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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Lola Montes (1955)

Publié le 18 Novembre 2013 par cirk75gmkg in Cinéma

LolaMontes2.jpgCe film, testament de Max Ophuls avec Martine Carol, Peter Ustinov et Anton Walbrook, est inspiré de la vie de la célèbre danseuse et courtisane qui fut l’intime de Franz Liszt et de Louis Ier de Bavière. Dans une luxuriante évocation et à travers un fascinant cirque "barnumesque" dont le spectacle onirique est animé par une cohorte de clown (on peut voir le vieux clown allemand Donin), de nains, de sauteurs, de trapézistes (dont Aimée Fontenay et Yves Rozec) confond souvent rêve, féérie et cauchemar.
LolaMontesbis.jpgLe scénario est construit sur l’indécence des spectacles fondés sur le scandale, et où l’amour et la célébrité sont des marchandises négociables. L’histoire décrit une Lola Montes réduite à l’état d’animal de foire devant mimer sa propre existence à travers une série de tableaux vivants. La vie et la représentation de la vie se mêlent et se confondent dans ce prodigieux spectacle baroque où une mise en scène éblouissante confère une espèce de grandeur tragique à un destin à la fois pathétique et dérisoire.
LolaMontes.jpgLola Montès bénéficia d'un accueil enthousiaste de la part de nombreux cinéphiles et cinéastes. Pour sa part, François Truffaut n'hésita pas à rapprocher l'originalité de sa structure narrative en multiples retours en arrière de celle du "Citizan Kane" d'Orson Welles. En revanche, le film fut un échec commercial retentissant et les producteurs imposèrent au réalisateur, qui décéda peu après, deux versions raccourcies et remontées contre son gré. Cinquante ans plus tard et grâce aux efforts de la Cinémathèque Française ce film bénéficia d’une restauration qui permit de redonner vie à un film un peu oublié. Très proche de la version voulue par Max Ophuls cette restauration permet à de nouveaux spectateurs de voir ce film mythique mâtiné il faut bien le dire d’un parfum de malédiction.
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