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Le bloc-notes de cirk75

Depuis 2010, Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Joan Rhodes, assurément pas une faible femme.

Publié le 3 Décembre 2017 par cirk75 in Artistes

Les hercules ou autres hommes forts ont toujours été prisés sur les pistes du cirque ou scènes du music-hall. Plus rares ont été les artistes  du beau sexe à proposer un numéro basé sur la force musculaire. Et parmi celles qui se sont fait un nom comme femme forte, l’anglaise Joan Rhodes est un cas à part. Non seulement sa prestation était remarquable mais en plus elle avait une plastique à faire pâmer de jalousie  bons nombres de jolies femmes.

Elle se produisit deux fois à Paris sur la piste du cirque Medrano. En 1952, du 5 au 25 septembre et, l’année suivant du 16 octobre au 5 novembre, à chaque fois elle était présentée ainsi :

"Grace, charme et beauté,

Par les fées lui furent données ;

Mais l’une à la baguette torse

En plus lui donna la force..."

Mais rien ne lui a été donné lors de sa naissance le 13 avril 1921 avec ses frères et sœurs elle est abandonnée par ses parents.  Et très jeune à 14 ans Joan Rhodes doit se produire dans des foires où sa force est vite remarquée. Elle fait plusieurs métiers : lutteuse, cascadeuse avant de proposer dans les années 50 un numéro de force où elle va porter des personnes sur sa tête ou dans ses bras, soulever de concert quatre hommes pris au hasard dans la salle. Mais ce qui captive, ce sont les défis qu’elle lance aux spectateurs en leur demandant de plier des barres de fer ou de déchirer des annuaires téléphoniques. Et devant leur échec avec une facilité déconcertante elle plie sur son genou, dans sa bouche, autour de son bras ou de son cou une barre de fer ou, déchire deux annuaires téléphoniques en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Elle pouvait aussi affronter 4 hommes au tir à la corde, soulever des jeeps où des personnes  étaient assisses à l'intérieur. Bref rien ne lui résistait et tout semblait possible à Joan Rhodes.

Au sommet de sa gloire, elle fascine le public et est le sujet de plusieurs peintures ou sculptures. C’est ainsi que Lady Laura Knight (voir blog02/12/17) en 1995 la peint et lors de son séjours au Cirque de Medrano à Paris, elle attire l'attention du surréaliste Max Ernst, qui lui dédie une peinture. Elle a également été modélisée pour Henry Moore et Jacob Epstein et se pare du titre de "The Mighty Mannequin".

Fort célèbre dans les années 50-60, vedette de la télévision et du cinéma, elle publie en 2007 "Coming on strong" un livre où elle relate ses bons et mauvais jours. Mémoires à ce jour non traduites en français et qui peuvent être facilement trouvées sur la toile pour les anglophiles.

Dans ses dernières années, elle dirige un petit café à Crouch Hill, au nord de Londres et s’éteint après une vie bien remplie le 30 mai 2010 à 89 ans et en laissant derrière elle, plus de 20 000 annuaires téléphoniques mutilés.

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