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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Ballet de Papa Chrysanthème, au Musée Toulouse Lautrec d’Albi

Publié le 19 Septembre 2020 par cirk75 in Art

Cette huile sur carton datée de 1892, (65x58, 3) nous semble familière car par deux fois (blogs 20/12/2019 & 23/11/2019) nous avons évoqué ce spectacle fort apprécié et présenté sur la piste d’un cirque parisien.

Rappelons qu’entre novembre 1892 et janvier 1893 le Nouveau Cirque de la rue Saint-Honoré de Paris, (voir blog07/09/2011) présente un ballet de "Papa Chrysanthème", mettant en scène un prince nippon revenant d’Occident avec sa fiancée européenne.

Dominique Denis dans son livre consacrée à cette piste (voir blog26/04/2020) rappelle que cette fantaisie qui refusait du monde, conçue par Raoul Donval, nous permettait d’applaudir "le clown Gassion sur échasses et la troupe acrobatique Balaguer. La partie clownesque était assurée par le drolatique Foottit (voir blog05/02/2016) et le duo Pierantoni et Salamontès."

Cette fantaisie nautique japonisante inspira le peintre Toulouse-Lautrec une série d’études dessinées et peintes. On lui doit notamment une peinture intitulée "Au Cirque Nouveau, La Clownesse aux cinq plastrons" représentant un autre moment de ce spectacle (voir blog23/11/2019). Cette œuvre, sur papier vélin avec un assemblage de fusain, gouache, aquarelle et huile, est exposée aux Etats-Unis au Phildelphia Museum of Art.

En France, le musée d’Orsay possède dans ses collections un vitrail représentant ce même thème, travail conçu par l'artiste designer américain Louis Comfort Tiffany. 

Dans l’huile sur carton qui nous intéresse aujourd’hui et conservée par le musée albigeois, on voit en premier plan le dos deux corps féminins bras levés. Au centre de la piscine une jeune femme s’adonne à une danse d’apparat, évoquée par un jeu de hachures bleu dur, les pieds posés sur une feuille de nénuphar, l’artiste rejette en arrière son dos en une cambrure souple et fulgurante. L’ample envolée de la robe est amplifiée par le mouvement oscillatoire des bras levés et arrondis des danseuses figurées de dos au premier plan et par les courbes de la piste, lignes énergiquement brossées.

Notons qu’une autre version un peu moins sensuel de ce numéro, est accrochée au  Museo Carmen Tyssen de Malaga, comme quoi ce ballet a fortement marqué l’œuvre du peintre montmartrois.

 

 

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