Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Obsession (1954) de Jean Delannoy

Publié le 19 Juin 2018 par cirk75gmkg.over-blog.com dans Cinéma

Le cirque est à l'origine de beaucoup de scénarios de films, dont les plus célèbres demeurent, et la liste n'est pas exhaustive,  "Le Cirque" de Chaplin, "Les Clowns" de Fellini, "Trapèze" de Carol Reed, "Les gens du voyage" de Jacques Feyder, "Sous le plus grand chapiteau du monde" de C. B. de Mille, "Le plus grand cirque du monde" d'Henry Hataway, "Yoyo" de Pierre Etaix, "Roselyne et les lions" de Jean-Jacques Beneix etc....

"Obsession" de Jean Delannoy, est un film intéressant non pas pour son scénario d'une niaiserie affligeante, mais pour ses scènes de trapèze et d'équilibres tournées au Cirque Médrano de Paris ou au cirque de Rouen, dont on voit à plusieurs reprises la façade.

Pour ce film, Michèle Morgan a dû prendre des cours de trapèze au gymnase parisien de la rue Véron sous la directive du Père Saulnier, "le briseur de filles" surnom rappelant qu'il imposait à ses élèves une discipline de fer. Michèle Morgan fut doublée pour les scènes périlleuses par Aimée Fontenay, surnommé la chanteuse au trapèze, car elle entrelaçait de vocalises ses différentes suspensions. Son partenaire Yves Rozec de son côté remplaçait Ralf Vallone et Jean Gaven dans leurs scènes de trapèze. Notons aussi la présence du trapèziste Roland Catalano.

Moment important pour un "medranophile",  l'orchestre était dirigé par le Maestro Jean Laporte (voir blog18/03/18) et on remarque aussi la silhouette de Jean Drena (voir blog12/03/12), le plus illustre Maître piste du cirque montmartrois, habillé d'un smoking gris parmi les membres de la barrière .

 

L'échelle de la mort , scène tournée au cirque Medrano de Paris

commentaires

Jean Laporte (1908 1997)

Publié le 18 Juin 2018 par cirk75gmkg.over-blog.com dans Musique

Pour eux qui ont bien connu à Paris le Cirque Medrano ou suivi les tournées du Grand Cirque de France (voir blog13/11/10) le nom de Jean Laporte - chef d'orchestre élégant et à la baguette précise - leur rappelle certainement des souvenirs musicaux.

D'origine bordelaise Jean Laporte pianiste et saxophoniste monte rapidement à Paris où il intègre différents orchestres de cabarets, dont celui de Fred Adison (voir blog14/06/18). Puis de 1953 à 1957 il dirige l'orchestre du cirque Medrano. Il figure également avec ses musiciens dans 2 films de Jean Delannoy sur le cirque: "Obsession" et "Le cercle enchanté" dont il écrit la musique.

En 1958 Radio Luxembourg, lui demande de diriger l'orchestre du Grand Cirque de France des frères Gruss, ce qu'il fera pendant huit ans. Et n'oublions pas que Jean Laporte a, pendant de nombreuses années en alternance avec Bernard Hilda, aussi dirigé l'orchestre de la célèbre émission télévisée: "La piste aux Etoiles".

 

Au dehors de nombreux enregistrements de musique de cirque pour les disques "Festival", Jean Laporte a enregistré de nombreuses compositions de musique de variété et a écrit un livre  intitulée: "Musiciens de Pigalle" (Edition La Bruyère).   

Jean Laporte (1908 1997)
Jean Laporte (1908 1997)
Jean Laporte (1908 1997)
Jean Laporte (1908 1997)
Jean Laporte (1908 1997)
commentaires

Albert Rancy (1896-1982) un bachelier écuyer

Publié le 17 Juin 2018 par cirk75 dans Personnalités

Fils ainé d’Alphonse et de Jeanne Bidel (voirblog03/06/18), Albert Rancy fait à 6 ans ses premiers pas à  Lyon sur la piste familiale en qualité de figurant dans une pantomime de son père. Puis il suivra de brillantes études au Lycée Lakanal à Sceau et sera, un des premiers circassiens bacheliers. En parallèle il apprendra l’équitation et la voltige ce qui lui permettra  d’être associé à son frère cadet André dans quelques numéros équestres. Comme la plupart des jeunes de son époque, il sera engagé dans le conflit 14-18 et, en 1916 sérieusement blessé, il sera soigné à Lyon à l’Hôtel-Dieu où il fera la connaissance d’un certain M. Lumière.Et c’est ainsi qu’entre les deux guerres mondiales Albert Rancy tournera des films avec les frères Lumières.

Marié en première noce à Nelly Decourt, il fonde grâce à l’appui  financier de ses parents en 1920, un cirque portant son nom et, avec lequel il visite les villes et villages où le cirque paternel ne peut, faute de place  s'installer. Devant le succès, le "Cirque Albert Rancy" s'étoffe en octobre 1923, réalise avec succès une tournée en Afrique du Nord.  Albert Rancy renouvellera l'expérience l'année suivante, mais cette fois, de graves difficultés logistiques et économiques, l'obligent à rentrer en France plus vite que prévu. Il rejoint l'établissement paternel pour faire équipe avec son frère André et ce, jusqu'à la mort de leur père en 1932. Puis il occupera la fonction d’avant-courrier chez les Frères Amar avant de quitter en 1940 momentanément le monde du cirque pour celui du cinéma, retrouvant ainsi une activité qu'il avait déjà pratiquée au temps du "muet".

 En 1943, Albert revint à la piste, présentant notamment au Vel d'Hiv, la "Grande Parade du Cirque", adoptant le système des trois spectacles simultanés, sur trois pistes. Puis, il fondera au Grand Palais en juin 1943, le "Nouveau Cirque des Champs-Elysées" dont le secrétaire général est Henri Thétard (voir blog16/03/18). Mais, Albert Rancy doit quitter ce lieu sur ordre supérieur, pour être remplacé par son ex beau-frère Jean Houcke. Puis il va monter un très éphémère cirque aux Arènes de Lutèce dont le début eût lieu le...13 août 1944 (voir blog28/03/18)! Après quelques représentations au Jardin d'Acclimatation en mai et juin 1945, Albert Rancy lancera en avril 1946 à Nantes un joli chapiteau à quatre mâts au carré de couleur verte et blanche, qui est officiellement inauguré au mois de mai à Paris, avant de regagner la Bretagne. Mais suite à de mauvaises affaires et à la contrecarre des Frères Amar avec qui il est en froid, il sera contraint d'arrêter définitivement. 

Albert Rancy (1896-1982) un bachelier écuyer
Albert Rancy (1896-1982) un bachelier écuyer
Albert Rancy (1896-1982) un bachelier écuyer
Albert Rancy (1896-1982) un bachelier écuyer

Albert Rancy avec sa seconde épouse Denise Pinel, dite Mismoune, présentera alors  un très plaisant et joyeux numéro de caniches sauteurs, comédiens et musiciens, avec lequel ils feront le tour du monde. 

En 1979 Claude Renotte ancien maître de ballet propose alors à Albert Rancy de relancer sur les routes de France un cirque portant son nom. Les 3 premières années se font avec du matériel du cirque James Carrington. En 1982 Albert Rancy et Claude Renotte souhaitant être indépendant, le cirque Albert Rancy repart avec son propre matériel, mais malheureusement le 16 décembre 1982, le fils aîné d’Alphonse Rancy décède, ce qui va porter un coup fatal au dernier cirque signé Albert Rancy, qui fera une ultime tournée en 1984.

 

Par ailleurs Albert Rancy a aussi écrit un livre "Un lion parmi les lions" où il relate avec de nombreux details l’histoire de son grand père le dompteur François Bidel (voir blog01/04/18) et ses déboires circassiens pendant l'occupation.

commentaires

Spectateurs au Cirque (1936)

Publié le 16 Juin 2018 par cirk75 dans Art

Cette fois ce n’est pas le spectacle qui est le thème du tableau du peintre américain John Steuart Curry (1897-1946), mais le regard des spectateurs contemplant avec enthousiasme et appétit la piste aux étoiles. Il faut dire que John Steuart Curry connait bien les arcanes du cirque, car en 1932 il a passé plus de 6 semaines à suivre la tournée du plus grand spectacle du monde autrement dit  celui du Ringling Bros. et Barnum & Bailey Circus. De ce voyage dans le monde circassien il a rapporté de nombreux dessins et des toiles qui ne représentent pas forcément ce que l’on a l’habitude de voir dans ce type de peinture. Dans une par exemple on voit l'harnachement des chameaux avant leur numéro,  dans une autre une  famille allant voir le cirque, dans une troisième le saut que fait le voltigeur en l'air avant d'être rattrapé par son porteur...  

Mais dans celui qui nous intéresse aujourd’hui et qui date de 1936,  John Steuart Curry grand amateur en arts de la piste, pour nous démontrer que le cirque est ensorcelant et captivant  peint les spectateurs dans une attitude où on voit qu’ils sont totalement passionnés par ce qu’ils perçoivent. Et même on discerne à peine en haut à droite l’esquisse d’un artiste debout sur un trapèze.  En revanche le garçonnet debout sur les genoux de son père lui même coiffé d’un canotier,  est bien présent. Le bambin est complètement subjugué voir envoûte par le spectacle qui se déroule ses leurs yeux, tout comme les autres spectateurs dont la plupart très curieusement sont des hommes.  Enfin pour appuyer un peu son approche bienveillante du  cirque, le peintre en rajoute une couche par l’abondante consommation de la couleur ocre qui traditionnellement symbolique la terre protectrice. Et hormis le bois des chaises bleu, toute la toile a une tonalité chaude faite d’ocre et de blanc couleur de la pureté, la perfection et de de l’initiation.  Comme quoi l’utilisation des couleurs n’est pas toujours innocente.

John Steuart Curry peintre américain grand amateur de la piste et qui avec ses toiles, voulait faire partager sa passion.

Spectateurs au Cirque (1936)
Spectateurs au Cirque (1936)
Spectateurs au Cirque (1936)
commentaires

Cirque La Compagnie, L'Avis Bidon

Publié le 15 Juin 2018 par cirk75 dans Nouveau-Cirque

Ce groupe franco-suisse constitué par 4 artistes à l’énergie communicative (Zachary Arnaud, Baptiste Clerc, Boris Fodella et Charlie Mach) s’est créé lors de leurs dernières années d’études à l’École Nationale de Cirque à Montréal. Les premières années ont été consacrées non seulement à la mise en place des démarches administratives mais aussi à la création d’un numéro d’acrobaties mêlant le mat chinois et la planche coréenne pour de se produire ponctuellement  lors de galas ou de festivals circassiens

En 2016, ils font une apparition fort remarquée lors de leur passage à Bâle en Suisse au festival "Young Stage" d’où ils reviennent  couverts de  4 récompenses dont la médaille de bronze et le prix du Cirque du Soleil. En 2017, sélectionnés pour le "38e Festival Mondial du Cirque de Demain" (voir blog30/01/17), ils repartent sous une extraordinaire pluie de récompenses. Excusez du peu, Prix de la Ville de Paris, Prix du Président de la République et la Médaille d’or, c’est la consécration pour cette jeune troupe.

Depuis, Cirque La Compagnie a conçu un spectacle mis en scène par Alain Francoeur et adaptable en salle, sous chapiteau ou en rue, nommé  "L’avis bidon". Cette production propose d’incroyables moments acrobatiques utilisant la planche coréenne, le mat chinois ou l’échelle libre, mais aussi un lancer de couteaux.... Le tout  donnant un concept furieusement drôle, communicatif et joyeux, mâtiné de nombreuses de chansons détournées avec un zeste de drôleries et des pitreries. Bref c’est irrésistibles.

La première de "L’avis bidon" a été donnée le 1er  décembre 2017 en France à Mougins et depuis cette troupe tourne dans de nombreuses villes en France, Suisse, Espagne, Italie et en Allemagne..

commentaires

Fred Adison (1908-1996)

Publié le 14 Juin 2018 par cirk75gmkg dans Musique

Pinde03r-afficheFred Adison, né Albert Lapeyre le 15 septembre 1908 est, très jeune passionné de jazz. Il joue du piano, du violon et de la batterie. Et avec 4 amis il monte à 18 ans son premier orchestre et se produit dans la région bordelaise.

 disk Fred Adison2A quelques semaines de ses 19 ans il s'embarque avec son orchestre sur un paquebot, assurant la liaison Europe-Amérique du Sud pour assurer l'animation musicale. Après plusieurs traversées il reprend la route et va là où sont demandés "Les 5 Melody Boys", le "Collegian's JazzBand" ou"Le California Charleston Band", noms donnés tour à tour à sa formation. Petit à petit il sillonne la France et finit par investir Paris. 

disk Fred Adison1En1951, Fred Adison va rencontrer Charles Spiessert, et un contrat de 12 ans va le lier au cirque Pinder. La présence du "Glenn Miller" français et de son orchestre très Jazzy, va révolutionner et dynamiser la musique de cirque. Avec Pinder, fini le temps où les "tchécos" (les monteurs), délaissant leurs masses et leurs pinces pour s'emparer de trombones et trompettes, s'époumonaient à qui mieux mieux pour déverser de nombreux "couacs". Désormais, le public va écouter avec plaisir une musique de grande qualité et le fait savoir en applaudissant à tout rompre les 14 musiciens comédiens de cette formation. Des affiches seront pour la première fois imprimées pour vanter un orchestre de cirque. Et c'est au cours de cette période musicale que se produiront chez Pinder, avec le succès que l'on connait, Luis Mariano et Gloria Lasso.  

 

 

  Marcellys3Avec l'arrivée, en 1963, de Marcellys à la direction orchestrale, Fred Adison quitte Pinder et, pour lui arrive une semi-retraite: petit ensemble, trio dansant, télévision. Redevenu Albert Adison, puis Albert Lapeyre, il ouvre sur les Champs Elysées un restaurant où il peut s'adonner à sa seconde passion: la gastronomie.

FredAdisonParallèlement il rédige sa biographie dans un ouvrage nommé: "Dans ma vie y a d'la musique" où sont relatées ses mille et une aventures. Enfin dernièrement un CD a été édité reprenant ses plus grands succès. Si vous avez l'occasion écoutez Fred Adison, et vous verrez que cet orchestre valait bien celui de Ray Ventura.  

commentaires

Les Quinconces: une esplanade magique pour les cirques

Publié le 13 Juin 2018 par cirk75 dans Bâtiments

Si bien trop de villes mettent le cirque à l'index (voir blog04/10/13), d'autres au contraire se font un honneur de bien les recevoir. Parmi ces dernières la ville de Bordeaux est à citer en exemple. La Municipalité  met depuis fort longtemps à la disposition des entreprises de spectacle un vaste endroit situé en son centre, bordé d’arbres plantés en quinconces, et  occupant une surface de  12 hectares, dont 6 d’espaces verts. Ce qui fait de l’Esplanade des Quinconces la plus grande place d'Europe.  Décorée, à l’est par deux colonnes rostrales et, à l’ouest, par le Monument aux Girondins cette place  bien connue des circophiles,  permet l’organisation toute l’année de nombreuses manifestations populaires comme la  Fête du Fleuve, la Fête du Vin, la à la brocante, la Foire aux plaisirs, des concerts, des sportives, et c'est un emplacement rêvé pour les cirques…

Et c'est ainsi que de façon régulière les plus grands cirques français viennent planter leur chapiteau et installer leur zoo sur cette place. La surface disponible et la situation en centre-ville ne sont sans doute pas étrangères à cet attrait des arts de la piste pour la ville de Bordeaux. Le public lui  aussi fidèle à ces rendez-vous, voient des chapiteaux rester généralement en place pendant une longue période.

Cette fidélité des cirques s'établit selon un calendrier qui reste assez stable d'une année sur l'autre. Ainsi chaque année le premier cirque à s'installer dès le mois de janvier est Arlette Gruss, qui dans un premier temps répète son nouveau programme avant de la proposer en avant-première aux bordelais . Depuis plus de 10 ans les cirques Puis Amar et Pinder eux aussi avec leurs caravanes et leur ménagerie plantent leur chapiteau pour proposer aux Quinconces, leur programme faisant de la  capitale de l'ancienne  Guyenne une ville où les arts de la piste se sentent chez eux...

commentaires

Les Vagabonds magnifiques (1931)

Publié le 12 Juin 2018 par cirk75 dans Cinéma

Film  français situé dans le monde du cirque, réalisé par Gennaro Dini avec Georges Melchior, Harry Krimer, relate comme bien souvent un mélo. A savoir la vie dissolue d’un fils de famille contraint à partager l'existence courageuse et périlleuse d'un grand cirque. Le jeune homme  s'éprend d'une petite danseuse, mais leur amour subit de nombreuses vicissitudes.

Cette œuvre cinématographique totalement oubliée bénéficie notamment du concours de deux enfants de la balle : André et Albert Rancy, les fils d’Alphonse Rancy (voir blog03/06/18). Ces artistes photogéniques avaient déjà été vus en 1927 dans un film muet et totalement disparu "Croquette" (voir blog14/04/14) de Louis Mercanton.

Pour le film de 1931, nous sommes aux balbutiements du parlant et le réalisateur faisant fi du confort du studio, et tourne une bonne partie de son film sous le chapiteau Rancy, monté hors saison pour l’occasion place de la caserne à Rueil. Ce film permet non seulement de bien reconstituer l’ambiance sonore de la piste, mais aussi de revoir ou quelques artistes célèbres en leur temps: le dompteur Jouvanio, le comique Averino, l’excentrique Joe Alex, Di Rosa…

Pour l’anecdote notons que dans ce film un personnage se nomme Jean Richard, un nom prémonitoire…. et que le magasine Le Film Complet du Samedi a édité un numéro sur cette oeuvre cinématographique.

 

commentaires

Le costume de clown blanc, Gérard Vicaire la passion pour seul habit

Publié le 11 Juin 2018 par cirk75 dans Livres

Les Editions Chapitre 12, ont fait paraître un livre signé Sylvie Nguimfack-Perault, enseignante et docteur en ethnologie sur l'histoire, les techniques d'élaboration, les costumes encore existants et sur ceux qui les portent ou les ont portés. Il retrace  l'histoire du couple auguste-clown, depuis ses origines jusqu'à aujourd'hui, à travers notamment les créations de Gérard Vicaire pour la Maison Vicaire, (voir blog 20/12/13)  qui  1929 jusqu'en 1993 a été à l’origine de ces magnifiques costumes de clowns blancs.

Cette étude totalement inédite de 550 pages avec 4DVD est un travail de référence pour les passionnés de cirque, de spectacle, les professionnels de la création, du monde de la mode, des techniques et de l'ethnographie autant que ceux du monde universitaire, ce travail est agrémenté de nombreuses tables, chronologies, bibliographies, renvoyant à des vidéos, photos et interviews des plus célèbres clowns blancs encore en activité.

Pour tout renseignement, se rapprocher du site : http://www.chapitres12.com/lecostumedeclownblancGerardVicaire.htm

Prochainement le même éditeur devrait faire paraître un livre qui devrait satisfaire l'appétit des cinéphiles circassiens, à savoir Le Cirque dans le cinéma de Daniel Chocron historien du cinéma avec entre autres des entretiens avec Pierre Etaix et Jean-Jacques Beineix et un index de tous les films du genre.

commentaires

Henri Rancy (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine

Publié le 10 Juin 2018 par cirk75 dans Personnalités

Né à Lyon, Pierre Henry Rancy, fils de Napoléon et Olive Rancy (voir blog27/05/18), est reconnu pour sa pratique dans le dressage des chevaux avec lesquels était capable de présenter 4 numéros différents. Il se marie le 16 janvier 1924 avec Tilly Price la reine du diabolo et, de cette édile naîtra en 1932 une fille Sabine (voir blog17/12/15), future épouse de Dany Renz (voir blog17/06/12) mais cela est une autre histoire.

Le 6 mars 1932, suite au décès accidentel de son père, il devient à son corps défendant, pour aider sa mère et pour assurer la tournée annuelle, directeur du cirque paternel. Puis après cette tournée avec sa femme Tilly il en assure encore 4 ans la direction. Comme son père, Henri Rancy s’intéresse au cinéma et se rendant compte qu’un conflit mondial allait bientôt arriver, il vend le cirque ainsi que les animaux, pour s’installer à Dunkerque place Jean Bart, où il va fonder un cinéma "Le Royal", qui sera détruit lors d’un bombardement en 1940. Puis après un passage à Marseille, il ouvre un restaurant "Chez Francotte" situé place des Célestin à Lyon. Accusé d’être juif, Henri Rancy est arrêté par la Gestapo puis emprisonné au Fort Montluc. Libéré grâce à l’entregent de sa femme mais toujours passionné par la piste, en 1946 après la seconde guerre mondiale, il reprend définitivement la route et fait construire une semi-construction tubulaire qui peut accueillir 3 500 spectateurs. Cette structure démontable d’une hauteur de 15 mètres était composée d’un toit pointu en toile, reposant sur huit colonnes soutenant une armature de 42 mètres de diamètre. Le pourtour étant fait de grands panneaux en bois, permettait une visibilité et un confort exceptionnels, ce qui n’était pas le cas à cette époque dans tous les chapiteaux. Enfin à l’opposé de la plupart des cirques à cette époque, les loges de cette semi-construction étaient situées dans les trois rangs les plus élevés. Ce type de constructions qui demeurait plus longtemps en place qu’un chapiteau, étaient lourds et volumineux et nécessitait une semaine de montage et autant pour le démontage. Ces délais incompressibles obligèrent Henry Rancy homme d’affaires avisé, d’installer son cirque Napoléon Rancy, dans les grandes villes et avec des numéros exceptionnels afin de rester dans ces cités toute la durée des foires qui attiraient à cette époque des foules considérables. Voyageant par le train, le cirque chaque année commençait sa tournée par Lyon la ville des Rancy,  puis allait visiter Dijon, Nancy, Strasbourg, Metz, Tourcoing et Le Havre. Henri Rancy fit jouer aussi ses spectacles dans les cirques en dur d’Amiens (voir blog09/05/11) et de Rouen (voir blog03/1017) à l’occasion des foires locales comme celle de la Saint Romain.

En 1956, avec une production nommée "Les Rois de la Piste", le cirque fête le siècle de la famille Rancy dans le monde de la piste, on peut applaudir notamment Rolf (voir blog27/11/10) et Léonard (voir blog19/09/13), Dany Renz, Sabine Rancy, Vasserot et ses poneys du Shetland, les éléphants du cirque Benneweiss, les suspensions audacieuses des Idalys…

Etre engagé chez Rancy signifiait à cause du nombre limité de villes avoir du temps de libre et des gains moins importants. Mais quand un artiste venait chez Rancy c’était moins pour l’argent que pour la qualité de vie proposé. Natif de Lyon Henri Rancy était un épicurien gastronome et toujours à l’écoute de son personnel. Ainsi l’établissement, chose rare à cette époque, possédait son propre restaurant dont les fourneaux étaient tenus par la sœur de Tilly Rancy, Dolly qui régalait tout le monde en cuisinant merveilleusement.  Bref il faisait bon vivre et on faisait bonne chair chez Rancy.

Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine
Henri Rancy  (1896-1972), fils de Napoléon et père de Sabine

En 1959 la semi-construction est détruite suite à une tempête, mais le cirque renaît sous la forme d‘un chapiteau qui sera en 1963 rebaptisé Sabine Rancy, époque où la fille d’Henri et Tilly Rancy, et son époux Dany Renz, reprendront les commandes du cirque familial.

Homme discret et Président du syndicat des directeurs de cirque, décoré en 1954 de la Légion d’Honneur, Henri Rancy s’éteint six mois après son gendre Dany Renz en 1972 après une dernière production rouennaise. Sa femme Tilly décède en octobre 1997 et Dolly la cuisinière un an avant sa sœur en 1976. Sabine se retrouve désormais seule à la tête de l’entreprise Rancy et elle en sera malheureusement la dernière représentante.

commentaires
<< < 1 2 3 > >>