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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

M. ou Mme Loyal

Publié le 12 Février 2016 par cirk75 dans M. Loyal

M. ou Mme Loyal

Présentateur, animateur, Maitre de piste ou M. Loyal peu importe son nom, ce personnage emblématique de la piste reste un trait d’union entre chaque numéro pour permettre à la barrière d’aménager la piste pour le numéro à venir et doit, tout en s’effaçant, mettre en valeur chaque artiste.

Mais on ne s’improvise pas M. Loyal, même cela a été le cas de certains, il faut d’abord être un artiste, posséder le métier, avoir un énorme talent d’improvisation et aimer les arts de la piste. Les plus célèbres, du moins ceux qui restent dans la mémoire populaire ont pour noms : Roger Lanzac, Sergio, voire son excellence Calixte de Nigremont qui officie depuis quelques années lors du Festival Mondial du Cirque de Demain.

M. ou Mme Loyal

Dans le passé, de nombreux cirques dans le but inavoué de mieux remplir leurs gradins, ont souvent fait appel, avec plus ou moins de succès leurs spectacles, à des célébrités de la radio, du petit écran ou de la chanson pour présenter le spectacle. Ont ainsi endossés la redingote rouge et le chapeau haut de forme noir l'acteur Patrick Préjean (voir blog06/01/2015) l'animateur de TV Jean-Pierre Foucault, associé au Festival du Cirque de Grenoble devenu depuis quelques temps celui de Voiron et n'oublions pas le chanteur Carlos lors de la 1ère édition de cette manifestation ou trois présentatrices d’émissions à la télévision Danièle Gilbert, Nathalie Simon ou Tania Young. Malheureusement ces 3 dames n’ont pas laissé un souvenir impérissable dans le monde de la piste, même si leur rôle était essentiellement d’apporter leur notoriété télévisuelle permettant ainsi de provoquer la ferveur et l’enthousiasme du public, afin de voir de visu ces baladines de l’étrange lucarne.

M. ou Mme Loyal

Par contre depuis quelques temps, peut-être est-ce dû à une application inconscience de la féminisation de la société, les établissements font appel de plus en plus à de vraies Mmes Loyal qui connaissent et aiment le cirque. Ainsi le cirque Bouglione pour sa tournée 2015-2016 "Bravo" a fait appel à une ancienne meneuse de revue, reconvertie depuis quelques temps dans ce rôle. Il s'agit de la talentueuse Arta Sosnowski, l’épouse de Stéphane Danetto, régisseur ou homme à tout faire, comme il aime à se définir de ce même établissement.

Autre exemple les Festivals du cirque de Tour, de Domont ou de Massy ont aussi pris l’habitude d’appeler une Mme Loyal et, depuis quelques temps ont officiées Céline Moreno ou Carrie Harvey. Et même le célèbre Festival du Cirque de Monte Carlo a fait appel à une "lady ringmaster" anglaise, en la personne de Yasmine Smart. C’était il y a bien longtemps, en 1975 lors de la deuxième édition de cette manifestation en collaboration avec Sergio (voir blog02/03/2011) mais depuis cela ne s’est plus renouvelé et dorénavant seul le joyeux et enthousiasme Alain André alias Petit-Gougou (voir blog04/10/2015) œuvre dans cette mission indispensable

#cirque

#M.Loyal

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Trois mois après les attentats, les cirques toujours touchés

Publié le 11 Février 2016 par cirk75 dans Economie

Trois mois après les attentats, les cirques toujours touchés

Les gazettes nationales ont dernièrement relaté que suite aux attentats de novembre dernier, les restaurants, les théâtres et autres musées peinent à retrouver leur clientèle. On note même sur la période cruciale des fêtes de fin d'année que le nombre de spectateurs avait dévissé de plus de 20%. De plus sur les 5 premières semaines de 2016 cette tendance perdure et peut même atteindre près de 22%. Et dans le même temps les professionnels du spectacle peinent à cerner les nouveaux comportements de nos concitoyens spectateurs.

Pour les cirques on note également un tassement important du nombre de spectateurs et en cette période traditionnelle de Festivals circassiens, certaines manifestations franciliennes (Massy ou Demain) n'ont pas eu leur taux de remplissage habituel.

Trois mois après les attentats, les cirques toujours touchés

Malheureusement ces mauvais chiffres viennent après d’autres signes qui n’étaient pas déjà très optimistes et qui montraient que l’équilibre financier de certaines pistes était déjà préoccupant.

Les effets de la crise, les tracasseries administratives, les décisions de certaines municipalités de ne plus accepter sur leur sol des cirques avaient déjà porté un rude coup à notre spectacle préféré.

Mais cette inquiétude ne concerne pas que les pistes françaises. En Europe certains établissements historiques comme Benneweiss au Danemark ou Herman Renz aux Pays-Bas ont dû cesser leur activité, et d’autres sont en train de se demander comment présenter un spectacle de cirque digne de ce nom, lorsque les lois ou les arrêtés municipaux interdissent de plus en plus la présence d'animaux sur la piste. Et ne parlons pas des petits cirques (voir blog13/01/2016) qui ont dû manifester le 27 janvier dernier afin de pouvoir travailler.

Bref aujourd’hui la profession de directeur de cirque n’est pas vraiment tendance et on ne peut que se féliciter, si malgré ce contexte peu favorable, la famille Bouglione ait repris la route avec il faut le succès mérité qu’on lui connait.

Est-ce le début d’une ère nouvelle l’avenir nous le dira ?

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Vente aux enchères au Cirque d’Hiver de Paris

Publié le 10 Février 2016 par cirk75 dans Economie

Vente aux enchères au Cirque d’Hiver de Paris

Vendredi soir 5 février 2016 à partir de 18h30, un spectacle inhabituel s'est joué au Cirque d'hiver de Paris (voir blog25/02/2011). Pour la première fois dans ce lieu racheté aux enchères en 1934, au nez et à la barbe des frères Amar (voir blog08/11/2010) par Joseph Bouglione, une session de vente aux enchères a été organisée sous le maillet de Florence Rois, commissaire-priseur et avec comme M. Loyal d'un soir Pierre Etaix (voir blog24/05/2015).

Vente aux enchères au Cirque d’Hiver de Paris

Une telle vente publique concernant les arts de piste n’est pas nouvelle même si c'est encore assez rare. Dans le passé on compte par exemple la collection Jean Eden dispersée en mars 2014 (voir blog20/02/2014) par le charge Millon & Associés. Le 20 janvier dernier alors que se déroulait le 40e festival du cirque de Monte-Carlo, la maison de ventes ArtCurial a dispersé, à Monaco, une collection dédiée aux frères Fratellini (voir blog18/05/2015). La vente a reçu un accueil mitigé, avec seulement 53 % des lots vendus, représentant un total d'environ 81 000 euros. Au cirque d'hiver Bouglione, la proposition était plus restreinte et comprenait en plus des lots sur le cirque des ventes concernant le cinéma.

Vente aux enchères au Cirque d’Hiver de Paris

Hasard du calendrier, une affiche du cirque de Paris (voir blog23/11/2011) représentant Foottit et Chocolat (voir blog02/02/2012), était mise à prix à 1 200 à 1 400 euros, alors que vient de sortir le film de Roschdy Zem, Chocolat (voir blogs 02, 03 & 04/02/2016), qui rend hommage à ces deux artistes incarnés au cinéma par Omar Sy et James Thierrée, petit-fils de Charlie Chaplin.

Un orchestre de quatre automates de la taille d'un enfant de cinq ans, un mètre de haut chacun, était proposé entre 4 000 et 5 000 euros. Un clown charmeur de chaussette était à emporter pour 500 à 600 euros. Et un clown équilibriste, automate à deux mouvements, pour 1 500 à 1 800 euros.

Vente aux enchères au Cirque d’Hiver de Paris

D'autres éléments du monde du cirque étaient aussi sous le maillet : un lion en fourrure synthétique de deux mètres de long exerçant trois mouvements était proposé vers 3 000 euros. Et cinquante affiches relataient des grands tours de magie pour 100 à 2 000 euros (la femme coupée en deux, la femme fantôme, les séances de spiritisme ou d'hypnose, ou encore la tête sans corps...). Enfin, des boîtes du début du XXème siècle distillaient leurs illusions, comme cette tête à transformation pour 5 000 à 6 000 euros, où la tête du visiteur, placée dans un hublot, se voit en crâne transparent ou en sorcière grimaçante.

Vente aux enchères au Cirque d’Hiver de Paris

Une dizaine de pièces étaient consacrées à Charlie Chaplin (voir blog03/07/2012). Un enchérisseur a déboursé 3 500 euros pour l'affiche créée par Auguste Leymarie en 1915 pour la société de distribution A.G.C., premier diffuseur des films de Charlot en France et dont le matériel promotionnel a en grande partie disparu.

Enfin parmi les pièces phares de l'univers du cinéma, les souvenirs de Marlène Dietrich, se sont envolés, comme son manteau de vison, étiqueté à son nom et daté de mars 1969, adjugé 7 200 euros, son béret parti pour 870 euros et son pull noir Dior pour 1 370 euros.

#cirque

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Trois spectacles de cirque en DVD

Publié le 9 Février 2016 par cirk75 dans DVD

Trois spectacles de cirque  en DVD

Pour les circophiles collectionneurs de spectacles de la piste, signalons 3DVD parus en 2015 et toujours en vente auprès des producteurs desdits spectacles. Par ordre chronologique, on peut se procurer le DVD de la 28ème Grande Fête Lilloise du Cirque (voir blog09/11/2015) chère à Thierry Fééry (voir blog14/10/2011) dans lequel on peut entre autres voir le Sémaphore des Etoiles, La troupe Sokolov (Clown d’Or). Vient de paraître le double DVD sur le 23ème Festival International de Massy (voir blog25/01/2015), mis en piste par Thierry Fééry et en 179 mn de bon et beau cirque traditionnel, avec l’inénarrable Bello Nock (Clown d’or), le fantastique fildefériste Zhang Fan, on peut ainsi regarder dans son fauteuil tout le programme de l’édition 2015 présentée par Céline Moreno. Enfin comme chaque année Alain M. Pacherie (voir blog17/04/2013) nous propose l’enregistrement de son dernier spectacle le Petit Dragon, (voir blog09/01/2016).

Trois enregistrements indispensables dans la DVDthèque d’un circophile averti.

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"La Fête à Henriette" de Julien Duvivier (1952)

Publié le 8 Février 2016 par cirk75 dans Cinéma

"La Fête à Henriette" de Julien Duvivier (1952)

En regardant l’affiche de ce film rien n’attire l’œil d’un circophile cinéphile curieux, on voit au mieux une gerbe de fleur et un photographe, quant au titre il n’est pas non plus séduisant. Le scénario n’apporte rien non plus qui donne envie de visionner cette œuvre cinématographique. Il s’agit principalement de l’histoire de deux scénaristes en mal d’imagination et devant écrire une histoire pour un film. Et si l'un voit la vie en noir l’autre au contraire, la voit en rose, et leurs inspirations contradictoires, vont faire vivre des situations rocambolesques à Henriette et Maurice leurs deux héros.Et ce n’est pas cet extrait que l’on trouve sur "You tube" qui va nous allécher, car il n'y a rien dans cet extrait qui suggère la piste magique.

En revanche en lisant la distribution on note 4 rôles qui suscitent notre intérêt : Hildegard Knef joue Rita Solar une blonde écuyère sexy, Thomy Bourdelle un directeur du cirque, Tristan Sévère un dompteur. Et oui ce film comme "Quai des Orfèvres" de Clouzot, "Les 3 font la paire" de Guitry (voir blog22/03/2015) voir "Obsession" de Delannoy (voir blog11/11/2010) est attirant pour un circophile car pour certaines scènes, Duvivier nous refait découvrir la piste du cirque Medrano (voir blog 07/04/201), le cirque des clowns. En regardant ce film non seulement on voit la façade Bd. Rochechouart de cet établissement, mais aussi celle de la rue des Martyrs avec son entrée des artistes et ses coulisses. Ce qui nous permet d’entrevoir :Mylos, Loriot (voir blog 17/12/2014) et Randel (voir blog24/09/2011), un numéro aérien : perche aérienne exécutée par 2 artistes vêtus des blanc, enfin le montoir où se trouvent le régisseur et les deux garçons de piste, blouson et casquette avec du matériel qu’ils tiennent en main. Bref un film pour les nostalgiques de ce cirque dont la dernière séance se tenue le 7 janvier 1963.

"La Fête à Henriette" de Julien Duvivier (1952)

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Pour les cinéphiles "La fête à Henriette", donnera lieu en 1964 à un remake américain réalisé par Richard Quine (Paris When It Sizzles) dans lequel Audrey Hepburn et William Holden reprennent respectivement les rôles de Dany Robin et Michel Auclair. Mais dans cette version aucune référence, n’est faite au cirque.

#cirque

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Encho Keryasov, un surdoué en acrobatie

Publié le 7 Février 2016 par cirk75 dans Artistes

Encho Keryasov, un surdoué en acrobatie

Né en 1973 en Bulgarie à Yambol, dans une famille d'enseignants, le sculptural Encho Keryazov à la musculature impressionnante était à 6 ans un garçon plutôt frêle et malingre, aussi pour combattre un peu un physique chétif et attiré par la piste il s’initie à l’acrobatie dans un club local de gymnastique où très vite il se révèle doué pour cette discipline. A 15 ans, membre de l'équipe nationale il devient champion de Bulgarie de sports acrobatiques. Un an après il rejoint la troupe Romanovi où il effectue un numéro de jockey. En 1990, très impressionné par le numéro des Alexis Brothers il décide de se consacrer exclusivement à l’équilibre sur cannes et il souhaite transposer leur rigueur athlétique dans un travail d’équilibre et de force.

Encho Keryasov, un surdoué en acrobatie

Reconnu aujourd’hui comme un des maîtres de l’équilibre sur cannes et c’est avec une aisance déconcertante qu’il nous propose des équilibres sur une ou deux mains, avec changement de main. Prodigieux aussi son équilibre sur des boîtes empilées, car il provoque leur chute tout en maintenant un impeccable équilibre final sur mains. Récompensé dans de nombreuses manifestations il reçoit en 2007 lors du XXXI° Festival International du Cirque de Monte-Carlo un Clown d'argent. Au cours de la même compétition il recueille aussi le Prix du Public.

Encho Keryasov fut longtemps pensionnaire du plus beau cirque du monde le Circus Roncalli (voir blog29/12/2014). Mais s’est aussi produit au Palazzo à Mannheim, au cirque Knie ou aux USA au Vazquez Hermanos Cirque. Et reconnaissance suprême en 2016 il était parmi les artistes conviés lors du 40ème Festival du Cirque de Monte Carlo!

Parallèlement depuis 2011, il a donné son nom à une fondation créé par les pouvoirs publics bulgares afin de soutenir les jeunes talents dans le domaine sportif, artistiques ou scientifique.

#cirque

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Le Cirque (Leeds museums and Galleries)

Publié le 6 Février 2016 par cirk75 dans Art

Le Cirque (Leeds museums and Galleries)

Cette huile sur toile conçue en 1913 par le peintre britannique Charles Ginner (1878-1952), nous montre sous un chapiteau de cirque rassemblant les spectateurs dans un univers coupé du monde extérieur une écuyère sautant à la corde sur le dos d’un cheval qui tourne sous les ordres du maitre de piste chambrière à la main. On aperçoit aussi deux clowns et celui qui nous tourne le dos tient à la main un cerceau tendu de papier vert, dans lequel l’amazone va prochainement sauter.

L’œil est naturellement attiré par le jaune de la piste puis il s’égare sur le rouge cassis de la robe l’écuyère brune, décentrée un peu par rapport au centre de ce tableau, laissant mieux apparaître la sciure de la piste. Les clowns dans leur sac bleu pour l’un, jaune et rouge pour l’autre sont des éléments indispensables à un tel spectacle, ainsi que l’orchestre, la barrière, le bord de la piste et les gradins qui sont représentés dans un camaïeu de violet alternant du rouge au bleu. Quant aux spectateurs pour la plupart coiffés d’un chapeau, leur posture est statique et attentive, aucun mouvement de leur côté est décelable, ils semblent figés à la vue du spectacle.

Ce tableau s’inscrit dans le courant postimpressionniste situé approximativement entre 1885 et 1915, inventé par le critique d'art et peintre britannique Roger Fryse. Mouvement pictural un peu flou et mal defini mais qui peut être caractérisé par une utilisation excessive et forcée, de la couleur par rapport à la réalité. Charles Ginner était un adepte de ce style et, ses thèmes préférés représentaient des paysages et surtout des scènes urbaines, mais il a su aussi faire quelques incursions dans le monde de la piste comme en témoigne cette oeuvre.

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Et Foottit (1864-1921) qui était-il réellement ?

Publié le 5 Février 2016 par cirk75 dans Clowns

Et Foottit (1864-1921) qui était-il réellement ?

Si le livre de Gérard Noiriel et le film de Roschdy Zem mettent en valeur le personnage de Chocolat, il serait bien hasardeux de penser que Foottit était un clown de seconde zone qui a passé l’essentiel de son temps à gifler son complice Raphaël alias Chocolat. Non la carrière de ce clown d’origine britannique est intéressante et semée de nombreuses anecdotes démontrant que Foottit peut être considéré comme un des clowns qui ont marqué l’histoire de la piste.

George Foottit, de son vrai nom Tudor Hall, était un artiste de cirque qui avait plusieurs cordes à son arc : clown, mime, écuyer, acrobate et même comédien. Né enfant de la balle, son père qui se prénommait aussi George dit Géo avait longuement joué des pantomimes avant de devenir directeur d’un petit cirque britannique le "Foottit Great Allied Circus". Foottit débuta à 3 ans sur la piste familiale en imitant les exercices de force que son père exécutait. Puis il fut envoyé dans un collège de Nottingham jusqu’au décès de son père, il a alors 8 ans. Une fois sa mère remariée à Thomas Batty, ce dernier un célèbre écuyer, l’initie dès 12 ans aux pratiques de l’art équestre. Puis il rejoindra la célèbre cavalerie de son oncle Sanger où il débutera comme écuyer avec un cheval du nom de Tom O’Shanter qu’il conservera jusqu’à qu’il devienne clown.

Et Foottit (1864-1921) qui était-il réellement ?

A 18 ans déjà bon voltigeur à cheval, il est embauché au cirque britannique "Continental" avec Tom O’Shanter que son oncle vient de lui donner. Et c’est dans ce cirque qu’un soir à 20 ans, non pas par vocation ou pour remplacer au pied levé un comique absent, il va changer d’orientation artistique en devenant clown. Foottit a toujours relaté que c'était par pure nécessité, il vient de perdre son cheval au jeu, qu’il endosse le sac de clown. Devant cette situation il ne lui restait plus qu’une chose à faire, paraître le soir sur la piste sous les traits d’un paillasse et faire le pitre pour gagner son pain.

Une autre explication est avancée, Foottit aurait très vite ressenti qu’il n’atteindrait jamais le renommée et la fortune dans la voltige équestre. C’est pourquoi il envisage cette reconversion dans un métier moins pénible et où l’on vieillit moins vite. Mais quel que soit la vraie cause, ce changement d’orientation professionnelle comme on dirait de nos jours, ce n’est nullement une promotion, n’oublions pas qu'à la fin du XIX° siècle être écuyer voltigeur est beaucoup plus prestigieux et rémunéré que la fonction peu enviée de clown.

Donc voilà désormais Foottit clown et, costume mis à part, il n’était pas séduisant. Traits lourds et dissymétriques, nez fort, moue déplaisante, œil droit plus petit que le gauche, un cou de taureau et une bouche dédaigneuse, enfin tout le contraire d’un apollon. Mais il trouve un engagement Covent-Garden de Londres où il sera en concurrence avec une trentaine de clowns acharnés à défendre leur gagne-pain et à se faire valoir. Et c’est dans cet établissement qu’il va avoir l'idée de proposer la parodie de l’Ecuyère à panneau; où habillée en femme, le visage blanc du clown, corsage pailleté, jupe de gaze, il fait chaque soir un triomphe et sort enfin du lot.

Et Foottit (1864-1921) qui était-il réellement ?

Se produisant tour à tour en Angleterre ou en France, Foottit parlait mal le français mais son jargon fut pour le public gaulois une source supplémentaire d’amusement. Il est engagé au cirque Franco-Américain, à l’Hippodrome de l’Alma ainsi que pour l’ouverture du Nouveau-Cirque, et c'est dans cet établissement où son succès ne fait que croître, il devint même en 1890 le premier clown, qu'il s’attache comme partenaire un dénommé Raphaël qui deviendra célèbre sous le nom de Chocolat, mais ceci est une autre histoire.

Et Foottit (1864-1921) qui était-il réellement ?

Il faut reconnaître, et nous l’avons déjà évoqué, George Foottit avait de grandes facilités pour incarner sur piste des femmes. Aussi se lança-t-il avec succès dans une entrée où il parodiait à merveille la grande Sarah Bernhardt qui venait justement de créer "Cléopâtre" au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Pour l’occasion notre clown s’était grimé avec des cheveux crépus rouges et des nombreux bijoux comme l’illustre tragédienne. Son entrée caricaturait avec démesure la scène de la mort de la reine d‘Egypte. Et comme Sarah Bernhardt, où au théâtre elle apparaissait avec un véritable serpent, Foottit brandissait sur la piste un reptile en caoutchouc. Quant au public il jubilait, et c’était du délire lorsque lors d’un rétablissement, Foottit-Cléopâtre mort(e) et soutenu(e) par Chocolat se redressait et se mettait à courir autour de la piste, sa traîne sous le bras. Mais et c'est difficile de nos jours à imaginer que le succès de Foottit-Cléopâtre égala celui de Sarah Bernhardt-Cléopâtre. Pour cette dernière cela devenait un sujet de scandale et de moqueries, entraînant le tout Paris de cette époque à aller au Nouveau-Cirque voir l’interprétation que donnait Foottit de la pièce de Victorien Sardou. Et malgré les démarches de ce dernier, de Maurice Bernhardt le fils de Sarah et les conseils d’Oller qui craignaient la colère de la tragédienne nationale, Foottit ne changea pas d’un iota son sketch. Et ce qui devait arriver arriva, un soir Sarah Bernhardt vint voir le spectacle. Ce soir-là dans les coulisses, connaissant le côté sanguin de la tragédienne, tout le monde n’en menait pas large. En entrant en piste Foottit s’avança naturellement et fit une respectueuse révérence devant la loge où se trouvait la célèbre comédienne puis commença aussitôt sa parodie qui à la longue fit sourire l’illustre spectatrice. Et c’est ainsi que toute la salle et les coulisses furent gagnées par l’hilarité générale et Sarah Bernhardt, bonne joueuse, ne tint pas rigueur à Foottit de son outrageuse caricature à son égard.

Oui Georges Foottit fut plus que le partenaire de Chocolat, c’était un véritable artiste qui connut un succès phénoménal avec Raphaël mais qui fut aussi directeur de cirque, comédien (il joua l'homme au chapeau gris dans le film Fièvre de Louis Delluc) et qui apporta une réelle contribution personnelle à l’art clownesque.

#leclownchocolat

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10 précisions concernant le film "Chocolat"

Publié le 4 Février 2016 par cirk75 dans Cirques d'hier

10 précisions concernant le film "Chocolat"

Comme le reconnaît bien volontiers le réalisateur Roschdy Zem, pour les besoins de son film sorte d’allégorie morale décryptant le racisme d’une époque afin de mieux évoquer celui qui sévit aujourd’hui, il a dû prendre quelques libertés à la véritable histoire de Rafaël dit Chocolat. Mais sans pour autant dénigrer un tel choix artistique, l’hebdomadaire "Jeune-Afrique" en s’appuyant sur la biographie écrite par l’historien Gérard Noiriel, "Chocolat, la véritable histoire d’un homme sans nom", a essayé de séparer le bon grain de l’ivraie dans le scénario signé Cyril Gély, autrement indiquer ce qui est inexacte dans cette oeuvre cinématographique.

1 Vrai, Chocolat était bien originaire de Cuba où sa famille eut à subir l’esclavage. En absence d’état civil, Rafaël serait né entre 1865 et 1868 dans une famille d’esclaves. Il aurait ensuite été vendu sur le port de Bilbao à un riche exploitant espagnol qui l’aurait emmené comme domestique pour sa famille dans la ville de Sopuerta.

2 Faux, le cirque Delvaux n’a jamais existé. C’est Tony Greace un clown d’origine britannique qui rencontre Rafaël dans la région de Bilbao et qui l’embauche alors qu’il fuit la maison de son maître pour échapper aux mauvais traitements qu'il subissait. Déjà, en tant que cascadeur, Rafaël encaissait des coups sans pouvoir y répondre et une fois sorti de piste, il devenait le domestique de l'épouse de Tony Greace.

3 Faux, le clown Footit n’est jamais venu chercher Chocolat pour former avec lui un duo. C'est en effet à Paris à la fin des années 1880 emmené par Tony Greace, que Chocolat connut immédiatement un succès phénoménal, d’abord avec Tony Greace, puis au Nouveau Cirque dans la pantomime "La noce de Chocolat" (voir blog18/06/2015). Au même moment, le britannique Foottit faisait aussi des débuts fracassants. Et c'est à l’initiative d’Henri Agoust, le régisseur du Nouveau Cirque (voir blog08/12/2010) que l'idée de ce duo germera dans les esprits en 1888.

4 Faux, Rafaël ne bénéficia jamais d’un état civil en bonne et due forme et ne fut jamais arrêté pour cela. La seule affaire judiciaire le concernant est évoquée aussi dans le film. Un jour en 1887, la rivalité entre les écuyers et les clowns du Nouveau Cirque dégénéra. Tony Greace et deux autres prévenus, un Italien et un "on-ne-sait pas quoi" selon la presse furent poursuivis pour coups et blessures. Cet "on-ne-sait pas quoi" était en réalité Chocolat qui, avec Antonio (un Portugais et non un Italien…) se chargea de défendre Tony Greace. L’affaire se termina par un non-lieu.

5 Faux, c'est à cette époque qu'il rencontre la femme de sa vie, une secrétaire d'origine picarde, Marie Hecquet (épouse Grimaldi) qui a déjà 2 enfants, Eugène et Suzanne. Pour les besoins du film, Roschdy Zem en a fait une infirmière, afin de mieux coller avec l’implication que Chocolat a dans les hôpitaux de Paris auprès des enfants malades.

Par ailleurs, Chocolat élèvera les enfants de Marie Hecquet comme les siens. Ils devinrent des artistes de cirque, et Eugène se fera connaître sous le nom de "Chocolat fils" ou "Tablette".

6 Vrai, alors que le cinéma en était à ses balbutiements, Foottit et Chocolat furent bien filmés par les frères Lumières, comme le montre le court métrage présenté à la fin du film (voir blog03/02/2016) . Ils furent aussi les vedettes d’Emile Reynaud, l’inventeur du "praxinoscope", un appareil optique donnant l'illusion du mouvement. Cepandant les images des bandes interchangeables disposées à l'intérieur d'un tambour tournant autour d'un axe, ont malheureusement été détruites et introuvables.

7 Faux, Roschdy Zem a choisi de rapprocher deux épisodes distincts de la vie de Rafaël pour les besoins de son allégorie. Si Chocolat fut bien en 1894 le premier acteur noir à interpréter Othello en France, une parodie de l’opéra que Verdi avait tiré de la pièce de Shakespeare, avec une scène finale mimée par Chocolat et une écuyère dans le rôle de Desdémone, il connut plus tard, en décembre 1911 et sur la scène du théâtre Antoine, un échec théâtral retentissant dans une pièce d’Edmond Guiraud, "Moïse". En effet totalement analphabète, Chocolat fut incapable d’apprendre son texte, et il fut descendu par la critique.

8 Faux, Footit et Chocolat ne furent jamais amis. La réalité ne fut pas celle d’un duo fondé sur une amitié profonde. Foottit, personnage égocentrique et dépressif, avait du mal à accepter l’importance prise par Chocolat dans leur duo et sans lequel le succès l’aurait vite abandonné. S’il était contraint de jouer avec lui et de faire une bonne figure, il ne ratait jamais une occasion, notamment dans la presse, de rabaisser son talent.

9 Faux, Chocolat ne mourut pas dans un cirque comme simple balayeur, mais comme clown, au sein du cirque Rancy où il partageait la piste avec les fils de Foottit. Son fils adoptif, Eugène, avec qui il avait formé le duo "Tablette & Chocolat", connaîtra lui aussi un certain succès dans le monde circassien.

10 Faux, le nom Rafaël Padilla que porte Chocolat n’est pas certain. Selon Gérard Noiriel, plusieurs hypothèses ont cours concernant le vrai nom de cet artiste. En revanche son prénom, Rafaël, est à peu près sûr, par contre pour son nom on l’a affublé de plusieurs patronymes comme de Leïos, Patodos ou Padilla, ce dernier pouvant faire référence au nom de la femme de son ancien maître espagnol.

#leclownchocolat

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Les 4 plaques de Chocolat

Publié le 3 Février 2016 par cirk75 dans Clowns

Rafaël dit de Leios, ou Patodos voire ou Padilla (son véritable nom nous est inconnu) autrement dit le clown Chocolat, inventeur avec son partenaire Foottit de la comédie clownesque (voir blogs voir blogs 11 & 12/02/2012), vient de recevoir 99 ans après sa mort un large hommage à travers un film retraçant plus ou moins sa vie. Et en plus du film éponyme de Roschdy Zem, 4 plaques murales ont été en ce début d’année dévoilées, retraçant aussi 4 moments clefs de sa vie.

Les 4 plaques de Chocolat

La première plaque située à Paris aux 251 rue Saint-Honoré sur l’emplacement où se trouvaient les bâtiments du Nouveau Cirque (voir blog08/12/2010), devenu depuis un hôtel, a été dévoilée le 20 janvier par la Maire de Paris. Cette dernière a rendu un vibrant hommage au premier artiste noir français, ainsi surnommé en raison de la couleur de sa peau.

Les 4 plaques de Chocolat

La deuxième plaque a été inaugurée en Espagne à Bilbao deux jours plus tard en le 22 janvier par le Maire et est apposée sur les quais où Chocolat débarqua esclave venant de La Havane.

La troisième plaque divulguée 29 janvier se trouve 19 Rue Georges Bonnac, à Bordeaux, et rappelle qu’en un dimanche pluvieux du 4 novembre 1917, à l'âge de 49 ans Chocolat est décédé vers 10 h 30 du matin, au 43 de la rue Saint-Sernin.

Les 4 plaques de Chocolat

Enfin le 6 février une quatrième et dernière plaque sera dévoilée au cimetière protestant de Bordeaux où fut enterré Rafaël, dans le carré M, rangée 7, numéro 21 autrement dit dans la fosse commune réservée aux indigents. Aujourd’hui sa "tombe" est intégrée dans un parcours historique mis en place par le Conservateur de ce cimetière et une allée porte également le nom de cet artiste.

Ce dernier hommage est dû à l'initiative des "Amis du clown Chocolat" dont la marraine est la comédienne Firmine Richard.

Leclonwnchocolat

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