Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Jules Léotard (1838-1870)

Publié le 1 Mai 2012 par cirk75gmkg in Aériens

 

Leotard--1-.JPGComme Jean-Baptiste Auriol (voir blog30/04/12) Jules Léotard est aussi une légende du monde de la piste, il est considéré comme l’inventeur du trapèze volant ou tout du moins de la voltige entre deux trapèzes. Selon ses dires, le jeune Léotard pour fuir un cours de musique qui l’ennui, s’enfuit en sautant de la fenêtre du gymnase de son père en attrapant la barre d’un trapèze fixe pour se propulser sur un autre, mais reprenons depuis le début. Né le 1er mars 1838 à Toulouse,d’un père artiste et éducateur en acrobaties au sol, Jules Léotard doué intellectuellement se destine à une carrière juridique, mais le cirque le fascine et il devient acrobate aérien en utilisant ses dons naturels pour le trapèze volant. Les débuts, dans la capitale doivent avoir lieu au cirque de l’Impératrice, malheureusement Léotard contracte la fièvre typhoïde dès son arrivée à Paris et c’est le cirque Napoléon, (actuel cirque d’hiver) qui quelques mois plus tard l’accueille, que le 30 novembre 1859 il exécute son numéro aérien.

Leotard.JPGLe Second Empire aime ces spectacles du corps, où la peur et le brio, la mort et la vitalité, sont mis en scène dans leurs rapports délicats avec un éclat inédit propre à la fête impériale. C'est en Prusse puis à Londres chez Barnum que Léotard devient une vedette internationale. Il triomphe à son retour à Paris où il est l'attraction la plus fameuse du Cirque Napoléon puis du Cirque des Champs-Elysées. Les foules se pressent, ses admiratrices se pâment devant ses jeux de jambes et leur galbe habilement et sensuellement soulignés par la tenue mise au point par le trapéziste lui-même : un maillot et un collant noir moulant.

LéotardAvec le recul, le répertoire initial de Léotard paraît restreint, une suite d’échappement sur trois trapèzes, mis en mouvement par son père, quelques passages en jarrets, en demi-pirouettes puis en saut périlleux. Rien à voir avec les numéros de trapèze volant actuels. Au sommet de sa gloire, Léotard écrit ses mémoires, qui oscillent entre le récit d'une vie d'exercices du quotidien du cirque et les commentaires souvent drôles et ironiques sur la fabrication d'une gloire et ses effets parfois déroutants. Léotard aime à se camper en victime des femmes fanatisées par son apparence mais il vit de cette célébrité : il adore ce quart d'heure de gloire que lui procurent son art autant que son corps. Il repousse le vedettariat autant qu'il l'espère il le met en scène autant qu'il s'en méfie et l'écrit surtout avec une plume habile et artificielle sans doute taillée par un nègre talentueux. Jules Léotard décède à Toulouse le 17 août 1870 et reposeau cimetière de Terre-Cabade de la cité rose. Dernier point aujourd'hui encore le juste-au-corps des trapézistes ou des acrobates se nomme un Léotard, montrant ainsi l’importance de cet artiste dans le travail aérien.

Commenter cet article