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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Raoul Monbar, la torpille humaine

Publié le 13 Février 2017 par cirk75 dans Aériens

Raoul Delpy, dit Raoul Monbar en plus d’avoir créé et dirigé son cirque (voir blog21/09/2016) fut un gymnaste et un voltigeur renommé. Il s’était notamment illustré en 1902 au cirque Alphonse Rancy en tournant le triple saut périlleux entre les mains de son porteur. Mais excédé de voir que les vrais compétences et les efforts acrobatiques n’étaient pas vraiment payés en retour, il conçut un autre exercice spectaculaire et c’est ainsi qu’il mit au point en 1904 un numéro qui déplaçait les foules, fascinées par la Torpille Humaine.

Raoul Monbar, avec les mécaniciens Chereyer et Javon, avait imaginé un appareil composé d’un plan incliné de 22 mm de haut, sur lequel l’artiste allongé à plat ventre sur un chariot à roulettes dévalait la pente. Et par un système de freinage approprié,  le chariot était stoppé net en fin de course. Le choc lors de cet arrêt projetait le voltigeur vers un trapèze qu’il rattrapait après une trajectoire d’une quinzaine de mètres dans l’espace. Enfin pour regagner le sol l'artiste exécutait un saut périlleux qui se terminait dans un filet.

Si l’idée était simple, il fallait du cran, des nerfs solides et un physique digne d’un athlète de haut niveau, mais de tout cela Monbar n'en manquait pas. Après quelques réglages et quelques bosses, le numéro fut présenté pour la première fois au printemps de l’année 1904 à l’Olympia de Paris. Et avec ce numero Monbar fit pendant 10 ans un triomphe.

Le 2 août 1914 la Torpille Humaine programmée au Cirque de Charleroi fit sa dernière représentation, le lendemain les armées allemandes entraient en Belgique. Monbar regagna la France laissant sur place son matériel qu’il ne retrouva pas en 1918. Il redevint voltigeur au trapèze puis fonda un cirque portant son nom où il présenta même des otaries. Retiré en 1937 des pistes, Raoul Delpy décéda en 1958 et laissa le souvenir d'un artiste hors du commun. 

#latorpillehumaine

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Les Medrano Voyageurs

Publié le 12 Février 2017 par cirk75 dans Cirques d'hier

Quand on parle du Cirque Medrano, on évoque généralement le cirque en pierre qui se trouvait à Paris Bd. Rochechouart et qui remisa son enseigne en 1963 (voir blog07/04/2011). Mais on oublie trop souvent que dans les années 30 deux autres cirques Medrano ont sillonné la France pour présenter des programmes signés de son directeur: Jérôme Medrano (voirblog16/10/2011).

 

On trouve deux Cirques Medrano itinérants, de 1932 à 1937. Une semi construction, celle de Palisse (voir blog01/12/2011) cédée par sa veuve, puis en plus en 1936 et 1937 s’ajoute un spacieux chapiteau blanc 4 mats nommé Medrano Voyageur. A cette époque il existe donc avec celui de Paris 3 cirques Medrano en France.

C’est grâce à cette semi construction que Jérôme Medrano débute une série de tournées en province. La première a lieu le 30 septembre 1932 au Havre lors de la foire de Saint-Michel, avec un programme dense présentant sous l’accompagnement musicale de Florimond fils, les artistes suivants:

- un charivari avec tous les Augustes,

- Gabiria la femme au cerveau électrique,

- les 2 Puposy, acrobates équilibristes,

- les Overburys, excentriques,

- Melle Yolande & M. Alphonse dans une promenade au bois,

- Vra et Ottare danseurs sur boule mobile,

- les 10 Allison, jeux icariens,

- la féérie aérienne des Zemganno,

- Barbara La May (voir blog15/01/2016) le serpent blond,

- Dario, Bario & Cie…

Cette semi construction avait l’habitude de se déplacer et d’aller visiter d’autres villes comme par exemple Angers, Le Mans, Nantes ou à Orléans avec des programmes qui changeaient tous les vendredis. Lors de son arrêt en 1937, la semi construction fut revendue aux Pourtier (voir blog 15/10/2010).

Quant au chapiteau blanc où s’étalaient en lettres géantes le nom Medrano, il proposa seulement deux tournées.

La 1ère tournée en 1936 comprenait en tête d’affiche Togare (voir blog23/09/2014)  et ses tigres, Mme et M. Henry Rancy et leur cavalerie, les Clérans (voir blog24/03/2011), l’énigmatique Osaka, le contorsionniste Clever Henriquez, les 10 Hadji Hali sauteurs marocains, Théodore & Charley les populaires clowns français, les lilliputiens du Capitaine Werner Ritter, la trapéziste Jardys,  les icariens les Frilliama, les 6Wong Chi Tsching, Cairoli,  Philipp & Carletto les célèbres clowns.

Le seconde tournée en 1937 présentait la cavalerie d’Ernest et Albert Carré, le trio Ariel perchistes, le Capitaine Brown et ses lions de mer, Vojtech Trubka (voir blog25/06/2012), les Zemganno dans leur numéro de trapèze dans l’obscurité, Jules Ladoumègue (voir blog27/05/2014),  la Princesse Zama et ses étranges pouvoirs, et en vedette Paul, François et Albert Fratellini (voir18/05/2015).

Bien que secondé par Jean Coupan (voir blog15/02/2012) et Pierre Lesgard, Jérôme Médrano arrêta toute forme de tournée en 1937 pour des raisons qui restent encore de nos jours obscures. Et ce n’est qu’en 1956 qu’un autre Medrano Voyageur reprend la route, suite à l’association avec la famille Gruss-Jeannet. Bien plus tard en 1978 Jean Richard fit tourner quelques mois un autre cirque Medrano, mais la déconfiture de sa société "Chapiteaux Spectacles Jean Richard" fit stopper rapidement ce renouveau Medrano Voyageur.

Les Medrano Voyageurs
Les Medrano Voyageurs

De nos un chapiteau Medrano circule en France, il s’agit de celui de la société de Production Arena, de Raoul Gibault (voir blog11/09/2016), perpétuant ainsi la légende du Medrano Voyageur....

#medranovoyageur

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Karel Appel au L.A.A.C. de Dunkerque,

Publié le 11 Février 2017 par cirk75 dans Art

Fortement influencé par Picasso, Henri Matisse et Jean Dubuffet, le peintre et sculpteur néerlandais Karel Appel (1921-2006), a toute sa vie été fasciné par l’univers du cirque. Entre 1976 et 1978, il conçoit un ensemble de gouaches qu’il nomme "Appel Circus", dont sont tirées les dix-sept sculptures et les trente gravures en couleurs conservées à Dunkerque au Lieu d’Art et d’Action Contemporaine (L.A.A.C.), anciennement musée d'art contemporain de la ville.

Ses sculptures comme les figuressont autant d’animaux fantastiques, clowns et musiciens saisis dans l'instantanéité de leur numéro.  Au fil de cette parade imaginaire, née du jaillissement même de la couleur, s’illustre l'abondance et l'ivresse propres aux mondes d'Appel et du cirque. Tel un autoportrait, cette parade multicolore réalise ainsi le souhait de l’artiste qui déclarait :"Si je n’avais pas été peintre, j’aurais voulu être clown", car le clown est à ses yeux un anti-robot, symbole de liberté.

Karel Appel au L.A.A.C. de Dunkerque,
Karel Appel au L.A.A.C. de Dunkerque,
Karel Appel au L.A.A.C. de Dunkerque,
Karel Appel au L.A.A.C. de Dunkerque,
Karel Appel au L.A.A.C. de Dunkerque,

La fête est le lieu du désordre, de la libération et de la transgression, à l’image du peintre qui fait fi des règles esthétiques et de la hiérarchie des valeurs. Les sculptures en appellent au dessin enfantin, à sa spontanéité, sa drôlerie et son imagination débordante affranchie de toute convention. Fidèle à l’esprit du groupe CoBrA, (acronyme composé d’après les initiales des capitales d’où sont originaire des divers membres, à savoir Copenhague, Bruxelles et Amsterdam) l’œuvre d’Appel prône une expression gestuelle, primitive et enfantine, avec un chromatisme accentué avec des touches frisant la provocation.

Appel un artiste aimant le cirque à voir ou revoir.

#appelcircus

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La Chasse à Courre, pantomime avec les Fratellini.

Publié le 10 Février 2017 par cirk75 dans pantomime

Une des pantomimes les plus jouées sur les pistes de cirque depuis le XVIII siècle est assurément "La Chasse à Courre".  On la retrouve déjà à Londres dès 1791 chez Charles Hugues, le rival britannique de Philippe Astley (voir blog07/06/2015). En France ce spectacle équestre et musical, a connu ses heures de gloire sous d’autres titres comme "La Chasse" en 1886 à l’Hippodrome du champ de Mars, ou "Le Roi Dagobert" en 1892 au " Nouveau Cirque " de la rue Saint-Honoré, ce qui incita Gaston Desprez (voir blog25/03/2012) a la reprendre en décembre 1931 sur la piste du cirque d’hiver de Paris dont il est le directeur depuis 1923. Et devant le succès rencontré par ce spectacle, en 1932 une tournée en province sera organisée (voir blog05/02/2017).

Le scénario fort simple précisait que le Marquis de La Roche Tremblante a invité son Altesse Royale le Prince de Lithuanie à participer à une chasse à courre. Et en son l’honneur un somptueux buffet a été dressé en plein air. La Maréchale du Palais accompagnée de l’intendant vient informer le Marquis de l’arrivée de l’Altesse Royale. Mais ni la Maréchale ni le Marquis ne sont vraiment au fait des bonnes règles du protocole, aussi lors de la visite royale il en résulte moult imbroglio et quiproquos qui se veulent du plus haut comique.

Cette œuvre musicalo-circassienne était bien entendu l’occasion de montrer de nombreux tableaux équestres dont les spectateurs de cette époque étaient friands. On pouvait notamment voir le départ pour la chasse avec moult chevaux et meute de chiens, des Ballets avec nymphes et faunes, divers passages d’animaux sauvages avec de nombreux sauts d’obstacles, un pique-nique dans la forêt, la chasse avec trompes et chœurs, l’Hallali et la curée aux flambeaux….

Cette œuvre circassienne à l’intrigue rudimentaire se déroulait en deux parties et pour la circonstance un décor circulaire fut créé.  A travers un rideau circulaire de tulle transparent encerclant la piste pour la transformer en forêt, les ballets se succédaient entrecoupés par les entrées des Fratellini qui se chargeaient de la partie comique et burlesque.

Il fallait voir, disait-on, François en gentilhomme gâteux, Albert en valet sournois et Paul en douairière effervescente. Jamais, ajoutait-on encore, le trio n'avait-il été si drôle, et si fin dans le genre comique. Les Fratellini paraissaient également en première partie de spectacle dans une nouvelle entrée irrésistible. En dehors de la pantomime, le programme comprenait une pléiade d'artistes, acrobates, gymnastes, etc... ainsi qu'une exceptionnelle présentation d'une demi-douzaine d'ours des Carpathes par M. et Mme Berg. Quant à la partie équestre du spectacle, elle était assurée, par Tilly et Henry Rancy qui menaient une splendide cavalerie et faisaient valoir avec brio tout leur art d'équitation

Au tableau final, sangliers, biches et cerfs traversent la piste poursuivis par une meute tandis que les piqueurs sonnent les fanfares de chasse ! Cette fantaisie équestre et musicale s’inspire comme on le voit des pantomimes de Franconi (voir blog08/06/2015) où apparaissait le cerf Coco, grande vedette à cette époque.

"La Chasse à Courre" version Deprez est une fantaisie équestre et musicale mise en forme par Emile Codey, Jean Fouilloux et Raymond Brunel (voir blog05/09/2011), pour l’orchestration. Cette pantomime était l’occasion de montrer au public des tableaux épiques à un rythme effréné avec de nombreux animaux, (cerfs, sangliers, chevaux, chiens…) et de nombreux personnages haut en couleur avec en prime les blagues inventives des Fratelini (voir blog18/05/2015).

#lachasseacourredesprez

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Les Frères Desprez, un ingénieur, un casse-cou et un directeur

Publié le 9 Février 2017 par cirk75 dans Aériens

Si l’histoire du cirque a été écrite par de nombreuses fratries, comme les frères Amar, Bouglione ou Fratellini, on oublie trop souvent que les trois frères Desprez ont également marqué dans première partie du XX° siècle l’histoire de la piste. A la différence de ces trois familles circassiennes, les Desprez n’étaient aucunement nés dans la sciure, ils étaient issus d’une famille d’industriels de Saint Quentin, ville des Hauts-de-France.

Et si L’histoire de Gaston (voir blog25/03/2012) est la plus connue, celle d'André et Marcel est aussi digne d'intérêt. Passionné de spectacle, Gaston rachète plusieurs salles de cinéma, dirige le théâtre de Saint-Denis, lance un programme équestre au Cirque de Troyes avant de reprendre en 1923, le Cirque d’hiver de Paris, transformé un temps en salle de cinéma. Directeur de cette salle, Gaston Desprez entreprend alors une profonde réhabilitation des lieux et des bâtiments. En 1933 il fait même édifier une piste nautique avec un système de couverture commandé électriquement, ce qui à l’époque représentait une véritable prouesse technique. Le coût extravagant de ces travaux, plus de 2 millions de francs de l’époque, explique pour partie les difficultés financières que Gaston Desprez va rencontrer entraînant en 1934, la vente à la bougie du Cirque d’Hiver aux Bouglione.

Moins connues sont ses deux frères ainés Marcel et André. Le premier, ingénieur des Arts et Métiers de Lille, gagne une belle notoriété avec le numéro du "cercle de la mort", au cours duquel son frère Gaston virevolte à vélo au-dessus de la cage aux lions. Son autre frére Andre connu pour son naturel bon vivant et sa belle prestance (85kg et 1m70), participe à plusieurs courses cyclistes, tout en étant régisseur au Cirque d’Hiver.

Dans le milieu de la piste Marcel et André, sont connus pour être à l’origine d’un numéro, très tendance dans les années folles, le " Looping the loop ", autrement dit " boucler la boucle ". Le premier ingénieur de formation, dessine lui-même les plans de ce numéro de voltige, qui demande une rampe de lancement ambulante de 20 mètres de haut et pesant plusieurs dizaines de tonnes. Marcel après moult calculs et maquettes au cinquième, construit dans son atelier de mécanique de Puteaux le matériel et la voiture qui sera conduite par son frère André, le cascadeur de l'équipe.

Le 2 octobre 1923 c’est le grand soir, pour la première fois cette sensationnelle attraction est au programme du cirque d’Hiver et le succès est immédiat.  Avec ce fameux "double saut périlleux en automobile", les deux frères vont alors entre 1925 et la fin de la seconde guerre mondiale sillonner le monde entier. Et même le cinéma les demande. Ainsi en 1949, dans "Le portrait d'un assassin" (voir blog12/09/2011) film réalisé par Roland-Bernard et Henri Decoin, André Desprez doublant Pierre Brasseur qui joue le rôle d'un cascadeur, exécute son numéro de casse-cou en voiture.

Pour les circophiles, ce film permet  aussi de voir les Fratellini, dans leurs propres rôles.

Retirés des pistes lors des 52 ans d’André, les deux frères deviennent alors industriels en fabricant des dynamomètres, démontrant ainsi qu’ils ont plusieurs cordes à leur arc.

#lesfreresdesprez

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Nikolaï Pavlenko, le Karajan aux 40 Princes originaire du Bengale, de Sumatra ou de Sibérie

Publié le 8 Février 2017 par cirk75 dans Dompteurs

Lors de la 40ème édition du Festival International du Cirque de Monte Carlo, les organisateurs avaient convié 3 célèbres dresseurs clowns d’Or, Massimiliano Nones en 1987, Martin Lacey Jr en 2010 et Nikolaï Pavlenko en 1990. Ce dernier est, pour beaucoup considéré comme un des plus grands, si ce n’est le plus grand  dompteur de tigres des temps modernes. Ses dix-huit tigres issus de son groupe de 40 félins restent encore aujourd’hui en mémoire. Son travail avec ses félins est exceptionnel et un modèle tant pour la qualité technique que pour la présentation artistique de ses artistes à quatre pattes. Tel un chef d’orchestre, Nikolaï Pavlenko, demande à ses tigres de se mettre à danser au son de la musique de l'espagnol Manuel de Falla, composant alors un véritable ballet avec des danseurs non issus de l’opéra mais de la Jungle.

Pourtant rien au départ n’avait préparé ce natif d’Ukraine né à Severodonetsk en 1943 à devenir dresseur de tigres. Et pour y arriver Nikolaï Pavlenko a dû faire bien des métiers. Dans un premier temps il est gardien d’une ménagerie itinérante et, c’est au contact des animaux sauvages qu’il découvre à 17 ans son appétit pour les félins. Il commence à travailler avec des jaguars, des loups, des chiens, des ours bruns et polaires, des lamas, des chameaux, des éléphants.  Après des études où il apprend entre autres la psychologie animale, il obtient un diplôme de technicien de zoo, qui lui permet de devenir guide- conférencier.

Passionné par les artistes à 4 pattes, Nikolaï Pavlenko devient en 1972 l’élève du légendaire Alexandre Federov avec qui il apprend l’art du dressage demandant de cultiver notamment la patience. Et cette qualité Nikolaï Pavlenko la possède à bonnes doses. Il faut le voir inlassablement demander et sans brutalité un mouvement,  un saut, une position à un tigre pour lui faire comprendre ce qu’il doit faire, afin d’obtenir la situation attendue. Face aux associations de protection des animaux qui l’ont accusé de dégriffer ses bêtes pour les rendre inoffensifs, il avait l’habitude de montrer ses cicatrices sur les bras et sur le torse en répondant que si son métier est à risque, il ne faut pas avoir peur. Mais suivant le conseil de la grande dompteuse russe Irina Bougrinova (voir blog04/12/2014) qui un jour lui avait dit : "avec ta gueule que tu feras venir du public", en cas de danger il savait se protéger le visage.

Délaissant les tenues macho et les fouets, vêtu d’un strict habit noir, tel un chef d’orchestre, Nikolaï Pavlenko mène ses tigres avec une simple baguette, qui leur demande d’exécuter leur partition avec élégance et raffinement.  Il maîtrise totalement ses bêtes, il peut s’amuser avec elles, les disperser, les chasser mais immédiatement à son signal, après avoir fait deux tours sur lui-même il lève les bras et instantanément les tigres bondissent sur leur tabouret, valsent ou passent à travers un cerceau… Bien souvent, pour donner un frisson , il termine son numéro sur une note dramatique. Après un simple appel de sa baguette un tigre s’avance vers lui de façon inquiétante. Arrivé à ses pieds comme subjugué l’animal se dresse sur ses pattes en signe de respect pour son dompteur. Un rare moment…

Retiré aujourd’hui des cages, Nikolaï Pavlenko, reste le parfait exemple de dresseur moderne.

 

# nikolaïpavlenko

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En 1939, Bouboule vedette du Cirque Pinder

Publié le 7 Février 2017 par cirk75 dans Musique

A celles et ceux à qui ce surnom de Bouboule ne dit rien, il s’agit du surnom dont fut affublé le chanteur et comédien fantaisiste  Georges Milton, de son vrai nom Georges Désiré Michaud, qui connut dans les années 30 une grande popularité car aux yeux du public il représentait le Français moyen à l'humour rigolard et adepte du système D. Ses chansons les plus célèbres avaient pour titre  " J'ai ma combine ", " La Fille du bédouin " ou " C'est pour mon papa ". Il tourna aussi à la même époque une série de film dont le personnage principal et dont il va totalement s’identifier se nommait Bouboule, d’où son surnom.

Charles Spiessert (voir blog24/06/2015), le mythique patron du cirque Pinder qui avait une conception plus spectacle que cirque des programmes, proposa lors de la tournée 1939 cet amuseur populaire entre tous, Georges Milton. Il attira le monde, mais sa prestation lors de la seconde partie, n’était pas pleinement satisfaisante car loin de se mettre au diapason de la piste il se contenta de faire son tour de chant, accompagné des augustes maison affublés de grosses têtes en carton.  Cette tournée fut interrompue le 25 août après l’étape des Saint-Gilles-Croix-de-Vie, la mobilisation partielle ayant été décrétée en France, la 24 août.

Le cirque Pinder ne reprendra ses tournées qu’en 1946 à Tours un certain 7 mars avec cette fois un programme 100% cirque comprenant : Les tigres de Roger Spessardy (voir blog25/06/2015), les équilibristes au trapèze de Givriss, Miss Polowa à la corde aérienne, la cavalerie de Sacha Houcke Sr. les perchistes Rockey, le jongleur Towas, le cascadeur Ghezzy, les trapézistes Wolsons, Joé et Mick main à main, les pigeons de Lucien Loyal, le Trio clownesque formé d’Eugène Léonard, de Pastis et Lepick, La troupe de Cosaques Djiguites…

En 1939, Bouboule vedette du Cirque Pinder
En 1939, Bouboule vedette du Cirque Pinder

Bougoule un artiste de cirque qui n'est pas vraiment resté dans la mémoire circassienne

#Bouboulepinder

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Palmarès du 6ème Festival New Generation

Publié le 6 Février 2017 par cirk75 dans Festivals

Comme chaque année cette seconde compétition monégasque (voir blog01/02/2017) organisée sous la présidence de Pauline Ducruet, fille aînée de la Princesse Stéphanie a récompensé les artistes suivants:

Palmarès du 6ème Festival New Generation
Palmarès du 6ème Festival New Generation

#newgeneration2017

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Les Premières tournées du Cirque d’Hiver Voyageur

Publié le 5 Février 2017 par cirk75 dans Cirques d'hier

Ce ne sont pas les frères Bouglione (voir blog25/12/2014) qui sont à l’origine des tournées en province du Cirque d’Hiver de Paris. Non ce concept revient à un autre propriétaire de la piste de la rue Amelot : Gaston Desprez (voir blog25/03/2012) qui dès 1923 avait redonné à cette salle, tout son éclat d’autrefois et qui dans les années 30 avait décidé de faire voyager en province son Cirque parisien.

Les Premières tournées du Cirque d’Hiver Voyageur
Les Premières tournées du Cirque d’Hiver Voyageur

Devant la popularité des frères Fratellini (voir blog18/05/2015) le directeur du Cirque d’Hiver décide de faire voyager en 1930 un chapiteau sous l’enseigne "Cirque Fratellini". Le programme très familial comprenait outre les 3 célèbres frères, le fils de Paul, Victor (voir blog05/10/2016) imitant Charlot au trapèze au sein du" Trio Lopez", les fils de François qui rodaient sous le nom poétique des "Pierrots de Willette" ce qui allait devenir en quelques années  les célèbres "Craddocks" (voir blog25/05/2015). On trouvait aussi les filles d’Albert Tosca et Violetta dans des sketchs fantaisistes. Pour la partie non Fratellini, la cavalerie était présentée par Ernest Carre, les éléphants par le professeur Beyle, une leçon de gymnastique à la Joinville était donnée par les Averino’s, la Troupe Klammeck proposait des ballets sur glace artificielle et le dompteur Wanick présentait 18 fauves de toutes races réunis dans ce qui était tendance à cette époque à savoir "La Paix dans la Jungle." Cette tournée se poursuivit un peu plus tard sous l’enseigne de "Cirque d’Hiver de Paris" avec les Fratellini comme directeurs artistiques.

En 1932, une pantomime ayant eu un grand succès dans la capitale, "La Chasse à courre", Fantaisie équestre et musicale à grand spectacle en 8 tableaux d’Emile Codey et Jean Fouilloux, orchestrée par  Raymond Brunel (voir blog05/09/2011) est l’objet de cette nouvelle tournée. Le meilleur moment de cette fête  était certainement l'entrée des Fratellini se chargeant de la partie comique et burlesque avec leur maîtrise habituelle. Il fallait voir, disait-on, François en gentilhomme gâteux, Albert en valet sournois et Paul en douairière effervescente. Jamais, peut-être selon les observateurs de l’époque le trio n'avait été si drôle, si fin , si subtiles dans le comique.

Quant à la partie équestre du spectacle, elle était assurée, aussi bien en première qu'en seconde partie, par Tilly et Henry Rancy qui proposaient une splendide cavalerie et faisaient valoir avec brio tout leur art en l'équitation.

Les Premières tournées du Cirque d’Hiver Voyageur

Enfin en 1933 une tournée sous la direction artistique de Jean Houcke (voir blog11/10/2015) présentant un numéro de Haute-Ecole et la cavalerie du cirque d'Hiver, proposait notamment un numéro aérien avec avion : Les 2 Kimris, les clowns Iles & Loyal, l’athlète Fortunio fils, les 8 Frilli, les 12 Mac Kensie girls, le jongleur E.P. Loyal ainsi que des fééries lumineuses de l’eau...

Les Premières tournées du Cirque d’Hiver Voyageur

Enfin une ultime tournée avec une pantomime espagnole "Féérie à Séville" présentant toros et flamenco acheva le cycle, car en 1934, le Cirque d’Hiver est racheté par les Bouglione, et depuis c’est leur chapiteau qui représente le Cirque d’Hiver voyageur.

#cirquedhivervoyageur

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"L’entrée des Clowns" fait étape au Musée des Beaux-Arts de Nancy

Publié le 4 Février 2017 par cirk75 dans Art

Cette huile sur toile due au talent d'un jeune peintre lorrainde 18 ans  Émile Friant (1863-1932) date de 1881, la signature de l’artiste en bas à gauche en atteste l’année.

 

Cette œuvre nous propose un spectacle plein de liberté et d'exotisme qui ne pouvait que séduire le jeune Friant. Dans cet espace circulaire qu'est la piste, le peintre, nous montre dans le quart droit,  une sorte de charivari de clowns et d’acrobates, encadré sur la gauche par deux imposants pachydermes. Un équilibriste chapeauté d’un étrange tricorne orange et habillé  d’un justaucorps et  collants jaunes avec une culotte rouge bordeaux domine la scène. Perché sur les épaules d’un compère habillé de la même façon, il semble crier quelque chose et, pour mieux se faire entendre met ses mains en porte-voix.

Les autres artistes sont statiques, sauf une demi-douzaine, qui s’ébattent en nous proposant cabrioles, sauts voire même équilibres sur les mains. Mais malgré ces personnages animés, l’ensemble donne une impression d’immobilisme ou d’attente. On serait même tenter de penser que ces personnages posent pour être pris en photo.

Enfin derrière eux, on devine les spectateurs, assis sur les gradins, qui forment une masse grise et ocre parsemées de petits points sombres, sont à peine perceptibles.

Complètent la toile ,6 piliers métalliques, 2 points lumineux ainsi qu’à l’extrême droite l’entrée des artistes. Le tout semble indiquer qu'il s'agit un cirque en dur, mais lequel? Rien ne nous permet de nous prenoncer.

Ce tableau, au format 26,5 x 40,5, n’appartient pas à un musée national, mais a un particulier. Et en ce moment il fait partie de la rétrospective des œuvres d’Emile Friant, organisée du 4 novembre 2016 au 27 février 2017 par le Musée des Beaux-Arts de Nancy.

Une occasion pour contempler les œuvres de ce peintre, graveur et sculpteur lorrain, qui a traversé l'Impressionnisme, le Fauvisme et le Cubisme et que l'on considère comme un des derniers naturalistes français.

Emile Friant n’a peint qu’un seul tableau sur le Cirque et c’est: "L’entrée des Clowns"... alors à voir...

#émilefriantnancy

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