Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Le jockey d'Epsom au Musée des Beaux-Arts de Nantes

Publié le 18 Février 2017 par cirk75 dans Art

Cette eau forte (20,9  x 17,2) de 1913 due au talent du peintre, dessinateur, graveur, aquafortiste, lithographe et illustrateur français, Jean Emile Laboureur  (1877-1943),  est une des rares incursions de cet artiste nantais dans le monde de la piste, lui qui était plutôt porté à dessiner sa Bretagne ou les combats de la guerre 14-18.

Laboureur dont le dessin est fortement influencé par le cubisme, met en piste un cheval équipé d’un simple surfaix, sur lequel un acrobate est en train de réaliser une série de voltiges équestres. Un prochain saut d’obstacle se profile. En haut et à gauche le régisseur ou un auguste, on discerne mal, maintient une barrière pour permettre au cheval et au cavalier de la franchir. Une autre barrière apparaît tout en haut à gauche donnant ainsi à cette oeuvre une impression de mouvement circulaire. Un peu en retrait un second acrobate équestre situé sur le côté droit attend son heure pour participer au numéro.

Quelques spectateurs assis, regardent le numéro tout en haut à gauche.

Cette estampe montre les qualités graphiques de Laboureur qui jouissait en son temps d’une belle réputation de graveur et dont bon nombre de ses peintures se trouvent dans des musées de province et notamment à Nantes, sa ville natale.

#jeanemilelaboureur

commentaires

La 2ème Biennale International des Arts du Cirque (B.I.A.C.)

Publié le 17 Février 2017 par cirk75 dans Nouveau-Cirque

La B.I.A.C. dont la deuxième édition s’achève ce week end a fait pendant un mois de Marseille et de sa région la capitale du cirque contemporain. Après l’édition de 2015, le rendez-vous de cette année a permis sur plus d’un mois (21 janvier au 19 février) de s’émerveiller, de s’interroger, voire de se surprendre sur le nouveau cirque.

Marseille, Aix-en-Provence, Martigues, Vitrolles,  Istres, Cavaillon, Nice, Gap, Draguignan ainsi que 13 autres villes de la région ont reçu 60 compagnies, dont 11 régionales et 13 internationales,  pour proposer lors de 260 représentations 63 spectacles dont 26 en création mondiale.

La B.I.A.C 2017, sous la houlette de Guy Carrara et de Raquel Rache de Andrade les directeurs d'Archaos-Pôle national des arts du cirque Méditérannée, propose un vaste choix  allant de la magie à la danse en passant par les acrobaties, le trapèze ou les arts du geste...

Les spectacles, dont bon nombre sont gratuits,  sont donnés dans le Village Chapiteaux installé sur l’esplanade du MUCEM (voir blog06/06/2013), mais aussi sur des scènes plus traditionnelles pour des représentations en frontal.

Événement capital à l’échelle du territoire, issu de Marseille 2013 Capitale européenne de la Culture,  la B.I.A.C. est devenue un véritable pôle d’attraction, dans tous les sens du terme. Cet événement des arts de la piste qui attire environ 100 000 spectateurs, ainsi que 500 programmateurs venus du monde entier venant découvrir les créations artistiques.

Pour connaître le programme de la B.I.A.C. pour ces 3 derniers jours se connecter sur le site :

www.biennale-cirque.com/fr/programme.

 

#BIAC2017marseille

commentaires

Pinito del Oro, la reina del trapecio

Publié le 16 Février 2017 par cirk75 dans Aériens

Née à Las Palmas le 6 Novembre 1931, Maria Cristina del Pino Segura Gomez fut une artiste mondialement reconnue pour son audace et les risques qu’elle prenait lors de son sensationnel numéro au trapèze Washington.

 

Enfant de la balle elle débute à 9 ans comme fildefériste dans le cirque familial et à 12 ans elle pratique déjà avec succès le trapèze. Malgré quelques chutes; le décès de sa mère elle affronte tous ces malheurs avec courage et abnégation. Remarquée lors de la venue à Valence du Cirque des frères Diaz, par les représentants des Ringling, elle va en 1950 se produire à New-York et pendant 7 ans sera une des vedettes du plus grand spectacle du monde.

Sa grande notoriété et son intrépidité font d’elle une vedette de la piste ce qui l'amène à participer au tournage du film de Cecil B. DeMille "Sous le plus grand chapiteau du monde" (voir blog07/10/2013).

Puis après l’Amérique elle va se produire en Europe (Madrid, Paris, Stockholm, Berlin…) où elle est adulée par le public toujours plus enthousiasme.

Au cours de sa longue carrière, elle subit plusieurs graves accidents mais tel le phénix qui renaît elle reprend son travail au trapèze.

Elle donne une ultime représentation le 17 avril 1970 à Madrid au Circo Price, puis va diriger un grand hôtel à Aledo dans la province de Murcie.

En 2010 une autobiographie de Pinito del Oro  parait en Espagne,  à ce jour non traduite en français. Dans ce livre sont évoquées ses joies et ses peines d’artiste de la piste. 

#pinitodeloro

commentaires

Les animaux dans les cirques

Publié le 15 Février 2017 par cirk75 dans Economie

Une demi-douzaine de pays, refusent déjà, partiellement ou totalement, la présence des animaux sous les chapiteaux. Le motif mis en avant est évidemment la protection de leur santé et de leurs droits. 

Pour pallier les problèmes liés à la venue des cirques avec animaux, qui déclenchent des réactions chez certaines associations dites de défenses des animaux, un certain nombre de villes ont décidé purement et simplement d’interdire leur territoire à ces établissements.

Intéressant est l’initiative de la ville de Strasbourg qui étudie un projet de charte visant à garantir les dispositions liés à la protection des animaux et; non d' interdire la présence dans la ville des cirques avec animaux.

 

Voici une mouture, indiquant l'état de la réflexion des élus et de Christel Kohler, Adjointe au Maire de cette grande ville capitale européenne; chargée de ce dossier et de l'environnement:

 Les animaux dans les cirques

Un exemple à suivre pour d'autres villes...

#cirqueavecanimaux

commentaires

Vincent Vignaud, un magicien jongleur

Publié le 14 Février 2017 par cirk75 dans magicien

Né à Mulhouse en 1983, Vincent Vignaud compte parmi les artistes français les plus demandés tant sur les pistes que sur les scènes du monde entier. Illusionniste au look rock n'roll, parfois jongleur il le fut un temps chez Pinder, aujourd'hui il fascine le public de tout âge par ses grandes illusions où alternent lévitation, apparition disparition, escamotage ou scies géantes… 

Enfant de la balle, dès 7 ans il fréquente l'école de cirque de son père où il s’initie aux disciplines de la piste. Adepte du jonglage et de la magie, il participe aux tremplins de l’Ecole d’Italo Medini (voir blog13/10/2016) puis en 2007 travaille chez Karl Borsberg. Il est ensuite engagé dans plusieurs grands établissements (Amar, Pinder, Billy Smart...) avant de partir à Kiev afin d’acquérir les techniques du feu. Le chemin du succès suit : Great Yarmouth Circus en 2011 et 2012, Europa Park en 2012 et 2013. L’année suivante il réalise une tournée mondiale jusqu’en Extrême Orient avant d’enchaîner 6 mois en Asie, où il est particulièrement apprécié.

En France, il participe en 2013 à la 21ème édition du Festival du Cirque de Massy, où se numéro reçoit une Piste d’Argent. Pour les fêtes de fin d’année 2014, ses grandes illusions sont à l’affiche chez Bouglione dans le spectacle "Circus Magie" présenté sous chapiteau à Nanterre. En 2015 il participe entouré de partenaires sexy, aux 10 ans du Festival du Cirque de Bayeux où ses illusions menées à un train d’enfer et sur une musique contemporaine lui valent, après l’Or au Festival d’Enschede aux Pays-Bas, une nouvelle reconnaissance par l’obtention du très apprécié Prix Bretagne Circus.

Depuis octobre 2016 il présente 17 grandes illusions dans une nouvelle production du cirque de Bucarest. Du 16 au 19 février 2017, Vincent Vignaud sera au Festival International du cirque de Bucarest, avant de se produire en mars 2017 dans le troisième programme de la saison au cirque Krone à Munich.

Vincent Vignaud un français très demandé qui lorsqu'il se déplace doit emporter ses grosses machines, dont certaines coûtent comme les scies géantes, 70 000€. 

#vincentvignaud

commentaires

Raoul Monbar, la torpille humaine

Publié le 13 Février 2017 par cirk75 dans Aériens

Raoul Delpy, dit Raoul Monbar en plus d’avoir créé et dirigé son cirque (voir blog21/09/2016) fut un gymnaste et un voltigeur renommé. Il s’était notamment illustré en 1902 au cirque Alphonse Rancy en tournant le triple saut périlleux entre les mains de son porteur. Mais excédé de voir que les vrais compétences et les efforts acrobatiques n’étaient pas vraiment payés en retour, il conçut un autre exercice spectaculaire et c’est ainsi qu’il mit au point en 1904 un numéro qui déplaçait les foules, fascinées par la Torpille Humaine.

Raoul Monbar, avec les mécaniciens Chereyer et Javon, avait imaginé un appareil composé d’un plan incliné de 22 mm de haut, sur lequel l’artiste allongé à plat ventre sur un chariot à roulettes dévalait la pente. Et par un système de freinage approprié,  le chariot était stoppé net en fin de course. Le choc lors de cet arrêt projetait le voltigeur vers un trapèze qu’il rattrapait après une trajectoire d’une quinzaine de mètres dans l’espace. Enfin pour regagner le sol l'artiste exécutait un saut périlleux qui se terminait dans un filet.

Si l’idée était simple, il fallait du cran, des nerfs solides et un physique digne d’un athlète de haut niveau, mais de tout cela Monbar n'en manquait pas. Après quelques réglages et quelques bosses, le numéro fut présenté pour la première fois au printemps de l’année 1904 à l’Olympia de Paris. Et avec ce numero Monbar fit pendant 10 ans un triomphe.

Le 2 août 1914 la Torpille Humaine programmée au Cirque de Charleroi fit sa dernière représentation, le lendemain les armées allemandes entraient en Belgique. Monbar regagna la France laissant sur place son matériel qu’il ne retrouva pas en 1918. Il redevint voltigeur au trapèze puis fonda un cirque portant son nom où il présenta même des otaries. Retiré en 1937 des pistes, Raoul Delpy décéda en 1958 et laissa le souvenir d'un artiste hors du commun. 

#latorpillehumaine

commentaires

Les Medrano Voyageurs

Publié le 12 Février 2017 par cirk75 dans Cirques d'hier

Quand on parle du Cirque Medrano, on évoque généralement le cirque en pierre qui se trouvait à Paris Bd. Rochechouart et qui remisa son enseigne en 1963 (voir blog07/04/2011). Mais on oublie trop souvent que dans les années 30 deux autres cirques Medrano ont sillonné la France pour présenter des programmes signés de son directeur: Jérôme Medrano (voirblog16/10/2011).

 

On trouve deux Cirques Medrano itinérants, de 1932 à 1937. Une semi construction, celle de Palisse (voir blog01/12/2011) cédée par sa veuve, puis en plus en 1936 et 1937 s’ajoute un spacieux chapiteau blanc 4 mats nommé Medrano Voyageur. A cette époque il existe donc avec celui de Paris 3 cirques Medrano en France.

C’est grâce à cette semi construction que Jérôme Medrano débute une série de tournées en province. La première a lieu le 30 septembre 1932 au Havre lors de la foire de Saint-Michel, avec un programme dense présentant sous l’accompagnement musicale de Florimond fils, les artistes suivants:

- un charivari avec tous les Augustes,

- Gabiria la femme au cerveau électrique,

- les 2 Puposy, acrobates équilibristes,

- les Overburys, excentriques,

- Melle Yolande & M. Alphonse dans une promenade au bois,

- Vra et Ottare danseurs sur boule mobile,

- les 10 Allison, jeux icariens,

- la féérie aérienne des Zemganno,

- Barbara La May (voir blog15/01/2016) le serpent blond,

- Dario, Bario & Cie…

Cette semi construction avait l’habitude de se déplacer et d’aller visiter d’autres villes comme par exemple Angers, Le Mans, Nantes ou à Orléans avec des programmes qui changeaient tous les vendredis. Lors de son arrêt en 1937, la semi construction fut revendue aux Pourtier (voir blog 15/10/2010).

Quant au chapiteau blanc où s’étalaient en lettres géantes le nom Medrano, il proposa seulement deux tournées.

La 1ère tournée en 1936 comprenait en tête d’affiche Togare (voir blog23/09/2014)  et ses tigres, Mme et M. Henry Rancy et leur cavalerie, les Clérans (voir blog24/03/2011), l’énigmatique Osaka, le contorsionniste Clever Henriquez, les 10 Hadji Hali sauteurs marocains, Théodore & Charley les populaires clowns français, les lilliputiens du Capitaine Werner Ritter, la trapéziste Jardys,  les icariens les Frilliama, les 6Wong Chi Tsching, Cairoli,  Philipp & Carletto les célèbres clowns.

Le seconde tournée en 1937 présentait la cavalerie d’Ernest et Albert Carré, le trio Ariel perchistes, le Capitaine Brown et ses lions de mer, Vojtech Trubka (voir blog25/06/2012), les Zemganno dans leur numéro de trapèze dans l’obscurité, Jules Ladoumègue (voir blog27/05/2014),  la Princesse Zama et ses étranges pouvoirs, et en vedette Paul, François et Albert Fratellini (voir18/05/2015).

Bien que secondé par Jean Coupan (voir blog15/02/2012) et Pierre Lesgard, Jérôme Médrano arrêta toute forme de tournée en 1937 pour des raisons qui restent encore de nos jours obscures. Et ce n’est qu’en 1956 qu’un autre Medrano Voyageur reprend la route, suite à l’association avec la famille Gruss-Jeannet. Bien plus tard en 1978 Jean Richard fit tourner quelques mois un autre cirque Medrano, mais la déconfiture de sa société "Chapiteaux Spectacles Jean Richard" fit stopper rapidement ce renouveau Medrano Voyageur.

Les Medrano Voyageurs
Les Medrano Voyageurs

De nos un chapiteau Medrano circule en France, il s’agit de celui de la société de Production Arena, de Raoul Gibault (voir blog11/09/2016), perpétuant ainsi la légende du Medrano Voyageur....

#medranovoyageur

commentaires

Karel Appel au L.A.A.C. de Dunkerque,

Publié le 11 Février 2017 par cirk75 dans Art

Fortement influencé par Picasso, Henri Matisse et Jean Dubuffet, le peintre et sculpteur néerlandais Karel Appel (1921-2006), a toute sa vie été fasciné par l’univers du cirque. Entre 1976 et 1978, il conçoit un ensemble de gouaches qu’il nomme "Appel Circus", dont sont tirées les dix-sept sculptures et les trente gravures en couleurs conservées à Dunkerque au Lieu d’Art et d’Action Contemporaine (L.A.A.C.), anciennement musée d'art contemporain de la ville.

Ses sculptures comme les figuressont autant d’animaux fantastiques, clowns et musiciens saisis dans l'instantanéité de leur numéro.  Au fil de cette parade imaginaire, née du jaillissement même de la couleur, s’illustre l'abondance et l'ivresse propres aux mondes d'Appel et du cirque. Tel un autoportrait, cette parade multicolore réalise ainsi le souhait de l’artiste qui déclarait :"Si je n’avais pas été peintre, j’aurais voulu être clown", car le clown est à ses yeux un anti-robot, symbole de liberté.

Karel Appel au L.A.A.C. de Dunkerque,
Karel Appel au L.A.A.C. de Dunkerque,
Karel Appel au L.A.A.C. de Dunkerque,
Karel Appel au L.A.A.C. de Dunkerque,
Karel Appel au L.A.A.C. de Dunkerque,

La fête est le lieu du désordre, de la libération et de la transgression, à l’image du peintre qui fait fi des règles esthétiques et de la hiérarchie des valeurs. Les sculptures en appellent au dessin enfantin, à sa spontanéité, sa drôlerie et son imagination débordante affranchie de toute convention. Fidèle à l’esprit du groupe CoBrA, (acronyme composé d’après les initiales des capitales d’où sont originaire des divers membres, à savoir Copenhague, Bruxelles et Amsterdam) l’œuvre d’Appel prône une expression gestuelle, primitive et enfantine, avec un chromatisme accentué avec des touches frisant la provocation.

Appel un artiste aimant le cirque à voir ou revoir.

#appelcircus

commentaires

La Chasse à Courre, pantomime avec les Fratellini.

Publié le 10 Février 2017 par cirk75 dans pantomime

Une des pantomimes les plus jouées sur les pistes de cirque depuis le XVIII siècle est assurément "La Chasse à Courre".  On la retrouve déjà à Londres dès 1791 chez Charles Hugues, le rival britannique de Philippe Astley (voir blog07/06/2015). En France ce spectacle équestre et musical, a connu ses heures de gloire sous d’autres titres comme "La Chasse" en 1886 à l’Hippodrome du champ de Mars, ou "Le Roi Dagobert" en 1892 au " Nouveau Cirque " de la rue Saint-Honoré, ce qui incita Gaston Desprez (voir blog25/03/2012) a la reprendre en décembre 1931 sur la piste du cirque d’hiver de Paris dont il est le directeur depuis 1923. Et devant le succès rencontré par ce spectacle, en 1932 une tournée en province sera organisée (voir blog05/02/2017).

Le scénario fort simple précisait que le Marquis de La Roche Tremblante a invité son Altesse Royale le Prince de Lithuanie à participer à une chasse à courre. Et en son l’honneur un somptueux buffet a été dressé en plein air. La Maréchale du Palais accompagnée de l’intendant vient informer le Marquis de l’arrivée de l’Altesse Royale. Mais ni la Maréchale ni le Marquis ne sont vraiment au fait des bonnes règles du protocole, aussi lors de la visite royale il en résulte moult imbroglio et quiproquos qui se veulent du plus haut comique.

Cette œuvre musicalo-circassienne était bien entendu l’occasion de montrer de nombreux tableaux équestres dont les spectateurs de cette époque étaient friands. On pouvait notamment voir le départ pour la chasse avec moult chevaux et meute de chiens, des Ballets avec nymphes et faunes, divers passages d’animaux sauvages avec de nombreux sauts d’obstacles, un pique-nique dans la forêt, la chasse avec trompes et chœurs, l’Hallali et la curée aux flambeaux….

Cette œuvre circassienne à l’intrigue rudimentaire se déroulait en deux parties et pour la circonstance un décor circulaire fut créé.  A travers un rideau circulaire de tulle transparent encerclant la piste pour la transformer en forêt, les ballets se succédaient entrecoupés par les entrées des Fratellini qui se chargeaient de la partie comique et burlesque.

Il fallait voir, disait-on, François en gentilhomme gâteux, Albert en valet sournois et Paul en douairière effervescente. Jamais, ajoutait-on encore, le trio n'avait-il été si drôle, et si fin dans le genre comique. Les Fratellini paraissaient également en première partie de spectacle dans une nouvelle entrée irrésistible. En dehors de la pantomime, le programme comprenait une pléiade d'artistes, acrobates, gymnastes, etc... ainsi qu'une exceptionnelle présentation d'une demi-douzaine d'ours des Carpathes par M. et Mme Berg. Quant à la partie équestre du spectacle, elle était assurée, par Tilly et Henry Rancy qui menaient une splendide cavalerie et faisaient valoir avec brio tout leur art d'équitation

Au tableau final, sangliers, biches et cerfs traversent la piste poursuivis par une meute tandis que les piqueurs sonnent les fanfares de chasse ! Cette fantaisie équestre et musicale s’inspire comme on le voit des pantomimes de Franconi (voir blog08/06/2015) où apparaissait le cerf Coco, grande vedette à cette époque.

"La Chasse à Courre" version Deprez est une fantaisie équestre et musicale mise en forme par Emile Codey, Jean Fouilloux et Raymond Brunel (voir blog05/09/2011), pour l’orchestration. Cette pantomime était l’occasion de montrer au public des tableaux épiques à un rythme effréné avec de nombreux animaux, (cerfs, sangliers, chevaux, chiens…) et de nombreux personnages haut en couleur avec en prime les blagues inventives des Fratelini (voir blog18/05/2015).

#lachasseacourredesprez

commentaires

Les Frères Desprez, un ingénieur, un casse-cou et un directeur

Publié le 9 Février 2017 par cirk75 dans Aériens

Si l’histoire du cirque a été écrite par de nombreuses fratries, comme les frères Amar, Bouglione ou Fratellini, on oublie trop souvent que les trois frères Desprez ont également marqué dans première partie du XX° siècle l’histoire de la piste. A la différence de ces trois familles circassiennes, les Desprez n’étaient aucunement nés dans la sciure, ils étaient issus d’une famille d’industriels de Saint Quentin, ville des Hauts-de-France.

Et si L’histoire de Gaston (voir blog25/03/2012) est la plus connue, celle d'André et Marcel est aussi digne d'intérêt. Passionné de spectacle, Gaston rachète plusieurs salles de cinéma, dirige le théâtre de Saint-Denis, lance un programme équestre au Cirque de Troyes avant de reprendre en 1923, le Cirque d’hiver de Paris, transformé un temps en salle de cinéma. Directeur de cette salle, Gaston Desprez entreprend alors une profonde réhabilitation des lieux et des bâtiments. En 1933 il fait même édifier une piste nautique avec un système de couverture commandé électriquement, ce qui à l’époque représentait une véritable prouesse technique. Le coût extravagant de ces travaux, plus de 2 millions de francs de l’époque, explique pour partie les difficultés financières que Gaston Desprez va rencontrer entraînant en 1934, la vente à la bougie du Cirque d’Hiver aux Bouglione.

Moins connues sont ses deux frères ainés Marcel et André. Le premier, ingénieur des Arts et Métiers de Lille, gagne une belle notoriété avec le numéro du "cercle de la mort", au cours duquel son frère Gaston virevolte à vélo au-dessus de la cage aux lions. Son autre frére Andre connu pour son naturel bon vivant et sa belle prestance (85kg et 1m70), participe à plusieurs courses cyclistes, tout en étant régisseur au Cirque d’Hiver.

Dans le milieu de la piste Marcel et André, sont connus pour être à l’origine d’un numéro, très tendance dans les années folles, le " Looping the loop ", autrement dit " boucler la boucle ". Le premier ingénieur de formation, dessine lui-même les plans de ce numéro de voltige, qui demande une rampe de lancement ambulante de 20 mètres de haut et pesant plusieurs dizaines de tonnes. Marcel après moult calculs et maquettes au cinquième, construit dans son atelier de mécanique de Puteaux le matériel et la voiture qui sera conduite par son frère André, le cascadeur de l'équipe.

Le 2 octobre 1923 c’est le grand soir, pour la première fois cette sensationnelle attraction est au programme du cirque d’Hiver et le succès est immédiat.  Avec ce fameux "double saut périlleux en automobile", les deux frères vont alors entre 1925 et la fin de la seconde guerre mondiale sillonner le monde entier. Et même le cinéma les demande. Ainsi en 1949, dans "Le portrait d'un assassin" (voir blog12/09/2011) film réalisé par Roland-Bernard et Henri Decoin, André Desprez doublant Pierre Brasseur qui joue le rôle d'un cascadeur, exécute son numéro de casse-cou en voiture.

Pour les circophiles, ce film permet  aussi de voir les Fratellini, dans leurs propres rôles.

Retirés des pistes lors des 52 ans d’André, les deux frères deviennent alors industriels en fabricant des dynamomètres, démontrant ainsi qu’ils ont plusieurs cordes à leur arc.

#lesfreresdesprez

commentaires
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>