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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Gérard Edon, le patron incontestable du trapèze Washington

Publié le 9 Décembre 2018 par cirk75 in Aériens

Francilien originaire de Pavillons sous-bois, mais pas du tout enfant de la balle, et c’est en allant à Medrano avec ses parents que le jeune Gérard rêve d’être un jour garçon de piste car il trouve le costume seyant. Mais ce n’est pas vers la piste qu’il se destine du moins dans un premier temps, mais vers le métier d’électricien qu’il étudie sans grande passion dans une école de la Chambre de Commerce. Cependant la piste le taraude, aussi en parallèle il fréquente assidûment à Pigalle le gymnase de la rue Véron où seul, à cette époque les écoles de cirque n’existent pas, il s’initie à l'acrobatie et à la pratique du trapèze.

Dans un premier temps attiré par la voltige aérienne et le trapèze volant, mais sur les conseils de Pierre Alizé il se tourne vers le trapèze en solo. Travaillant le jour comme électricien, et s’entrainant le soir deux heures quotidiennement, il va mettre 3 ans à produire un numéro complet d’équilibre sur trapèze washington (lourd agrès constitué d’une barre plate, sur laquelle l’artiste peut placer un disque concave où il peut poser sa tête pour effectuer des équilibres, les jambes et l’air et les bras en croix ).

En octobre 1960 appelé par Marcellys (voir blog12/05/2012) il débute chez Medrano sous le nom de Silky, car cela fait plus international. En 1963 il est du programme de la tournée Bouglione avec Georges Guétary et et Claude er ses Tribuns (voir blog18/12/2010). Son numéro est remarqué par les dirigeants de Ringling bros. and Barnum & Bailey Circus en tournée en Europe qui l’engage. Il va sillonner les states et donné deux spectacles par jour mais va abandonner bien vite son surnom de Silky, en argot américain ce terme désigne un indicateur, un mouton. Alors il se présente définitivement sous son nom et, dorénavant Gérard Edon propose un petit chef d’œuvre d’audace et de rapidité où il réussit avec une aisance et une sureté tous les classiques du trapèze washington : équilibres sur tête de profil, sur un genou, sur un pied, et sa spécialité l’équilibre de face à grand ballant. Autrement dit debout sur la barre qui monte très haut sous la coupole et sans aucune sécurité puis repart en sens inverse. Un tel numéro demande et, on a du mal à l’imaginer, des heures de répétition pour mettre au point de cet exercice, tant la prise de risque est importante. Être trapéziste, "ce n’est pas de l’improvisation", signale Gérard Edon. Il faut "dompter son appréhension" par des répétitions incessantes et un soin permanent porté à son matériel, pour chaque soir pouvoir travailler "avec le vide".

Pour cette prouesse aérienne il reçoit en 1969 au Cirque d’hiver de Paris des mains de Tony Curtis un Circus Hall of Fame Award of Excellance.  Ses équilibres périlleux sont aussi primés en 1977 lors de la IVème édition du Festival International du Cirque de Monte Carlo et en 1982 il sera récompensé par Jack Lang d’un Grand Prix national du Cirque. Le gamin de Pavillons sous-bois est alors reconnu comme un des plus grands trapézistes du monde de la piste.

Mais à 48 ans, après trente années dans les airs, il s’est produit dans les établissements les plus prestigieux (Cirque Bouglione, Cirque Pinder, Circus Krone, Blackpool Tower Circus, Althoff, Bush Roland ou Benneweis...)  Gérard Edon raccroche son trapèze pour devenir dorénavant et pendant dix années au Centre National des Arts du Cirque (voir blog10/12/2015)  Responsable de la sécurité mais aussi professeur de trapèze où il aura entre autres une dénommée Corinne Edon, sa fille pour élève. De 2000 à 2007 il est aussi nommé responsable de la commission de sécurité de la Fédération française des écoles de cirque (voir blog06/02/2011).

A l’heure actuelle gouttant dans le sud de la France une retraite bien méritée, il reste un référence dans son art le trapèze washington. Il conserve au fond de lui une grande nostalgie de sa période circassienne qui lui a permis de faire ce qu’il aimait : être dans les airs faire du trapèze sous les bravos des spectateurs.

Un film signé par la réalisatrice Andréa Negrelli peut être visionné sur la toile (https://www.negrelli-andrea.fr/fr/mes-realisations/gerard-edon-trapeziste/). On y voit notre maître du trapèze Washington évoquer avec bonheur les moments clefs de sa glorieuse carrière de trapéziste.

Enfin You tube nous propose cette vidéo nous montrant à partir de 23mn 50 Gérard Edon, réaliser en 1979 son numéro aérien filmé lors d’une émission de la BBC, un grand moment.

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