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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Rêve de Clowns (1924)

Publié le 5 Juin 2018 par cirk75 in Cinéma

Si les frères Fratellini ont marqué l’histoire de la piste, ils ont peu laissé de témoignages pour le grand écran. Pourtant ils ont tourné une poignée de films, dont certains avec Max Linder mais la quasi-totalité  de leurs entrées filmées ont été perdues.

Tel est le cas de "Rêve de Clowns" film sorti le 31 octobre 1924, réalisé par  Georges Melchior, tourné au cirque d’hiver et avec Yane Odoni (la spectatrice),  Georges Melchior (l’aviateur) et les frères Fratellini.

Albert Fratellini dans son autobiographie de 1955 "Nous, les Fratellini" parle de ce film disparu contant l'histoire de Dolorès Braga venant un soir au cirque d’Hiver et restant de marbre devant les gags du trio, mais laissons Albert nous relater la suite.

Dolorès Braga  "quitte alors sa place, alors que les Fratellini sont en piste et cet incident frappe notre imagination à un tel point que, dans notre loge, il devient le sujet d'une conversation qui se poursuit bientôt dans l’irréel. Transportés dans le royaume des songes, nous y retrouvons Dolorès Braga qui nous impose, pour la faire rire - ô ironie - l'épreuve d'une déclaration d'amour. Successivement, les Fratellini tentent l'aventure. Mais la femme demeure impassible, malgré les plus folles cocasseries. Désespérés, ne sachant que faire, de grosses larmes coulent sur nos jours, creusant sur nos visages enfarinés des sillons qui en accentuent l'effet comique. Et, devant ces masques douloureux et grotesques, elle esquisse enfin un faible sourire. Mais à qui s'adresse-t-il ? Nous ne parvenons pas à nous mettre d'accord sur la question, après une vive discussion qui tourne à la bagarre. Mais, brusquement, le songe se dissipe. C'est l'heure d'entrer en piste. A notre stupéfaction, Dolorès Braga se trouve dans sa loge. Et c'est alors qu'une rumeur se fait parmi la foule. Un homme bondit à travers les fauteuils et tombe dans les bras de la jeune femme.  'Vive Maraval ! Vive Maraval !' crie-t-on. Il s'agit d'un célèbre aviateur qui vient de terminer victorieusement le raid Paris-Dakar-Aden-Paris, battant tous les records existants. Il est arrivé avec vingt-quatre heures d'avance sur son horaire et s'est précipité à la recherche de Dolorès, à qui il avait promis de l'épouser s'il réussissait dans sa tentative. Les trois clowns s'expliquent alors l'attitude de la jeune femme qui, anxieuse du sort de son ami, n'avait pu partager les joie des spectateurs. Et le film se termine en apothéose lorsque Georges Maraval sort de sa poche trois petites poupées fétiches qui sont à l'image des Fratellini."

Albert, dans son autobiographie, ne se fait guère d'illusion sur la qualité de l'histoire qu'il appelle "filandreuse et mélodramatique" mais il indique que c'est "le seul documentaire filmé qui existe sur nous et qui mette en scène, à l'apogée de leur carrière, Paul, François et Albert Fratellini". Il termine son propos en espérant que l'on repassera ce film de temps en temps sur les écrans lorsque les trois Fratellini ne seront plus que des figures de légende.

Ce souhait ne se réalisera pas , car comme on le sait ce film est totalement perdu et on ne sait s’il existe encore une copie à visualiser.

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