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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

La Parade de cirque (Cirque Sideshow) au New-York, Metropolitan Museum of Art

Publié le 16 Novembre 2019 par cirk75 in Art

Cette grande huile sur toile (100 x 150) dépeint un divertissement gratuit : la parade du cirque Corvi lors de la foire annuelle du pain d'épice, qui se tenait chaque année dans l'est de Paris autour de la place de la Nation.

Cette représentation se déroule la nuit, elle est éclairée par une lumière artificielle représentée par les neuf becs à gaz peints tout en haut du tableau. Au premier plan les têtes des parisiens alignées et agglutinées devant la baraque des saltimbanques tandis que, face au public et sur une scène, on distingue derrière le tronc d’un arbre dénudé une rangée de quatre musiciens ainsi qu’un clown, le personnage central, jouer une aubade à la foule attentive à l'aide d'instruments en cuivre. Un peu en contrebas et à droite  un individu posant semble regarder  un chef d'orchestre tenant semble-t-il une baguette sous le bras. Cette toile comme on le voit, reprend un thème fort répandu à l'époque: la parade des saltimbanques cherchant par tous les moyens à attirer les passants, pour les inciter à assister à leur spectacle (voir blog24/10/2016). 

Cette peinture réalisée en 1887 est l'une des plus grandes réalisations de la courte existence de Georges Seurat, mort en 1891 à l'âge de 32 ans . Et à elle seule, elle est novatrice car elle annonce en associant le pointillisme au divisionnisme le néo-impressionnisme. Dans ce tableau constitué d’un nombre incalculable de points gris violet, bleu gris, orange et vert, on ressent une tonalité un peu froide d’autant plus que les personnages semblent corsetés et ressemblent plus à des statues qu’à des humains. Rien ne semble bouger, tout est figé dans cette lumière métallique d'un autre monde qui découpe les personnages, figurants immobiles d'un spectacle brusquement figé dans son éternité.  On pourrait même soutenir que cette huile sur toile ne représente pas des humains mais plutôt des ondes lumineuses. C'est ce qui peut arriver lorsque la prouesse technique prend le pas, comme ici sur la vie.

"Parade de cirque" n’est pas la seule œuvre de Seurat ayant pour thème le spectacle mais elle est la première des trois qu’il a consacré aux plaisirs nocturnes parisiens, avec "Le Chahut" conservé au Musée Kröller-Müller d'Otterlo et "Le Cirque" (voir blogs 11/04/2013 & 02/01/2016) qui se trouve au Musée d'Orsay à Paris.

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