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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Germain Aéros (1884-1954) le poivrot funambule

Publié le 7 Octobre 2018 par cirk75 in Clowns

Cet artiste né à Paris le 24 octobre 1884, n’est pas issu du milieu de la piste, son est père serrurier ferronnier d'art et  sa mère couturière, mais à force de fréquenter un  gymnase à Issy-les-Moulineaux, où il croise régulièrement des artistes trapézistes, il prend attache avec ce milieu.

Germain Louis dit Aéros, prend ce pseudonyme en souvenir de ses jeunes années où, avec d’autres compagnons en habille mécanicien, il participe à la construction de "La Demoiselle" l’avion de Santos-Dumont.

Germain Aéros débute sa prodigieuse carrière avec "Les Alex", une célèbre groupe de trapézistes volants dont un des membres n’est autre que le futur Boulicot (voir blog08/01/12). Lors de la saison 1909-1910 à l’Etoile-Palace, il peaufine au sein des Alex, son personnage de pochard joyeux qu’il transposera quelques années plus tard sur le fil de fer.

Avant la guerre 14-18, il conçoit un premier numéro, "Les Aéros", un trio de trapèze volant à courte distance où, le premier il présente une imitation de Charlot au trapèze, parodie que Charles Rivel, (voir blog30/06/12) reprendra quelques décennies plus tard.

Après une interruption due au 1er conflit mondial, d’où il revient avec une blessure à la jambe, Germain Aéros  va désormais proposer son célèbre numéro d’excentrique funambule en état d’ébriété, où une fois sur la piste, il n’a qu’une idée grimper sur ce fil de fer qui le nargue. Pour cela le pochtron va utiliser ce qui lui tombe sous la main, un banc boiteux, un guéridon, un tonneau percé, ou une échelle qu'il tente d’appuyer au fil mou. Arrivé après moult contorsions, cabrioles et chutes enfin sur son fil  où, il va courir, valser, se retourner, rester brusquement immobile pour chanter. Tout cela semble improvisé mais est dans la réalité réglé comme du papier à musique. 

Avec ce numéro Germain Aéros  va fouler les pistes et les scènes plus prestigieuses. Il sera engagé dans les plus grands music-halls comme I’Olympia, l’Alhambra, l’Empire, Bobino, l’A.B.C. le Théâtre de l’Etoile, Crystal Palace et dans les meilleurs cirques tels Amar, Bureau, le Cirque d’Hiver, Dutrieu, Houcke, Medrano , Pourtier, Price, Ranc.y... où à chaque fois les spectateurs l'ovationnent.

Aéros est certainement un des plus grands artistes de l'histoire de la piste, mais ce qui est moins connu c’est qu’entre deux contrats, il met à profit ses talents de mécanicien pour breveter quelques inventions personnelles.

Celles et ceux qui l’ont vu se souviennent certainement encore, de son expression favorite : "Ben mon vieux ! Quelle aventure", de son incroyable vélocité sur fil mou et de son entrée ou de sa sortie de piste où il simulait le pochtron à la jovialité communicative.

Il rejoindra les étoiles éternelles le 28 novembre 1954, laissant le souvenir d'un bon artisan mécanicien mais surtout d'un très grand artiste des arts de la piste .

Illustration des sœurs Vesque (voir blog 10/02/18)

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