtement, le tutu romantique et classique ayant fait place à des costumes plus modernes.

Jean Dufy, un connaisseur de la piste, avait comme amis les Fratellini (voir blog18/05/15), Porto (voir blog14/04/13), Rhum (voir blog23/04/11), Zavatta (voir blog17/05/15) ainsi que le dompteur et chef de piste Trünk et dont on retrouve leurs silhouettes dans certaines de ses toiles.

L’écuyère à panneau au Cirque Medrano de Jean Dufy (1932-1935)
L’écuyère à panneau au Cirque Medrano de Jean Dufy (1932-1935)
L’écuyère à panneau au Cirque Medrano de Jean Dufy (1932-1935)
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L’Hippodrome de l’Etoile ou de la République (1845-1856)

Publié le 30 Mars 2018 par cirk75 dans Bâtiments

L’Hippodrome de l’Etoile ou de la République (1845-1856)

Paris a connu de nombreux hippodromes (voir blog17/12/10), dont le premier fut situé non loin de la Barrière de l’Etoile, passage obligé au XIX° siècle pour la bourgeoisie parisienne désireuse de se rendre à cheval ou en carrosse au Bois de Boulogne.

Ce premier établissement conçu pour les jeux équestres naquit de l’imagination fébrile de Laurent et Victor Franconi , le fils et le petit fils du créateur du cirque français : Antonio Franconi (voir blog08/06/15).

Construit d’après les plans de l’architecte Charles Rohaut de Fleury, cette enceinte bleue et blanche en bois, longue de 130 mètres au style mauresque, avec des mâts vénitiens au faite desquels flottaient des oriflammes, présentait une forme elliptique. Le bâtiment était composé d'un toit posé au-dessus des gradins où prenaient place les spectateurs et d'une arène à ciel ouvert longue de 104 mètres sur 68 mètres de large.  Au centre on trouvait une piste circulaire de 13 mètres de diamètre, une norme toujours de mise aujourd'hui pour les pistes de cirque. Enfin un large chemin pour les courses de chevaux et de chars entourait le tout. Par contre on ignore toujours le nombre de spectateurs qui pouvait être accueilli, d’après certains documents la jauge était de 8 000 pour d’autres 15 000. Le mystère aujourd'hui reste entier.

L’inauguration eut lieu le 3 juillet 1845. Au cours de ce premier spectacle les parisiens présents purent voir outre un cortège chevaleresque, une course avec franchissements de haies, mais aussi un spectacle de singes montant sur des poneys et point d'orgue une course de chars à la romaine. Le succès fut immédiat. Il faut dire que les parisiens se passionnaient à cette époque pour les courses de chars, d’autruches, de steeple-chase, de carrousels, les numéros d’équitation ou les ascension en ballon.

De plus, les mises en scène de Laurent Franconi dont le célèbre "Camp du Drap d’Or" attirait la foule. On dit même que les recettes de la première saison ont servi à payer tous les travaux, tandis qu’au même moment les directeurs de théâtre se plaignaient du manque de spectateurs.

Suite à la Révolution de 1848  l’établissement est rebaptisé  l’hippodrome de la République afin de tenir compte du nouveau régime. Et de l'air du temps.

Parmi les artistes renommés qui s'y sont produits notons en 1852 la célèbre Madame Saqui (voir blog21/16/2012). Elle présenta avec succès à 66 ans ses célèbres exercices sur un fil, travestie en pèlerin et affublée d’une barbe postiche.

Mais l’aventure de ce premier hippodrome prend fin le 27 juillet 1856. Le bâtiment est définitivement supprimé, le Baron Haussmann commençant les aménagements qui vont transformer totalement une grande partie de Paris, avec notamment la construction en lieu et place de ce premier hippodrome d’une place gigantesque et la disparition de la Barrière de l’Etoile. Place qui prendra comme nom celui de cette enceinte des fermiers généraux.

Cependant les parisiens ayant pris goût à ce genre de productions grandioses et équestres, d'autres hippodromes verront le jour dont le dernier en 1974 est du au comédien et homme de cirque Jean Richard (voir blog21/11/10).  Mais ceci est une autre histoire.

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La Compagnie Ea Eo, un déroutant collectif de jonglage

Publié le 29 Mars 2018 par cirk75 dans Nouveau-Cirque

 

Cette troupe belge fondée en 2009 par Jordaan De Cuyper, comprend aujourd'hui 5 jongleurs bien déjantés qui ont débuté  dans l'événementiel: anniversaire, mariage, inauguration de centre commercial, ouverture de la ligne Thalys Paris-Bruxelles...

Après dans un premier temps avoir tourné avec deux spectacles  nommés "How to Welcome the Aliens" et  "m²", le collectif crée en 2014 une  production iconoclaste "All the fun"créée en 2014 sorte de  rituel  "défoulatoire" qui joue avec l’incertain, le bizarre, le doute et qui tente de répondre aux questions existentielles à l'aide d'objets en plastique produits de manière industrielle.

Jonglage et paillettes : le spectacle est conçu comme une grande fête familiale dont les règles s'inventent au fur et à mesure. Entre l’exploit et le non-sens, on ne sait plus où donner de la tête, mais l’essentiel demeure dans la maîtrise du geste. Pour affirmer que "les chutes déterminent à peu près où s’arrête la vie et où commence la mort", ou encore que "jongler rallonge l’espérance de vie et rend les animaux super-sympas", il faut un vrai brin de folie et une audace bienvenue. Le message de fond est aussi peu clair que possible, si bien que les artistes eux-mêmes (Jordaan De Cuyper, Sander De Cuyper, Bram Dobbelaere, Éric Longequel, Neta Oren) ne sauront pas s'il y a vraiment si tout ça n'est qu'une bonne blague racontée dans une langue que personne ne comprend réellement.

Bref un moment sans pareil, à voir en ce moment dans quelques salles franciliennes...

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Les Arènes de Lutèce, arènes de la piste

Publié le 28 Mars 2018 par cirk75 dans Cirques d'hier

Les Arènes de Lutèce mises à jour en 1869 lors des travaux entrepris par la Compagnie des Omnibus pour en faire un dépôt, retrouve en 1944 une raison d’être grâce à Albert Rancy. Ce dernier contraint et forcé de devoir quitter le Grand Palais de Paris (voir blog16/03/16), trouve un autre endroit prestigieux où planter en plein air son cirque : les Arènes de Lutèce. Ainsi dans le plus ancien monument de Paris construit au Ier siècle il présente à partir du 13 aout 1944 un très éphémère cirque. En effet 6 jours plus tard le 19 aout commence la Libération de Paris qui va mettre fin à cette entreprise. De nombreuses photos de ce cirque en palc peuvent être consultées sur le site des monuments Nationaux (http://regards.monuments-nationaux), témoin ces deux photographies qui proviennent de cette époque et qui furent prises par les frères Séeberger montrant ainsi des parisiens très avides de spectacles.

Albert Rancy ne s’avoue pas vaincu et en mai et juin 1945  installe son cirque cette fois au Jardin d'Acclimatation, mais ceci est une autre histoire…

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The last Circus (Balada Triste de Trompeta) 2010

Publié le 27 Mars 2018 par cirk75 dans Cinéma

Le cinéma a souvent utilisé les arts de la piste comme lieu d’intrigue où se déroule l’action. Témoin ce film espagnol ultra violent et à ne pas mettre devant tous les yeux,  écrit et réalisé par Álex de la Iglesia,  relatant une équipée se déroulant pendant la période franquiste en Espagne.

Le scénario  relate qu’en 1937, en pleine Guerre civile espagnole les troupes républicaines forcent  les artistes d’un cirque à se battre de leur côté. Le Clown (Santiago Segura) massacre des dizaines de troupes nationalistes, armés seulement d'une machette, avant d'être désarmé et fusillé. Des années plus tard, en 1973 à la fin de l'ère franquiste, son fils Javier (Carlos Areces), trouve du travail en tant que clown triste dans un cirque où il va rencontrer un invraisemblable panel de personnages marginaux, comme l’homme canon, le dompteur d’éléphants, un couple en crise, dresseurs de chiens mais surtout un autre clown Sergio (Antonio de la Torre) un homme rongé par la haine et le désespoir. Pour les beaux yeux de la belle Natalia (Carolina Bang) la plus belle mais la plus cruelle femme du cirque, les deux clowns vont alors se livrer une bataille mortelle pour conquérir le cœur de la belle acrobate.

The Last Circus plaira aux fans adeptes des œuvres satirico-gore et fait partie de ces nombreux films qui font jouer les clowns dans un registre morbide voire angoissant, ce qui nécessite de la part du spectateur une force intestinale relativement vigoureuse.

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Les arts de la piste s’invitent à l’Opéra Bastille

Publié le 26 Mars 2018 par cirk75 dans Opéra

Pour la reprise de "Benvenuto Cellini" opéra d’Hector Berlioz, la mise en scène a été confiée à Terry Gilliam , un célèbre iconoclaste américain, devenu depuis sujet de sa très gracieuse Majesté. Le scénariste, acteur, dessinateur réalisateur des  Monty Python nous propose un spectacle  inventif aux allures un peu surannée des années 1980 , digne à certains moments du Grand Magic Circus cher à Jérôme Savary. 

Pour cette production qui, après Amsterdam, Barcelone, Londres et Rome, fait depuis le 20 mars halte à Paris, l’opéra maudit de Berlioz  a pris une tournure circassienne,  enchaînant, par exemple dans le dernier tableau du premier acte, plusieurs numéros de cirque. En effet on peut contempler sur le vaste plateau de l'Opéra Bastille:  jongleur, clowns, acrobates, trapéziste et même un numéro de cerceau aérien. Cela ne peut étonner les fans de Terry Gilliam, car dès 1969 le joyeux trublions avait déjà fait une incursion dans cet univers avec sa très célèbre série télévisuelle : "Monty Python's Flying Circus".

Notons en guise de conclusion que ce n’est pas la première fois, que Cirque et Opéra font scène commune. Déjà en 2011 (voir blog08/01/11), à Metz pour "Péricole" et à Paris pour "Les Mamelles de Tirésias" les mises en scène utilisaient déjà en toile de fond de leur intrigue les arts de la piste. 

Alors  pour les amateurs de bel canto mâtiné de piste aux étoiles, un rendez-vous à l'Opéra bastille s'impose ...

 

 

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Jean-Baptiste Pezon (1827-1897) un célèbre belluaire lozérien

Publié le 25 Mars 2018 par cirk75 dans Dompteurs

 

En cette période où il est bon de dire pis et pendre des dompteurs et autres dresseurs d’animaux sauvages, il fut un temps où ces derniers étaient adulés à l’instar des rock-stars d’aujourd’hui enflammant les foules lors de leur exhibition, aussi revenons aujourd’hui sur la vie d’un des plus célèbres à savoir Jean-Baptiste Pezon.

Plus communément appelé Baptiste Pezon, ce célèbre dompteur à l’origine de la dynastie et des ménageries Pezon, est né en Lozère à Rimeize en 1827. Il est le fils de Catherine Cornut et de Jean-Baptiste Pezon (1800-1849), journalier et marchand colporteur propriétaire d’un humble logis et de quelques arpents de terre sans grande valeur en Lozère.

Comme ses 5 frères et sa sœur, Baptiste passe sa jeunesse en Lozère où il est placé comme berger ou garçon de ferme. Mais à 17 ans, il quitte sa famille et son  village natal, et se fait montreur de loup, il en avait capturé puis dressé un deux ans plus tôt, puis quelques temps après achète un ourson. Ayant amassé un petit pécule, car comme tous les jeunes de sa condition il ne sait pas lire mais sait compter, il retourne dans sa famille et aide financièrement son père. Il repart cette fois accompagné de son frère Jean, celui qui sera plus tard surnommé "Jean l’Ours". L’entreprise des frères Pezon prend de l’expansion et Baptiste présente dorénavant seul des scènes de travail dans une cage où cohabitent lions, ours, hyènes, singes, serpents. La "Ménagerie Lozérienne" est née, connaissant selon les saisons des hauts et des bas. Ainsi en 1866 suite à des agressions criminelles vis-à-vis de ses animaux -suite à des empoisonnements criminelles il perd des chevaux, des lions, des tigres- ses finances sont au plus bas.  

Devenu fort célèbre et adulé, Baptiste Pezon inspire les artistes. Ainsi Auguste Bartholdi prend comme modèle son lion Brutus pour sculpter son célèbre Lion de Belfort ou, le peintre Toulouse-Lautrec (voir blog17/03/11) lui rend moult visites à Montreuil dans sa "Grande ménagerie lozérienne" pour faire en 1883 des croquis des fauves, dont celui de Bellone une des lionnes.

Baptiste Pezon au sommet de sa réputation et immensément riche, à la tête de plusieurs hôtels mais, demeurant toujours dans sa roulotte, décède d’une crise cardiaque à Montmartre le 13 novembre 1897.

Il est enterré au Cimetière du Père-Lachaise et sur sa tombe repose une sculpture le représentant chevauchant un lion.

Son fils Adrien Pezon, reprend le flambeau et ses neveux et nièces continueront aussi la ménagerie qui disparaîtra  définitivement en 1939.

Une ère s'achevait et la seconde guerre allait pointer avec son cortège de morts et de souffrance... bien triste époque

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