Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Quelques visuels des cirques Gruss

Publié le 26 Mars 2020 par cirk75 dans histoire

Au début il y eut le Cirque Gruss

puis les Gruss s'associèrent avec Lucien Jeannet, pour fonder le cirque Gruss-Jeannet

 

puis Louis Merlin avec Radio Luxembourg pour le Radio Circus 

qui devient Grand Cirque de France

ensuite selon les tournées : City Circus,

Circorama Achille Zavatta,

et même un Medrano voyageur  

il y eut aussi le 1er Cirque  Jean Richard

après une première tentative en 1957 avec le Cirque-Zoo Jean Richard

Puis les  frères Alexis Jr. et André se séparèrent  et avec leurs enfants se créèrent les cirques

Arlette Gruss,

Christiane Gruss

et bien entendu le cirque Alexis Gruss. (voir blog13/11/2010) mais cela est une autre histoire familiale...

commentaires

Le cirque des Frères Amar se produit aussi à l’étranger

Publié le 25 Mars 2020 par cirk75 dans Cirques d'hier

Les Amar ont toujours été des grands voyageurs. Déjà en 1929 les 4 frères entreprirent avec succès une tournée hivernale et méditerranéenne (voir blog08/05/2017). En 1948 les 3 Frères Amar, Sheriff fait maintenant cirque à part (voir blog22/03/2020), décident de quitter l’hexagone, de se séparer pour proposer 3 cirques voyageurs. Un en Italie, un second en Espagne, et un troisième en Espagne.

La tournée italienne, "Le Cirque des Cirques",  dirigée par Amar Ainé, avec de nombreux numéros d’animaux, dressa un chapiteau au carré dans bon nombre de villes telles Rome, Turin, Milan, Gênes, Venise, Mantoue, Naples, Tarente, Messine, Palerme, Syracuse.

En Espagne, "El Circo de Los Circos Amar y Cia", était placée sous la direction de Charles Court. La tournée visita de nombres villes ibériques comme Madrid, Bilbao, Santander, Burgos, Valladolid, Salamanque, Ségovie, Saragosse, Teruel, Guadalajama, Séville, Malaga, Grenade, Alicante, Valence et Barlelone.

Dans la cité catalane le Cirque des Frères Amar s'est installé dans les arènes municipales, monument aux proportions imposantes. Le journal "Le Monde" indique dans son édition du 8 novembre 1948 : "Bien en prit aux Frères Amar de cette décision, puisque dimanche plus de cinquante mille spectateurs assistèrent aux représentations du Cirque. Cinquante mille spectateurs dans une Journée ! Jamais succès semblable n'a pu être enregistré dans les annales du Cirque, ce qui donne une juste vision du succès que remportent en Espagne les Frères Amar dans leur tournée." Heureux temps où ce grand quotidien écrivait des articles sur le cirque, avec des signatures prestigieuses comme Henry Magnan.

Le matériel de la tournée française sous la direction d’Ali comprenait un chapiteau de 6 mats, de 47 m sur 38 avec deux tentes pour les écuries. Le programme proposait 22 attractions avec une forte présence des animaux. Ainsi on pouvait applaudir Victor Sauléwitch avec un groupe de lions de l’Atlas, le dompteur Hadad présentant des tigres royaux du Bengale, les ours blancs du dompteur Suskoff, mais aussi la cavalerie du cirque Amar sous la chambrière d’Albert Carré et les éléphants géants étaient conduits par l’indispensable, du moins chez Amar  Victor Sauléwitch (voir blog25/05/2013).

 

commentaires

Canal +, met en replay beaucoup de films dont un, un peu désuet sur le cirque

Publié le 24 Mars 2020 par cirk75 dans Cinéma

En ce moment d’isolement et de confinement, certaines plateformes de films proposent gratuitement pour les citadins coincés chez eux un grand nombre de créations cinématographiques.

Canal + propose un thriller américain réalisé par James Edward Grant, "Les Géants du Cirque" (Ring of Fear), tourné en 1954,  dont la plupart des scènes ont été tournées sous le chapiteau du Clyde Beatty Circus. 

Le scénario raconte l’histoire de Dublin O'Malley (Sean McClory), un ancien artiste de cirque aigri, interné dans un hôpital psychiatrique. Après avoir tué un de ses gardiens, il parvient à s'échapper et prend aussitôt la direction du cirque où il travaillait auparavant. O'Malley avec l'intention de se venger du directeur et de Valérie St Dennis, une trapéziste dont il est amoureux et qui depuis s’est mariée. Les crimes et les accidents qu'il commet, déguisés en accident, inquiètent le personnel qui commence à croire le cirque hanté. Le directeur et dompteur, Clyde Beatty, fait alors appel à Mickey Spillane, le célèbre auteur de roman noir pour résoudre l'énigme, qui ne tarde pas à découvrir le véritable auteur de ces méfaits...

 

La revue Mon Film édita en mars 1955 un numéro consacré à cette production Fayne-Fellows, en Warnercolor et distribuée par la Warner Bros. Très curieusement ce magazine ne montra aucune scène de piste, et si on voit le dompteur Clyde Beatty c'est toujours en train de combattre au prix de sa vie, une chaise d'une main, un fouet de l'autre, un tigre ou un groupe de lions en férocité comme c'était tendance dans ces années là.

Ce film ne révolutionne pas le 7ème art. De plus aujourd’hui on n’oserait plus écrire une telle histoire où les fauves doivent plier sous la férule toute puissante du dompteur qui semble livrer lors de chaque représentation un combat pour sa survie et qui a en plus le pistolet facile. Il faut dire que nous sommes aux USA pays où la vente des armes est totalement libre. Autre exemple inventé, les scènes aériennes où les trapézistes volants effectuent leurs numéros sans filet. Comme on le voit ce film montre un récit manichéen et un peu téléphoner aussi, il faut bien faire frémir le spectateur. Rien ne nous sera épargné même pas les gamins qui se goinfrent de popcorn, de pommes d'amour et de coca tout au long du spectacle...

Cependant ce film n’est pas à priori à écarter car il montre quelques scènes, aujourd’hui un peu ethnologiques, comme le gigantisme et la démesure du cirque américain, tant au niveau du montage du chapiteau, que des parades ou des représentations. Enfin pour les circophiles certains auront plaisir à voir ou d’entrevoir un certains d’artistes de la piste comme Clyde Beatty, les aériens les Zacchini, les Wallendas, ainsi que bien d'autres artistes dont le nom pour une fois est inscrit au générique.

 

commentaires

En 1972, le Cirque Amar squatte le théâtre du Chatelet

Publié le 23 Mars 2020 par cirk75 dans histoire

Mustapha Amar dernier survivent des frères Amar, cède son affaire en 1967 à Jean Roche, qui en assure la direction générale de 1968 à 1972, avec Alphonse Eck, comme directeur du cirque.

Pendant cette période de 4 années les couvertures des programmes s’ornent d’un splendide lion stylisé à côté d’un cercle rouge où, Amar le cirque de France est inscrit. Pour expliquer ce visuel changeant radicalement avec ce qui se faisait auparavant, Il faut se rappeler qu’à cette époque deux publicités d’entreprises pétrolières (Esso & Elf) avaient fortement marqué les esprits.

Ainsi dans la nuit du 27 avril 1967, une grande opération fut impulsée sur tout le territoire français pour le lancement de la marque Elf, avec comme accroche "Les Ronds rouges arrivent".

Quant à Esso depuis 1965  son slogan faisait mouche il s’agit de : "Mettez un tigre dans votre moteur." Comme on le voit le cirque Amar surfe sur ces concepts en se les appropriant et en les détournant légèrement le tigre par exemple étant remplacé par un lion.

En 1972, le Cirque Amar squatte le théâtre du Chatelet
En 1972, le Cirque Amar squatte le théâtre du Chatelet
En 1972, le Cirque Amar squatte le théâtre du Chatelet
En 1972, le Cirque Amar squatte le théâtre du Chatelet
En 1972, le Cirque Amar squatte le théâtre du Chatelet
En 1972, le Cirque Amar squatte le théâtre du Chatelet

Parmi les affiches présentant cette signature visuelle, une indique que le  cirque Amar s'installe au Théâtre du Châtelet à partir du 13 décembre 1972. Ainsi tous les après-midi, sauf le dimanche, en matinée à 14 heures et 16 h. 45, les clowns, les acrobates, les fauves, les trapézistes, - les Alizés vont devoir tendre leur filet à 40 cm au-dessus de le scène – tous ces artistes vont prendre possession de la scène, sur laquelle néanmoins se poursuit  tous les soirs de l'opérette de Francis Lopez : Gipsy.

Jean Roche décida à son tour de passer le témoin à Roger Jacob, une aventure qui se terminera en août 1973  par une faillite retentissante, mais ceci est une autre histoire…

commentaires

Sheriff Amar dit Amar Jeune (1902-1978), le plus indépendant des frères Amar

Publié le 22 Mars 2020 par cirk75 dans Dompteurs

Sheriff, ou Chérif  voire Shéril, on trouve les trois orthographes, le plus jeune des frères Amar, est le seul à avoir eu un destin hors de la piste la piste familiale.

Cependant dans un premier temps et à huit ans il présente un groupe de lions, puis comme ses frères Sheriff fait partie de l’aventure  de la Ménagerie Amar, fondée suite au premier conflit mondial. 

Lors de la seconde guerre mondiale, 3 cirques Amar voyagent en même temps : "Le Grand Cirque" de Mustapha, le "Cirque international" d’Ali et le "Nouveau cirque de Paris" dirigé par Ahmed et Sheriff.

En 1943, après de longues et douloureuses discutions avec ses frères et sa mère, Sheriff prend son autonomie pour créer, avec Emilienne Catays son épouse une ancienne voltigeuse,  son propre établissement. Suite à l'accord familial, Sheriff reprend ses parts dans la société Amar sous conditions : qu’il n’utilise que l’enseigne "Nouveau Cirque de Paris"  (voir blog16/10/2010),  et qu’il ne fasse aucune concurrence à ses 3 frères.

Emilienne Amar femme énergique sut alors s’entourer de personnel chevronné et compétent pour la seconder et va proposer des programmes inégaux non sans succès cependant. Un chapiteau  de 40 m de diamètre et du matériel transporté par 26 véhicules forment l’ossature du cirque.

Sheriff Amar dit Amar Jeune (1902-1978),  le plus indépendant des frères Amar
Sheriff Amar dit Amar Jeune (1902-1978),  le plus indépendant des frères Amar
Sheriff Amar dit Amar Jeune (1902-1978),  le plus indépendant des frères Amar
Sheriff Amar dit Amar Jeune (1902-1978),  le plus indépendant des frères Amar
Sheriff Amar dit Amar Jeune (1902-1978),  le plus indépendant des frères Amar
Sheriff Amar dit Amar Jeune (1902-1978),  le plus indépendant des frères Amar

Les premières représentations se déroulent en mars 1946 à Paris "Porte Maillot" avec en vedette Germain Aéros (voir blog07/10/2018), puis viendront un plus tard fouler la piste du "Nouveau cirque de Paris": les clowns Rex & Quito (voir blog26/05/2015), la trapéziste  Andrée Jan (voir blog12/05/2011), l’acrobate aérienne Chrysis de la Grange (voir blog21/03/2015), le dompteur Johnny de Kock avec son groupe de panthères ou le capitaine Jim Roose…

Shérif et Emilienne Amar firent en 1949 une tentative sans lendemain d’un "Super Cirque de M. & Mme Amar" un chapiteau 3 pistes, 1 hippodrome et 14 mats qui, d’après Dominique Denis  dans son livre "Les Cirques des Frères Amar", "gâchaient la vue aux braves cochons de payants" et côté clinquant une cage carrée en argent pour présenter les félins. A la fin de la tournée Emilienne et Sheriff se séparent.

Il faut dire que Sheriff a fait la connaissance de Jeanne Louise France Corfdir plus connue sous le nom de Jeannette Mac Donald (voir blog15/06/2013), une célèbre dompteuse avec qui il va désormais vivre. Amar jeune n’ayant plus de cirque à diriger, va  se produire sur des pistes de la concurrence, C’est ainsi que le 21 décembre 1951 lors d’une représentation à Paris du "Cirque de la Jungle" dirigé par Marfa la Corse, et installé place d'Italie le belluaire se fait accrocher la main droite par Timio, un tigre de plus de 400kg. C'était sa onzième blessure relate le journal Le Monde.

Avec sa compagne, qui sera de la tournée 1957 du cirque Amar où elle présentera un groupe de neuf lionnes et un mâle, il travaille tout en continuant à former jeunes dompteurs.

En 1962 suite aux accords d’Evian suivis du vote d’autodétermination, l’Algérie devient un pays indépendant. Shériff  en 1964,  va alors dans le pays de ses ancêtres paternels, être nommé directeur général du "Grand Cirque National Algérien", établissement subventionné par le ministère du tourisme algérien.  Au programme deux vedettes : Marfa la Corse et ses tigres et Jeannette Mc Donald présentant un groupe de lions. L’année suivante le programme, proposant une importante ménagerie, est présenté dans la version 3 pistes. Pour une tournée dans le Maroc Espagnol, avec en vedette Rex Bormann, l’enseigne devient "Grand Cirque Amar" taisant ainsi le qualificatif algérien.  Cet établissement va tourner jusqu’en 1974, année où Sheriff est engagé pour présenter ses lions lors de la tournée française du cirque Sabine Rancy.

Sheriff retiré des pistes, après avoir dirigé plusieurs zoo dont ceux de Niort ou de Fréjus, s’éteint à Bordeaux le 19 avril 1978 après une vie dédiée aux fauves et au cirque. 

Pas toujours facile, Sheriff Amar fut un bon dresseur mais selon Christian Berhaud et Jean-Claude Lucet, dans leur livre consacré au Cirque Amar, Le Masque Edition (voir blog29/11/2010) " Sheriff  avait de réels dispositions qui ne s’accompagnaient pas forcément de la capacité à les utiliser avec réalisme. Dernier de la famille, sa conduite reflète une incapacité à y trouver sa place autrement, entre deux aventures professionnelles. Travailleur, il monta de beaux cirques, mais confiant trop au nombre de mats et à la splendeur de l’affichage, le soin de les gérer sainement." Autrement dit la gestion n’était sa tasse de thé et c'est bien dommage...

commentaires

Music-hall, au Musée de La Piscine de Roubaix,    

Publié le 21 Mars 2020 par cirk75 dans Art

Voici un curieux tableau, composés d’êtres qui semblent  totalement étrangers aux autres. On est loin d'un numéro collectif, chacun a l'air dans son coin et semble ignorer ce que fait l'autre. Par contre ce qui est certain c’est que nous sommes au music-hall, c’est du moins le titre de cette toile. 

Sous nos yeux se déroule une scène se voulant un peu coquine montrant une jeune artiste dépoitraillée, seins nus, semblant présenter un numéro avec le concours de trois chiens blancs. Ce sont des spitz allemand connus aussi sous le nom de Loulou de Poméramie. Les trois toutous, chapeautés de surprenants et originaux couvre-chefs donnent à cette scène un côté cucul la praline. Les deux cabots à droite, dressés sur leurs pattes arrière, font le beau et semblent absents par ce qui se passe autour d’eux. Le troisième clébard porte une sorte de cocarde tricolore sur le haut de son crâne. Assis il semble attendre un geste de la jeune femme. C’est du moins ce que son regard nous suggère. Enfin n’oublions pas l’élément principal, au milieu cette jeune femme se dodinant tout en paraissant totalement enfermée dans ses pensées, étrangère à ce qui se déroule autour d’elle.  Bref toute cette disposition donne à ce tableau un aspect surréaliste et irréel.  En remet une couche supplémentaire cette sorte de guirlande courant derrière la tête de notre héroïne ainsi que les rubans colorés décorant sa chevelure. 

Sommes-noue en présence d'un tableau symbolique ?

Et si c’est le cas, que peut-il bien inspirer ? suggérer ?

Certains diront qu’il ne faut être le chien de personne. La vie ce n'est pas obéir continuellement en remuant la queue pour faire plaisir à un quelconque maître  

D’autres comme Montaigne verront que "L'amitié du chien est sans conteste plus vive et plus constante que celle de l'homme."

Bref ce qui est avantageux avec les symboles c'est que l'on peut dire tout et son contraire. En effet c’est à chacun de nous de trouver ses propres idées derrière les images. En quelque sorte à chacun sa vérité comme indiquait Pirandello.

Mais revenons à cette toile un peu ésotérique au camaïeux aux couleurs pastels. Cette huile sur toile, format 117 x 89,5 cm, brossée en 1925 par Mariette Lydis (1894 - 1970) une artiste peintre, graveur, illustratrice d’origine juive autrichienne semble représentative de la période Art déco et de l'école de Montparnasse caractérisé notamment par des coloris subtils, des compositions raffinées alliés à une finesse du trait.

Mariette Lydis est bien connue par ses estampes et ses illustrations aux nuances délicates où les personnages féminins sont très présents. On lui connait beaucoup de portraits d’êtres émouvants ou exquis. Par contre cette huile semble être une de ses rares incursions dans le monde du spectacle... 

 

commentaires

Une trapéziste nommée Diane Deriaz (1926-2013)

Publié le 20 Mars 2020 par cirk75 dans Aériens

Edmond Rainat fut non seulement un maître du trapèze mais aussi un père d'élève pour de nombreux artistes et, cette liste n’est pas exhaustive comme les Zemganno, Joan Tanya (voir blog21/09/2013), Andrée Jan (voir blog13/12/2018), les Géraldos, les Rodréano, ou les Rios…

Une de ses élèves, peut-être moins célèbre, née à Saint-Leu dans une famille de lutteurs et d’haltérophiles, Jeannine Raymonde appris à son contact et dès l’âge de huit ans les secrets de cet agrès. Surnommée la Shirley Temple du trapèze elle s’entraînait chaque jour dans le jardin familial, entre un marronnier et un mur, son père lui ayant fixé une barre de soutien…  ce qui lui permet de se produire dans des kermesses locales.

Retrouvant son professeur quelques années plus tard, elle a alors vingt et un ans, et pour combattre un psoriasis, elle va souffrir le martyr sous la férule d’Edmond Rainat pour acquérir la force et la technique pour manier cet agrès. Et très curieusement ces exercices vont lui permettre aussi de guérir d’une pleurésie humide. Elle en aura la confirmation bien plus tard, lorsque postulant à Air France un emploi d’hôtesse de l’air, lors de la visite médicale d’embauche, le contrôle radiographique ne découvrit plus aucune trace au niveau de ses poumons.

En 1948, Charles Spiessert (voir blog24/06/2015), le patron du cirque Pinder demande à Rainat de monter pour la tournée un numéro aérien présentant une grande féerie aérienne. Cette attraction aérienne comprendra, outre Givris et Polwa, les sœurs Omanis, les Astérias, mais aussi les Rainat’s Girls, dont fait partie une certaine Diane Deriaz, autrement dit Jeannine Raymonde, qui va partir pour deux tournées avec le cirque Pinder. Notons qu'au même spectacle Rainat devenu Edmondo est aussi du programme pour proposer des équilibres sur table.

Diane Deriaz, car tel est son nom désormais, relate dans "La Tête à l’Envers" un livre autobiographique, paru en 1988 chez Albin Michel ses mois de tournée, sa vie chez Pinder qui commence chaque matin à 6h00 pour se terminer la nuit vers 1h00. En 1950 elle va faire partie du spectacle d’un cabaret parisien aujourd’hui disparu : Le Bal Tabarin. Diane Deriez devient alors membre des Omanis, réunissant quatre trapézistes, qui proposent sur un manège aérien des figures acrobatiques. "Pour une ancienne du cirque Pinder c’est l’enfance de l’art", indique-t-elle.

En parallèle sous la direction d’Albert Rancy (voir blog17/06/2018) elle va apprendre à monter à cheval. Puis quand Tabarin ferme ses portes elle va mettre au point un numéro de trapèze Washington qu’elle va proposer à La Nouvelle Eve un cabaret qui venait d’ouvrir à Paris. L’affaire ne se fit pas, mais il reste tout de même quelques images de ce numéro dans le film documentaire de Jacques Baratier "Cité du Midi". Plus tard en 1983 elle va jouer aussi un petit rôle dans un autre film de Baratier "l’Araignée de satin" puis en 1990 elle apparait dans "Rue du Bac" de Gabriel Aghion.

En 1952 délestant le trapèze elle se lance dans le catch féminin jusqu’à ce qu’une chute lui interdise la poursuite de son art. Comme on le voit Diane Deriaz, aventureuse et non aventurière, sans jamais forcer le hasard au gré d'un destin au tempo frénétique, elle a fait de sa vie une succession de situations insolites et de rencontres étonnantes que je vous laisse découvrir en lisant son attachant livre de souvenirs, qui fut même traduit en japonais, langue qu’elle apprit en étant un temps hôtesse de l’air de la Japan Airlines.

 

commentaires

"Sous l’emprise de l’adrénaline", la vie à 100 à l’heure de Catherine et Alain Jamet

Publié le 19 Mars 2020 par cirk75 dans Livres

Jean-Claude Romera, vient de signer un livre édité aux Presses du Midi, relatant avec moult détails la vie trépidante et virevoltante de deux artistes attachants, spécialistes du tir à l'arbalète.

Pendant dix ans Catherine et Alain Jamet ont fréquenté les plus grands chapiteaux et cabaret du monde, en présentant un numéro périlleux digne de Guillaume Tell, avec comme point d’orgue, l'instant où Alain à l’aide de son arbalète décochait une flèche qui allait percuter une orange placée sur la tête de Catherine. Malheureusement un soir de janvier 2001, lors d’une représentation au Festival International du Cirque à Paris, organisé par Gilbert Edelstein (voir blog13/05/2018), la flèche sest plantée dans le front de son épouse, qui grâce à une chance ahurissante va s’en sortir. Une vraie miraculée, la flèche s’est arrêtée à un millimètre de son cerveau.

Les médias ont à cette époque relaté l’accident, titre d’un chapitre essentiel de ce livre de 212 pages. Rappelons que l'auteur avait dans un précédent ouvrage: "La trajectoire du drame" raconté sous forme d'une fiction ce tragique fait divers. Avec ce nouvel ouvrage Jean-Claude Romera écrit la biographie des membres du duo Grey Arrow, leur nom de scène. Et ce qui rend ce récit passionnant, digne d’un scénario de film, c’est non seulement l’écriture respectueuse et sans langue de bois de l’auteur, mais aussi l’extraordinaire parcours de vie de Catherine et Alain Jamet.

Deux artistes qui le moins que l’on puisse dire, n’ont pas toujours eu la vie facile, mais qui avec un courage et un flair des affaires hors du commun ont toujours su tel le phénix renaître de leur cendre et rebondir à chaque fois.

"Sous l’emprise de l’adrénaline" est un livre qu’il est urgent de lire en cette période de morosité et de confinement que nous vivons, récit montrant une fois de plus que le salut dépend essentiellement de nous.

commentaires

Les frères Amar veulent acheter le cirque d’hiver, et se rabattent sur le théâtre de l’Empire.

Publié le 18 Mars 2020 par cirk75 dans histoire

Après le dépôt de bilan le 5 juin 1934, du Cirque d’hiver de Gaston Desprez (voir blog23/03/2012), l’établissement est à vendre. Deux grandes familles circassiennes convoitent cette salle parisienne : les Amar et les Bouglione.

Les premiers en dix ans ont accumulé une fortune considérable avec l’exploitation de leur cirque ménagerie (voir blog16/11/2010). Les seconds grâce aux spectacles Buffalo Bill (voir blog22/11/2019) sont aussi très riches.

De plus ces derniers ont une revanche à prendre sur les Amar. En effet les fils de Ben Amar El Gaïd et de Marie Bonnefon ont quelques années plus tôt soustrait deux éléphants promis à Joseph Bouglione, relate Rosa Bouglione dans son livre "Un mariage dans une cage à lion". D’autres témoignages parlent d'un achat de 15 éléphants appartenant au cirque tchèque Kudsky en difficulté financière que voulaient les Bouglione. Bref un tel affront de pachydermes ne peut rester sans conséquence, aussi le 28 octobre Joseph Bouglione rachète au nez et à la barbe de Mustapha Amar le Cirque d’hiver de Paris qui depuis cette date est toujours la propriété de la famille Bouglione.

Mustapha Amar voulant à tout prix une adresse parisienne, se rabat alors sur un théâtre music-hall concert situé 41 Avenue de Wagram, où pendant une saison (1936-1937), les frères Amar vont proposer de somptueux spectacles à thèmes pour soutenir la comparaison avec les éblouissantes pantomimes très en vogue du cirque d’hiver (voir blog02/09/011).

Les parisiens pourront dès le vendredi 27 mars 1936, applaudir les merveilleuses présentations des tigres et des éléphants sous la direction d’Amar Ainé, le somptueux groupe d’ours polaires proposé par Ali Amar, ou les lions sauvages d'Abyssinie de Shériff Amar.

Malgré l’éclat des productions Amar, laissant une part importante aux variétés, les frères Amar repartent en tournée le 5 mars 1937 en laissant les clefs de cet établissement qui a désormais une excellente image au berlinois Jules Marx, le plus célèbre directeur de music-hall d’Europe. Homme de spectacles qui est à l’origine de salles berlinoise aussi prestigieuses que La Scala ou La Plaza et qui a aussi dirigé sept autres salles de spectacles du vieux continent.

Tour-à-tour music-hall, théâtre, cirque, cinéma puis enfin studios de télévision, où furent enregistrées les émissions avec Jacques Martin, le théâtre de l’Empire (voir blog10/05/2013) va être détruit le 15 février 2005, dévasté par un gigantesque incendie.

Depuis un immeuble d’habitation a pris sa place sur cette avenue menant à l’arc de Triomphe de l’Etoile, mais rien n'indique la présence des frères Amar en ce lieu de spectacles...

commentaires

Le Cirque du diable (The Devil's Circus)

Publié le 17 Mars 2020 par cirk75 dans Cinéma

La  MGM avait obtenu en 1924 un succès notoire avec un film muet : "Larmes de clown" (He who gets slapped - Celui qui se fait gifler) réalisé par Victor Sjostrom,  plus connu sous son nom américanisé de Victor Seastrom. Le scénario relatait les déboires d’un homme désespéré voulant rompre avec son passé. Pour cela il se fait engager comme clown, sous un chapiteau où bouffonnerie et pathétique se côtoient. Perdant magnifique, mais perdant malgré tout, il s’éprend sans espoir d'une belle et émouvante écuyère qui bien entendu en préfère un autre.  Signalons pour la petite histoire que c’est avec cette production qu’apparaît pour la première fois à l’écran le légendaire logo du lion rugissant.

Les producteurs espérant retrouver le même succès, demande deux ans plus tard, à la même vedette (Norma Shearer) de jouer le rôle de la trapéziste vedette d’un film dont l’action dramatique se déroulera aussi sur la piste d’un cirque. Ce sera "Le Cirque du diable" (The Devil's Circus) Pour le réaliser la MGM fait appel à un réalisateur scénariste et acteur du vieux Continent, le danois Benjamin Christensen (crédité au générique sous le nom de Christenson). Ce dernier avait acquis en 1922 une bonne notoriété avec un semi documentaire muet "La Sorcellerie à travers les âges", film réalisé sur le mode documentaire mais contenant  de nombreuses scènes de fiction comparables aux films d'horreur traditionnels.

Le Cirque du Diable, est le premier film tourné aux États-Unis par le réalisateur danois Benjamin Christensen. Mélodrame à grand spectacle, présentant non seulement de spectaculaires numéros de cirque (revue, clowneries, trapèze, dressage de fauves, etc.), mais aussi des thèmes chrétiens  avec des apparitions du Diable et évocations de Dieu à des moments cruciaux. Le Diable y apparait à plusieurs reprises pour montrer qu'il tire les ficelles de tous les drames humains et des amours malheureux.

Le scénario raconte l’histoire d’un pickpocket et d’une trapéziste tombant amoureux. L'histoire se déroule en Europe : Un mauvais garçon, Carl (Charles Emmett Mack), fait la connaissance de Mary (Norma Shearer) une orpheline venue chercher du travail dans un cirque. À son contact, il commence à revenir sur sa mauvaise vie, quand le sort les sépare. Mary continue à travailler au cirque, mais le danger la menace, en la personne du dompteur Hugo (John Miljan) et de son amie Yonna (Carmel Myers). Survient la Première Guerre mondiale, qui disperse tous les personnages...

Ce film de 70mn tourné en 35 mn, ne fut pas le chef d’œuvre escompté. Toute fois malgré le dépaysement et l’ambiance des studios américains, l’art de Benjamin Christensen sut rendre intéressante la mélodramatique histoire d’une petite acrobate sentimentale qui tente de ramener un mauvais garçon dans le droit chemin qui, parallèlement sème le trouble dans le ménage du dompteur de fauves au-dessus desquels elle exécute un périlleux  numéro.

Les critiques notèrent que l’accident (chute dans la cage et nœud de l’action) était fort bien filmé et que la vie du cirque était très bien reconstituée et avec réalisme certain.

Notons que ce n’était pas la première fois qu’un film mettait en scène la chute d’une artiste aérienne dans la cage aux lions. En effet dans deux précédentes productions muettes, en 1912 avec "La Vie des Saltimbanques" de Schnedler-Soerensen, et en 1924 avec "l’Etoile du Cirque"  de J. Guter, une scène similaire est filmée. Comme quoi les scènes dramatiques filmées restent toujours un peu les mêmes.

commentaires
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>