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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Le Cirque  (Musée des Beaux-Arts de Grenoble)

Publié le 18 Janvier 2020 par cirk75 in Art

Cette huile sur toile (130 x 110) datant de 1924, est signée du peintre belge Gustave de Smet (1877-1943). Construite à partir de formes géométriques simples et stylisées, elle nous montre un clown de profil devant la gardine. Ce dernier lève le bras gauche pour semble-t-il interdire l’entrée de la piste pendant le numéro de l’écuyère, amazone en équilibre sur le dos d’un cheval gris. Les deux personnes et l’animal font plus penser à des marionnettes qu’à des êtres vivants. Les individus semblent figés, immobiles voire robotiques. Ils semblent détachés de tout ce qui les entoure, ils paraissent fort absorbés en eux-mêmes. Cette immobilité semble par contre paradoxale par rapport au spectacle de cirque qui est avant tout dynamique et très loin d’être statique.

Tout dans cette peinture, que ce soit la trousse de l’amazone, le sac du comique ou le rideau séparant la piste de la piste, est peint dans une palette composée de subtiles nuances à base d’ocre, de brun, de gris et de rose. Ce qui donne naissance à des accords remarquables par leur force de rayonnement. En revanche les taches colorées et criardes ou dissonantes, généralement utilisées pour représenter les arts de la piste, sont ici totalement écartées. Ce camaïeu, donnant à cette œuvre un côté chaleureux et douillet, voire intime. Le langage pictural de ce peintre expressionniste comme on le voit est fondé davantage sur la réflexion que sur l’instinct, c’est pourquoi ses toiles sont souvent qualifiées d’expressionnisme constructif».

De Smet a rarement peint le cirque. On trouve néanmoins dans une autre de ses huiles, intitulée "La Loge", exposée au Musée d’Art Moderne de Bruxelles, un clown levant aussi le bras gauche. Mais dans cette œuvre il s’agit d’un personnage secondaire emprisonné dans une photo accrochée au mur. Gustave de Smet préférait de beaucoup peintre l’univers des campagnes avec ses paysages et ses villageois. Ce n’est que dans sa période dite mondaine, au début des années 20, qu’il a brossé ces deux tableaux, ainsi que de nombreux portraits.

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