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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

L’animalisme, dangereux royaume des fées selon Francis Wolff professeur émérite à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm à Paris

Publié le 30 Septembre 2017 par cirk75 in Animaux

Depuis quelques temps le monde du cirque fait l’objet d’une sorte de croisade qui voit les animalistes de tous poils faire campagne contre les cirques avec animaux. Lors d’un article publié dans le Journal Sud-Ouest en date du 13 septembre dernier, le  philosophe français, Francis Wolff met en garde contre la montée en puissance d’une certaine cause animale, relayée par l’association L214. Il répond à une série de questions dont nous avons extrait quelques données qui amènent à réfléchir. Mais laissons lui la parole.

"Depuis quelque temps, nous assistons à une large confusion. Il ne faut plus continuer à confondre le welfarisme, que je préfère appeler la bientraitance de l’humain envers l’animal, avec l’abolitionnisme. La bientraitance relève des devoirs humains en général, une nécessité dont la plupart des éleveurs sont parfaitement conscients. L’abolitionnisme, en revanche, considère toute forme d’élevage (y compris la domestication) comme une injuste exploitation des espèces animales. C’est de ce nouveau mouvement dont sont issus, notamment, l’antispécisme (courant qui refuse la notion d’espèce et milite contre tout traitement différencié entre les humains et les animaux, N.D.L.R.) et le véganisme (mode de vie consistant à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation).

L’antispécisme est né en 1975 de la parution du livre Libération animale aux États-Unis de Peter Singer, mais ce philosophe n’a jamais plaidé pour le véganisme. Nous avons aussi des penseurs beaucoup plus radicaux, comme Tom Regan, qui inspirent notamment l’association L214. (Nommée ainsi en référence avec l’article L214 du code rural qui pour la première fois désigne les animaux en tant qu'êtres sensibles). Les militants de l’association L214 se vivent comme des lanceurs d’alerte et se placent au-dessus des lois au nom d’une morale.

Nous retrouvons là une vieille idée : la transgression, la résistance, la désobéissance civile. Ce type de mouvement hérite de la radicalité des mouvements politiques du XXe siècle. Nous n’avons plus de grande utopie politique, de grands courants de pensée humanistes. Pour beaucoup de jeunes, les animaux sont perçus comme les ultimes victimes, les sous-prolétaires du prolétariat. Ils se pensent les héritiers justiciers des grands mouvements idéalistes, comme les droits de l’homme ou le féminisme. C’est une position absurde, bien sûr… qu’il est nécessaire de bien comprendre."

"Nos sociétés traditionnelles entretenaient un rapport extrêmement proche avec les animaux, jusqu’à leur éventuelle mort, une forme étroite de compagnonnage. Tout ceci a disparu. Pour deux raisons principales. D’abord, l’essor incroyable des animaux de compagnie : chiens et chats règnent en aristocrates sur le canapé du salon, alors qu’auparavant ils restaient à la porte de la ferme ! Regardez aussi le cheval : pendant des millénaires, il était un compagnon de travail, de guerre ou de transport. Il n’est plus qu’un animal de compagnie. Tout cela qui génère une vision angélique des animaux, qui seraient forcément bons par nature…

Ensuite, nos jeunes urbains ne connaissent les animaux que par des reportages qui les montrent en élevage ou en batterie. Tout ceci provoque une perte de la réalité du monde sauvage, transforme l’homme en unique prédateur, alors que dans la nature c’est le plus souvent la loi de la jungle qui règne…."

"Ces thèses animalistes arrivent chez nous aujourd’hui et entretiennent la confusion. Entre écologie et animalisme. La confusion est savamment entretenue, les deux disciplines n’ont pourtant rien à voir. L’écologie est l’étude d’un équilibre holistique des espèces. L’animalisme n’a rien à faire des espèces, il ne s’intéresse qu’à la souffrance individuelle. Les écologistes ne sont, par exemple, pas systématiquement opposés à tous types de chasse, ou à la valorisation d’une espèce face à des nuisibles. Les animalistes, eux, campent sur la certitude d’une bonne nature, une vision caricaturale, un royaume des fées où seul l’homme serait le prédateur… "

 

Dans cette vidéo Francis Wolff précise sa pensée et ajoute d'autres éléments, alors prenons le temps de l'écouter:

                                                                                                                      

Commenter cet article

Monique 30/09/2017 19:20

excellent article.. Les différentes thèses expliquées tant sur leur origine que leur acte de foi.. L'intolérance est montante et discuter avec certains groupes est devenu impossible.. je me contenterai de passer le message du professeur Francis Wolff à mes connaissances véganes avec lesquelles la communication est encore possible.. merci de ce partage