Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

L’Orgue historique du Gaumont-Palace

Publié le 21 Janvier 2019 par cirk75 dans Musique

Le Gaumont-Palace, le plus grand cinéma du Monde, fut démoli en 1973 et remplacé depuis par un hôtel et par un magasin de bricolage. Il avait été bâti en 1911 sur l’édifice, de l’ancien Hippodrome  de Montmartre ou de  la Place Clichy qui pouvait accueillir 7 000 visiteurs, dont 5 000 assis (voir blog23/03/2018).

Cette salle de cinéma au style Art-Déco était dotée d'un vaste plateau scénique où à l’entr’acte, et avant le grand film comme on disait à cette  époque, se sont produits  les meilleurs artistes circassiens. C’est malheureusement sur cette scène qu’en  1946 Charlie Gérardin  le voltigeur des Clérans fit une chute mortelle (voir blog24/02/2011).

Dès 1911 salle possédait son propre orchestre composé d'une trentaine de musiciens, et de grandes orgues d'église  qui accompagnaient la projection de certains films, car à cette époque le cinéma était encore muet.

Ces grandes orgues sont remplacées en 1932 par un grand orgue de marque Christie construit par le facteur anglais d'orgues Hill, Norman and Beard limited Inauguré par Tommy Desserre, Ensuite à ses quatre claviers  se sont succédés Georges Geschtem, Robin Richmond, Simone Bernard  et Gilbert Le Roy.

Pendant quarante ans les interventions sur l’orgue se faisait selon une mise en scène immuable. La salle de 6 420 places plongée dans l’obscurité, s’éclairait petit à petit en même temps que la musique allait crescendo  jusqu’au moment où la console, placée sur un ascenseur apparaissait dans un jeu de lumières multicolores, jusqu’au jour où les pioches des démolisseurs ont pris le devant la scène pour démolir ce temple du 7ème art.

L’orgue fut démonté et entreposé dans les locaux du Service des Archives du Film. à Bois d’Arcy. Un classement au titre des monuments historiques le 28 mars 19771, permis à cet orgue de rester en la France.

le 7 avril l’orgue Christie fut mis aux enchères à l’hôtel Drouot et acquis par la municipalité de Nogent-sur-Marne, qui l’installa après restauration dans le Pavillon Baltard (celui des œufs et volailles de anciennes halles de Paris) que la ville avait auparavant acheté.

Le nouvel emplacement de ce monument musical national fut inauguré le 6 février 1980 par Pierre Cochereau, Tommy Desserre, Gilbert Leroy et Simone Bernard. Et depuis de nombreux  concert ont eu lieu, avec John Mann et même Rhoda Scott en 1988. Mais aujourd'hui il est un peu mis de côté et fort peu utilisé.

commentaires

Emmett Kelly (1898-1979) alias Willie le vagabond

Publié le 20 Janvier 2019 par cirk75 dans Clowns

Emmett Leo Kelly, dit Emmet, né le 9 décembre 1898 à Sedan au Texas, est mondialement connu grâce au film de Cecil B. De Mille, "Le plus grand chapiteau du monde" (voir blog07/10/2013)  où il apparait sous les trait de Willie un vagabond issu de la crise de 1929. Dans un premier temps il exerce la profession de dessinateur, puis bifurque vers le monde du cirque où, au "John Robinson Circus" il devient trapéziste. En 1923, il épouse Eva Mae Moore une autre aérienne avec qui, ils vont un moment, se produire sous le nom des "Kellys Aériens". Puis après avoir un certain temps endossé le sac du blanc, en 1931 il invente le personnage  de Willie un indigent maussade en haillons, au visage très expressif, donnant l’impression de poursuivre, d’un air triste et fatigué mais sans désespérance, un chemin sans but.

De 1942 à 1956 il est pensionnaire chez Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus (voir blog31/05/2017) où par sa dégaine, fait rarissime sous cet immense chapiteau,  il se fait remarquer. Pour cela il est présent tout au long du spectacle en circulant au milieu des gradins, pour par exemple, enlacer au passage une spectatrice, s’asseoir sans façon au milieu d’une famille mangeant des pop-corns ou se rendre utile auprès des artistes. Il regarde aussi avec admiration leurs prouesses et semble quelques fois les parodier. Le tout sans un mot, ni un sourire, mais avec moult précisions car c’est un exceptionnel mime. Il apparaît également sur la piste du cirque britannique Bertram Mills avec son personnage devenu légendaire

Parmi ses entrées célèbres, signalons celle de l’enfant lui offrant une cacahuète, qu’il brise à l’aide d’un gigantesque marteau. D’un coup il broie complètement l’arachide ce qui le plonge dans un abîme de désolation et d’affliction. Ou celle où balayeur de piste il essaye de faire disparaître le dernier rond de lumière apparaissant encore sur la piste. Entrée qui sera reprise par d’autres grands de la piste comme Popov (voir blogs 06/11/2016 & 03/02/2011), Dimitri (voir blogs 18/09/2016 & 14/09/2011) , voire Elastic (voir blog 07/05/2017) ...

En parallèle des livres, dont un écrit par Emmet Kelli lui-même, relatent sa vie de saltimbanque, et il enregistre aussi quelques disques. En 1956, Il  joue un rôle dramatique dans une adaptation télévisée de l'histoire de Wilhelm Voigt, le "Capitaine de Kopenick", qui se fait passer pour un officier prussien en 1906. Il apparaît aussi jouant "Bigamy Bob" dans le film "Wind Across the Everglades" (1958) ou dans "The Clown and the Kids" de 1967, tourné et produit en Bulgarie.

Après une carrière bien remplie, Emmet Kelly décéde à l'âge de 80 ans, d'une crise cardiaque le 28 mars 1979, à Sarasota, en Floride. Son fils Emmett Leo Kelly Jr. (1924-2006) reprend pour un temps le personnage de Willie, le rendant ainsi immortel.

commentaires

Willie le vagabond (1949)

Publié le 19 Janvier 2019 par cirk75 dans Art

Cette œuvre d’Herbert Dickens Ryman (1910-1989) représente "Willie" le célèbre clochard lugubre au nez bulbeux, vêtu de lambeaux et  barbu. Ce personnage fut créé par l’américain Emmet Leo Kelly, un légendaire auguste du cirque américain (voir blog20/01/2018).

Oeuvre du monde de la piste certes, mais surtout de la misère humaine, montrant Willie dans l'incertitude du lendemain qui ne mène qu'à la peine et à l'inertie. En regardant cette toile on ressent bien toute la lassitude et le découragement, imprégnés dans les traits de ce personnage inspiré par la crise économique de 1929. Le peintre a dessiné l’auguste assis, sa tête reposant sur le dos de sa main gauche. Il semble attendre mais qu’attend-il ? Comme beaucoup de ses semblables il est las de ce monde où il n’y a rien à attendre pour les gueux issus de la dépression économique. Pour renforcer cette impression Herbert Dickens Ryman alias Herbert Ryman utilise des teintes froides qui rendent l’œuvre encore plus poignante, voire sinistre. 

Herbert Ryman a bien connu bien l’univers du cirque. Une rencontre fortuite, en 1948, avec Bill Antes, l'avant courrier à cette époque chez Ringling Brothers, lui donna l’occasion de voyager avec cette entreprise en rejoignant le cirque à Chicago. Et pendant deux étés, en 1949 et 1951, il partagea le quotidien avec les gens du voyage. Au cours de ses voyages, il réalisa de nombreux  dessins et peintures qui en firent un spécialiste pictural du monde de la piste.

Willie le vagabond  (1949)
Willie le vagabond  (1949)
Willie le vagabond  (1949)
Willie le vagabond  (1949)
commentaires

Les clowns d’Or et Argent français

Publié le 18 Janvier 2019 par cirk75 dans Formation

Deux événements circassiens se  produisent presque en même temps, le 43ème  Festival International du Cirque de Monte-Carlo (17 au 27 janvier 2019) et "F(r)iction"  le spectacle de la 30ème promotion du C.N.A.C.  présentée notamment du 23 janvier au 17 février à Paris à l’espace Chapiteau du Parc de La Villette.

Comme on le sait la manifestation monégasque a été créée en 1974 par le Prince Rainier III et elle s’est vue confier deux objectifs. Promouvoir les arts de la piste et distinguer les meilleurs numéros de cirque en les récompensant par un clown d’Or ou d’Argent. A cette époque le clown de Bronze n’existe pas, et ne sera créé qu’en 2002.

Dix ans plus tard en 1986 Jack Lang crée le Centre National des Arts du Cirque (C.N.A.C.) installé à Chalon-en-Champagne (voir blog02/05/2011). Cette école publique est totalement dédiée à la formation des artistes circassiens. Depuis, plusieurs centaines étoiles françaises de la piste ont été formés par les professeurs pour la plupart d’anciens artistes de la piste.

Alors combien de Clowns d’Or français sont-ils issus de cette filière ?

La réponse tient en un mot aucun.

En effet les clown d’Or  français et  au nombre de 4 ont été formés hors de l'école de Chalon-en-Champagne. Il s’agit du dompteur Alfred Court en 1974 (voir blog01/10/2013), d’Alexis Gruss Sr pour sa cavalerie en 1975 (voir blog19/12/2011), de Sergio le M. Loyal en 1994 (voir blog02/03/2011) et d’Alexis Gruss Jr. pour sa cavalerie en 2001 (voir blog13/02/2012). Depuis 2001 cette récompense suprême n’est revenue à aucun circassien français.  

Mais peut-être que beaucoup de clowns d’Argent ont honoré des artistes issus de cette filière ? Là aussi la réponse est la même, aucun.

Il y a eu 6 Clowns d’Argent, en 1974 Les Alizés (Trapèze volant) et Emilien Bouglione, en 1977 les Antares (voir27/11/2016), en 1992 le duo franco portugais Tino et Tony, (Main à main comique), en 1998  Stephan Gruss et Nathalie Gruss pour leur "Pas de deux équestre" et en 2013 la cavalerie de  Jean-François Pignon.  Et c’est tout.

Et les clowns de bronze ?

La réponse est la même, aucun.

Depuis 2002, 6 les artistes circassiens français ont reçu ce trophée. Il s’agit en 2002 du trio Munoz, (clowns - Portugal, France et Colombie), en 2005 de la cavalerie de Carlos Savadra assisté d'Olivier Vincens, (Colombie et France), en 2009  de Roger Falck et son numéro de fauves, en 2010  des Rossyanns, clowns musicaux, en 2012 des Skating Pilar, acrobates sur patins à roulettes, enfin en  2013 de Kid Bauer et son groupe de fauves et en

Mon propos n’est pas de fustiger telle ou telle filière mais de constater un fait, le C.N.A.C. en 33 ans n’a pas engendré aucun trophée monégasque. Etonnant non !

Mais rassurons-nous cette année la tendance va certainement s’inverser avec les nombreux artistes français présents au programme de cette 43ème édition.

Aussi attendons avec impatience la prochaine remise des trophées monégasques  qui aura lieu mardi 22 janvier 2019 à partir de 20h00.

 

commentaires

Les spectacles avec puces savantes sont aussi dans le collimateur des animalistes..

Publié le 17 Janvier 2019 par cirk75 dans Animaux

Les Cirques ou théâtre des puces savantes (voir blog12/05/2013), sont des spectacles fort anciens dont les premiers  apparaissent en Angleterre dans les années 1830. Ces établissements présentent des numéros dans lesquels des puces sont attachées à divers objets pour réaliser divers tours. Dans le plus pur style des baraques foraines d'antan, ces spectacle mêlent humour et manipulation d'objets peuvent être proposés sous chapiteau ou en palc (plein air).

Robert Birkle, le directeur du Floh-Cirkus, établissement créé en 1873, est à son tour dans la tourmente des animalistes. Selon le dernier numéro de la Revue le Cirque de l’Univers " la Fédération bavaroise de protection des animaux  a déclaré qu’il est "probablement stressant pour les puces de réaliser les exercices qui leur sont demandés. Pourtant ajoute la revue Robert Birkle  a tous les certificats de capacité nécessaires et que tous les contrôles vétérinaires se sont passés sans encombre".

Devant des telles actions de la part de ces groupuscules qui se disent défenseurs des animaux rappelons cette sentence d’Abraham Lincoln : “Mieux vaut rester silencieux et passer pour un imbécile que parler et n’en laisser aucun doute.”   

commentaires

Tom Dieck Jr.

Publié le 16 Janvier 2019 par cirk75 dans Dompteurs

Lors de la remise des prix du 27ème Festival International du Cirque de Massy (voir blog15/01/2019) Tom Dieck Jr. a annoncé qu'il mettait fin à sa carrière de dresseur, revenons aujourd’hui sur sa carrière de cet artiste qui trouvait le bonheur auprès des cages

Enfant de la balle, un père (Tom Dieck) et un grand-père (Tom Dieck Sr.) dresseurs de lions, et c’est tout naturellement que Tom Dieck Jr. est tombé tout petit dans le chaudron. Né le 30 avril 1983 en France à Montbrison, il côtoie les fauves pratiquement depuis son berceau. Et à l’âge de 17 ans il savait déjà qu’il serait belluaire.

En décembre 2003, Tom Dieck Jr. monte sous l’œil vigilant de son père son premier numéro de fauves avec trois lions mâles, deux lionnes et deux tigresses. Et un an plus tard, il fait ses débuts sous la coupole du cirque Jules Verne à Amiens (voir blogs 09/05/2011 & 23/03/2015). En 2005, il part en tournée avec le cirque Arlette Gruss. En 2006, avec ses complices quadrupèdes il fait partie des artistes du cirque allemand Probst. Devenu l'un des dresseurs les plus doués de sa talentueux de sa génération, il enchaîne alors les contrats avec les plus prestigieuses enseignes circassiennes.

En 2007 il est honoré d’un clown de Bronze lors du 31ème Festival International du cirque de Monte-Carlo. En 2008 il fait la saison avec le cirque allemand Busch-Roland. Trente ans après son père avec le spectacle Festif il foule en 2009 la piste du cirque d’hiver avec un groupe de lions. En 2010  il les présente lors du Grand cirque de Noël produite par les Bouglione. Il reçoit une Piste d’Or lors du 19ème Festival International de Massy.  En 2012 pendant les fêtes de fin d’année il participe avec 5 tigres, 2 lions blancs et 2 ligrons (croisement d’une tigresse et d’un lion) à la production "Tous à Rio" signée Bouglione et présentée au Bourget et en 2017 il est une des vedettes de la tournée Surprise des Bouglione.

Face aux risques calculés qu'il encourt, Tom Dieck Jr. sait que les fauves restent des fauves et, que les accidents qui se produisent sont, dans 90 % des cas, le fait d'une erreur humaine. Concentration et vigilance sont les clés d'une relation sereine avec des félins. Paré de ces garde-fous, l'amour qu'on leur voue peut alors se déployer sans crainte d'être trahi. Et, en déplaise aux animalistes, il en faut beaucoup, pour accepter le sacerdoce qu’est au quotidien l’entretien de fauves : les nourrir, les soigner, nettoyer leur cage. Mais les félins de leurs manières (rugissements sonores, clignement d'yeux, paupières closes…) le lui rendent bien, et lui manifestent leur affection. C’est ce qui fait la fierté de ce jeune dompteur, vêtu élégamment d'une chemise blanche et d'un habit noir et or.

Tom Dieck Jr. ne joue ni les Superman ni les Tarzan, mais devant la haine et les invectives proférées depuis quelques temps à son encontre par les animalistes, c’est avec une forte émotion qu’il a fait connaître dimanche 13 janvier 2019 à Massy sa décision d’arrêter de travailler avec ses complices de piste. Assurément  une décision mûrement réfléchie qui nous prive aujourd’hui d’un des meilleurs belluaires actuels.

Tournée avec le cirque Arlette Gruss

commentaires

La 27ème édition du Festival International du Cirque de Massy, un cru à déguster sans modération

Publié le 15 Janvier 2019 par cirk75 dans Festivals

Pour réaliser un bon festival circassien plusieurs ingrédients sont indispensables. La diversité des numéros est primordiale, alternant ceux qui font frémir, ceux qui étonnent, ceux qui émeuvent, ceux qui font rire, ceux qui attendrissent et même ceux qui troublent. Et cette année les bénévoles massycois de l’A.F.I.C.M. sur la houlette bienveillante de Bata Gluvacevic ont coché toutes les cases. Pour ce 27ème  festival on peut voir des numéros excitants et pour la plupart inédits du moins en région parisienne, habillés par de somptueux éclairages et bien mis en piste. De plus les artistes sont disponibles pour venir à l’entracte parler, se faire photographier avec les spectateurs ou simplement signer des autographes.

Un petit bémol tout de même, la Mme Loyal du Festival, Carrie Harvey (voir blog22/01/2016) . Si cette Ringmistress britannique est indéniablement sympathique et souriante elle a, il faut le reconnaître, des problèmes récurrents avec le français. Et à la longue son manque de vocabulaire devient bien flagrant. Devenue depuis 2016 une des présentatrices les plus demandées en France (Domont, Les Mureaux, Massy, Marmande, Saint-Paul-lès-Dax…) il serait peut-être utile que les organisateurs lui demandent de se perfectionner dans la langue de Molière et aussi peut être de modifier un peu sa garde-robe qui reste la même depuis plusieurs années. 

Côté garde-robe, par contre le dynamique et jovial Totti (voir blog3/12/2013) déjà invité à Massy en 2014, l’a cette année non seulement renouvelée, mais nous a aussi gratifié de nouvelles entrées, seul ou avec sa petite famille. Un beau moment où Charlie et Maxim, ses fils montrent que bon sang ne saurait mentir. L’entrée "les héritiers du rire attendrit le public, qui lui octroie si justement son prix.

Comme chaque année, des Pistes d’or, d’argent et de bronze ont été attribuées (voir blog14/01/2019) et cela n’a pas dû être aisé pour le jury tant le niveau cette année était relevé.

Alors voyons.

La piste d’Or animaux est revenue à Louis Knie Jr. descendant de la célèbre famille du même nom,  trophée qui récompense non seulement le beau carrousel rassemblant pas moins de 21 chevaux, mais aussi sa présentation originale de 6 vaches ainsi que la poste hongroise réalisée avec le concours de Sara Biasini-Berousek. Une telle cavalerie tant par la quantité que par la qualité que l’on aimerait plus souvent voir sur les pistes, car n’oublions pas le cirque est né du cheval.

La Piste d’or visuelle a été attribuée au Duo 2-Zen-0 (2 anneaux) formé par Marie-Eve Bisson et Jonathan Morin présentant à l’aide d’une roue croisée et à 10 m de haut, un adagio sensuel proposant, tout en maîtrisant les risques,  une série d’enchaînements où esthétismes et technique rivalisent pour le bonheur du spectateur.

La piste d’Argent animaux est remise au dompteur de lions et tigres Tom Dieck Jr. qui a profité de la remise des prix lors de ce 27ème festival de Massy pour annoncer, suite au travail de sape des animalistes, qu’il arrêtait de travailler avec les fauves. Un déchirement pour un artiste qui côtoie ces animaux depuis l’âge de 6 ans et une bien triste nouvelle pour les amateurs de cirque avec animaux.

La piste d’Argent visuelle et Prix du Club du Cirque sont revenus à la blonde anglaise Laura  Miller pour un numéro très tendance, combinant l'espace aérien et l'élément aquatique, et qui a plus sa place dans un music-hall ou un cabaret que sur une piste. Mais bon c’est ça aussi la diversité…

La piste de Bronze animaux a été empochée par Sandro Montez, un ex dresseur (zèbres, otaries, rhinocéros, girafes, éléphants…) de chez Pinder, qui nous propose une troupe canine prête à se donner à fond pour jouer à un rythme débridé avec son maître.

La piste d’e Bronze visuelle pour le fildefériste Nicol Nicols qui maîtrise avec élégance tous les équilibres sur fil et qui termine son numéro par des saltos avant et arrière sous le regard d’Havi sa pulpeuse partenaire.

Le Prix de la Ville de Massy revient à Cheng Long  un artiste chinois qui présente un irréel numéro de Rola rola qu’il corse à la fin avec une planche asymétrique pour proposer des jets de bols et de cuillères qui atterrissent sur sa tête. Incroyable mais vrai.

Le Prix Bretagne Circus pour l’américaine Kaely Michels Gualtieri qui avec son numéro de trapèze à grand, a fait frémir le public tant ses rattrapes sont audacieuses et fougueuses en alliant grâce et dynamisme. Signalons que cette artiste est aussi actuellement étudiante en chirurgie. Assurément une trapéziste pas banale.

Le Prix Joseph Bouglione alias "Zézé le magnifique" (voir blog29/11/2014) le parrain de l’édition 2019, revient Shuang Jian pour un numéro d’équilibres sur cannes.

Un regret pour  Xavier Bouyer, qui avec un numéro utilisant les mêmes agrès qui est reparti de Massy sans gratification, mais son numéro de pompes au sol a dû en rendre plus d’un envieux.

Nous n’oublions pas les Australiens les Messoudi Brothers qui en proposant deux prestations fort différentes un quatuor de force & un trio de jonglage repartent avec un vase de Sèvres représentant le Prix du Président de la République.

Complètent ce copieux programme Vlad et ses 6 chats Angora, Marco Antonio Penagos et ses Hula hoops, le jongleur Zdenek POLACH (Prix Spécial Carmen Rodin), l’impétueuse Tamara Khurchudova (trapèze et antipodiste aérien), les grandes illusions de Nicolas del Pozo et la contorsionniste Sheyen Caroli.

Oui un belle manifestation circassienne qui montre que Massy reste un festival de cirque animalier, mais encore pour combien de temps ?

Notre époque aime caresser les chimères, dont certaines peuvent à la longue se révéler perfides. Une des plus inquiétantes est celle que l’on nomme le politiquement correct, sorte de pensée unique du XXI° siècle. Doris Lessing, Prix Nobel de littérature n’indiquait-elle pas, que "le politiquement correct est la plus puissante tyrannie des esprits dans ce qu’on appelle le monde libre." Or la tendance actuelle à vouloir à tout prix bannir des pistes les numéros avec animaux est un bel exemple de cette tyrannie de l’esprit que l’on pourrait nommer "la piste correcte". Or le cirque, "ce rond de paradis dans un monde dur et dément", comme aimait le dire Annie Fratellini, doit rester un espace de liberté intellectuelle, permettant non seulement aux circassiens de vivre de leur art et, pour certains avec le concours d’animaux mais aussi de ravir les amateurs de cirque traditionnel.

Aussi pour couper l’herbe sous le pied des animalistes peu respectueux du travail accompli chaque jour auprès des artistes à quatre pattes, pourquoi ne pas reprendre l’idée que vient de proposer la princesse Stéphanie, la Présidente du célèbre Festival de  cirque de Monte-Carlo? Pourquoi ne pas se donner les moyens de faire reconnaître par l’UNESCO le cirque traditionnel au patrimoine immatériel de l’humanité.

Et le Festival International du Cirque de Massy créé le 1er février 1991 à l’initiative de Claude Germon le Maire de la cité massycoise à cette époque, pourrait être un des acteurs français œuvrant dans ce sens.

Qui plus que lui pourrait le faire ?

N’oublions en effet dans les années 90 (voir blog07/01/2017) et pour seulement deux éditions, Massy était connu pour organiser le "Concours de Dresseurs du Festival Mondial du Cirque de Demain". Et ce n’est seulement qu’en 1993 (voir blog 10/01/2017) qu’il allait devenir officiellement Festival International de Cirque, avec ce penchant très marqué pour les numéros avec animaux.

Etre un des fers de lance de ce projet monégasque placerait Massy à tout jamais dans le cercle des défenseurs du cirque que l’on aime, celui avec artistes à 2 mais aussi à 4 pattes…

Un beau projet....non?

commentaires

Festival International du Cirque de Massy Palmarès 2018

Publié le 14 Janvier 2019 par cirk75 dans Festivals

Prix du Président de la République : MESSOUDI Brothers (Quatuor de force & Jonglage)

Piste d’Or (animaux)                                                               Piste d’Or (visuel)

Louis KNIE et Sandra BEROUSEK (Cavalerie & Poste)           Duo-2-Zen-0 (Roue croisée)

Piste d’Argent (Animaux)                                                        Piste d’Argent (Visuel)

Tom DIECK Jr. (Lions & Tigres)                                                 Laura MILLER (Anneau aériens)

Piste de Bronze (Animaux)                                                     Piste de Bronze (Visuel)

Sandro MONTEZ (dressage de chiens)                                     Nicol NICOLS (Fil de fer)

 

Prix Espoir (Animaux)                                                              Prix Espoir (Visuel)

Floy et Chelsy                                                                             Tchad et Enzo

 Prix de la Ville de Massy : Cheng LONG (Rola rola)

 Prix du PUBLIC : TOTTI (Clown musical)

 Prix Joseph Bouglione : Shuang JIAN (Equilibres sur cannes)

 Prix Spécial Carmen Rodin :  Zdenek POLACH (Jonglage)

  Prix Bretagne Circus : Kaely Michels GUALTIERI (Trapèze à grand ballan)

 Prix du Club du Cirque : Laura MILLER (Anneau aériens)

 

commentaires

Le Roi des singes, la dernière production du cirque Phénix

Publié le 13 Janvier 2019 par cirk75 dans Programmes

La Pelouse de Reuilly (voir blog25/06/2018) semble cette année bien triste. Les installations du cirque Pinder sont toujours présentes,  mais ce cirque en dépôt de bilan (voir blogs 7 & 12/05/2018) ne tourne plus qu’au ralenti. Son spectacle "Les nouvelles étoiles du cirque" n’est plus présenté que les samedis et dimanches. L’actuelle production est bien entendu sans animaux car, un spectacle sans "artistes à quatre pattes" est non seulement moins coûteux mais aussi beaucoup moins contraignant. Quant à Frédéric Edelstein, (voir blog12/04/2013) le dompteur maison, il fait dorénavant et depuis quelques semaines, le bonheur du Cirque Médrano.

Heureusement il reste une autre enseigne pour rendre vie à cet espace, le cirque Phénix. Mais en entrant sous la toile de cet établissement on remarque que la crise qui touche les arts de la piste est ici aussi bien présente. Le chapiteau est loin de faire le plein. Un tiers des places restent inoccupées. Et pour que cela soit moins visible, les fauteuils restés vides sont occultés par des rideaux ou des tentures. Il faut dire que ce chapiteau avec ses 5 500 places se dit le plus grand du monde.

Pour la huitième fois le cirque Phénix invite "Les Etoiles du Cirque de Pékin" avec cette année 40 jeunes artistes venant pour la plupart d’une école circassienne de Shanghai. La moyenne d’âge est de 20 ans, allant de 16 à 28 ans, dixit Alain Pacherie (voir blog17/04/2013) qui depuis quelques temps est devenu une sorte de M. Loyal, présentant au préalable les spectacles qu’il a concocté pour la plus grande joie des fans ou plutôt des groupies de la Phénix Family. Et chaque année ils ne manqueraient pour rien au monde la nouvelle production maison, qu’ils accompagnent de moult bravos et d’une ambiance qui parfois fait penser au concert de rock.

Mais revenons-en au spectacle qui cette année propose, selon certains médias une production où s’invitent rien de moins que la perfection, les records et le jamais-vu. Nous n’emploierions pas ces superlatifs pour qualifier "Le Roi des singes" production originale et acrobatique avec deux numéros qui sortent vraiment du lot, les antipodistes aux ombrelles (A l’ombre du Lotus) et les équilibres sur tête (On marche sur la tête). Deux prestations récompensées lors du 38ème Festival du Cirque de Demain et qui laissent le spectateur sans voix et pantois. Il faut ces artistes pour y croire tant les figures proposées semblent du domaine de l’impossible ou de l'irréel.

Six autres numéros, des classiques de l’acrobatie chinoise frisent la perfection : les assiettes tournantes (gastronomie clownesque), le jonglage de chapeaux (Chapeau bas), les diabolos (Sino diabolo), les contorsions avec équilibres de verres (Pagode de cristal), la jonglerie avec des assiettes (Petites filles aux assiettes) et les sauts à travers des cerceaux (l’envolée aux cerceaux).

Ce très haut niveau de qualité et de technicité nous montre que le théâtre acrobatique chinois, à la différence des cirques européens et américains constamment à la recherche de techniques nouvelles, a choisi une autre voie, celle d’améliorer sans cesse la tradition acrobatique millénaire chinoise, forte de plus de deux cents spécialités différentes.

Complètent "Le Roi des singes" un charivari d’acrobates, de l’acrobatie avec lasso, des numéros de main à main ou d’équilibre sur cannes flexibles. Deux jeunes artistes nous proposent une belle prestation aux tissus aériens où malheureusement la sensualité entre la femme et l’homme est peu présente.

Enfin n’oublions le numéro d’équilibres sur chaises où dans un final audacieux, une jeune femme fait chuter les briques sur lesquelles elle se tenait préalablement, tout en maintenant son équilibre sur son seul bras droit, assurément un grand moment.

Comme les années précédentes les lumières mises au point par Antonio de Carvalho habillent avec splendeur et majesté chaque numéro. Néanmoins toute cette accumulation de savoir ancestral, toute cette technique acrobatique frisant la perfection,  servies par une musique malheureusement en conserve oublient les éléments nécessaires aux art de la piste à savoir, la diversité, la  joie de vivre, l’émotion partagée et la communication avec le public. Seuls deux numéros : les assiettes tournantes et les sauts à travers les cerceaux font avec bonheur réagir les spectateurs !  

Certains vont trouver que je suis sévère mais c’est la diversité des numéros et non l’accumulation d’un type de prestations qui fait la richesse du cirque et, José Batista do Rego, le clown officiel du Cirque Phénix (voir blog12/10/2017) fait ici cruellement défaut. C'est dommage il aurait à coup sûr  donné des moments de folies à ce spectacle un peu trop sage.  

commentaires

Le Cheval de Cirque, selon Juan Miro (1925-1927)

Publié le 12 Janvier 2019 par cirk75 dans Art

Actuellement se tient à Paris une rétrospective de l’œuvre du peintre sculpteur, graveur et céramiste espagnol Juan Miro (1893-1983). Parmi les nombreuses œuvres créées par cet artiste on trouve peintes entre 1925 et 1927 plusieurs toiles nommées "Le Cheval de cirque". Il faut savoir, toutefois à la différence de ses contemporains Picasso (voir blogs20/03/2011 & 13/12/2014)) ou Chagall (voir blogs16/03/2011 & 09/04/2016), Mira n’était nullement un amateur de la piste. Et s’il a dessiné un grand nombre de toiles nommées "Le Cheval de Cirque" il ne faut nullement y voir un quelconque intérêt pour le cheval ou le cirque, mais pour le mouvement circulaire, qui à cette époque obsédait le peintre. Il était à la recherche d’une transcription plastique de la parole de Lao-Tzu : "Bien que trente rayons convergent au moyeu, c'est le vide médian qui fait marcher le char".

Comme on peut le voir par ces deux toiles, ses peintures illustrant ce thème contiennent un élément qui avec beaucoup de bonne volonté, on peut assimiler au cheval lui-même.

Par exemple sur un fond bleu, à droite est figuré un cheval blanc dans un style enfantin. Il est représenté avec une tâche marron, des yeux rouges, une crinière noire et un long cou ; la tête est orientée à gauche. Elle fait face à un rectangle bleu-nuit  et on peut apercevoir sur la gauche de la toile deux disques important noir en haut, rouge en bas. De plus six petits disques (noir, rouge, jaune).sont disséminés sur le reste de la toile

Cette autre toile, sur fond marron ocre se détache la silhouette d'un cheval blanc avec une aile qui tient plus du coq ou de la poule que d'un équidé. Devant lui, un filet blanc descend jusqu'à terre (à hauteur du dresseur qui a disparu) pour remonter en hauteur, donnant une impression de lancer. À gauche, un petit rond jaune, en haut : un petit rond blanc, et sur la droite, une volute jaune à tête noire qui pourrait être l'écuyère.

Oui, tels sont les Chevaux du cirque, passés au laminoir de la peinture de Miro et, je ne suis pas certain qu'ils seraient utilisés ainsi sur une piste pour réaliser quelques voltiges équestres.

Qu'en pensez-vous?

commentaires
<< < 1 2 3 4 > >>