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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

John Bill Ricketts, père du cirque en Amérique du Nord (1769-1800)

Publié le 16 Novembre 2016 par cirk75 dans Franc-Maçonnerie, cirques étrangers

Lorsque l’on évoque les arts de la piste aux Etats Unis, trois noms viennent spontanément à l’esprit, Barnum (voir blog01/04/2015) Bailey (voir blog04/04/2015) et Rigling (voir blog 23/04/2012). Mais aucun n’est à l’origine du cirque américain, en effet c’est un écossais John William Ricketts dit John Bill Ricketts, qui peut en revendiquer le titre de fondateur du cirque sur le continent nord-américain.

Avant de fouler le sol américain, John Bill Rickets, débute à l'âge de 17 comme élève de l’écuyer Charles Hughes l’un des fondateurs du Royal Circus à Londres. Quelques années plus tard, après la déconfiture de son mentor, on le retrouve à l'Amphithéâtre équestre de Jones à Whitechapel où il propose un double numéro de cavalier et de clown.

En 1792 il s’embarque pour Philadelphie - rappelons  qu’à cette époque Philadelphie est la capitale de la jeune fédération - où il va reproduire au départ les spectacles qu’il avait vus en Angleterre.

Puis il ouvre le 3 avril 1793 à New-York un cirque, à l’angle de Market Street et de la 12ème avenue. Arène à ciel ouvert l’établissement permet à 800 spectateurs de prendre place autour d’un manège circulaire de 42 pieds (environ 14m). Au départ sa troupe est modeste et comprend outre Ricketts, son jeune frère Francis acrobate, le Signor Spinacuta danseur de corde, et le clown McDonald. Le succès est immédiat et parmi les spectateurs on note les 22 avril 1793 et ​​24 janvier 1797 un dénommé Georges Washington. Ce dernier est un farouche partisan de Ricketts, peut-être parce ce dernier est son maître en équitation et que comme bon nombre de directeurs de cirque, du moins à cette époque (voir blog11/02/2011), tous deux appartiennent à une Loge maçonnique. 

Suite à cette réussite John Bill Ricketts va organiser une tournée passant notamment par la Caroline du nord, la Virginie, le Maryland, la Nouvelle-Angleterre avant de retourner à New-York et à Philadelphie où le 19 octobre 1795 il ouvre un splendide cirque à Chestnut Street le Ricketts' Art Pantheon and Amphitheatre.  Bâtiment couvert et circulaire de 30m de diamètre, érigé sur le principe des cirques anglais avec un toit conique de 15 m de haut, comportant aussi en plus de la piste une scène pour les pantomimes, spectacle très en vogue à cette époque (voir blog01/09/2011) et pouvant accueillir 1 300 spectateurs.  Quelques temps plus tard à leur tour les bostoniens vont découvrir les charmes des arts de la piste grâce au Ricketts’ Equestrian Pantheon. Mais la gloire sera de courte durée car dès 1796, il devra affronter la concurrence d’un nouveau venu Philip Lailson, un écuyer suédois, qui sera à l’origine des parades dans les rues lui permettant d’acquérir une grande notoriété.

En 1797, une troupe dirigée par son frère Francis, donne le 5 septembre à Montréal et près de 200 ans avant le Cirque du Soleil, le premier spectacle cirque au Canada. Là aussi les spectateurs n’en croient pas leurs yeux devant de telles prouesses équestres et même certains y trouvent quelques incantations magiques ou surnaturelles. Ricketts remporte à Montréal un tel succès qu’il y passe tout l’hiver et va y construire un cirque moderne en pierre. Au printemps 1798, la compagnie se rend à Québec où elle présente pendant deux mois un spectacle avant de retourner à Montréal puis aux Etats-Unis.

Enfin comme beaucoup de confrères européens ses installations sont victimes de plusieurs incendies. Décourager, il quitte en 1800 les Etats-Unis, son bateau est capturé par des pirates français. Libéré il s’embarque à nouveau pour l’Angleterre mais son navire fait naufrage et John Bill Ricketts coule avec tous ses biens, il venait de fêter son 30ème anniversaire.  Sa mort a été enregistrée par sa mère en 1802 devant le tribunal de la prérogative de Canterbury.

John Bill Ricketts un des concepteurs du cirque qui comme Astley (voir blog07/06/2015) ou Franconi (voir blog08/06/2015) a laissé son marque dans l’histoire mondial de la piste.

#johnbillricketts

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Gilles Sainte-Croix, le co-fondateur du Cirque du Soleil

Publié le 15 Novembre 2016 par cirk75 dans Personnalités

Lorsque l’on évoque la création du Cirque du Soleil, on parle toujours de son guide, du moins c’est le nom qu’il s’est donné : Guy Laliberté (voir blog30/03/2015), mais c’est aller un peu vite en besogne en oubliant le rôle essentiel d’un autre québécois : Gilles Sainte-Croix, lorsque cette petite compagnie de cirque a vu le jour au début des années 80, au Québec à Baie-Saint-Paul, dans le comté de Charlevoix.

Né en 1949, à Abitibi région à l'ouest du Québec, Gilles Sainte-Croix n’est pas issu d’une famille du spectacle, son père est fermier. Aussi dans un premier temps il dirige une auberge le "Bacon Vert" tout en s’occupant de l’animation et de l’organisation des loisirs des jeunes voyageurs qui y résident. Et parmi ces derniers on trouve un jeune cracheur de feu revenant d’Europe, Guy Laliberté. En 1980 Gilles Sainte-Croix fonde, après avoir obtenu une subvention du gouvernement québécois, une troupe de théâtre dont l’originalité est de se produire sur des échasses. Ce groupe nommé "Les Échassiers de Baie-Saint-Paul" parmi lesquels se trouve bien entendu Guy Laliberté, déambule sur des échasses, jongle, danse, crache du feu et joue de la musique; intrigant et émerveillant les résidents de l’endroit. Cette formation produit plusieurs spectacles : "la légende d’Alexis le Trotteur" (légende québécoise) ou "Le défilé du Dragon", présentés dans les principales villes du Québéc.

Puis en 1982 la troupe fonde "Le Club des talons hauts" afin d’organiser un évènement culturel, nommé Fête foraine comme au Moyen-âge où les amuseurs publics se donnent rendez-vous pour échanger et animer pendant quelques jours les rues de Baie-Saint-Paul. Et devant la réussite, cette manifestation sera renouvelé en 1983 et en 1984. Suite à ces succès Gilles Sainte-Croix, Guy Laliberté et leurs complices nourrissent dès lors un rêve fou : créer un cirque québécois. Et ça tombe bien, en 1984 le Québec pour célébrer le 450ème anniversaire de la découverte du Canada par Jacques Cartier recherche, un spectacle afin de faire rayonner les festivités dans tout La Belle Province. Et nos artistes réussissent à convaincre les organisateurs avec leur projet de spectacle, nommé Cirque du Soleil.

En l’état le projet devait durer un an mais comme on le sait le Cirque du Soleil existe toujours même si les membres fondateurs ont plus ou moins cessé leur activité.

Jusqu’en 2014, Gilles Sainte-Croix a été artiste, metteur en scène, directeur de création ou vice-président du le Cirque du Soleil. Parallèlement en 2001, il crée "Cheval Théâtre", premier spectacle équestre en Amérique du Nord, en 2011, "Circo de Los Niños", une école de cirque pour enfants, au Mexique. Mais en 2014 après être gravement tombé malade deux ans auparavant, il quitte l’entreprise de spectacle québécoise. "C’était trop gros, il y avait trop de responsabilités, indique-t-il. C’était une compagnie construite sur les opportunités. Mais à force de répondre toujours aux opportunités, les bouchées étaient devenues grosses. Dans les dernières années, le développement s’est emballé et on faisait trois shows par année. A un moment donné, mon élastique a pété."

En retrait Gilles Sainte Croix relate toute son aventure circassienne dans un livre, "Ma place au soleil" paru dernièrement . Il y compte aussi bien les petits conflits internes comme les rencontres marquantes de sa vie. Celle bien entendu avec Guy Laliberté, avec le metteur en scène Franco Dragone (voir blog10/10/2015), avec Steve Wynn, l’entrepreneur américain des casinos de Las Vegas. Il y relate son amitié avec Paul McCartney ou celle avec George Harrison, le guitariste des Beatles avec qui il a travaillé pour créer le spectacle "Love", ainsi que son son rôle de directeur de création sur "Saltimbanco", "Alegria", "Quidam", "Delirium" ou "Love"…

En 2016, il est nommé Compagnon de l’Ordre des arts et lettres du Québec et travaille à l’heure actuelle pour les spectacles de Céline Dion.

#gillessaintecroix

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Une histoire du cirque par Pascal Jacob

Publié le 14 Novembre 2016 par cirk75 dans Livres

Pascal Jacob grand spécialiste des arts de la piste nous propose un ouvrage coédité par les Editions du Seuil et la BNF très richement illustré de dessins, gravures, lithographies, affiches, photographies, issus pour la plupart de son département consacré aux Arts du spectacle (voir blog26/02/2014), livre qui propose une histoire du cirque, depuis ses origines jusqu’à ses formes les plus contemporaines.

Au fil des 240 pages d’un récit passionnant, les 180 illustrations accompagné d’un texte remarquablement écrit, dévoilent les secrets de chacune des disciplines qui peuplent la piste et nous entraînent dans un voyage planétaire haut en couleur. Cet ouvrage ponctué d’une douzaine d’encadrés consacrés aux figures les plus emblématiques de  l’histoire du cirque, ayant pour nom: Les Franconi, Pauline Cuzent, Jules Léoard, Footit & Chocolat. Claire Héliot, Phineas Taylor Barnum, Roger Lanzac, Margarita Nazarova, karandach, Xio Ju Hua, John Ringling North et Annie Fratellini, est un splendide présent pour les fêtes de fin d’année autant pour les amateurs de cirque que pour les circophiles éclairés.

#pascaljacobunehistoireducirque

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Alexandre Romanès, un tzigane Chevalier de la Légion d’Honneur

Publié le 13 Novembre 2016 par cirk75 dans Personnalités, Nouveau-Cirque

Né à Paris en 1951, au milieu des chapiteaux de la famille Bouglione,  fils du dompteur Firmin Bouglione (voir blog25/12/2014) beau-frère d’Alexis Gruss (voir blog13/02/2012), Alexandre Romanès a reçu mercredi 9 novembre de la part de la Ministre de la Culture Audrey Azoulay, la Légion d’Honneur. Il entre ainsi dans le cercle trop fermé des tziganes honorés par la République. Seul avant lui et en 2015, le pasteur Georges Meyer avait été honoré pareillement, par le ministre de l’intérieur et des cultes Bernard Cazeneuve.

Revenons sur le parcours fort original de cet artiste qui se fait désormais appeler de son "nom de guerre" Romanès, Bouglione étant selon ses dires son "nom de jeune fille".

Comme tout enfant de la balle il entame une carrière dans le monde du cirque où notamment il pratique l’acrobatie, l’équilibriste sur échelle, et devient à l’instar de son père dompteur de fauves (voir blog10/12/2015). Mais au début des années 70, le cœur gros il quitte son clan frustré par la tournure prise par sa famille qui n'incarne plus suffisamment à ses yeux les valeurs de la culture tzigane.

Quelques années plus tard, dans les années 90, il rencontre une Gitane de la communauté roumaine du camp de Nanterre et issue de la tribu des Lovaris, Délia, qui devient sa femme. Avec son épouse il fonde le premier cirque tsigane d'Europe, composé d'un orchestre venu des Balkans et de Gitans : le Cirque Romanès.

Délia chanteuse tzigane de Roumanie, accompagne le spectacle du cirque avec un orchestre Tzigane des Balkans. Avec leurs six enfants, ainsi qu'avec leurs 6 petits-enfants, ils voyagent et font connaitre au mieux la culture Tzigane et Gitane en France ainsi qu'à l’Étranger!

Ainsi en 2010 lors de l’exposition universelle de Shangai, dans le pavillon français en plus des chefs d’œuvre prêtés par le musée d’Orsay, le cirque Romanès est présent et se produit à de nombreuses reprises. 

Mais la même année, Alexandre Romanès entre en résistance contre le gouvernement qui veut appliquer la loi interdisant le travail des enfants au sein de son cirque et se bat pour conserver ses musiciens roumains menacés d’expulsion.

Aujourd’hui le nouveau spectacle du cirque tzigane, "Si tu m'aimes plus, je me jetterai par la fenêtre de la caravane", entend décrire avec humour et poésie les vicissitudes auxquelles est confronté le cirque Romanès. En effet depuis quelques temps cet établissement installé dans le 16e arrondissement, près de la Porte Maillot, dans le square Parodi est, et c’est le moins que l’on puisse dire, mal accueilli par la population. On constate de nombreux actes de vandalisme ainsi qu’une baisse alarmante de la fréquentation suite aux attentats du 13 novembre (voir blog09/10/2015).

Pourtant le cirque Romanès c’est le partage, la fraternité, la convivialité à travers la musique, la danse, la peinture, le théâtre et aussi la littérature. Et oui car Alexandre Romanès est aussi écrivain et sort en ce moment aux éditions l’Archipel son dernier ouvrage "Les corbeaux sont les Gitans du ciel". Dans ce livre il évoque son enfance et ses rencontres avec des hommes et des femmes d’une grande modestie, mais riches de sentiments. Et aussi avec des poètes qui deviendront ses amis : Jean Genet, Jean Grosjean, Jean-Marie Kerwich, Christian Bobin et Lydie Dattas, qui lui apprendra à lire.

Ce livre qui commence ainsi : " J’ai un nom mais ce n’est pas mon vrai nom. Mon nom, le vrai, je ne le prononce jamais. Si par accident il m’arrive de le prononcer, je dis toujours que ce n’est que mon nom de jeune fille. Et puisque la vie est un combat, j’ai un nom de guerre: je m’appelle Alexandre Romanès."

Toute la personnalité de cet artiste se trouve dans ces phrases… Alexandre Romanès un homme attachant, pudique, fier, et, ardant défenseur de la cause tzigane …

#alexandreromanès

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La Strada (1954)

Publié le 12 Novembre 2016 par cirk75 dans Cinéma

Frederico Fellini a été fasciné toute sa vie par les arts de la piste. Aussi n’est-il pas étonnant  qu’au moins dans trois de ses œuvres le cirque apparaisse. La piste magique est présente très tôt dans ses films, d’abord de manière indirecte avec "Les Feux du Music-hall" en 1950, puis plus explicitement en 1971 dans "La Strada" puis enfin dans une de ses dernières oeuvres "Les Clowns" en 1971 (voir blog13/10/2010), où il filme une sorte de voyage nostalgique à la rencontre des clowns traditionnels et de leurs souvenirs. Cela donne un faux documentaire sur les rapports du cirque et du grotesque, qui a quelques fois bien irrité les circophiles.

Tout autre est "La Strada" (la route), mélodrame psychologique montrant l’existence misérable et indigente vécue par les gens du voyage. Le scénario relate la triste histoire de Gelsomina (Giulietta Masina), une femme enfant naïve et généreuse, vendue par sa mère à un hercule de foire brutal et obtus, Zampano (Anthony Quinn). A bord d'un étrange équipage - une moto à trois roues aménagée en roulotte - le couple sillonne les routes d'Itali en menant la rude et triste vie des forains où Zampano accomplit un numéro de briseur de chaines sur les places publiques. Parallèlement ce dernier ne cesse de rudoyer sa compagne et de la tromper sans vergogne. Elle de son côté s'efforce pourtant de lui complaire avec une touchante obstination.  Puis à un moment, surgit Il Matto, autrement dit le fou (Richard Basehart) un violoniste-poète-philosophe-farceur, saltimbanque aussi. Il agace à plaisir le pauvre Zampano et raconte à Gelsomina de très belles et très édifiantes histoires sous forme de paraboles. Exaspéré, Zampano finit un jour par le tuer. Le temps passe... Gelsomina, prostrée, ne peut se consoler de la mort du Fou, aussi Zampano l'abandonne sur la route. Des années plus tard, il apprend sa mort alors, pour la première fois de sa vie, il éclate en sanglots.

Ce film a fondé sa réputation sur l’antithèse de ses personnages, sur la poésie de leurs gestes quotidiens, et sur la dure alternance entre décrépitude et joie de vivre insatiable, ce qui permet de comparer la vie au cirque. Les rôles de scènes s’entremêlent aisément avec ceux des relations entre Gelsomina et Zampano jusqu’à s’étendre sur le troisième personnage, Il Matto, simple clown, seul à posséder un réel sens de l’humour. A en croire Fellini, ce jeu de passe-passe entre la devanture de la scène absurde des clowns et de l’existentialisme du réel s’opère avec grâce sans jamais forcer la continuité du film tout en maintenant cet aspect magique.

Film célèbre non seulement pour ses personnages voire pour son brillant  scénario, mais aussi pour les mélodies, qu’un jeune compositeur peu connu à cette époque Nino Rota, a composé et, dont le thème principal joué à la trompette par bon nombre de clowns sur la piste aux étoiles reste depuis un classique musicale des chapiteaux.

#lastrada

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Montréal capitale du cirque contemporain

Publié le 11 Novembre 2016 par cirk75 dans Economie, Nouveau-Cirque

Si Paris était au XIX ème  siècle la capitale mondiale du cirque (voir blog20/11/2013), Montréal  est au XXI ème siècle celle du cirque contemporain. Et cela est d’autant plus surprenant que le Québec n’a jamais été historiquement une terre des arts de la piste. En effet ce n’est qu’un certain 6 juin 1984 à Gaspé au Québec, il y a de cela un peu plus de trente ans, que le Cirque du Soleil a donné sous un chapiteau de 800 places sa première représentation c'est-à-dire celle d’un cirque authentiquement québécois.

Mais le fait que Montréal soit devenue en moins de deux décennies, la ville du cirque s’explique aussi par l’apport de plusieurs évènements mondiaux. En 1967 l’Exposition Universelle et en 1976 les Jeux Olympiques font étape à Montréal et sans le savoir, ces 2 évènements ont donné indirectement le signal de la création d’un cirque au Québec.

Avec l’Expo, les québécois perdent leur sentiment d’isolement linguistique, religieux et rural. Ils s’ouvrent au monde extérieur, et prennent gout aux spectacles proposés lors de cette manifestation.  Neuf ans plus tard les J. O. ont joué aussi un rôle essentiel en introduisant au Québec la notion d’élite. En effet lors de ces Jeux sont notamment couronnés des gymnases ayant pour nom Nadia Comaneci ou Olga Korbut, athlètes  qui ont donné une autre dimension médiatique et populaire à leur sport. De plus, gymnases et acrobates québécois se côtoient et s’entrainent à Montréal au Centre Immaculé-Conception (voir blog08/10/2016) des années avant que le Cirque du Soleil ne mélange gymnastique et arts de la piste. Notons aussi en 1982, car c’est une donnée importante,  une tournée du Cirque acrobatique de Chine venue à l’origine pour 3 semaines et qui restera  2 mois pour la plus grande joie du public montréalais. Enfin n’oublions, le rôle de Gilles Sainte-Croix et ses échassiers de la baie, de Guy Caron –le fondateur de l’école national du cirque de Montréal- et de Guy Laliberté  (voir blog30/03/2015), personnages importants car tous 3 ressentent la même envie : explorer un mode de spectacle nouveau, du moins par rapport à ce qui se fait à cette époque dans "La Belle Province". Et ainsi se dessine peu à peu dans leur esprit les prémices d’un genre pouvant rassembler à la fois l’art de la fête, le spectacle de la rue et l’acrobatie. Et c’est grâce au mixage de tous ces ingrédients que se sont construits les cirques québécois mondialement reconnus. Mais le récit serait incomplet si nous taisions l’apport important que le cirque Roncalli (voir blog24/12/2014) a eu, tant pas son raffinement que par son côté festif, sur la forme du cirque québécois.

Aujourd’hui Montréal est devenu on le voit un lieu incontournable du cirque contemporain. Non seulement les principaux cirques québécois comme le Soleil, Eloize, les 7 doigts de la main… y ont leur siège social, mais cette ville compte aussi une des meilleures écoles du monde de cirque : l’ENC (voir blog08/11/2016) ainsi qu’une remarquable Cité du Cirque : La Tohue (voir blog18/09/2013). Dans ce lieu -dépositaire du Fonds Jacob-William, une des plus importantes collections privées consacrées aux arts du cirque- on trouve notamment une salle de spectacle circulaire d'une capacité de 900 personnes, les bureaux d’En Piste, le centre d’hébergement des artistes du Cirque du Soleil, ainsi que les bureaux de la structure qui organise depuis 2010 un festival mobilisateur et novateur nommé "Montréal Complètement Cirque". Manifestation qui chaque année en juillet sur de nombreux emplacements de la plus grande ville québécoise propose dix jours de programmation cirque à son public toujours grandissant. La prochaine édition doit se tenir du 7 au 17 juillet 2017 sur 37 scènes réparties sur toute la ville.

Oui tel est Montréal capitale du cirque contemporain, ville qui vit et respire cirque et dont l’apport économique dû aux arts de la piste n’est nullement négligeable ….

#montréalcirquecontemporain

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Les Festivals circassiens et hexagonaux de novembre

Publié le 10 Novembre 2016 par cirk75 dans Festivals

Deux importants Festivals de cirque se tiendront prochainement, dans les Landes à Saint-Paul-Lès-Dax pour le premier et à Voiron  dans l’Isère pour le second.

Le Festival des Artistes de Cirque de Saint-Paul-lès-Dax revient du 10 au 13 novembre pour sa 17ème édition après une année d'interruption forcée, faute de visibilité financière, Et comme cette manifestation se déroule dans les Landes, les trophées qui récompensent les artistes sont bien entendu des "Pommes de pin" d’Or d’Argent et de Bronze décernées par un jury international. L’édition 2016 est présentée par une Mme Loyale la pétulante Carrie Harvey (voir blog22/01/2016) et la direction orchestrale est signée Carmino d'Angelo (voir blog07/01/2011).

Le Festival International du Cirque Auvergne Rhône-Alpes Isère, qui se déroulera du 17 au 20 novembre fêtera cette année sa 15ème édition. Créé en 2002 par Guy Chanal, alors Directeur Général de l’association du Palais des Sports de Grenoble, cette manifestation se tenait sous la coupole de cette salle dédiée aux sports de l'ancienne capitale du Dauphiné. Puis avec le temps cet évènement circassien isérois s’est déplacé à Voiron où pour la 2ème fois il se déroulera sous un chapiteau de 3 500 places avec comme Maitre de piste l’animateur de télé Jean-Pierre Foucaud. Le jury présidé par Gérard Louvin fait la part belle aux peoples et décernera comme chaque année ses Etoiles d’Or, d’Argent et de Bronze.

#cirquesaintpaullesdaxvoiron

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Yannick Thomas & Gregory Arsena, artistes au Cirque Le Roux

Publié le 9 Novembre 2016 par cirk75 dans Artistes

Formés à l’Ecole Nationale du Cirque de Montréal (voir blog08/11/2016) par le russe Alexandre Arnaoutov, Yannick Thomas (porteur) et Gregory Arsenal (voltigeur) sont tombés dans l’acrobatie tout jeune. Ecole de cirque de Cap breton à 8 ans pour le premier et 14 ans pour le second et c’est là où ils apprennent l’art des équilibres et du main à main, puis séparément Yannick à l’école nationale du cirque de Châtellerault et à l’école de cirque de Bordeaux pour Grégory avant de se retrouver à Montréal où ils vont créer l’étonnant duo numéro acrobatique et théâtral de main à main aux confins de la tendresse et de la cruauté, "le Con est l’Ange" numéro doublement récompensé en 2010, par une médaille de bronze lors du 31ème Festival Mondial du Cirque de Demain et au festival allemand "Sol y Circo".

Suite à cette pluie de récompenses le duo Yann et Greg sera engagé par "Les 7 doigts de la main" (voir blog04/05/2011) puis par "Vague de cirque" la compagnie créée par les acrobates québécois Alain Boudreau et Noémie Gervais (voir blog15/10/2011) ou au "Le Cirque Monti"... Puis en 2014 après avoir travaillé sur plusieurs continents, ils désirent réaliser et produire leur propre spectacle "The Elephant in the Room" et pour cela avec deux autres comparses acrobates rencontrés à l’Ecole Nationale du Cirque de Montréal : Lolita Costet formée à l'École Supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles et Philip Rosenberg formé au "Circus Center" de San Francisco, ils créent l’étonnant Cirque Leroux (voir blog28/09/2016)… et n’oublions dans cette aventure Charlotte Saliou (mise en scène) et Alexandra Streliski (musique)

Mais cela est une autre histoire qui mérite d’être plus vue que lue, et cela tombe bien car cette troupe se produit jusqu’au 14 janvier 2017 à Paris à Bobino, avant de faire une tournée dans les belles provinces de notre hexagone. Et en plus c’est certainement un des meilleurs spectacles acrobatiques du moment mêlant cirque, films noirs hollywoodiens et théâtre, un régal à déguster sans modération et en famille.

#Yannick Thomas & Gregory Arsenal

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L’Ecole Nationale de Cirque de Montréal, (ENC) a 35 ans

Publié le 8 Novembre 2016 par cirk75 dans Nouveau-Cirque, Economie

Le développement exponentiel des arts du cirque contemporains à travers le monde est dû pour une large part à la création des écoles de cirque. Si en France on compte le CNAC de Chalon-en-Champagne (voir blogs21/05/2011 &10/112015) en Mongolie l’Ecole du Cirque de d’Oulan-Bator, en Russie l’Ecole de Cirque de Moscou (ou GUCEI), en Ukraine celle de Kiev, en Belgique l’Ecole Supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles et n’oublions pas les écoles de Budapest, de Shanghai ou Wu-Qiao… l’Ecole Nationale de Cirque de Montréal fondée en 1981 reste à ce jour la référence en matière de formation d'artistes de cirque et fête cette année ses 35 ans.

Accueillie dans un premier temps au Centre Immaculée-Conception de Montréal, mais rapidement, ce lieu devient trop exigu et ne peut contenir la croissance de ses nombreux élèves aussi en 1989, l'ENC déménage dans le Vieux-Montréal, à la gare Dalhousie. Mais devant l’engouement pour les arts de la piste l'ENC en 2003 se relocalise dans la Cité des arts du cirque (voir blog18/10/2013), qu'elle fonde avec le Cirque du Soleil (voir blog15/05/2015), En Piste, (regroupement national des arts du cirque) et Montréal Complètement Cirque. Et c’est ainsi que l'ENC emménage dans un nouvel édifice construit à sa mesure au cœur de cette nouvelle cité nommée La Tohu.

Doté de vastes espaces adaptés à toutes les disciplines, muni des équipements les plus sécuritaires, ce nouvel espace offre un contexte d’apprentissage unique au monde pour les élèves de l’ENC. Son équipe pédagogique et artistique de plus de 80 enseignants, professionnels passionnés et chevronnés, provenant pour la plupart de la piste, de la scène, voir du sport de haut niveau assure un encadrement exceptionnel.  

Indépendante des compagnies de cirque, mais sensible à leur évolution tout autant qu'aux perspectives de la pratique professionnelle des artistes de cirque, l’Ecole Nationale de Cirque de Montréal a su participer au développement des cirques québécois et canadien. Elle a notamment contribué à l'éclosion de la plupart des compagnies de cirque québécoises, telles que le Cirque du Soleil, le Cirque Éloize (voir blog 07/001/2011) ou Les 7 doigts de la main (voir blog04/05/2011) et de nombreux artistes actuels en sont issus, dont par exemple les remarquables artistes du Cirque Le Roux (voir blog28/09/2016). 

#écolenationaledecirquedemontréal

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DVD Planète Cirque

Publié le 7 Novembre 2016 par cirk75 dans DVD

Vient de paraître un DVD d’une durée de 3h31, qui nous offre en 4 reportages, un étonnant voyage dans le monde du cirque à travers le quotidien des dresseurs, des acrobates des clowns et de la famille Togni. Cette série tournée en Europe, en Asie et en Amérique est due à l’imagination circassienne de Dominique Mauclair (voir blog14/01/2014), et au talent de Laurent Chevallier pour les prises de vue. Ce dernier a pu filmer ce qu’on ne voit jamais quand le rideau se lève ou lorsque les projecteurs du grand chapiteau s’éteignent sur la piste…

Ces 4 films, de 52 mn environ chacun, tournés au début des années 90, permettent notamment de voir ou revoir Francesco Carolli (voir blog16/02/2012), Annie Fratellini (voir blogs10/06/2014 & 29/03/2015), David Shiner, le clown jongleur Michael Christensen, le dresseur de tigres Russe Nicolai Pavlenko, mais aussi l’incroyable marche “Davasi”, le village des acrobates chinois, l’étonnante troupe de Wuhan, l’époustouflant numéro russe “Les cigognes”… ainsi que les Togni chez qui le spectacle n’est pas seulement sur la piste, mais aussi dans les coulisses dans les caravanes, et pendant leurs voyages…

Ce DVD, indispensable à tout circophile, est produit par les films du Paradoxe et se trouve chez tout bon vendeur.

#DVDplanetecirque

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