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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Gabriel Bleinat dit Géo Sandry (1897-1975)

Publié le 4 Septembre 2011 par cirk75gmkg in Programmes

 

GeoSandry2.jpgJournaliste, écrivain, chansonnier et auteur de nombreux sketches, Géo Sandry a mené diverses activités dans les arts du spectacle. Après avoir écrit de nombreux sketchs et pièces de théâtre en collaboration avec Jean Kolb, il devient de 1934 à 1954 le principal metteur en scène de la plupart des pantomimes produites au Cirque d'Hiver.

cirque-hiver1906.jpgAvant son arrivée au Cirque d'Hiver, trois spectacles de pantomimes avaient été créés dans l’établissement parisien dans le contexte d’une certaine émulation avec l’autre cirque stable de Paris, le Cirque Medrano (voir blog01/09/11). Géo Sandry est engagé en 1933 comme figurant dans "Tarzan le maître de la jungle". À la suite du fiasco de la première et unique représentation, la direction l’engage comme metteur en scène pour organiser le sauvetage du spectacle. Il reste au Cirque de la rue Crussol, 20 ans, où il met en scène huit spectacles qui connaissent un certain succès.

Gaston DesprezSes deux premières créations sous la direction de Gaston Desprez: "Les Fratellini en Afrique" (1933) et "Les Diamants du Radjah" (1934), sont des pièces clownesques dont l’objectif avoué est de mettre en valeur les plus célèbres artistes clownesques de l'entre deux guerre: Paul, François et Albert Fratellini. L’intrigue n’est qu’un prétexte à leur fantaisie débridée, sans le moindre souci de cohérence. Le comique est le centre du spectacle, et tous les autres éléments du spectacle (péripétie, dialogues, personnages…) ne visent qu’à mettre en scènes les trois frères.

Bouglione5.jpgSuite à la faillite de Gaston Desprez et le rachat par les 4 frères Bouglione du Cirque d’Hiver, "La Reine de la Sierra" (1935) est la première opérette féérique à grand spectacle de cirque. Le ton général du spectacle a complètement changé, l’intrigue a désormais une certaine cohérence, et c’est le caractère d’opérette qui prend le pas sur l’élément comique. L’univers dans lequel se déroule ce spectacle est celui de l’Ouest américain. Rappelons  que depuis le milieu des 20 l’univers du Far West est très prisé et nourrit également la production cinématographique. Le spectacle se voit repris à la fin de la saison 1936-1937 sous le titre "Le Courrier du Texas".

Bouglione7.jpgPuis vient l’univers exotique de l’Inde, du Moyen-Orient et de l’Extrême-Orient qui sert de cadre à trois opérettes féériques et nautiques à grand spectacle suivantes: "La Perle du Bengale" (1936, 1938 et 1954), "Les Aventures de la Princesse de Saba" (1937-1938) et "L’Idole de Shanghai" (1939).

Bouglione9.jpgLe premier de ces trois spectacles, plus gros succès du Cirque d’Hiver, met en scène les différents stéréotypes de la représentation de l’Inde autour d’une intrigue fondée sur les amours contrariées d’un lancier du Bengale et d’une princesse indienne. Le spectacle est repris plusieurs fois au Cirque d’Hiver comme dans d’autres établissements et est également le seul à être adapté pour pouvoir accompagner la tournée du chapiteau.

LaReineDeSaba.jpgLe second est construit autour de la figure plus ou moins biblique de la princesse de Saba, objet d’une âpre rivalité amoureuse qui se solde par une bataille navale dans la piste du cirque, clou d’un spectacle où les moyens spectaculaires sont en extension.

bouglionech1936.jpgLa spécificité du troisième spectacle tient à la part plutôt réduite que jouent les personnages exotiques par rapport aux figures des gangsters new-yorkais, d’un couple de marseillais et d’un duo clownesque de reporters (Alex & Zavatta). Là encore, on progresse d’un cran dans l’inflation des moyens spectaculaires: le spectacle fait ainsi alterner scènes jouées dans la piste et passage filmés et projetés sur un écran.

blanche-neiger.jpgEnfin les deux derniers spectacles mis en scène par Géo Sandry se nomment, "La Princesse Saltimbanque" (1936-1937) et "Blanche Neige" (1942 et 1945), mettant en scène deux types d’univers stéréotypés: celui des romans de cirque pour l’un et, celui du conte pour le second.  Dans le premier cas, l’histoire n’est pas connue d’avance du spectateur, mais on y trouve tous les éléments constitutifs de la représentation du petit cirque ambulant de la fin du xixe siècle, dans le contexte d’une certaine vogue des films historiques situés dans des royaumes plus ou moins imaginaires d’Europe de l’Est. Le spectacle est également l’occasion d’une utilisation nouvelle de la piste nautique par l’introduction de fontaines lumineuses sur lesquelles évoluent des danseuses. Le dernier spectacle amorce la série des spectacles de guerre, généralement fondés sur une reprise d’histoires déjà connues du public. On note aussi une certaine diminution des moyens employés, due aux restrictions imposées par la période.

GeoSandry.jpgParallèlement il même aussi une carrière journalistique et littéraire et publie avec Marcel Carrère un Dictionnaire de l'argot moderne, ouvrage de référence dans le genre que l'on peut trouver dans les bibliothèques du monde entier. Puis il se tourne vers le cinéma, Il est crédité au générique technique de Topaze (1951) de Marcel Pagnol en tant que régisseur d'extérieur et   écrit un recueil d'anecdotes sur le monde du cinéma.

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