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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Le Cirque est en ville (collection privée)

Publié le 14 Décembre 2019 par cirk75 dans Art

     

Cette petite huile sur toile de format (51 x 35) nous montre 5 artistes, 2 chiens et 1 singe, travailler en palc. Autrement dit, ces saltimbanques se produisent hors d’un chapiteau, au tapis comme on disait autrefois.

     Un clown blanc, sorte de Pierrot harangue les spectateurs dont beaucoup sont assis sur les bancs disposés devant le tour de corde qui désigne l’espace où les circassiens se produisent. Un jeune fil-de-fériste tenant fermement son balancier, ce qui lui permet d’abaisser son centre de gravité, évolue avec sûreté et élégance sur une corde tendue entre deux croix en bois posées sur le sol. En bas à droite un autre jeune acrobate rythme à coups de grosse-caisse le spectacle, soutenu par la trompette qu’un autre musicien tout rouge vêtu tient en bouche, artiste légèrement caché en retrait derrière le jeune percussionniste. Enfin une acrobate immaculée de blanc, la taille moulée dans une sorte de tutu cloche en tulle, les bras croisés et le corps appuyé contre le tronc d’un mât semble ailleurs, attendant son tour. Enfin au fond à droite contre un chêne une roulotte complète la scène, ainsi que les habitations du village que l’on devine à gauche. Quant aux spectateurs, vieillards comme enfants ils semblent attentifs et ravis de cette distraction qui les sort de leur habitude et les fait rêver.

     Ce tableau dû au talent du peintre figuratif allemand Ludwig Blume Siebert (1853 – 1929) spécialiste des scènes bucoliques et champêtres nous rappelle l'âpre labeur des bateleurs au XVIII° siècle lorsqu'ils allaient de villages en villages, donner leur spectacle et en échange, recevoir la reconnaissance sonnante et trébuchante des spectateurs. Remarquons qu'en bas à gauche le peintre a représenté une fillette en train de faire la quête. On l'aperçoit arrêtée devant un homme, elle tend la main sollicitant ainsi la générosité de cet individu. Ce dernier mettant sa main dans sa poche pour trouver quelques piécettes.

 

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Un programme du Barnum’s Circus de 1929

Publié le 13 Décembre 2019 par cirk75 dans Cirques d'hier

Parmi les nombreuses enseignes que les frères Court (voir blog01/10/2013) ont eu , le Barnum’s Circus tient une place à part. Associé à Pierre Périé ou Périer (voir blog28/11/2011) on trouve les deux orthographes, les 2 frères tournèrent deux années sous cette appellation en laissant croire qu’il s’agissait du célèbre cirque américain, dont le nom était depuis 1919 : Rigling Bros and Barnum & Bailey Circus. La publicité enfonçait le clou en indiquant : "Après 25 ans d’absence est de retour en France".  Comme on le lit aucun nom de cirque n'était mentionné mais en haut de l'affiche était toute fois indiqué Barnum's Circus.

Comme on le voit Joseph dit Sampion Bouglione (1875-1941) le père des 3 frères du même nom n’a pas eu le monopole du détournement d'affiches, en usant d’une enseigne qui n’était pas celle que le public croyait (voir blogs  29//09/6 &  22/11/2019).

Jolie coup de bluff que réalisèrent les Court avec ce vaste chapiteau qui pour faire plus américain fut doté de trois pistes pas toujours utilisées avec un programme d'une trentaine de numéros, selon la ville où il stationnait. Dans la réalité ce spectacle n’avait rien de comparable avec ce que le cirque américain avait présenté dans l’hexagone en 1902, mais ce fut cependant un succès car comme disait Barnum (voir blog01/04/2015) le public " marche à la réclame".  Rappelons aussi que les Court, pour essayer de rétablir une situation financière un peu délicate, voulaient lors de cette tournée gagner rapidement de l’argent et cela sans investir beaucoup.

Puis du 7 au 31 décembre 1929 à Marseille, sur la place Saint-Michel les Court abandonnèrent cette enseigne pour une encore plus démesurée : "Les Arènes Olympiques" avec un chapiteau gigantesque de 95 m sur 42 m et pouvant contenir 6 000 places, mais ceci est une autre histoire…

Un programme du Barnum’s Circus de 1929
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Et pour le 1er trimestre 2020 quels sont les principaux festivals internationaux ?

Publié le 12 Décembre 2019 par cirk75 dans Festivals

Pour les trois premiers mois de 2020, les manifestations concernant les arts de la piste sont nombreuses, voici un petit récapitulatif:

En France :

Festival International du Cirque à Massy (91) du 9 au 12/1 – www.cirque-massy.com

Festival Mondial du Cirque de Demain à Paris (75012) du 30/1 au 2/2 – www.cirquededemain.paris

Festival International Mondoclowns à Marmande (47) du 7 au 9/2 –  www.mondoclowns.com

Festival International de Magie à Trébeurden (22) les 1er & 2/2

Festival des Stars de la Magie et des Étoiles du Cirque à Fay aux Loges (45) du 6 au 8/3 – www.mental-arts-magie.blogspot.fr

 

Et pour le 1er trimestre 2020 quels sont les principaux festivals internationaux ?
Et pour le 1er trimestre 2020 quels sont les principaux festivals internationaux ?
Et pour le 1er trimestre 2020 quels sont les principaux festivals internationaux ?

A l’étranger :

Festival International du Cirque à Budapest (Hongrie) du 9 au 13/1- www.budapestcircusfestival.hu

Festival International du Cirque de Monte-Carlo (Monaco) du 16 au 26/1 – www.montecarlofestival.mc

Nouvelle Génération (Monaco) les 1er & 2/2 – www.montecarlofestival.mc

Festival International du Cirque «Eléphant d’Or» à Gérone (Catalogne/Espagne) du 13 au 18/2 – www.festivaldelcirc.com

Festival International des Jeunes Artistes de Cirque (Nikouline) à Moscou (Russie) du 3 au 6/3 – www.circusfest.ru

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La piste anglaise en deuil : la merveilleuse Nell Gifford vient de décéder d’un cancer

Publié le 11 Décembre 2019 par cirk75 dans Personnalités

C'est une bien triste nouvelle. On a appris dimanche 8 décembre le décès à 46 ans de Nell Gifford, l'inspiratrice du renouveau du cirque britannique et mère de Red et Cecil deux jumeaux âgés de neuf ans. Revenons aujourd'hui sur le parcours de cette étoile de la piste qui n'était pas à l'origine une enfant de la balle.

Nelle Gifford connait une enfance bohème dans le Wiltshire où elle vit avec sa sœur cadette Clover et trois demi-frères et sœur du premier mariage de sa mère Charlotte, son père Rick de son côté est réalisateur à la télévision. Après avoir passé un diplôme d'anglais au New College d'Oxford, elle se sent attirer par le monde de la piste. A 18 ans elle prend une année sabbatique et part à New York, où elle va côtoyer la piste et ses saltimbanques. De retour au Royaume-Uni pour reprendre ses études, elle va travailler dans différents cirques européens dont au "Chinese State Circus" où dans un premier temps elle va vendre des confiseries et des pop-corns. 

Puis en 2000 elle crée avec son ex-mari Toti Gifford un magnifique petit cirque, le "Giffords Circus"qui sillonne chaque année tout au long de l'été,  l'Angleterre et hiverne dans une ferme dans les Cotswolds. Cet établissement propose sous un chapiteau blanc accompagné par un orchestre un joli programme comprenant  acrobates,  jongleurs et (au grand dam des animalistes britanniques) des animaux dont des chevaux présentés par  Nell elle-même. N'oublions pas le tendre Tweedy le clown avec sa houppette rouge. Autrement dit elle propose ce qui se fait de mieux en matière de piste au pays de Philip Astley (voir blog07/06/2015).

D’un tempérament optimiste et énergique malgré un cancer du sein qu’on lui avait diagnostiqué il y a cinq ans, Nell continue à préparer sa production 2020, d’autant plus que ce spectacle doit célébrer par un spectacle féérique les 20 ans du "Giffords Circus".  Aussi pour le concevoir il y a à peine trois semaines, accompagnée de ses enfants Red et Cecil, elle vient en  France pour dégoter les chevaux du 20ème anniversaire. Spectacle qu'elle ne verra malheureusement jamais car comme on l'a indiqué elle est décédée le 8 décembre dernier.

Que va devenir le "Giffords Circus" maintenant que sa muse n'est plus là?

Espérons que son cirque lui survivra.

L'avenir nous dira si quelqu'un a les épaules assez solides pour le porter désormais...

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Rhum sur l'écran

Publié le 10 Décembre 2019 par cirk75 dans Cinéma

Henri Sprocani, alias Rhum (voir blog23/05/2001) fut un des plus grands clowns de son époque. Il eut principalement comme partenaires :les clowns  Alex (voir blog20/12/2011), Manetti (voir blog12/06/2013), Pipo (voir blog10/10/2011), Despard-Plège (voir blog07/04/2015) ou le jongleur Enrico Rastelli (voir blog29/05/2011). Il fit aussi débuter un certain Achille Zavatta (voir blog17/05/2015), qui n'était alors qu'un obscur écuyer.

Par contre ce qui est moins connu c'est que ce prodigieux artiste a commis dans quelques films, pour la plus part peu connus et généralement peu mentionnés dans les biographies consacrées à cet artiste comique.

Suite à l’amitié que lui portait Jacques Tati, Rhum a en 1935, joué dans "Gai dimanche!". Un petit film burlesque de 21 mn, signé Jacques Berr dans lequel Rhum participe avec Tati  à l'écriture du scénario qui met en scène deux compères fauchés qui ont l’idée de racheter une sorte d'autobus pétaradant pour escroquer les tourismes désireux de visiter les alentours. L'année précédente, Rhum avait déjà donné la réplique à Tati dans "On demande une brute", court métrage de 24 mn mis en scène par Charles Barrois, dans lequel un homme (Tati) se rêve acteur à la recherche d’un emploi à tout prix. Il accepte, pour faire plaisir à son épouse, la première proposition sans réfléchir et se retrouve à affronter le redoutable champion de lutte Grossof le Tartare….  Il s'en suit quelques gags savoureux.

Ces deux courts métrages ainsi que 5 autres sans Rhum, viennent d’être réédités, par "Les Film de Mon Oncle" dans le splendide coffret contenant toute l’œuvre cinématographique de Jacques Tati et notamment "Parade" (voir blog08/04/2011) ultime film du créateur de M. Hulot, où il emmène pour une dernière fois sa caméra au cirque…

On peut aussi revoir Rhum dans 4 courts métrages, il s'agit de:

         - " À la manière de... " un moyen métrage de Paul Laborde,

         - " Fine et Rhume " où il interprète à la manière de Laurel et Hardy, le personnage qu'il est sur la piste, avec le comédien Pierre Larquey comme partenaire qui endossa pour les circonstances le rôle du comparse sous le nom de Fine. 

         - " The Idéal Pick Up Car ", (La voiture idéale) film d'actualité anglais de 1946 où l'on voit Rhum conduire une mini-voiture, si légère qu'elle peut être transportée dans un café lorsque le conducteur et le passager vont s'y désaltérer.

          - "Attention aux pingouins" reportage comique de Jean Masson où Rhum, le clown de Medrano, apparaît pour une dernière fois à l'écran. Rappelons qu'il décédera deux ans plus tard en 1953.     

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Housch ma Housch sévit sur le Boulevard du Crime

Publié le 9 Décembre 2019 par cirk75 dans Clowns, Affiches

L’Ukrainien Semenn Shuster, a pris un nom d’artiste pour le moins insolite, Housch ma Housch (voir blog17/01/2016)  et cet étrange personnage parle avec son propre langage fait d’onomatopées ou de bizarres sonorités, qui au fur et à mesure du spectacle deviennent compréhensibles et intimement proches de chaque spectateur qu’il soit adulte ou enfant. Et cet artiste déjanté et au charme phénoménal parcourt depuis quelques années le monde en rencontrant partout le même succès.

Bien connu en France où il a participé par exemple au spectacle "Vertige" du Cirque d’Hiver de Paris, à la revue du Lido de Paris ou cette année a fait pouffé de rire les Lillois lors de la Fête annuelle du cirque que Thierry Fééry (voir blog14/10/2011) concocte chaque année dans la capitale des Hauts-de-France. Il a aussi participé à de nombreux Festivals Internationaux où il truste aussi les récompenses: Etoile d'Argent en 2010 à Grenoble, Prix du Président de la République 2018 à Domont, ou Massy en 2013. 

En plus de présenter ses entrées lors d’un spectacle de cirque, il a créé un spectacle original où seul sur scène avec un art de la magie inimitable, il nous fait entrer dans son univers rempli de bonne humeur. Toute sa vie Housch ma Housch a recueilli des moments drôles, des mots magiques et a appris à placer dans chaque situations un humour subtil, le tout mélangé, emmêlé, entortillé, emberlificoté...

Et depuis le 3 décembre et jusqu’à la fin de l’année à 19h00, ce drôle de personnage fait le bonheur des parisiens qui viennent l’applaudir au Théâtre Dezajet, situé à Paris sur le Bd. du Crime, comme on appelait autrefois le Bd. du Temple.

Housch ma Housch, pierrot lunaire à l’humour vif et original, nous prouve dans son "Seul sur Scène" que toutes les solutions sont peut-être juste sous notre nez.

Alors ce n'est pas un crime d'aller applaudir Housch ma housch en cette période de grande morosité...

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El Caballero Carlos Savadra

Publié le 8 Décembre 2019 par cirk75 dans écuyer

D’origine colombienne, ancien apprenti menuisier, Carlos Savadra n’est pas né dans la sciure. Et c’est un jour en voyant à la télévision des saltimbanques marcher sur les mains et faire des acrobaties, lors de l’émission "Récré A2" où l’on parlait aussi d’une école de cirque à Paris, Porte de Pantin, qu’est venue l’idée au jeune Carlos de s’inscrire à l’Ecole d’Annie Fratellini (voir blog10/06/2014). Et là il va apprendre toutes les bases : trapèze, jonglage, danse classique, acrobatie, fil de fer, équilibres…

En 1985, Annie Fratellini lui demande de participer au spectacle qu’elle donne sous un chapiteau à Paris au Jardin d’Acclimatation. Dans un premier temps il devient palefrenier, puis petit à petit participe au spectacle en travaillant devant un public, tout en continuant  d’apprendre à jongler avec des couteaux et du feu. Lors de la tournée 85-86 toujours avec le cirque Fratellini, Carlos Svadra rencontre Raoul Gibault (voir blog11/09/2016) lui aussi chez Annie Fratellini, qui lui propose de fonder leur propre cirque. Carlos avait 20 ans; Raoul 22 et débute ainsi une aventure de plus de trente années où Carlos Savadra sera notamment responsable des installations et chef de la ménagerie du Cirque Medrano Raoul Gibault.

Au contact de Willy Meyer, Carlos qui au départ avait peur des animaux, va se familiariser avec les chevaux et apprendre à vivre avec eux. Il va ainsi connaître leur intelligence, leur caractère, leur comportement. Il commence par dresser deux chevaux, puis 6, passe ensuite aux animaux exotiques (chameaux, zèbres…) puis aux animaux de la ferme.

Depuis Carlos Savadra est aussi à l’aise à présenter une cavalerie en liberté, un numéro de cheval comique avec hadji, ou un troupeau de vaches dressées… qu’il va proposer en tournées chez Medrano ou lors de Festivals circassiens. En 2003 à Massy 2003 il reçoit un Chapiteau de Cristal pour sa cavalerie en liberté, puis récidive en 2008 pour son troupeau de 6 vaches.

Consécration suprême lors du 29ème festival International du Cirque de Monte Carlo, le Prince Albert lui remet un Clown de Bronze.

Depuis 2017 Carlos Savadra a cessé les tournées. Il a créé dans le Gard à Aimargues sa propre école de cirque mais continue en parallèle déguisé en maharadja ou en paysan à se produire en famille lors de ses "Salvadrashows", où il montre aussi qu'il possède une réelle vis comica.

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Les artistes (The performers)

Publié le 7 Décembre 2019 par cirk75 dans Art

Les artistes que nous voyons ne sont pas en piste ils ne jouent pas, nous sommes dans les coulisses d’un cirque, témoins d’une scène galante. Des accessoires (cerceau, tambour, échelle, haltère, boule, cube…) utilisés lors des numéros entourent un clown et une écuyère en grande conversation. L'homme assis, habillé d’un sac rouge parsemé de points blancs et verts, la perruque hérissée d’une triple houppette, une main sur le cœur, penchée vers la cavalière, lui déclare sa flamme. L'amazone toute de blanche vêtue semble un peu interdite voire troublée par les paroles qu’on vient de lui susurrer. Sur la droite et cachés derrière un panneau en bois, deux facétieux loustics viennent de surprendre la joute amoureuse. Ils s’apprêtent à jouer aux deux saltimbanques un tour à leur façon. Celui habillé en vert, attend le signal de son complice vêtu de blanc un cône sur la tête, avant d’emboucher son tuba pour déranger le duo amoureux. On se croirait dans une scène de la Commedia dell’arte quand Pantalone fait ses avances amoureuses qui n'aboutissent que rarement.

Le peintre figuratif Vittorio Rignano (1860-1916) nous montre ainsi un des plus célèbres thèmes véhiculés par la piste. Mais dans cette huile (56,5 x 69,2 cm) signé en bas à droite, le peintre toscan nous ne montre pas le traditionnel auguste amoureux transi de la belle, comme le fait notamment Kees Van Dongen (voir blog06/04/2019) dans son aquarelle "L'écuyère au Cirque Medrano". Ici nous voyons un clown sûr de lui, conter fleurette à la belle amazone, l'éternel féminin de la piste.

Cette toile est une des rares incursions dans le monde de la piste de Vittorio Rignano plus habitué à brosser des scènes champêtres avec des enfants, que l'on retrouve naturellement ici présents dans cette huile. Une autre scène circassienne réalisée par ce peintre est ce grand tableau montrant un jeune garçon (ou jeune fille aux cheveux courts) la main droite sur un tambourin, la tête posée sur son bras gauche, assis sur un cube en forme de dé, attendant le moment pour entrer sur piste.

 

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Les Strassburger, un exemple de famille circassienne juive persécutée pendant la dernière guerre

Publié le 6 Décembre 2019 par cirk75 dans histoire

Lors d’un précédant bloc-notes (voir blog 04/10/2018) nous avions évoqué le sort dramatique fait aux juifs circassiens et rappelé que les familles Blumenfeld en Allemagne, Goldkett en Suède Konyot en Hongrie ou Solomonsky en Russie avait été exterminées par le joug nazi.

Un de mes correspondants m’indique qu’un site THARVA (www.tharva.fr) consacre un article très fourni sur la famille Strassburger, lorsque victime des persécutions antisémites elle trouve refuge à Blois (1936-1942). Je vous livre ce témoignage qui relate une période bien sinistre de notre histoire et rappelle aussi le rôle un peu méconnu qu’a joué la famille Amar pour les protéger.

‘‘L’histoire de la famille Strassburger indique le site est significative du sort que les derniers gouvernements de la IIIe République, puis le gouvernement de Vichy, réservèrent aux réfugiés des pays d’Europe tombés aux mains des forces fascistes, notamment ceux du Reich allemand et des pays annexés. Parmi eux, on relève un nombre élevé de personnes de confession juive.

Hugo Strassburger, Karoline sa femme et leurs trois enfants (Adolphe, Bella et Henriette) juifs allemands du monde du cirque, avaient fui le nazisme et trouvé refuge en France, auprès du cirque Amar à Blois, en 1936. Ils vont être victimes des politiques répressives à égard des "étrangers indésirables" et connaitre les camps de détention français. Puis plusieurs d’entre eux seront livrés aux autorités occupantes, déportés et exterminés à Auschwitz".

Rappelons que la famille Strassburger ancrée dans la tradition du cirque équestre allemand depuis le début du XIXe était particulièrement réputée pour sa cavalerie. Au début du XIX° siècle Adolf et Léopold Strassburger, les frères d’Hugo, dirigeaient un des plus importants cirques en Allemagne.

Adolf Strassburger, le fils d'Hugo va échapper à la déportation grâce à la solidarité du monde du cirque. " Chérif Amar l’aide alors à se cacher d’abord dans le dépôt de Blois puis dans différents appartements à Paris et Aubervilliers. Des employés et des membres de la famille Amar se relayèrent pour lui apporter des provisions et pourvoir à ses besoins. Les frères Amar furent soupçonnés d’être juifs et durent d’ailleurs apporter les preuves de leur origine "aryenne " ! A la fin de la guerre, Adolf va travailler pendant plusieurs années avec le cirque Amar. Il renoncera à percevoir son salaire en reconnaissance de l’aide et de la solidarité des frères Amar à son égard. 

Après guerre en 1951, Adolf Strassburger ira s’installer aux Pays-Bas, où il travaillera avec son cousin Carl qui allait devenir le plus célèbre directeur de cirque en Hollande. Après s'être marié une première fois avec Marie Perez qui décédera en 1952, Adolf Strassburger épousera en seconde noce Corrie Schlumer. Il décèdera le 21 juin 1974 à Vianen aux Pays-Bas à 60 ans, sans avoir laissé de descendance. Quant à sa sœurBella Strassburger-Babusio, elle a eu une fille Mariette.

Je vous conseille de lire ce site car non seulement il parle de cette famille, des persécutions antisémites, du cirque Amar et des politiques contre les "étrangers indésirables". Il propose aussi des documents peu connus relatifs au cirque des frères Amar, dont quelques-uns sont reproduits avec ce bloc-notes.

Sur le monument aux morts de Blois dédié notamment aux déportés on peut lire malheureusement les noms d’Henriette, Hugo et Karoline Strassburger qui sont morts en déportations

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Un programme qui n’a jamais eu lieu

Publié le 5 Décembre 2019 par cirk75 dans Cirques d'hier

Comme chaque année l’association française pour le cirque demain, présidée par Dominique Mauclair (voir blogs 21/01/2017 & 14/01/2014) organise une manifestation pour faire connaître les jeunes artistes de la piste de moins de 25 ans dont beaucoup ont été formés dans les écoles de cirque : c’est le Festival Mondial du Cirque de Demain. La 22ème édition devait se tenir au cirque Arlette Gruss dont le chapiteau était planté à Paris sur la pelouse de Reuilly (voir blog25/06/2018)du 28 au 31 décembre 1999.  

Malheureusement tout le monde s’en souvient Lothar, - nom donné à cet ouragan - a dévasté, dans la journée du 26 décembre, les forêts de France en général et la pelouse de Reuilly en particulier et détruisant dans la nuit tous les chapiteaux, rendant tout spectacle impossible. La 22ème édition de cette manifestation fut annulée et repoussée de 18 mois. Elle se tiendra du 2 au 5 février 2001 au cirque d’hiver de Paris.

Une des priorités des organisateurs fut de présenter en 2001, les artistes sélectionnés en 1999 afin d’effacer autant que faire se peut leur déception. Et ils en profitèrent pour créer une seconde compétition, nommée Cirque de l’Avenir pour les acrobates ayant entre 12 et 18 ans. L’appellation Cirque de Demain étant désormais réservée aux artistes ayant  entre 18 et 25 ans.

Notons qu’en s'installant au cirque d’hiver les organisateurs se privèrent des numéros animaliers prévue en 1999, comme les 7 tigres présentés par Virginie Tessier ou les éléphants d’Andreï Kornilov, ce qui mis fin aussi à la présence des animaux et donna le ton actuelle de ce festival ; à savoir une compétition essentiellement acrobatique 

Le jury en 2001 honora les artistes en décernant les récompenses suivantes:

 

 

 

 

Catégorie Cirque de Demain

Médaille d’Or :

Zhong Gong Li (Chine) équilibres sur chaises

Médailles d’Argent :

Martin Mali (Allemagne) diabolo,

Elena Borodina (Russie) équilibres

Médailles Bronze :

Tatiana Rojdestenkaïa & Ekaterina Dvornikova (Russie) cadre aérien

Alexandre Yenivatov (Ukraine) Contorsion

Duo Din Anh (Vietnam) main à main

 

 

 

Catégorie Cirque de L’Avenir

Médaille d’Or :

Troupe de Shenyang (Chine) barre russe

Médailles d’Argent :

Julien Possada (France) Diabolo,

Anton Chelnokov (Russie) filet aérien

Médailles Bronze :

Soslan Souanov (Russie) jonglage

Seuls trois numéros russe sélectionnés en 1999 furent récompensés 18 mois plus tard, à savoir :lena Borodina, Tatiana Rojdestenkaïa & Ekaterina Dvornikova et Anton Chelnokov., les autres n'étant pas présents lors du millésime 99.

 

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