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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Sérénade au bourreau de Jean Stelli (1952)

Publié le 16 Octobre 2018 par cirk75 dans Cinéma

Voilà un film totalement tombé dans l’oubli, sans grand intérêt cinématographique, au scénario insipide, à la mise en scène fade, avec des acteurs, hormis  Paul Meurisse, totalement tombés dans l’oubli mais qui a cependant retenu mon attention.

En effet l’affiche de "Sérénade au bourreau", titre bien niais, montre en haut et sur fond noir une trapéziste tombant de son agrès. Cela a forcément retenue ma curiosité et grand bien m’en a pris car dès le générique on peut lire "collaboration artistique des spectacles du Cirque Rancy".

En visionnant avec attention ce chef d’œuvre oublié on peut en effet voir 4 courtes scènes tournées sous le chapiteau du cirque Fanni (voir blog20/05/11), dans le cirque c'est le Mondial Circus, et notamment entrevoir Albert Rancy (voir blog17/06/18) travailler avec des chevaux ou des caniches.  On aperçoit aussi un groupe de jongleurs répéter avec des massues, deux clowns (un blanc et un auguste) regarder le spectacle en entrouvrant le rideau de piste...  

Et point d’orgue, deux scènes dramatiques montrent deux trapéziste perdant l’équilibre et chuter de leur agrès. La première malheureusement décédera, et la seconde, sa remplaçante, n’aura que les jambes cassées et courra comme un lapin 5 mn après.

C’est fou le nombre de fois où la piste en général et le trapèze en particulier ont été utilisés pour accentuer le drame d’une œuvre insignifiante et sans imagination. Oui drame et cirque font trop souvent chemin commun.

Quant au scénario, il relate le plan machiavélique mis au point par un médecin psychiatre (Paul Meurisse) pour se venger de sa femme (Tilda Thamar) qui l’a trompé avec un de ses patients, un ancien pilote (Gérard Landry) traumatisé par les horreurs de la guerre. Le médecin va étrangler son épouse et faire porter les soupsons sur son ancien amant qui vit désormais un amour fou avec la trapéziste du cirque (Véra Norman). Mais un gentil commissaire (Antonin Berval) qui au début est déguisé en moine, découvrira la vérité et obligera le médecin à se suicider. Ouf tout est bien qui finit bien et la morale est sauve.

Pour ceux que cela intéresse, la Revue "Mon Film" a en 1952 édité un numéro consacré à ce film signé Jean Stelli, réalisateur de "La Foire aux femmes" ou de "Rapt au Deuxième Bureau" des films inoubliables...

 

 

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Connaissez-vous le "Financement par la foule" autrement dit le crowdfunding ?

Publié le 15 Octobre 2018 par cirk75 dans Economie

Le financement participatif, ou crowdfunding en anglais ou encore sociofinancement au Canada, est une manière de lever des fonds sans l'aide des banques ou des autres acteurs financiers. Ce nouveau mode de financement d’un projet a été permis grâce à l’évolution des technologies (internet, outils de paiements dématérialisés, fintech) et un cadre législatif favorable.  Ce mode de financement permet d'entrer en contact avec des apporteurs de capitaux, principalement des particuliers, qui agissent soit dans une démarche philanthropique, afin d’aider des projets qui "ont du sens", des projets "coup de cœur", soit tout simplement pour en retirer un revenu.

Le financement participatif comprend différentes catégories tels que le don (crowdfunding), la récompense (ou don avec contrepartie), le prêt (aussi appelé credit crowdfunding, crowdlending,  peer-to-peer lending ou prêt participatif) et le capital-investissement (equity).

Parmi les sites proposant ce mode de financement, les  plus connues sont : Ulule,  Bpifrance, Lendix, Bolden ou KissKissBankBank…

Depuis quelques mois on remarque que certains cirques ont recours à cette technique financière pour réaliser des projets demandant un fort investissement. Ainsi en France, le cirque Alexis Gruss (https://fr.ulule.com/alexisgruss/) a voulu faire financer une partie de son 44ème spectacle dénommé "Origines" par ce moyen économique avec un succès fort relatif. Il n'a recueilli que 8 538 € sur les 130 000€ escomptés.

En Suisse et actuellement le Cirque Knie  propose aussi un financement participatif  (https://www.lokalhelden.ch/zirkuszelt) pour acheter son nouveau chapiteau. A ce jour le projet a déjà reçu 73 060 CHF sur les 175 000 CHF escomptés, soit 42%.

Autre exemple "Le Plus Petit Cirque du Monde" (voir blog02/04/13) a fait aussi financé son projet "Devenez acteur du facteur" par ce moyen, recueillant 1 820€ les 3 000 espérés. Il en est de même de l’Ecole du Cirque Pitrerie de Strasbourg qui recherche 4 750€.

Le crowdfunding semble de nos jours être un moyen de financement qui touche bon nombre d'entreprises dont les cirques, qu'ils soient traditionnels ou subventionnés. Moyen de lever des fonds en cette période de diminution des subventions mais aussi il faut le reconnaître des spectateurs, le financement participatif a de beaux jours devant lui.

Alors à suivre…

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John Seidel dit Little John

Publié le 14 Octobre 2018 par cirk75 dans Artistes

John Seidel, est un prodigieux acrobate équilibriste jongleur danois aux boucles blondes. Il débute sa prodigieuse carrière à Copenhague au Cirque Schuman le 5 mai 1950, il a tout juste 12 ans, d'où son surnom Little John.

Jongler avec des cerceaux tout en exécutant en même temps un grand écart ou être en équilibre sur une main sur un podium de 2 m de haut, tout en dénouant des foulards attachés à ses chevilles, ou faire  tourner des cerceaux sur son autre bras, tout en tenant un ballon sur un bâtonnet qu’il maintient dans sa bouche, tout semble facile pour ce jeune artiste. Son numéro est un vrai miracle de grâce et d'élégance mâtiné d'une technique incroyable pour son âge.

On pouvait craindre qu'avec âge venant  Little John donne des signes de fatigue, et que sa carrière tourne court. Il n’en fut rien. Ses gestes à l’âge adulte restent parfaitement coulés, son aisance naturelle et sa technicité sont toujours présent, si bien qu’en 1975 lors du 2ème  Festival International du Cirque de Monte Carlo il reçoit un clown d’Argent.

En France il se produira plusieurs fois, notamment du 14 décembre 1951 au 10 janvier 1952 au cirque Medrano et on pourra aussi le voir à la télévision dans la célèbre émission La Piste aux Etoiles.

Le 22 août dernier John Seidel, toujours impeccable et élégant, à la carrière exceptionnellement longue, est devenu octogénaire, en conservant une silhouette de jeune homme,.   

Parmi les anecdotes qui ont jalonné se brillante carrière il aime rappeler que dans son jeune âge dans les années 50 il a participé à un programme avec Les Hallidays, les parents adoptifs de Johnny Hallyday. Une tout autre époque...

En 1953, à 13 ans

Dix ans plus tard, à 24 ans toujours la même la même aisance

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Les Clowns au Cirque (1958)

Publié le 13 Octobre 2018 par cirk75 dans Art

Cette petite huile et gouache originale sur papier, (61 cm x 49 cm) représente une scène classique au cirque. On peut voir sur la piste d'un cirque voyageur, deux augustes entourés de spectateurs,. Celui de gauche est à cheval une baguette à la main tandis que le second, à la curieuse dégaine, tenant une sorte de bourse dans sa main droite, semble lui donner la réplique.

Cette composition circassienne provient de l’abondant travail de Maurice Brenier Rousseau, un peintre français de l'Ecole de Paris né en 1923. Cette oeuvre très coloré, possede un côté très enfantin, voir naïf, mâtiné de fauvisme.

Les thèmes de prédilection de cet artiste sont les paysages, les portraits, les natures mortes, ainsi que quelques œuvres ayant comme sujet la piste aux étoiles comme on peut le voire.

 

Les Clowns au Cirque (1958)
Les Clowns au Cirque (1958)
Les Clowns au Cirque (1958)

En ce moment sur la toile sont en vente des encres de chine sur papier (36 X 25) œuvres non signés du peintre Maurice Bernier-Rousseau, elles datent des années 50 dont certaines représentent des scènes circassiennes.

Alors avis aux amateurs...

Les Clowns au Cirque (1958)
Les Clowns au Cirque (1958)
Les Clowns au Cirque (1958)
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La dernière saison du Cirque Plume

Publié le 12 Octobre 2018 par cirk75 dans Nouveau-Cirque

Le mythique Cirque Plume (voir blog13/06/16) présente cet automne, à paris au Parc de La Villette, son ultime spectacle avant de mettre un terme à sa magnifique aventure, la dernière occasion de voir ces monstres sacrés du cirque contemporain.

Le journaliste Eric Demey a profité de cet ultime spectacle pour échanger avec Bernard Kudlak un des membres fondateurs de ce célèbre établissement,  alors laissons leur la parole

Eric Demey : Est-ce la fin de l’aventure pour le Cirque Plume ?

Bernard Kudlak : C’est le onzième spectacle de la compagnie, cela fait quarante ans qu’on travaille ensemble. Et les fondateurs du Cirque Plume vieillissent. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin.

E.D. : Vous n’avez pas pu former de relève ?

B.K. : J’y ai pensé, mais le Cirque Plume est devenu une grosse machine, très peu subventionnée, très structurée, qui marche bien mais qui risque gros si le succès n’est pas au rendez-vous. Il nous faut 100% de remplissage, soit 1 000 spectateurs par soir, pour ne pas perdre d’argent. Cela fait plus de trente ans que nous sommes dans cet exercice financier de funambule et personne n’a voulu reprendre ce risque. Alors, la transmission se fait via les artistes qui viennent nous voir et nous disent qu’ils ont eu envie de faire du cirque en découvrant un de nos spectacles. Cela fait 2 000 ans que la chaîne du cirque se poursuit ainsi.

E.D. : Qu’aurez-vous apporté à cette histoire du cirque ?

B.K. : Je viens de l’éducation populaire et mon rêve était de créer un art du cirque s’adressant à tous, éclairé par une forme de poésie. Tout en restant attachés à nos principes, nous avons réussi à créer un très large public qui nous suit fidèlement. Avec d’autres compagnies nées comme nous dans les années 80, comme Zingaro ou Archaos, nous avons impulsé ce renouveau du cirque qui fait qu’il y a maintenant 400 troupes en France, aux esthétiques très diversifiées.

E.D. : Ce spectacle sera donc un spectacle d’adieux ?

B.K. : Absolument pas. Il s’agit d’une création, tout comme les autres spectacles. Comme souvent, nous avons travaillé la scénographie avant d’entamer les répétitions pour voir comment nos corps et nos mythologies y prennent place. Puis vient la musique, qui tient toujours un grand rôle dans nos spectacles, composée ici par Benoît Schick. Dans La dernière saison, nous traversons les saisons dans une forêt, avec l’idée que rester sensible à la beauté de la nature est aussi une invitation à en prendre soin. Mais bien plus que dans la thèse, nous serons comme d’habitude dans la recherche de la beauté, de la fragilité et de l’émotion.

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Le Festival International du Cirque de Monte Carlo en tournée.

Publié le 11 Octobre 2018 par cirk75 dans cirques étrangers

En 1977 le Comité d’organisation du Festival International du Cirque de Monte Carlo et M. Irving Feld, président et producteur du "Rigling Bros. et Barnum & Bailey combined  Shows" ont signé une convention par laquelle le plus grand cirque du monde devient détenteur des droits télévisés relatifs de ce festival.

A l’époque cet accord a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Beaucoup voyant là une mainmise des américains sur la manifestation monégasque. D’autres  pensant que les artistes européens ne seront plus que des faire-valoir des  vedettes américaines, ou que le géant américain utiliserait le label Festival du Cirque de Monte Carlo pour créer un Rigling européen.

Comme on le sait il n’en fut rien, et par exemple l’édition de 1977 fut un triomphe pour le cirque du vieux continent ainsi qu’ en témoigne le palmarès :

CLOWN D’OR

FAMILLE KNIE, La Grande Cavalerie du Cirque National Suisse Knie

CLOWNS D’ARGENT

LES ANTARES, Acrobates sur avion, Cirque des Frères Althoff, Allemagne

LES CANESTRELLI, Tremplin élastique, Ringling Bros and Barnum and Bailey, USA

LES CARILLO BROTHERS, Fildeféristes à grande hauteur,  Ringling Bros & Barnum and Bailey

KRISTOFF, Main à main à la bascule, Cirque d’Etat de Hongrie

LES SILAGIS, Sauteurs à la bascule, Cirque d’Etat de Bulgarie

Par contre le projet d’exploiter en Amérique, au Canada, au Japon, en Australie l’enseigne Festival du Cirque de Monte Carlo pris forme et, pendant 10 mois, à partir de février 1979 une sélection d’artistes ayant participé à la compétition monégasque fut mis sur pied.

Cette production "Rigling Bros. et Barnum & Bailey" avait comme vedette le casse-cou américain Elvin Bale, dans deux numéros aériens. En première partie il proposait son numéro de trapèze, pour lequel il avait reçu en 1978 un Clown d’Or et en seconde partie, il évoluait sur une roue de la mort prestation qui lui avait permis l’année suivante d’empocher un Clown d’Argent.

Trois autres Clowns d’Argent étaient du programme, la famille Richter dans un double numéro de voltige à cheval et d’acrobaties à bascule avec éléphant, les Silagis dans un numéro de sauts à la bascule et le Duo Dobritch (perche).

Complétaient le programme Les Albarracine  (trapèze), Luis Munoz (fildefériste), les Wee Gets (équilibres au sol) Gene Mendes (funambule),. Les Eotvos assurant la partie comique avec 3 entrées.

Le spectacle fut présenté par Sergio (voir blog02/03/11) qui en 1994 sera honoré d’un Clown d’Or et à qui on demanda de conserver son accent, car la "french touch" était pour M. Irving Feld un élément essentiel. Sergio au cours de cette tournée est devenu le ring master français qui parlait anglais.

Un programme papier fut pour l’occasion édité en anglais et en français. La traduction machinal en langue de Molière est un bonheur de syntaxe qui réjouira tous les linguistes. Un exemple parmi tant d’autres : "Elvin Bale, ce jeune homme blond est arrivé à ce titre d’étoile internationale grâce à une variété de numéros extrêmement dangereux, qui ont été acclamés en 1976 et lui ont gagné ce titre convoité du Prix Clown d’Or."

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Village de Cirque #14

Publié le 10 Octobre 2018 par cirk75 dans Nouveau-Cirque

Comme chaque année en octobre, la pelouse de Reuilly  (voir blog25/06/18)  voit s’établir pour quelques jours, Village de Cirque (voir blog07/10/16)  une sorte de festival de nouveau cirque et de spectacles de la rue.

 Cette année cette manifestation gratuite, car financée par l’impôt, se tiendra du 10 au 14 octobre et les spectateurs pourront voir 10 compagnies proposer 15 représentations.

Les organisateurs, (La Coopérative de rue et de cirque), indiquent selon leur communiqué qu’ils ont bossé comme des fous, monté les chapiteaux, installé les caravanes, le catering, le chapiteau, le bar, des chaises, des  transats... on vous a même installé des palmiers, on se croirait à la plage.

Bref les badauds et les amateurs de nouveau cirque ou d’art de la rue seront ravis cette semaine.

Pour connaître le programme, à vos tablettes ou téléphones en tapant : https://quefaire.paris.fr/60349/village-de-cirque-14

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Le cercle enchanté (1954), un regard nostalgique sur le légendaire cirque Medrano

Publié le 9 Octobre 2018 par cirk75 dans Cinéma, Cirques d'hier

Ce film de Marc de Gastyne est un document nous montrant une représentation se déroulant entièrement au cirque Medrano. A travers des numéros très variés, et des images filmées en coulisses on s’approche au plus près des paillettes des clowns, des magiciens, des acrobates et du bestiaire des animaux savants qui ont hanté cette piste magique.

Parmi les artistes filmés, excusez du peu: Jean Dréna (voir blo16/03/12), la cavalerie du cirque Knie, les 2 Diant, Victor Julian et sa revue canin, Les lions d'Harri Bellei, les danseuse acrobatiques Margit & Margot, la troupe Tunisia, John Vree contorsionniste, les chimpanzés de Smith, Miss Diane, et les clowns Mylos (voir blog12/10/11), Billy Beck (voir blog18/01/15), Boulicot (voir blog08/01/12), Pipo (voir blog10/10/11), Dario Mimile (voir blog11/10/11), Loriot (voir blog17/12/14), Nino, Charly...

Ce film est précieux et émouvant, car il permet de concrétiser soit des souvenirs soit des idées que l’on a sur cet inoubliable établissement situé à Paris et depuis 1972, démoli pour laisser la place à un immeuble de rapport nommé "Le Bouglione".

Malheureusement cette œuvre cinématographique n’est plus disponible et on ne trouve que 1mn 39 de bonheur sur YouTube, pour entrevoir sur la piste de Medrano l’Orchestre de Jean Laporte (voir blog18/06/18), un charivari de clowns, puis des chimpanzés et des chiens savants, le tout filmé par un spécialiste du film pour la jeunesse des années 50.

C'est bien peu... mais c'est mieux que rien

 

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Le cru 2018, un Festival val-d’oisien en demi-teinte,

Publié le 8 Octobre 2018 par cirk75 dans Festivals

Disons-le tout net, le  spectacle de cette année laisse en bouche une saveur de fadeur. Et pour une édition qui veut fêter les 250 ans du cirque moderne, le gâteau était un peu juste et relevait du trop peu. Ainsi un seul numéro avec des animaux, décidemment les animalistes font peur et effrayent le milieu circassien et municipal. Souvenons-nous l’année dernière ont avait droit à des éléphants et des otaries, en 2016 des chevaux (voltige djiguite) et des tigres (Stefano Orfei Nones, en  2015 des jeux équestres (Alex Giona) et des loups (Sonia Lestienne), en 2014 les lions de Namayca Bauer et la cavalerie de Sacha Houcke. Oui chaque année il y avait au moins deux numéros avec animaux et cette année nous n’avons eu droit qu’aux pâles fantaisies équestres de Mario Lurashi, plus à l’aise dans un studio de cinéma ou dans des spectacles hippiques que sur une piste de 13 m de diamètre où même son numéro de Haute école laisse un peu froid le public.

Autre travers pour allonger la sauce on demande à Elsa Bontempelli, la Mme Loyal peu inspirée cette année de chanter, on organise une parade des drapeaux et l’entracte finit plus (plus de 40mn) … bref on allonge la sauce.

Côté prestations, trop de musique en conserve renfermant et éloignant l’artiste du public.  On se croirait à la télé. Par exemple les exercices présentés par le Duo Extrem, Ting Huang ou Audrey et Thomas, ces derniers confondant trop souvent grâce et poses plastiques, ne laissent passer aucune émotion. Oui trop d’artistes ne communiquent plus avec le public, cela donne un empilage de numéros où il n'y aucun échange entre les artistes et les spectateurs..

Heureusement ce n’est pas le cas de  Housh ma Housh, dont on connait par cœur les blagues visuelles mais qu’on retrouve toujours avec plaisir ni avec la Troupe acrobatique de Pékin démontrant une fois de plus sa grande habilité au diabolo. Très curieusement la Troupe moldave  Chaban fait mieux rentrer le public dans son univers en étant Bikers que voltigeurs à la balançoire russe.

Néanmoins un numéro a fortement suscité notre attention c’est celui le Duo Stauberti, où le porteur en plus de maintenir une perche sur son front, au bout de laquelle évolue sa jolie partenaire, se complique la tâche en chevauchant une échelle ou un monocycle et pour en ajouter une couche, se met à jongler avec 5 massues. Incroyable, mais vrai.

Le jury présidé par Alexander Ogurstov a su à l’issu de ces représentations, reconnaître les siens et a décerné les récompenses suivantes ;

Prix du Président de la République et Prix du Docteur Alain FRERE : Housh ma Housh (art clownesque),

Coquelicot d’or, Prix du public et Prix du club du cirque : Duo Exxtrem (sangles aériennes),

Coquelicot d’argent : Ekatarina Shustova (tissus aérien),

Coquelicot de bronze et Prix spécial du jury : Duo Stauberti (perche aérienne),

Comme on voit les membres du jury ont aussi fait fi du seul numéro équestre et ont rendu un verdict digne d’un festival d’art acrobatique.

Espérons que pour sa vingtième édition, le Festival circassien de Domont se rappelle le dosage d’un bon spectacle circassien, non seulement la diversité est indispensable mais l’émotion que l’artiste fait passer est primordiale.

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Germain Aéros (1884-1954) le poivrot funambule

Publié le 7 Octobre 2018 par cirk75 dans Clowns

Cet artiste né à Paris le 24 octobre 1884, n’est pas issu du milieu de la piste, son est père serrurier ferronnier d'art et  sa mère couturière, mais à force de fréquenter un  gymnase à Issy-les-Moulineaux, où il croise régulièrement des artistes trapézistes, il prend attache avec ce milieu.

Germain Louis dit Aéros, prend ce pseudonyme en souvenir de ses jeunes années où, avec d’autres compagnons en habille mécanicien, il participe à la construction de "La Demoiselle" l’avion de Santos-Dumont.

Germain Aéros débute sa prodigieuse carrière avec "Les Alex", une célèbre groupe de trapézistes volants dont un des membres n’est autre que le futur Boulicot (voir blog08/01/12). Lors de la saison 1909-1910 à l’Etoile-Palace, il peaufine au sein des Alex, son personnage de pochard joyeux qu’il transposera quelques années plus tard sur le fil de fer.

Avant la guerre 14-18, il conçoit un premier numéro, "Les Aéros", un trio de trapèze volant à courte distance où, le premier il présente une imitation de Charlot au trapèze, parodie que Charles Rivel, (voir blog30/06/12) reprendra quelques décennies plus tard.

Après une interruption due au 1er conflit mondial, d’où il revient avec une blessure à la jambe, Germain Aéros  va désormais proposer son célèbre numéro d’excentrique funambule en état d’ébriété, où une fois sur la piste, il n’a qu’une idée grimper sur ce fil de fer qui le nargue. Pour cela le pochtron va utiliser ce qui lui tombe sous la main, un banc boiteux, un guéridon, un tonneau percé, ou une échelle qu'il tente d’appuyer au fil mou. Arrivé après moult contorsions, cabrioles et chutes enfin sur son fil  où, il va courir, valser, se retourner, rester brusquement immobile pour chanter. Tout cela semble improvisé mais est dans la réalité réglé comme du papier à musique. 

Avec ce numéro Germain Aéros  va fouler les pistes et les scènes plus prestigieuses. Il sera engagé dans les plus grands music-halls comme I’Olympia, l’Alhambra, l’Empire, Bobino, l’A.B.C. le Théâtre de l’Etoile, Crystal Palace et dans les meilleurs cirques tels Amar, Bureau, le Cirque d’Hiver, Dutrieu, Houcke, Medrano , Pourtier, Price, Ranc.y... où à chaque fois les spectateurs l'ovationnent.

Aéros est certainement un des plus grands artistes de l'histoire de la piste, mais ce qui est moins connu c’est qu’entre deux contrats, il met à profit ses talents de mécanicien pour breveter quelques inventions personnelles.

Celles et ceux qui l’ont vu se souviennent certainement encore, de son expression favorite : "Ben mon vieux ! Quelle aventure", de son incroyable vélocité sur fil mou et de son entrée ou de sa sortie de piste où il simulait le pochtron à la jovialité communicative.

Il rejoindra les étoiles éternelles le 28 novembre 1954, laissant le souvenir d'un bon artisan mécanicien mais surtout d'un très grand artiste des arts de la piste .

Illustration des sœurs Vesque (voir blog 10/02/18)

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