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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

"Scène de Cirque", une vision déshumanisée des arts de la piste

Publié le 9 Juin 2019 par cirk75 in Art

Une écuyère assise sur les marches de sa roulotte, semble attacher son chausson de voltige droit sous le regard attentif d’un homme les poings sur les hanches de gris vêtu, peut-être  son partenaire de piste. Derrière ce couple, deux chevaux non harnachés attendent. L’alezan broute l’herbe tandis que le second à la robe grise, la tête levée semble regarder ce qui se passe. Sommes-nous avant ou après le numéro, rien ne peut le dire, seul indice et encore, un tapis de selle négligemment posé sur le dos de l’alezan, montre qu’il a ou qu’il va travailler. Au fond on aperçoit la toile verdâtre et uniforme d’un chapiteau enfin, à gauche une autre roulotte complète cette huile sur toile, laissant une impression évidente d’austérité. Nous ne sommes pas loin de l'oeuvre mystique. Il faut dire que le peintre à qui on doit cette réalisation a été baigné dans sa jeunesse dans la foi religieuse. Il s’agit d’un artiste allemand, plus réputé pour des émaux que ses toiles : Karl Drerup (1904-2000).

 

Né en Allemagne, qu’il quitta dans les années 30, sa femme était d’origine juive pour s'établir en 1937 à New York, Karl Drerup après être devenu un peintre renommé en Europe, devint aux Etats-Unis un créateur émailleur de premier plan.  Au cours de sa longue et riche carrière, il a réalisé de nombreuses œuvres artistiques souvent hantées par quelques thèmes qui lui sont chers : St George, St-Eustache et St-Hubert, mais aussi par le travail et les travailleurs. C’est d’ailleurs ce sujet qui l’intéresse dans ce tableau nommé "Scène de Cirque", il ne représente pas des artistes de cirque, qu'il ne connait nullement, mais des humbles travailleurs effectuant leur tâche dans leur milieu professionnel ici, un cirque.

L'amour de Drerup pour l’humanité transparaît dans tous les détails de cette scène intime. Et pour cela il nous présente dans un style moderne, en employant des tons un peu termes voire tristes, des individus, sans aucune fioriture, les traits à peine ébauchés, pour nous montrer que le travail dépersonnalise l’individu.  Oui Drerup considère que toute besogne est un peu asservissante, hormis bien entendu la création artistique où il excellait…

 

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