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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Le Sébasto de Lille est-il aussi un cirque ?

Publié le 26 Septembre 2018 par cirk75 dans Bâtiments

Salle de spectacle pluridisciplinaire connu des Lillois, située Place Sébastopol à Lille, "Le Sébasto", comme on le nomme, a été inauguré le 30 novembre 1903 avec à cette époque une capacité pour 2000 spectateurs.

Ce que l’on sait moins c’est que ce théâtre a été initialement conçu pour recevoir aussi des spectacles de cirque. En effet une piste est aménagée en dessous du plancher de l’orchestre.

Frederic Denys, médecin grand connaisseur en cirque (voir blog21/09/11) et auteur notamment d’un remarquable et très complet livre sur le cirque Sabine Rancy vient de diffuser le 20 septembre sur sa page Facebook un complément d’information très intéressant concernant l’utilisation circassienne de cette salle, en nous scannant un plan architectural allant dans ce sens.  

Le Sébasto de Lille est-il aussi un cirque ?

Par contre on ne trouve aucune information indiquant que ce théâtre a été utilisé dans cette configuration, à moins que ce soit un projet qui n’a jamais été abouti.

Par exemple lorsque le Cirque Phénix est venu proposer ses productions, comme en 2017 Cirka Cuba, la salle est-elle ainsi agencée ?

Un internaute a-t-il des informations à ce sujet ?

Merci par avance  

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Le Cirque de Charlie Chaplin (1928)

Publié le 25 Septembre 2018 par cirk75 dans Cinéma

Parmi les films, de la période la plus féconde de Chaplin, "The Circus", "Le Cirque" en français,  passe pour bon nombre de cinéphiles comme une œuvre secondaire voire mineure. Pourtant lorsque Chaplin réalise cet immense chef d’œuvre  il est à l’apogée de sa gloire et en pleine possession de son art. De plus c’est avec cette œuvre cinématographique que Charlie Chaplin obtint son premier "Academy Award ", que l’on n’appelait pas encore à cette époque "Oscar". Paradoxalement, c’est pourtant le seul de ses longs métrages que Chaplin ne mentionne pas dans "Histoire de ma vie", son autobiographie parue en 1954.

Comment expliquer ce désamour pour ce film ?

Plusieurs explications peuvent être avancées.

La première c’est que ce film n’était plus en phase avec les attentes du public. "Le Cirque", film muet sort malheureusement quelques mois après la naissance du cinéma parlant.

Deuxièmement, moult  incidents vont émailler le tournage et empoissonner le vie de Chaplin et lui couter cher. Ainsi quelques jours avant le début du tournage, le sort commence à s’acharner sur ce projet : une tempête traverse la Californie détruit le chapiteau et retarde le tournage de plusieurs semaines… Lorsque le décor est reconstruit, Chaplin tourne ses premiers plans et enchaîne les journées de travail sans le moindre incident. Un mois plus tard, le laboratoire de développement l’informe qu’à la suite d’erreurs de manipulation, la pellicule utilisée est inexploitable ! Puis au 9ème mois de , un incendie détruit la majeur partie des décors et les accessoires. Dans le même temps des étudiants sans doute éméchés, volent les roulottes pendant la nuit et décident de les brûler. Heureusement Chaplin constate le larcin suffisamment tôt et empêche le drame !

Enfin pour interpréter l’écuyère, il engage Merna Kennedy qui n’a encore aucune expérience devant la caméra. Sa seconde épouse, Lita Grey, désireuse d’obtenir un divorce, qui lui offrirait renommée et fortune, accuse Chaplin d’adultère avec cette jeune fille âgée de 18 ans. Elle écrit un papier calomnieux que le "New York Time" s’empresse de publier. Les ligues de vertu et ennemis de Chaplin s’emparent de la nouvelle avec une jubilation malsaine et la petite affaire de mœurs devient le scandale national. Le cinéaste est attaqué de toutes parts, reçoit lettres d’insultes, menaces, et doit mettre fin au tournage du Cirque. Il finit par s’enfuir chez son avocat new-yorkais où il cache les bobines tournées (la plus grande partie du film). Six mois plus tard et après une longue dépression nerveuse, ses conseillers juridiques finissent par obtenir un accord autour du divorce.

Oui ce film parait bien être le l’œuvre maudite de Chaplin et de son héros Charlot. Pourtant il parait évident que l’enfant de la balle qu’il fut, consacre au moins une de ses œuvres à la piste et à ses étoiles.

Le 6 janvier 1928 le film sort enfin sur les écrans de cinéma. Chaplin réalisateur/producteur joue sa fortune qu’il a entièrement investie dans ce projet. Le public sera t’il rancunier après cette histoire de mœurs ou serait-il fidèle à Charlot?

"Le cirque"est un immense succès et le cinéaste peut à nouveau s’engager corps et âme dans une nouvelle production un autre chef d'oeuvre: "Les lumières de la ville". Il enchaînera ensuite avec d'autres réalisations, connaîtra l’ivresse du succès et sa notoriété engendrera - encore - la haine et les convoitises. Après "Les Temps Modernes" et "Le Dictateur" il sera taxé de communiste par Mac Carthy qui veut l’entendre devant la commission de défense des intérêts américains. Excédé et menacé par cette maudite "Liste noire" organisée par Hoover et sa clique, il fuit en 1952 les USA et finira sa vie en Europe loin de sa terre d’adoption qu’il aimait pourtant avec ferveur…

Mais trêve de tristesse, reprenons notre analyse du Cirque !  Le scénario raconte l’histoire de Charlot qui à la suite d’un quiproquo, est pris pour un pickpocket et se retrouve sur la piste d’un cirque. Ses étourderies provoquent l’hilarité du public et incitent le directeur de l’établissement à l’embaucher comme clown. Mais faire rire sur commande n’est pas une mince affaire et le petit homme se retrouve rapidement affligé de tâches subalternes. Résigné mais nourri et logé, il rencontre une belle et tendre cavalière (Merna Kennedy) dont il tombe éperdument amoureux.

Pour la petite histoire, lorsque Chaplin tourne la séquence de la cage du lion et, afin que la scène soit totalement réaliste : à la stupeur de son équipe il entre dans la roulotte des fauves sans la moindre sécurité. A plusieurs reprises il est griffé par le fauve et frôle la catastrophe ! Lorsque le spectateur voit la scène, le visage de Chaplin apparaît livide et le spectacle n’en est que plus impressionnant… Ce n’était évidemment pas un rôle de composition, pas plus que son numéro d’équilibriste lors duquel il  n'est pas doublé !

Oui "Le cirque" fut pour Charlot, le film de tous les dangers.

Mais pas pour nous en regardant ce classique de l'histoire du 7eme art.

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Les caravanes Assomption

Publié le 24 Septembre 2018 par cirk75 dans Divers

La revue "Le Cirque dans l’Univers", dans un numéro hors-série qui vient de paraître, refait revivre l’histoire de Marcel Assomption qui dans les années 50 conçut des caravanes d’un nouveau style et très luxueuses pour les gens du voyage ou les directeurs de grands cirques de l’époque. Ces caravanes coûtaient le prix d’une belle maison, car elles étaient fabriquées sur mesure. Dans ce fascicule on apprend tout sur cette entreprise, et sur ces caravanes qui ont encore aujourd’hui leurs admirateurs, même si les activités de cette maison ont cessé il y a plus de 60 ans, en 1957.  Un des propriétaires actuelles d'une des plus belles caravanes Assomption n'est autre que  Bartabas du Cirque Equestre Zingaro.

Et même pour celles ou ceux, qui ne sont pas particulièrement férus d’histoire de mécanique et de tôle, ils prendront un certain plaisir à lire ce récit raconté par le propre petit fils de Marcel Assomption. On y apprendra notamment  que le cirque Pinder (époque Spiessert) était un fidèle de la marque. Ainsi la caravane utilisée par Luis Mariano ou celles de Charles et Roger Spiessert étaient signée Assomption. Mais très curieusement ce cirque n’en commanda aucune à Marcel Assomption. En effet c’est la famille Chira, qui en acheta une vingtaine, pour les revendre en Belgique ou en Allemagne, à Pinder ou à d’autres gens du voyage, fit cette transaction empochant au passage une bonne gratte de 2 ou 3 fois le prix d’origine.

Techniquement la plupart de ces caravanes étaient fabriqués sur des bases porte char souvent d'origine militaire, le tracteur tirant la caravane était en général lui aussi reconfiguré ce qui donnait des ensembles somptueux.

Il existe un site (caravanecirqueforain.e-monsite.com/pages/caravanes-assomptions.html) dans lequel un passionné par les caravanes des gens du voyage vous fera partager sa ferveur pour toutes réalisations et pas seulement celles de la marque Assomption, mais aussi celles labellisée Buggenhout, Grenier, Lefeuvre, Miot, Notin ou Poivert.

A voir de toute urgence... pour les amateurs

 

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Un singulier concertiste comique : Don Saunders (1920-1981)

Publié le 23 Septembre 2018 par cirk75 dans Clowns

C’est en 1957 que les spectateurs parisiens découvrirent, un excentrique musical inclassable, sortant de sa malle-valise une burette à huile avec laquelle il faisait semblant de graisser les articulations de ses bras filiformes qu’il utilisait comme un sémaphore, avant de se battre avec son piano, ou de se métamorphoser en Ecossais transformant sa cornemuse en aspirateur. Et avec ces deux instruments, il tâta aussi du concertina, il fit sans dire un mot, sensation dans les années 50-60 que ce soit au Cirque d’Hiver de Paris, au Circo Price en Espagne, au Coliseu à Lisbonne (voir blog04/10/14) ou en  Angleterre à l’Hippodrome de Great Yarmouth (voir blog06/10/16), où sa longue silhouette embarrassée dans son frac trop vaste, titubant, ahhuri déclenchait l’hilarité du public.

Né en 1920 en Angleterre à Hasting, Donald Oliver Saunders dit Don Saunders, utilisa au cours de son numéro de nombreux objets avec lesquels il se battait, produisant ainsi des moments de franches excentricités en détournant l’usage que l’on faisait habituellement de ces instruments. 

Il était célèbre aussi pour la rapidité avec laquelle il se dépouillait de son frac pour se transformer en un instant en un Ecossais en kilt avec son bonnet à poil, pour terminer son numéro par une marche triomphale rythmée comme il se doit par une cornemuse.

Pour la petite histoire c’est Gilles Margaritis (voir bog15/10/15) qui fut l’origine de la dégaine de cet excentrique musical. En effet le producteur de La Piste aux Etoiles avait remarqué que Don Saunders avait un beau visage, il lui propos d’enlever sa perruque sur faux crâne, et de na pas se maquiller. L'essai fut concluant car à partir de ce jour, le burlesque britannique ne se travestit plus et commença la prodigieuse carrière d'excentrique, que l’on connait.

 

Très apprécié en France, il s'y produisit plusieurs fois, notamment en 1957 et 1969 au Cirque d’Hiver, en 1958 au Cirque Médrano et en 1969 chez Sabine Rancy où son partenaire fut le magnifique clown blanc Donett (voir blog18/03/14),

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Cuisine et Confessions à savourer à Bobino

Publié le 22 Septembre 2018 par cirk75 dans cirques étrangers

Comment faire participer le public à un spectacle autrement qu’avec des applaudissements ? Tel est le dilemme qu’ont dû avoir à l'esprit  Shana Carroll et Sébastien Soldevila, les concepteurs et metteurs en scène de cette production qui avait déjà fait, en 2014 escale à Paris à "La Cigale"

Pour répondre à cette interrogation les auteurs de ce spectacle ont eu l’idée originale d’inviter les spectateurs à partager un repas avec les artistes. La mayonnaise prend bien et cela donne un spectacle original d’un genre nouveau, dans lequel le toucher, l’odorat et le goût viennent s’ajouter à l’émerveillement des yeux et des oreilles.

Ainsi devant une immense table de cuisine, 7 artistes cosmopolites -que sont : Mishannock Ferrero (Jeux Icariens, Banquine…) Anna Kichtchenko (Tissu aérien, Contorsion, Jeux Icarien, Accordéon),  Pablo Pramparo (Jonglage, Banquine, Jeux Icariens, Acro-dance, Guitare)  Soen Geirnaert (Main à main, Jeux Icariens, Banquine), Nella Niva (Acrobatie au sol), Terrance Robinson (Anneaux et Mat Chinois) et Enmeng Song (Diabolo, Anneaux Chinois, Jeux Icariens)- nous mitonnent une spectacle conçu pour raviver leurs souvenirs culinaires mais aussi les nôtres. Et c’est ainsi que chaque saltimbanque, et à tour de rôle, fait revivre ses goûts d’enfance, la saveur du chocolat sur les lèvres d’un premier baiser, les bonbons Haribo, les éclats de rires lors d’un souper familial, l’inimitable sensation des mains qui pétrissent, les confessions nocturnes soutirées à coup de cuillères de Nutella, les leçons d’écoliers récitées mille fois et la recette du cake aux bananes…

On jongle ou on se déguise avec les ustensiles, on saute, on s'accroche au plafond, on lit des recettes, on chante, on fait de la musique, mais aussi de la cuisine que l'on fait goûter à la fin aux spectateurs. Il y a de l’émotion, de l’humour, de la passion, de la  performance. Enmeng Song, clown d’or en 2010 à Monte Carlo avec la Troupe Acrobatique de Shandong, est y tout bonnement prodigieux de facilité.

 

"Cuisine et Confessions" un spectacle jeune, rythmé, bienveillant qui ne roule pas les spectateurs dans la farine. Construit à partir d’éléments  personnels de la vie des artistes, avec comme épices, l’acrobatie, la danse, le chant, le théâtre. N'oublions pas la sonnerie du portable des spectateurs qui pour une fois joue un rôle essentiel dans cette production québécoise, actuellement pour 3 mois à Bobino. 

"Cuisine et Confessions" tourne depuis 4 ans avec un égal bonheur dans le monde entier. Et cerise sur le gâteau, le spectacle est toujours joué dans la langue du pays d’accueil . 

 

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Le cirque Pinder célébré aussi en musique

Publié le 21 Septembre 2018 par cirk75 dans Musique

Un des plus anciens cirques français, le cirque Pinder en ce moment dans une passe financière difficile (voir blog07/05/18 ), a fait l’objet du temps de Charles Spiessert mais aussi de Jean Richard, les propriétaires de cette enseigne le premier de  1928 à 1971 et le second de 1971 à 1983, d’hommages musicaux.

En effet dans les années 60 Fred Addison (voir blog14/06/18) avec le concours d’Yves Bouvard avait composé une marche  nommée "Pinder Circus" dédiée à cet établissement, et joué lors de chaque représentation.  En plus un microsillon 45t, paru chez Trianon, comportait en plus de cette composition 3 autres célèbres marches dont: "L'entrée des gladiateurs", "La Escobita" et "L’accordeoneu" laissant ainsi un témoignage nostalgique de cette musique totalement dédiée au cirque. 

Quelques années plus tard, Carmino d’Angelo (voir blog08/07/17), enregistrait une composition signée F Addo et J Dorcel, intitulé "Pinder Accordéon". Dans cet enregistrement on peut apprécier toute la virtuosité de Carmino un maître aussi en  "piano  à bretelles" et en bandonéon.

Ces compositions montrent un temps béni où les musiciens composaient spécialement pour la piste et ses étoiles, tandis qu’aujourd’hui, il est malheureusement plus commode et moins coûteux de reprendre pour habiller un numéro, des tubes préalablement mis en conserve et non joués par des orchestres.

Oui triste époque!.

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Un français participe au concours du meilleur spectacle de magie de Las Vegas

Publié le 20 Septembre 2018 par cirk75 dans magicien

Né le 20 juin 1980 à Briançon dans les Hautes-Alpes, Xavier Mortimer a toujours été attiré par la magie et la scène. Pendant ses études au lycée agricole de Périgueux, Xavier Mortimer faisait partie du club de théâtre, et allait régulièrement voir les représentations aux Théâtre de Périgueux et à l'Agora.

A 13 ans, il découvre les arts de la piste et décide d’apprendre en autodidacte  la prestidigitation et en parallèle pratique aussi la musique au Conservatoire de Périgueux où il la clarinette.  

A 20 ans, il se fait repérer par une troupe de cirque et part en tournée, ce qui lance sa carrière. Il part à Paris et à Londres pour apprendre le théâtre gestuel et présenter un spectacle qu'il avait concocté, avec l'aide du théâtre de la Poivrière.

En 2005, il crée un spectacle "L'Ombre orchestre" qu'il joue d'abord au festival d'Avignon, puis à Paris au Théâtre des Mathurins puis aux Bouffes-Parisiens. Le spectacle est très bien accueilli par le public et par la presse. Cette production durera plus de huit ans et l'emmènera dans le monde entier.

Mandrake d'or en 2010, Xavier Mortimer participe à plusieurs émissions de télévision, comme "Le Plus Grand Cabaret du monde", "Vivement dimanche" ou "Magie, Rêve et Illusion". Il se fait connaître en 2011 grâce à l'émission "La France a un incroyable talent", en arrivant jusqu'en finale. Il est alors repéré par les producteurs du "Cirque du Soleil qui lui confient le rôle de "Sneaky", le personnage principal du spectacle Mickael Jackson à Las Vegas. Il continue sa carrière aux États-Unis en participant à des shows TV comme "America's Got Talent".

Installé depuis presque cinq ans à Las Vegas où il pratique de la magie évidemment, mais aussi de la poésie, "la touche française" dit-il... Et cette année, son spectacle a été sélectionné pour le concours du meilleur spectacle de magie de Las Vegas. "C'est un véritable tremplin pour moi, mais aussi parce que c'est la première fois qu'un français est sélectionné pour participer à ce concours", s'enthousiasme notre compatriote

Pour gagner, Xavier Mortimer doit remporter le maximum de votes, sur internet : www.voteBOLV.com/Xavier.

Et il était possible de voter une fois par jour, tous les jours jusqu'au 9 août.

Les résultats ne seront connus que le 15 octobre prochain.

Méconnu encore dans l'hexagone, rattrapons le temps perdu en visionnant son numéro original et virevoltant. 

 

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La Scala Paris, une nouvelle salle de spectacles, dediée aussi aux arts de la piste

Publié le 19 Septembre 2018 par cirk75 dans Bâtiments

Depuis le 11 septembre une nouvelle salle La Scala Paris, située au nord de Paris et plus précisément au 13 boulevard de Strasbourg vient s'ajouter aux nombreuses salles parisiennes de spectacle. En réalité cet endroit n'est pas nouveau, il a été construit il y a plus de 140 ans en 1873.

Dès l'origine La Scala devient le "caf’conc" le plus élégant de la capitale, le lieu de consécration des plus grands interprètes. Sa programmation alterne les revues populaires dans l’esprit de la Belle Epoque avec les tours de chant des plus grandes vedettes de cette époque, donnant à cette salle à l’italienne de 1 400 places une réputation internationale.

Devenue en 1936 un cinéma Art déco de 1 200 fauteuils, où sont présentés pendant trois décennies les meilleurs films. Puis en 1977, nouvelle reconversion, le cinéma devient le premier multiplexe pornographique de la capitale avec 5 écrans et 800 fauteuils…

Fermée depuis 1999, année où la salle est rachetée par l’Eglise universelle du royaume de Dieu, importante église baptiste brésilienne. Puis délaissée par cette congrégation évangélique, cette salle tombe dans l'oubli pour devenir une ruine tapissée de cinquante centimètres de fientes de pigeons. 

Rachetée en février 2016 par Mélanie et Frédéric Biessy, (elle une ancienne fiscaliste de France Télécom,  (lui un producteur indépendant), La Scala sous leur houlette est reconvertie après d'importants travaux en un lieu culturel à la programmation pluridisciplinaire : danse, théâtre, performances, rencontres, arts visuels et arts de la piste.

Aujourd’hui tout est changé, une façade en verre sombre quadrillée de tiges bleues pétrole, un bleu gris à la fois sombre et lumineux enveloppe tout l’espace, dont la teinte varie en fonction de l’éclairage et des couleurs qu’on lui oppose.  

Et depuis le 11 septembre c’est par un spectacle visuel et acrobatique intitulé justement "Scala", mis en scène,  scénographié et imaginé par l’acteur, acrobate, jongleur et danseur Yoann Bourgeois, un ancien du CNAC de Chalon- en-Champagne (promotion 2004-2008) en alternance avec le Centre National de Danse Contemporaine d’Angers, que cette salle a ouvert sa première saison.

Que dire de cette première production, qui comme toute les créations de cet artiste défie les lois de l’équilibre. Le mieux c'est de laisser la parole Yoann Bourgeois, ce trublions un peu en manque d'équilibre.

 "Imaginer dit-il une phrase qui commence et sans ponctuation une fois élancée ne puisse plus s’arrêter une phrase déséquilibrée une phrase précipitée dégringolée dégringolante fluctuante et altérée par une série de réactions en chaîne une phrase comme un domino cascade une phrase fugue une phrase rebelle s’émancipant cherchant à s’émanciper ou simplement s’enfuir de sa forme de phrase traditionnelle de phrase communicante une phrase emballée s’emballant rebelle rétive et répétitive variant comme une ligne mélodique comme un domino cascade où un homme tout à coup imaginer un homme oui un homme à la place de cette phrase homme fugue de sa première à sa dernière seconde par une série de réactions en chaîne par une série de rebondissements cet homme imaginé cet homme tombant dégringolant se rattrapant roulant rebondissant glissant courant accélérant homme catastrophe oblique penché précipité ne pouvant plus s’arrêter homme manipulé homme mu coincé dans la machine d’une domestication plus grande que lui dans ce monde disproportionné de rouages de forces de poulies d’engrenages d’escaliers de portes de trappes de tourniquets imaginez. "

Bref c'est clair, vous imaginez.... mais pour se faire une meilleure idée le mieux c'est encore la bande-annonce de ce spectacle.

En quelque sorte du Nouveau cirque instable et dégoulinant avec Mehdi Baki, Valérie Doucet, Damien Droin, Nicolas Fayol, Emilien Janneteau, Florence Peyrard et Lucas Struna

Cette production est jouée à La Scala Paris jusqu'au 24 octobre, avant de tourner en France.

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Le grand cirque mystique (O Grande Circo Mistico) 2018

Publié le 18 Septembre 2018 par cirk75 dans Cinéma

Ce film brésilien réalisé par Carlos Diegues, est sorti dernièrement en France, le 22 août 2018, après avoir été présenté hors compétition au Festival de Cannes 2018.

Cette une œuvre cinématographique dramatique de 105 mn, avec dans les rôles principaux : Vincent Cassel (Jean-Paul), Catherine Mouchet, (Imperatriz) Jesuíta Barbosa (Celavi), Bruna Linzmeyer (Beatriz), Mariana Ximenes (Margarete) retrace, d’après un poème de Jorge de Lima, l'histoire de la famille Kiepsest.

A travers plusieurs générations d’artistes audacieux, talentueux, passionnés, magiques et décadents, un siècle de la vie d’un cirque brésilien est proposé aux spectateurs suivant l’histoire sur cinq générations d’une même famille du cirque, ainsi que les amours contrariés entre un aristocrate et une envoûtante trapéziste, de leur début jusqu’à leur décadence.

On suit ainsi Celavi le Maitre de cérémonie,  gardant son éternelle jeunesse, tandis que les générations s’effacent les unes après les autres, depuis l’inauguration du Grand Cirque Mystique en 1910 jusqu’à aujourd’hui.

Un regret cependant les personnages peinent à exister et à vibrer pleinement dans ce kaléidoscope finalement trop sage, et moins grisant qu’espéré, et qu’on finit par regarder l'écran comme un joli livre d’images habillé dans une atmosphère circassienne.

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Le Radio-Théâtre, le petit frère du Radio-Circus

Publié le 29 Juin 2018 par cirk75 dans Cirques d'hier

Le mariage de la radio et du cirque a considérablement marqué après-guerre le paysage circophile français. Beaucoup parmi les quinquagénaires se souviennent  du Radio Circus (1949-1962),  du Pinder ORTF (1961-1969) ainsi que du Grand Cirque de France (1959-1966). Mais moins connu est l'expérience tentée sous l'enseigne du Radio-Théâtre et qui a duré 5 ans de  1952 à 1956.

A l'origine de ce chapiteau un homme Louis Merlin (voir blog14/02/12), passionné de tauromachie et de cirque et une marque l'Oréal, souhaitant populariser auprès d’un large public ses produits phares le shampooing "Dop" et le savon "Monsavon". Si le Radio Circus (voir blog16/01/15) vante lors de ses tournées les mérites du shampooing, de son côté le Radio Théâtre est créé pour célébrer les vertus du savon.

Le chapiteau et le matériel technique utilisés sont la propriété de la famille Prin, qui la saison précédente avait déjà succombé aux mirages de la publicité en devenant le "Cinémonde Circus" (voir blog18/03/16) glorifiant les mérites d'un célèbre hebdomadaire cinématographique.

Et comme il n'était pas souhaitable de concurrencer le Radio-Circus, autre bébé de  Louis Merlin, ce dernier décide que ce chapiteau présentera un spectacle de music-hall en utilisant non une piste mais une scène munie d'un plateau tournant. 

Le nom de l'enseigne Radio-Théâtre est mal choisi et prête à confusion, en effet aucune pièce ne sera jouée sous ce chapiteau.  Il aurait été plus juste de  le nommer Radio-Music-Hall car le spectacle présenté en première partie est une succession de numéros visuels. Et comme au Radio-Circus, la seconde partie est consacrée à l'enregistrement des émissions de Radio Luxembourg, ancêtre de RTL. 

Le spectacle est animé par Marcel Fort "l'enfant terrible de la radio"  (voir blog06/10/11) ou par le "Grand sympathique" Roger Lanzac (voir blog25/09/11).  Des chanteurs en vogue comme Patrice et Mario, Yvette Giraud, les Compagnons de la Chanson ou Tino Rossi enrichissent les programmes où se produisent d'authentiques vedettes du cirque comme les Rudi Llata (voir blog08/05/11), les 3 Fratellini (voir21/06/17), les Craddocks,, Mireldo le Maître de l'illusion (voir blog14/10/15), le cirque des lilliputiens... le tout accompagné par l'orchestre de Nino Nardini (voir blog du 22/06/17).

Le succès fut au rendez-vous. Certes la publicité et l'attrait d'assister, comme au Radio-Circus à l'enregistrement d'émissions publiques radiophoniques, attirèrent de nombreux radio-spectateurs, mais la très bonne qualité des programmes sut ne pas décevoir les chers auditeurs qui affluèrent très nombreux à la caisse de cet établissement.  

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