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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Les Strassburger, un exemple de famille circassienne juive persécutée pendant la dernière guerre

Publié le 6 Décembre 2019 par cirk75 in histoire

Lors d’un précédant bloc-notes (voir blog 04/10/2018) nous avions évoqué le sort dramatique fait aux juifs circassiens et rappelé que les familles Blumenfeld en Allemagne, Goldkett en Suède Konyot en Hongrie ou Solomonsky en Russie avait été exterminées par le joug nazi.

Un de mes correspondants m’indique qu’un site THARVA (www.tharva.fr) consacre un article très fourni sur la famille Strassburger, lorsque victime des persécutions antisémites elle trouve refuge à Blois (1936-1942). Je vous livre ce témoignage qui relate une période bien sinistre de notre histoire et rappelle aussi le rôle un peu méconnu qu’a joué la famille Amar pour les protéger.

‘‘L’histoire de la famille Strassburger indique le site est significative du sort que les derniers gouvernements de la IIIe République, puis le gouvernement de Vichy, réservèrent aux réfugiés des pays d’Europe tombés aux mains des forces fascistes, notamment ceux du Reich allemand et des pays annexés. Parmi eux, on relève un nombre élevé de personnes de confession juive.

Hugo Strassburger, Karoline sa femme et leurs trois enfants (Adolphe, Bella et Henriette) juifs allemands du monde du cirque, avaient fui le nazisme et trouvé refuge en France, auprès du cirque Amar à Blois, en 1936. Ils vont être victimes des politiques répressives à égard des "étrangers indésirables" et connaitre les camps de détention français. Puis plusieurs d’entre eux seront livrés aux autorités occupantes, déportés et exterminés à Auschwitz".

Rappelons que la famille Strassburger ancrée dans la tradition du cirque équestre allemand depuis le début du XIXe était particulièrement réputée pour sa cavalerie. Au début du XIX° siècle Adolf et Léopold Strassburger, les frères d’Hugo, dirigeaient un des plus importants cirques en Allemagne.

Adolf Strassburger, le fils d'Hugo va échapper à la déportation grâce à la solidarité du monde du cirque. " Chérif Amar l’aide alors à se cacher d’abord dans le dépôt de Blois puis dans différents appartements à Paris et Aubervilliers. Des employés et des membres de la famille Amar se relayèrent pour lui apporter des provisions et pourvoir à ses besoins. Les frères Amar furent soupçonnés d’être juifs et durent d’ailleurs apporter les preuves de leur origine "aryenne " ! A la fin de la guerre, Adolf va travailler pendant plusieurs années avec le cirque Amar. Il renoncera à percevoir son salaire en reconnaissance de l’aide et de la solidarité des frères Amar à son égard. 

Après guerre en 1951, Adolf Strassburger ira s’installer aux Pays-Bas, où il travaillera avec son cousin Carl qui allait devenir le plus célèbre directeur de cirque en Hollande. Après s'être marié une première fois avec Marie Perez qui décédera en 1952, Adolf Strassburger épousera en seconde noce Corrie Schlumer. Il décèdera le 21 juin 1974 à Vianen aux Pays-Bas à 60 ans, sans avoir laissé de descendance. Quant à sa sœurBella Strassburger-Babusio, elle a eu une fille Mariette.

Je vous conseille de lire ce site car non seulement il parle de cette famille, des persécutions antisémites, du cirque Amar et des politiques contre les "étrangers indésirables". Il propose aussi des documents peu connus relatifs au cirque des frères Amar, dont quelques-uns sont reproduits avec ce bloc-notes.

Sur le monument aux morts de Blois dédié notamment aux déportés on peut lire malheureusement les noms d’Henriette, Hugo et Karoline Strassburger qui sont morts en déportations

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