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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Nikolaï Pavlenko, le Karajan aux 40 Princes originaire du Bengale, de Sumatra ou de Sibérie

Publié le 8 Février 2017 par cirk75 in Dompteurs

Lors de la 40ème édition du Festival International du Cirque de Monte Carlo, les organisateurs avaient convié 3 célèbres dresseurs clowns d’Or, Massimiliano Nones en 1987, Martin Lacey Jr en 2010 et Nikolaï Pavlenko en 1990. Ce dernier est, pour beaucoup considéré comme un des plus grands, si ce n’est le plus grand  dompteur de tigres des temps modernes. Ses dix-huit tigres issus de son groupe de 40 félins restent encore aujourd’hui en mémoire. Son travail avec ses félins est exceptionnel et un modèle tant pour la qualité technique que pour la présentation artistique de ses artistes à quatre pattes. Tel un chef d’orchestre, Nikolaï Pavlenko, demande à ses tigres de se mettre à danser au son de la musique de l'espagnol Manuel de Falla, composant alors un véritable ballet avec des danseurs non issus de l’opéra mais de la Jungle.

Pourtant rien au départ n’avait préparé ce natif d’Ukraine né à Severodonetsk en 1943 à devenir dresseur de tigres. Et pour y arriver Nikolaï Pavlenko a dû faire bien des métiers. Dans un premier temps il est gardien d’une ménagerie itinérante et, c’est au contact des animaux sauvages qu’il découvre à 17 ans son appétit pour les félins. Il commence à travailler avec des jaguars, des loups, des chiens, des ours bruns et polaires, des lamas, des chameaux, des éléphants.  Après des études où il apprend entre autres la psychologie animale, il obtient un diplôme de technicien de zoo, qui lui permet de devenir guide- conférencier.

Passionné par les artistes à 4 pattes, Nikolaï Pavlenko devient en 1972 l’élève du légendaire Alexandre Federov avec qui il apprend l’art du dressage demandant de cultiver notamment la patience. Et cette qualité Nikolaï Pavlenko la possède à bonnes doses. Il faut le voir inlassablement demander et sans brutalité un mouvement,  un saut, une position à un tigre pour lui faire comprendre ce qu’il doit faire, afin d’obtenir la situation attendue. Face aux associations de protection des animaux qui l’ont accusé de dégriffer ses bêtes pour les rendre inoffensifs, il avait l’habitude de montrer ses cicatrices sur les bras et sur le torse en répondant que si son métier est à risque, il ne faut pas avoir peur. Mais suivant le conseil de la grande dompteuse russe Irina Bougrinova (voir blog04/12/2014) qui un jour lui avait dit : "avec ta gueule que tu feras venir du public", en cas de danger il savait se protéger le visage.

Délaissant les tenues macho et les fouets, vêtu d’un strict habit noir, tel un chef d’orchestre, Nikolaï Pavlenko mène ses tigres avec une simple baguette, qui leur demande d’exécuter leur partition avec élégance et raffinement.  Il maîtrise totalement ses bêtes, il peut s’amuser avec elles, les disperser, les chasser mais immédiatement à son signal, après avoir fait deux tours sur lui-même il lève les bras et instantanément les tigres bondissent sur leur tabouret, valsent ou passent à travers un cerceau… Bien souvent, pour donner un frisson , il termine son numéro sur une note dramatique. Après un simple appel de sa baguette un tigre s’avance vers lui de façon inquiétante. Arrivé à ses pieds comme subjugué l’animal se dresse sur ses pattes en signe de respect pour son dompteur. Un rare moment…

Retiré aujourd’hui des cages, Nikolaï Pavlenko, reste le parfait exemple de dresseur moderne.

 

# nikolaïpavlenko

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